Document unique Serrurier Métallier :
guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 18 Août 2026.
Le métal est une matière lourde, coupante, et qui peut brûler quand on la travaille. Garde-corps, portails, escaliers, verrières, huisseries : chaque ouvrage fabriqué par le serrurier métallier nécessite que la matière première passe par des machines-outils à fort pouvoir de coupe, puis qu’elle soit soudée, avant d’être finalement posée. Les serruriers métalliers cumulent donc les dangers du travail en atelier de production et ceux du bâtiment : risques de coupures voire d’amputations, projections sur le corps et le visage (ex : morceaux de métal, étincelles), fumées de soudure, bruit de plus de 100 décibels, manutentions de pièces lourdes, travail en hauteur possible lors de l’installation, etc.
Un danger lié au métier mérite d’être mis en avant, car peu de professionnels sont au courant. Comme l’indique l’INRS, le Centre international de recherche sur le cancer classait les fumées de soudure depuis 1990 parmi les agents « peut-être » cancérogènes (groupe 2B). Ce classement a été revu en 2017 : les fumées de soudage sont désormais classées agents cancérogènes avérés pour l’homme (groupe 1). À long terme, le danger le plus grave pour la santé n’est donc pas celui qui génère des blessures qui marquent l’esprit, mais celui que l’on respire insidieusement dans son quotidien.
Face à tous ces dangers, le document unique est l’outil qui doit permettre à votre entreprise de serrurerie métallerie de recenser les risques, de les évaluer, puis de définir les actions de prévention permettant de les réduire. Le but final est de diminuer le nombre d’accidents du travail, et la probabilité que vos salariés développent des maladies professionnelles à long terme. Cet article vous expliquera dans le détail à partir de quand le document unique est obligatoire pour tout serrurier métallier, et comment le structurer. Pour cela, nous allons vous présenter les différents choix que nous avons retenus pour élaborer notre propre document unique pour serruriers métalliers, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.
À partir de quand un serrurier métallier doit-il avoir un document unique ?
Dès qu’une entreprise de serrurerie métallerie emploie un salarié minimum, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, intérim, apprentissage, stage hors stage d’observation), elle doit posséder un document unique.
Cette obligation repose sur deux articles du Code du travail : l’article L.4121-3 qui impose à l’employeur d’évaluer les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité des travailleurs, et l’article R.4121-1 qui l’oblige à consigner le résultat de cette évaluation des risques dans un document unique. Déléguer la rédaction du document unique (ex : à une entreprise extérieure, ou à un consultant) ne transfère pas votre responsabilité : en tant que chef d’entreprise, vous demeurez le seul responsable du document unique devant la loi. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de s’appuyer sur un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP, comme Document Unique Facile.
Deux catégories de salariés méritent une attention toute particulière dans le secteur de la serrurerie métallerie. Les apprentis tout d’abord, très présents dans le secteur : les travaux sur machines dangereuses figurent parmi les travaux réglementés pour les moins de 18 ans. Ils ne peuvent leur être confiés que dans le cadre d’une procédure de dérogation. Or cette dérogation nécessite que les risques aient justement été évalués précédemment dans le document unique. Les intérimaires ensuite : ils doivent bénéficier d’une formation renforcée à la sécurité dès lors qu’ils sont affectés à un poste présentant des risques particuliers. Dans ces deux cas de figure, le document unique n’est donc pas seulement une obligation légale : c’est aussi le document qui vous permet de les accueillir convenablement, en accord avec les exigences du Code du travail.
L’absence de document unique, ou un document unique laissé sans mise à jour, constitue une infraction entraînant une contravention de 5e classe (article R.4741-1 du Code du travail). Mais l’enjeu principal se situe ailleurs. Dans ce métier, une situation expose particulièrement le chef d’entreprise : un salarié qui s’ampute un membre sur une machine-outil (et en deuxième lieu, une pathologie respiratoire liée aux fumées de soudage). Sans document unique, ou si celui-ci ne mentionne pas ces dangers, la faute inexcusable de l’employeur a énormément de chances d’être prononcée par les tribunaux. Devant le conseil de prud’hommes, la sanction financière appliquée peut alors atteindre de tels montants qu’elle est susceptible de mettre l’entreprise en péril.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique serrurier métallier.
Une unité de travail regroupe différentes tâches exercées au sein de l’entreprise qui exposent à des risques professionnels de même nature. Pour notre document unique serrurier métallier, nous avons retenu quatre unités de travail, avec un total de 45 situations à risque : le travail de serrurier métallier, le commercial, l’administratif et l’environnement de travail. La première unité de travail concentre l’essentiel des dangers, puisqu’elle couvre à la fois la fabrication en atelier et la pose sur chantier. Voici, pour chacune de ces unités de travail, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.
Serrurier métallier : la fabrication en atelier et la pose sur chantier
Cette unité de travail couvre le cœur du métier : découpe des métaux, perçage, pliage, meulage, assemblage et soudage en atelier, puis transport, levage et pose des ouvrages chez le client.
