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Document unique Chaudronnerie :
guide et modèle à télécharger

Photo de Thony Maufay

Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.

Date de rédaction : 03 Septembre 2026.

En chaudronnerie, une même feuille de métal passe entre les mains du même salarié, du premier trait de traçage jusqu’à la pose chez le client, en passant par la découpe à la cisaille ou à la scie, le pliage et le roulage qui lui donnent du volume, l’assemblage au poste à souder, le meulage et le redressage des cordons, puis l’élingage de la pièce terminée pour la sortir de l’atelier. Voilà à quoi ressemble le quotidien de nombreux chaudronniers.

 

Les risques les plus fréquents qui en découlent sont donc : des écrasements de mains sur les machines qui mettent le métal en forme (majorés par la force considérable que ces machines exercent), des sectionnements sur les machines de découpe (ex : cisaille guillotine, scie à ruban), l’exposition continue à des niveaux de bruit élevés (majorée lorsque plusieurs postes fonctionnent en même temps dans un même volume), l’inhalation des fumées dégagées par le soudage et l’oxycoupage (majorée lorsque l’atelier est mal ventilé), des brûlures au contact du métal chaud, les projections de particules métalliques sur le corps voire dans les yeux (ex : meulage, ébavurage), la manutention de tôles et de profilés lourds et encombrants (ex : prise difficile, arêtes vives), et la possibilité d’être victime d’incivilités voire d’agressions verbales (ex : client mécontent d’un délai ou d’une réalisation).

 

Les études d’accidentologie du secteur publiées par l’INRS et l’Assurance Maladie mettent des chiffres concrets sur ce sujet. En France, dans la métallerie et le travail des métaux, ce sont plus de 600 000 journées de travail qui sont perdues par an pour accident du travail ou maladie professionnelle. Un accident du travail entraîne en moyenne 102 jours d’arrêt, et une maladie professionnelle 296 jours, soit près de dix mois consécutifs ! Plus de la moitié des accidents (54 %) sont causés par des manutentions manuelles, et 17 % par des outils à main (données 2026 de l’INRS et de l’Assurance Maladie, pour l’ensemble du secteur de la métallerie et du travail des métaux, dont la chaudronnerie fait partie).

 

Pour diminuer ces chiffres, le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est l’outil de référence. Son rôle est de recenser les dangers présents dans votre chaudronnerie, d’évaluer les risques qui en découlent, et de détailler les différentes mesures de prévention à mettre en place. Dans cet article, nous allons vous présenter les unités de travail, les dangers identifiés, la présentation détaillée de deux risques « signature » du secteur de la chaudronnerie, les équipements de protection et les formations utiles que nous avons retenus pour notre propre document unique chaudronnerie, déjà complété, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.

À partir de quand une chaudronnerie doit-elle avoir un document unique ?

Dès qu’une chaudronnerie emploie au minimum un salarié, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, intérim, apprentissage, stage hors stage d’observation), elle doit posséder un document unique d’évaluation des risques professionnels.

Cette obligation repose sur deux articles du Code du travail. L’article L.4121-3 impose à l’employeur d’évaluer les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés. L’article R.4121-1 l’oblige ensuite à consigner le résultat de cette évaluation dans un document unique. Dans ce contexte, la définition de « travailleur » recouvre toute personne placée sous l’autorité de l’employeur, ce qui inclut les contrats courts, les intérimaires, les apprentis, les stagiaires, etc. Un chaudronnier indépendant qui exerce absolument seul, sans aucun salarié, n’est pas concerné par le document unique.

Il est bien entendu possible de confier la rédaction de son document unique à un tiers (ex : consultant, entreprise extérieure), mais cela ne transfère pas la responsabilité légale du chef d’entreprise : il en demeure le seul responsable aux yeux de la loi, et c’est pour cela qu’il faut s’appuyer sur un professionnel compétent, enregistré IPRP, comme Document Unique Facile.

L’absence de document unique, ou un document unique qui n’a jamais été mis à jour, est sanctionnée par l’article R.4741-1 du Code du travail, qui prévoit une contravention de 5e classe (1 500 euros, portés à 3 000 euros en cas de récidive), appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés. Mais certaines situations peuvent être bien pires pour un chef d’entreprise que de recevoir une simple amende. Prenons le cas d’un accident grave, issu d’un risque pour lequel il n’y a jamais eu de mesure de prévention, ou pire, l’absence totale de document unique dans l’entreprise. Aux yeux de la justice, cela constitue une faute inexcusable de l’employeur. Devant le tribunal judiciaire, la sanction financière prononcée peut atteindre de tels montants qu’elle est susceptible de mettre le chaudronnier en faillite.

Notre choix des unités de travail pour ce document unique chaudronnerie.

Avant d’évaluer les risques, il faut découper l’activité de l’entreprise en unités de travail. Une unité de travail est un regroupement de différentes tâches exercées au sein de l’entreprise, et qui exposent à des risques professionnels de même nature.

Pour notre document unique chaudronnerie, nous avons retenu cinq unités de travail, avec un total de 32 situations à risque : sur le chantier, en déplacement, contact avec les clients, secrétariat / administratif, et environnement de travail. Ce découpage est basé sur les trois types d’activité qui structurent la semaine de travail d’un chaudronnier, c’est-à-dire la fabrication des pièces, les déplacements et la pose chez le client, et la gestion administrative de l’entreprise. Deux unités de travail viennent en complément pour