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Machines-outils coupantes, tranchantes et perçantes : les serruriers métalliers utilisent de nombreux outils à fort pouvoir de coupe et de perçage (ex : meuleuse, cisaille, guillotine, tronçonneuse à métaux, fraiseuse, perceuse à colonne). Le risque de coupure est présent lors de l’utilisation de ces machines, mais également pendant leur nettoyage et leur maintenance. Les dommages possibles qui en résultent sont des coupures pouvant s’infecter en l’absence de désinfection, des plaies ouvertes provoquant des saignements importants lorsqu’une artère est touchée, voire des amputations de doigts ou de main. Ce danger, signature du métier de serrurier métallier, fera l’objet d’un développement dédié.
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Fumées de soudage : le soudage à l’arc dégage un mélange complexe de particules métalliques et de gaz, que l’opérateur respire lorsqu’il travaille penché au-dessus de son cordon de soudure. Les risques augmentent en fonction du type de métal soudé (ex : acier inoxydable, acier galvanisé), du procédé employé et de la qualité de la ventilation de l’atelier. Les dommages possibles vont des irritations respiratoires immédiates à la bronchite chronique et à l’asthme, jusqu’au cancer du poumon à long terme. Ce danger, qui est également un danger signature du métier, fera lui aussi l’objet d’un développement dédié.
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Projections de particules métalliques et d’étincelles : les machines-outils employées par les serruriers métalliers génèrent des étincelles ainsi que des projections de particules de métal (ex : touret à meuler, meuleuse d’angle, tronçonneuse à disque). Les dommages provoqués en cas de projection dans un œil peuvent aller de la simple gêne avec douleur passagère, à la cécité temporaire voire totale en cas de choc important. Au niveau des mains, les risques principaux sont des hématomes, des plaies pouvant s’infecter, et, dans des cas restant heureusement rares, des fractures. Des brûlures légères peuvent aussi être causées par les étincelles.
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Rayonnements du soudage à l’arc : l’arc électrique émet un rayonnement ultraviolet et infrarouge intense, auquel s’exposent le soudeur mais aussi toute personne travaillant à proximité sans écran de protection. Les risques sont présents dès les premières secondes d’amorçage du cordon de soudure. Les dommages possibles sont des coups d’arc (une kératite douloureuse qui se déclare quelques heures après l’exposition), des brûlures cutanées, et à long terme une cataracte.
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Brûlures thermiques : le métal chauffé reste brûlant longtemps après avoir été travaillé et ne change pas forcément d’aspect, ce qui explique pourquoi les brûlures sont assez fréquentes. À cela s’ajoute le contact accidentel avec la buse d’un poste à souder, les gouttes de métal en fusion, et les étincelles de meulage qui peuvent traverser un vêtement non ignifugé, voire y mettre le feu. Les dommages possibles que cela engendre sont des brûlures pouvant aller du premier au troisième degré, principalement au niveau des mains et des avant-bras.
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Bruit des machines et de la frappe du métal : les ateliers de serrurerie métallerie sont des environnements bruyants du fait des machines qui y fonctionnent, mais aussi des pièces métalliques (ex : frappe sur le métal, chute au sol, etc). Les niveaux de bruit peuvent dépasser les 100 décibels. De manière globale, les risques sont majorés en fonction du nombre de machines fonctionnant simultanément dans l’atelier. Sur le court terme, le principal dommage qui en résulte est de la fatigue auditive, qui s’accompagne d’une baisse de vigilance, ce qui augmente mécaniquement les risques de se blesser via d’autres sources de risques (ex : machines). Sur le long terme, les dommages deviennent irréversibles : surdité professionnelle progressive dont la personne ne se rend généralement pas compte, accompagnée de nombreux désagréments : acouphènes, sifflements, bourdonnements, vertiges, migraines.
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Manutentions manuelles de charges lourdes : les profilés, les tôles, les portails, les garde-corps et autres types d’ouvrages terminés doivent être manipulés au quotidien. Le poids de ces différentes pièces se cumule, tandis que l’encombrement et les arêtes vives rendent parfois leur prise difficile. Les dommages possibles qui résultent de ces manutentions sont des lombalgies, des troubles musculosquelettiques des épaules, ainsi que des écrasements de doigts ou de pieds en cas de chute de la charge. (Le port de charges est encadré par les articles R.4541-1 et suivants du Code du travail.)
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Coupures sur arêtes vives / pièces non ébavurées : une tôle venant d’être coupée, un profilé non ébavuré ou un simple copeau métallique présentent un fort pouvoir de coupe. Le moindre contact est alors à risque. Les dommages les plus fréquents que cela occasionne sont des coupures aux mains et aux avant-bras, superficielles mais pouvant s’infecter.
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Vibrations transmises aux mains et aux bras : l’utilisation prolongée de machines portatives (ex : perceuse, perforateur, meuleuse, riveteuse) transmet des vibrations aux membres supérieurs. Les dommages possibles résultant de ces expositions répétées sont des troubles vasculaires des doigts (ex : syndrome de Raynaud, doigts blancs et insensibles) ainsi que des atteintes ostéo-articulaires du poignet et du coude.
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Postures contraignantes et gestes répétitifs : l’assemblage, le soudage et l’ébavurage imposent de travailler penché sur un établi, bras tendus, parfois accroupi ou en torsion pour atteindre un cordon de soudure. À la pose, ces contraintes posturales sont exacerbées puisque la position de travail est imposée par l’ouvrage lui-même. Les dommages possibles que cela engendre sont des tendinites du poignet et de l’épaule, des cervicalgies ainsi que des lombalgies.
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Travail en hauteur à la pose : la pose de garde-corps, de verrières, de charpentes légères voire de certains portails de grande hauteur suppose l’utilisation de moyens de travail en hauteur (de préférence échafaudages roulants, plateformes individuelles ou nacelles). Utiliser des moyens d’accès en hauteur plus conventionnels tels que des escabeaux ou des marchepieds expose davantage aux risques de chuter de hauteur (l’échelle reste à proscrire sauf impossibilité de procéder autrement). Les dommages possibles résultant de ces chutes de hauteur vont des entorses et fractures aux traumatismes crâniens, voire au décès de la personne en cas de chute d’une hauteur importante.
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Levage et manutention mécanique des ouvrages : les grands ouvrages terminés doivent parfois être déplacés au palan, au pont roulant voire à la grue, avec des élingues et potentiellement d’autres accessoires de levage dont le bon état conditionne la sécurité de la tâche. En cas d’accident, les dommages possibles que cela peut provoquer sont des heurts, des écrasements, des chutes de charge, avec des conséquences variées pouvant aller de l’hématome au décès en passant par la fracture d’un ou plusieurs os.
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Produits chimiques de traitement et de finition : les serruriers métalliers manipulent différents produits chimiques tel que des antirouilles, des décapants, des dégraissants, des huiles de coupe, des apprêts ou encore des peintures. Les risques sont présents lors de l’application de ces produits, mais aussi lors de leur transvasement et de leur rangement. Les dommages possibles en résultant sont des irritations et brûlures cutanées, des dermatoses, des allergies respiratoires, voire de l’asthme professionnel. (L’évaluation du risque chimique est encadrée par les articles R.4412-1 et suivants du Code du travail.)
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Co-activité sur les chantiers de pose : le serrurier métallier peut intervenir avec plusieurs autres corps de métier sur un chantier : maçons, électriciens, plaquistes, peintres, etc. Lorsque c’est le cas, le serrurier métallier peut être exposé à des risques qu’il ne génère pas, mais surtout qu’il ne maîtrise pas. Les dommages qui en résultent le plus souvent sont des heurts, des chutes d’objets provenant d’un niveau supérieur, ainsi que des expositions à des nuisances générées par d’autres corps d’état (ex : bruit).
Commercial : les devis, les visites et la relation client
Cette unité de travail couvre la prospection, les prises de mesures chez le client, l’établissement des devis, le suivi commercial et la réception des ouvrages posés.
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Risque routier : les déplacements chez les clients et les chantiers se font quotidiennement, souvent avec un véhicule chargé de matériel, et avec des horaires contraints par les rendez-vous. En cas d’accident de la route, les dommages provoqués peuvent aller de la simple blessure au décès de la personne. En France, les accidents de la route restent la première cause de mortalité au travail, tous secteurs d’activité confondus.
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Prises de mesures chez le client : relever les cotes d’un escalier, d’un balcon ou d’une baie implique souvent de devoir monter sur un escabeau, de travailler à proximité immédiate du vide, ou de circuler dans un bâtiment encore en travaux. Les principaux dommages possibles qui peuvent en résulter sont des chutes de hauteur ou de plain-pied, provoquant hématomes, entorses, fractures, ou encore traumatismes crâniens.
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Incivilités et agressions verbales : un litige sur un délai de fabrication, une malfaçon, ou la facturation peuvent générer des échanges très virulents, en rendez-vous comme par téléphone. Les dommages qui en résultent sont le plus souvent du stress au travail et, en cas de répétition, divers risques psychosociaux (ex : anxiété, insomnie, perte de motivation).
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Agressions physiques : plus rares que les agressions verbales, elles restent possibles lorsqu’un litige dégénère, notamment lors d’une réception d’ouvrage contestée ou d’un désaccord sur un solde de facture. Les risques sont majorés si à ce moment là, le professionnel se retrouve seul, nez à nez avec le client. Les dommages qui en résultent vont des blessures physiques (ex : coups, bousculades) à des traumatismes psychologiques durables. (ex : perte de motivation au travail, anxiété, insomnie, dépression, épuisement professionnel).
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Charge mentale liée aux délais : le serrurier métallier travaille parfois en bout de chaîne. Les retards des autres artisans se répercutent alors sur son propre planning, sans que le délai final ne puisse être modifié en conséquence. Les dommages possibles que cela occasionne sont du stress au travail, des troubles du sommeil et, en cas de persistance, un épuisement professionnel.
Administratif : la gestion de l’entreprise
Cette unité de travail couvre le travail de bureau : chiffrage, plans de fabrication, suivi des commandes de matière, facturation et gestion du personnel.
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Travail prolongé sur écran : le chiffrage, les plans réalisés sur logiciel de conception et le suivi administratif imposent de travailler durant des heures sur écran, souvent en début / fin de journée en dehors du temps de travail à l’atelier. Les dommages possibles résultant de cette exposition aux écrans sont de la fatigue oculaire (ex : vision troublée, picotements, maux de tête) ainsi que des troubles musculosquelettiques du cou, de l’épaule et du poignet.
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Long maintien de la posture assise : les bureaux d’une entreprise artisanale sont souvent pensés en termes d’efficacité, mais rarement optimisés pour l’ergonomie. À titre d’exemple, il n’est pas rare que les sièges n’aient jamais été réglés correctement pour la morphologie des personnes qui les utilisent. Les dommages possibles qui en résultent sont principalement des lombalgies ainsi que des douleurs cervicales.
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Manutention et archivage : dossiers de chantier, plans, catalogues de fournisseurs, ramettes de papier, etc. sont manipulés régulièrement, et le plus souvent stockés en hauteur (parfois dans un local annexe). Aller les chercher conduit à devoir monter sur un marchepied, un petit escabeau, voire du mobilier de bureau (ex : sur une chaise). Les dommages possibles qui en résultent sont des lombalgies, des chutes d’objets sur les pieds ou encore des chutes de faible hauteur.
Environnement de travail : l’atelier, le dépôt et les installations
Cette unité de travail regroupe les risques liés aux locaux de l’entreprise de serrurerie métallerie, à leurs installations techniques et à leur organisation.
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Risque incendie et explosion : un atelier de métallerie réunit des sources d’inflammation permanentes (ex : étincelles de meulage, arc électrique, chalumeau) et des matières combustibles (ex : cartons, chiffons imbibés d’huile, solvants, peintures). S’y ajoutent les bouteilles de gaz utilisées en oxycoupage et en soudage. Les dommages possibles que cela peut occasionner en cas de départ de feu / d’incendie vont des brûlures, à l’intoxication mortelle par les fumées. Cela peut s’accompagner de la destruction totale de l’outil de travail.
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Bouteilles de gaz sous pression : l’oxygène, l’acétylène et les mélanges de protection sont stockés en bouteilles. Une chute ou un choc de celles-ci peut provoquer la rupture du robinet. À noter : l’oxygène n’est pas inflammable, il est un comburant : il accélère toute réaction de combustion à proximité. De manière globale, les dommages possibles provoqués par des bouteilles de gaz sous pression endommagées sont des projections violentes de bouteille, des brûlures graves, ainsi que des explosions.
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Risque électrique : l’alimentation des machines fixes en triphasé, les postes à souder, les rallonges pour les machines portatives et la présence de poussières métalliques conductrices augmentent les risques électriques. Un câble dénudé (ex : cuivre apparent) couplé à une protection défaillante (ex : disjoncteur différentiel 30 mA qui ne se déclenche pas) suffit à provoquer un accident. Les dommages qui en résultent vont de l’électrisation (dommages divers n’engendrant pas la mort, tels que des brûlures) à l’électrocution (engendrant la mort de la personne).
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Chutes de plain-pied : des chutes de métal, la présence de copeaux au sol, des câbles d’alimentation traversant l’atelier, des flaques d’huile de coupe au sol constituent quelques sources possibles de glissade, de trébuchement et donc de chutes de plain-pied. Un des facteurs aggravants est propre au fait d’être dans un atelier de serrurier métallier : les chutes peuvent survenir à proximité immédiate de machines en fonctionnement ou de pièces à arêtes vives.
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Stockage des matériaux et des ouvrages : le stockage vertical des profilés et des tôles, l’entreposage sur racks et les ouvrages finis génèrent des risques de basculement / chutes d’objets. Les dommages possibles sont des écrasements, des contusions et des fractures, principalement au niveau des pieds et des mains.
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Ambiances thermiques de l’atelier : les ateliers de métallerie sont souvent de grands volumes mal isolés, très froids en hiver et très chauds en été, avec la nécessité fréquente de devoir ouvrir les portes pour faire entrer / sortir des matériaux et pièces terminés. Les dommages qui en résultent sont des refroidissements de membres pouvant générer engelure, crevasse, ainsi que des troubles musculosquelettiques (favorisés en milieu froid / humide), et une augmentation de la fatigue couplée à une baisse de la vigilance par forte chaleur.
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Éclairage des postes de travail : un éclairage insuffisant ou mal orienté au-dessus des machines empêche de bien visualiser sa zone de travail ainsi que la position des mains par rapport à l’outil utilisé. Les dommages possibles qui en résultent sont de la fatigue visuelle, mais surtout, une augmentation directe du risque de blessure lors de l’utilisation de machines.
Prévenir les coupures et les amputations sur les machines-outils.
C’est le danger le plus brutal du métier de serrurier métallier, et ses conséquences sont souvent irréversibles : les machines à travailler le métal ne laissent aucun délai d’ajustement entre le mauvais geste et la blessure. L’atelier en compte de nombreuses, chacune avec ses propres risques.
Les risques ne se limitent pas à la coupe. Ils sont tout d’abord présents en production, lorsque la main approche l’outil pour maintenir ou guider la pièce. Puis lors des réglages, lors du changement d’une lame, d’un disque ou d’une fraise. Et enfin, lors du nettoyage et de la maintenance, lorsque la machine est à l’arrêt, mais que l’outil reste tranchant.
Chaque machine occasionne des dommages qui lui sont propres. La cisaille et la guillotine écrasent et sectionnent brusquement, sans aucune possibilité pour l’utilisateur de retirer sa main. La meuleuse d’angle peut blesser en cas de retour brutal si le disque se coince dans la pièce, ou par projection suite à une rupture du disque. La perceuse à colonne peut entraîner un gant, une manche ou une pièce non bridée, et la main y passe ensuite. Enfin, la tronçonneuse à métaux projette et coupe.
Les dommages possibles qui en résultent sont des coupures pouvant s’infecter en l’absence de désinfection, des plaies ouvertes provoquant des saignements importants lorsqu’une artère est touchée, et des amputations de doigts ou de main. Il faut rappeler un point qui pèse lourdement pour toute petite structure : une amputation ne prive pas seulement la personne concernée d’un de ses membres, elle prive aussi durablement l’atelier d’un professionnel formé. Par la suite, le retour au poste du salarié a rarement lieu, ou alors difficilement.
Pour notre document unique serrurier métallier, les mesures de prévention contre les coupures et les amputations que nous avons retenues sont les suivantes :
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Conserver les carters et protecteurs en place : chaque machine-outil doit disposer de ses carters et organes de protection (ex : fin de course), positionnés de telle sorte que l’opérateur ne puisse pas atteindre la zone de coupe. Un dispositif de protection retiré pour gagner du temps ou pour gagner en ergonomie est souvent à l’origine d’accidents graves. En cas de retrait, la remise en place doit être une règle non négociable.
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Ne jamais approcher les mains de l’outil : brider systématiquement les pièces à percer / fraiser, et ne jamais les tenir à la main. Utiliser des poussoirs, des pinces et des gabarits pour guider les pièces courtes. Une pièce mal bridée qui s’échappe lorsqu’on la travaille devient un projectile, et si une main la retenait, celle-ci risque d’être gravement heurtée.
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Consigner avant toute intervention : sectionner la machine avant tout changement d’outil, débourrage ou nettoyage, et ce peu importe la durée de l’opération. Toujours attendre l’arrêt complet de l’outil par lui-même plutôt que de vouloir gagner du temps en le freinant à la main.
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Bannir les gants sur les machines rotatives : cela peut paraître contre-intuitif mais c’est pourtant vital : sur toutes les machines tournantes (ex : perceuse, fraiseuse ou touret), les gants peuvent être happés et entraîner un doigt voire la main. Les gants restent nécessaires pour manutentionner ou encore travailler à la main, mais ils sont à proscrire pour toute utilisation de machines dotées d’organes en rotation. Le dépliant ED 6332 de l’INRS, consacré au métier de serrurier-métallier, illustre les bonnes pratiques applicables au quotidien.
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Former machine par machine : former chaque opérateur sur les machines qu’il utilisera réellement, avec démonstration / vérification des acquis avant de le laisser travailler en autonomie. Les intérimaires et les nouveaux embauchés travaillant avec des machines dangereuses doivent avoir une formation renforcée à la sécurité, et les apprentis de moins de 18 ans une procédure de dérogation.
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Organiser l’atelier autour des machines : maintenir un espace suffisant autour de chaque machine pour pouvoir manœuvrer les pièces, éclairer correctement les zones de travail, et ramasser / jeter fréquemment les chutes et les copeaux tombés au sol. Trébucher à proximité d’une machine en fonctionnement peut transformer une simple chute en accident grave.
Prévenir l’exposition aux fumées de soudage et aux rayonnements.
C’est le danger le plus grave du métier à long terme, et celui que l’on laisse le plus facilement de côté : les fumées de soudage ne provoquent aucune douleur, mais elles sont cancérogènes pour l’homme et les dommages se déclarent des années après l’exposition.
Le statut de ces fumées mérite d’être connu, car il a évolué au fil du temps. L’INRS indique que le Centre international de recherche sur le cancer les classait dans le groupe des cancérogènes possibles (2B) depuis 1990, avant de les reclasser en 2017 dans le groupe des agents cancérogènes pour l’homme (groupe 1). Elles ne sont cependant pas classées comme telles par l’Union européenne, ce qui explique qu’elles n’entrent pas automatiquement dans le régime des agents cancérogènes du Code du travail. Plusieurs de leurs constituants le sont en revanche (ex : chrome hexavalent, nickel, béryllium). L’Anses a donc proposé d’inscrire les travaux exposant aux fumées de soudage à la liste des procédés cancérogènes.
Un point important à retenir concerne la valeur limite d’exposition. La valeur de 5 mg/m³ sur huit heures provient d’une circulaire ministérielle de 1987, et l’INRS la considère aujourd’hui comme obsolète au regard de la dangerosité de ces fumées. Or, l’empoussièrement d’un atelier peut atteindre plusieurs dizaines de milligrammes par mètre cube d’air. Les composés du chrome VI, présents lors du soudage de l’acier inoxydable, disposent quant à eux d’une valeur limite réglementaire à respecter.
Les dommages possibles vont s’accumuler au fil du temps. À court terme, on s’expose à des irritations des voies respiratoires et des yeux, ainsi qu’à la fièvre dite des métaux (« fièvre des fondeurs »), ressemblant à une grippe et provoquée par l’inhalation de fumées d’oxyde de zinc lors du soudage de l’acier galvanisé. À moyen terme s’ajoutent la bronchite chronique ainsi que l’asthme. Enfin à long terme, le cancer du poumon. À cela s’ajoutent aussi les rayonnements de l’arc électrique, dont les ultraviolets sont également classés cancérogènes avérés par le Centre international de recherche sur le cancer, en raison de données fiables concernant les mélanomes oculaires.
Pour notre document unique serrurier métallier, les mesures de prévention contre les fumées de soudage et les rayonnements d’arc électrique que nous avons retenues sont les suivantes :
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Capter les fumées à la source : c’est la mesure la plus efficace, car elle évite que les fumées puissent atteindre les voies respiratoires du soudeur. Cela passe par une aspiration localisée au plus près du cordon de soudure (ex : bras aspirant articulé, torche aspirante, table aspirante). Il est aussi possible d’installer une cabine de soudure ventilée si la dimension des locaux le permet.
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Ventiler l’atelier en complément : un atelier de soudure est un local à pollution spécifique au sens des articles R.4222-10 et suivants du Code du travail. La ventilation des locaux ne peut pas se substituer au captage à la source des fumées, mais elle permet d’évacuer les fumées résiduelles et de protéger ceux qui travaillent sur les autres postes au sein de l’atelier. Le soudeur devra faire attention de ne pas travailler dans le sens des fumées lorsqu’il fait son cordon de soudure.
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Agir sur le procédé et sur la matière : certains paramètres permettent de réduire les émissions de fumées à la source (ex : un procédé moins émissif quand la fabrication le permet, régler l’intensité du poste à souder, dégraisser et décaper les pièces avant soudure, etc). Le soudage d’acier galvanisé mérite une vigilance particulière, du fait que les fumées qui en sont issues sont plus à risque.
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Protéger contre les rayonnements : équiper le soudeur d’un masque à obscurcissement automatique, et installer des écrans ou rideaux de soudage autour de son poste de travail afin de protéger les yeux des personnes étant à proximité. Un salarié qui traverse l’atelier sans écran et regarde au mauvais moment, dans la mauvaise direction, peut prendre un coup d’arc sans même avoir soudé la moindre pièce.
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Compléter par la protection respiratoire : un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée, ou un masque de soudage équipé d’une adduction d’air est préférable pour les opérations les plus émettrices de fumées et pour le soudage en espace confiné. Dans ces conditions, il doit être employé en complément du captage et non en remplacement.
Il est du devoir des chefs d’entreprise mais aussi des serruriers métalliers de traiter les fumées de soudage comme dangereuses, et non comme de simples désagréments liés au métier.
Les EPC et EPI indispensables pour tout serrurier métallier.
La prévention des risques se doit d’agir en premier lieu sur le danger à sa source. Les équipements de protection collectifs (EPC) doivent ensuite être mis en place, puis les équipements de protection individuelle (EPI), et uniquement dans cet ordre, conformément à l’article L.4121-2 du Code du travail. Pour un atelier de serrurerie métallerie, cela signifie par exemple qu’aucun gant ne remplacera jamais un carter de protection sur une machine.
Les protections collectives qui nous paraissent indispensables pour tout serrurier métallier sont :
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Une aspiration localisée à chaque poste de soudage (ex : bras aspirant articulé, torche aspirante, table aspirante), voire une cabine de soudage ventilée si les locaux et les pièces le permettent.
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Une ventilation générale de l’atelier dimensionnée convenablement, avec entretien régulier des gaines et des filtres.
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Des carters de protection conformes sur toutes les machines-outils, complétés de dispositifs de sécurité pour chaque machine (ex : poussoir, bride de maintien, gabarit, sabot de disque).
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Des dispositifs d’arrêt d’urgence accessibles rapidement et à une main sur le devant de chaque machine fixe, ainsi que des moyens de consignation permettant de mettre la machine hors tension avant toute intervention.
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Des écrans ou rideaux de soudage entourant les postes de soudure, afin de protéger l’ensemble de l’atelier des rayonnements des postes à souder.
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Des moyens de manutention mécaniques pour les profilés, les tôles et les ouvrages finis (ex : palan, pont roulant, table élévatrice, ventouses de levage, chariot à tôles), avec passage de vérification périodique.
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Un stockage sécurisé des bouteilles de gaz, arrimées verticalement, à l’écart de toute source de chaleur, ainsi qu’un local ventilé pour les peintures, décapants et solvants. Les grands contenants seront à placer sur bac de rétention.
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Une installation électrique vérifiée périodiquement par un organisme agréé. Une vérification et si nécessaire un dépoussiérage régulier des armoires électriques est conseillé compte tenu des poussières métalliques.
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Des extincteurs adaptés, contrôlés annuellement, un éclairage suffisant au-dessus de chaque machine, des allées de circulation dégagées, et une trousse de premiers secours permettant de comprimer une plaie hémorragique.
Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables pour tout serrurier métallier sont :
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Pour le soudage : un masque de soudage à obscurcissement automatique, une veste et un tablier de soudeur ignifugés, des guêtres, ainsi que des gants de soudeur contre les risques thermiques (Type EN 12477).
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Contre les projections : des lunettes de protection ou un écran facial (Type EN166), à porter dès qu’une machine est en fonctionnement, y compris par les personnes présentes à proximité.
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Contre le bruit : des protections auditives (Type EN352) de divers types (ex : casque antibruit, bouchons d’oreilles, arceau). Il est possible d’équiper le personnel permanent de l’atelier de bouchons moulés.
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Contre les coupures : des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN388) pour la manutention des tôles et le travail avec les outils à main (le port de gants reste proscrit sur les machines tournantes du fait des risques de happement).
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Contre les chutes d’objets et les écrasements : des chaussures de sécurité à embout de protection et semelle anti-perforation (Type EN ISO 20345).
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Pour les fumées et les produits chimiques : un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée pour les opérations de soudage les plus émettrices.
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Des gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374) pour les décapants, dégraissants et peintures.
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Pour la pose sur chantier : un casque de protection (avec jugulaire en cas de travail en hauteur) ou une casquette coquée (Type EN 812), des vêtements de haute visibilité (Type EN ISO 20471), ainsi qu’un harnais antichute, un stop chute et une longe (Type EN 361) à utiliser sur un point d’ancrage ou une ligne de vie si aucune protection collective n’existe.
L’employeur devra fournir gratuitement ces équipements et veiller à leur entretien et à leur renouvellement (article R.4321-4), tandis que le salarié sera tenu de les utiliser conformément à leur usage (article L.4122-1 du Code du travail).
La formation et la sensibilisation aux risques des serruriers métalliers.
Informer, sensibiliser et former aux risques est un levier de prévention à part entière, au même titre que fournir des équipements de protection collectifs ou individuels. Dans un métier où les machines ne donnent pas droit à l’erreur, et où les dommages liés aux fumées de soudure sont différés, la formation constitue une sécurité à part entière.
Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent à l’employeur de donner une formation à la sécurité adaptée au poste de travail de chacun des salariés. Pour un serrurier métallier, nous recommandons en priorité :
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La formation à l’utilisation en sécurité de chaque machine-outil, machine par machine, avec démonstration pratique et vérification des acquis avant de laisser l’opérateur en autonomie.
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La formation renforcée à la sécurité pour les intérimaires et les nouveaux embauchés affectés aux machines dangereuses, ainsi que la procédure de dérogation pour les apprentis de moins de 18 ans.
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La sensibilisation au risque cancérogène des fumées de soudage : comprendre pourquoi le captage prime sur tout le reste, apprendre à utiliser les dispositifs d’aspiration, et savoir que les effets liés aux fumées de soudage ne se manifestent que des décennies plus tard.
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La formation au risque chimique : lecture de l’étiquetage des décapants, dégraissants et peintures (ex : pictogramme SGH05 pour la corrosion, SGH08 pour les effets graves sur la santé) et exploitation des fiches de données de sécurité (en particulier la rubrique des numéros à contacter en cas d’inhalation / intoxication).
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La prévention du risque incendie pour les travaux par point chaud, avec le permis feu pour les travaux réalisés hors de l’atelier (ex : soudage ou meulage sur un chantier ou dans les locaux d’un client).
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Les gestes et postures ainsi que la formation PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique), en réponse aux manutentions de tout type d’objets lourds et/ou encombrants.
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La formation au travail en hauteur et au montage des échafaudages roulants pour les salariés affectés à la pose, ainsi que l’autorisation de conduite pour les engins de levage utilisés (ex : pont roulant, chariot élévateur, nacelle).
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La sensibilisation au risque routier pour les déplacements vers les chantiers, en insistant sur l’arrimage des charges transportées (ex : un garde-corps mal arrimé devient un projectile en cas de freinage brusque).
À cela peut s’ajouter la formation SST (sauveteur secouriste du travail), particulièrement pertinente dans une serrurerie métallerie où les blessures possibles incluent des plaies hémorragiques, des brûlures, situations dans lesquelles les gestes des premières minutes sont déterminants.
Toutes les actions de formation entreprises devront être tracées dans le passeport de prévention prévu par l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations et certifications acquises par chaque salarié dans le cadre de son travail.
Dans quels cas faut-il mettre à jour votre document unique de serrurier métallier ?
Un document unique décrit votre entreprise telle qu’elle était le jour de sa rédaction. Or une entreprise évolue avec le temps. C’est la raison pour laquelle le Code du travail impose de le mettre à jour régulièrement.
Trois situations imposent une mise à jour du document unique, et elles sont fixées par l’article R.4121-2 du Code du travail :
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L’échéance calendaire, qui impose une mise à jour annuelle minimum aux entreprises de serrurerie métallerie comptant onze salariés ou plus. Sous ce seuil, aucune fréquence minimum de mise à jour ne s’applique.
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La modification importante des conditions de travail, qui implique une mise à jour immédiate.
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La révélation d’un risque que le document unique ne couvrait pas, qui implique une mise à jour immédiate.
Ce troisième cas mérite qu’on s’y arrête. Il ne s’agit pas d’attendre l’accident : un presque-accident suffit, et il devrait être un déclencheur privilégié. Un gant happé sur une machine tournante mais qui heureusement se déchire, un salarié qui se plaint de douleurs aux yeux suite à un coup d’arc mais dont les symptômes disparaissent au bout de quelques jours, etc.
Le format Excel de notre document unique serrurier métallier permet de faire les mises à jour en seulement quelques minutes, sans devoir à chaque fois repartir d’une feuille blanche. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique en détaille la méthode.
Mettre en place sur le terrain les actions de prévention des risques retenues dans le document unique.
Un document unique n’a d’intérêt que si les actions de prévention des risques qu’il contient sont mises en place sur le terrain. Pour inciter le passage à l’action, la planification de la mise en place de ces mesures dans le temps reste un incontournable.
C’est ce passage à l’acte que le législateur a voulu imposer dans son article L.4121-3-1 du Code du travail. Il impose aux entreprises de cinquante salariés et plus que leur évaluation aboutisse à un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail, le PAPRIPACT. Pour les entreprises en dessous de ce seuil de cinquante salariés, la contrainte est beaucoup moins importante : il suffit de définir des actions de prévention et d’en consigner la liste dans le document unique. Ce même article fixe à quarante ans la durée minimum de conservation du document unique et de ses différentes versions.
Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que la planification aide à passer à l’action sur le terrain. Nos documents uniques comportent donc tous un calendrier de prévention de type PAPRIPACT, y compris pour les entreprises de moins de cinquante salariés, ce qui est le cas de la quasi-totalité des serrureries métalleries. Si vous êtes également dans ce cas de figure, vous n’êtes pas obligé de l’utiliser.
Ce calendrier peut par exemple servir à planifier des investissements lourds, qui ne se font pas du jour au lendemain. En effet, équiper chaque poste de soudage d’une aspiration représente un investissement que peu d’entreprises peuvent réaliser en une fois : on commence par le poste le plus utilisé, puis on équipe les suivants au fil des exercices. Inscrire ces achats dans un calendrier démontre aussi à l’inspection du travail (en cas de contrôle) que la prévention des risques existe bel et bien dans l’entreprise. Notre guide de rédaction du document unique présente la méthode d’évaluation qui sous-tend cette planification, fondée sur l’occurrence, l’exposition, la gravité et la maîtrise des risques.
FAQ sur le document unique en serrurerie métallerie.
C’est quoi le document unique pour une entreprise ?
Le document unique, ou DUERP, rassemble dans un seul document l’ensemble des risques professionnels auxquels les salariés d’une entreprise sont exposés, rangés dans des unités de travail. Il constitue la base sur laquelle l’employeur va ensuite bâtir sa politique de prévention des risques professionnels.
Le document unique est-il obligatoire pour mon entreprise de serrurerie métallerie ?
L’obligation commence dès le premier salarié, quel que soit son contrat de travail, apprentis et intérimaires compris. Elle ne concerne pas le serrurier métallier qui travaille véritablement seul, sans employer personne.
Quel est le rôle du document unique dans mon entreprise de serrurerie métallerie ?
Son rôle est de répertorier les dangers du métier (ex : machines-outils, fumées de soudage, bruit, manutention de profilés, travail en hauteur à la pose), puis de les classer du plus grave au moins grave. Ce classement sert ensuite à savoir où porter la prévention des risques en premier.
Les fumées de soudage doivent-elles figurer dans le document unique ?
Oui, et c’est même l’un des points principaux pour un document unique de serrurerie métallerie. Le Centre international de recherche sur le cancer classe ces fumées parmi les agents cancérogènes pour l’homme depuis 2017.
Faut-il évaluer le bruit dans un atelier de serrurerie métallerie ?
Oui. Les niveaux sonores d’un atelier de serrurerie métallerie peuvent dépasser les 100 décibels, que ce soit sur les machines ou lors du travail du métal. Au-delà de la surdité professionnelle, qui s’installe insidieusement sans que la personne ne s’en aperçoive, la fatigue auditive diminue la faculté à se concentrer et augmente les risques de se blesser avec les machines de l’atelier.
Qui doit établir le document unique de mon entreprise de serrurerie métallerie ?
La charge en revient au chef d’entreprise. Il peut s’en occuper lui-même s’il maîtrise le sujet, ou confier ce travail à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP.
Comment rédiger le document unique de mon entreprise de serrurerie métallerie ?
Quatre étapes suffisent. Découper l’activité en unités de travail, par exemple le travail de serrurier métallier, le commercial, l’administratif et l’environnement de travail. Recenser les dangers présents dans chaque unité de travail, puis les évaluer (pour cela, notre méthode utilise l’occurrence, l’exposition, la gravité et la maîtrise). Enfin, définir les mesures de prévention adaptées. Chacune de ces étapes est détaillée dans notre guide de rédaction.
Qui peut consulter le document unique de mon entreprise de serrurerie métallerie ?
Vos salariés et leurs représentants y ont accès, de même que le médecin du travail, l’inspection du travail et les conseillers en prévention de la CARSAT. Un ancien salarié peut aussi le demander pour la période durant laquelle il a travaillé dans l’entreprise (ex : lors de la déclaration d’une maladie professionnelle).
À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique de mon entreprise de serrurerie métallerie ?
Au minimum une fois par an à partir de onze salariés. En dessous de ce seuil, aucune fréquence de mise à jour minimum n’est imposée, mais la mise à jour reste obligatoire à chaque modification importante des conditions de travail et dès qu’un risque non évalué se présente, y compris à l’occasion d’un presque-accident.
Qui doit mettre à jour le document unique de mon entreprise de serrurerie métallerie ?
La mise à jour incombe au chef d’entreprise, au même titre que la rédaction initiale. À défaut de compétences internes, mieux vaut confier cette mise à jour à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP comme Document Unique Facile. Nous livrons nos documents uniques au format Excel pour cette raison : vous pouvez modifier rapidement le danger concerné tout en gardant le reste, là où un format PDF vous oblige à tout reprendre de zéro.
Téléchargement du document unique pour serrurier métallier gratuit.
Notre modèle de document unique gratuit dédié aux serruriers métalliers est disponible ci-dessous. Il reprend la même trame que notre document unique serrurier métallier déjà complété, soit :
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Une page de couverture illustrée dédiée aux serruriers métalliers.
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Une page d’informations sur l’entreprise de serrurerie métallerie.
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Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.
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Une section d’évaluation des risques professionnels.
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Une section de prévention des risques professionnels, assortie d’un calendrier de prévention (planification).













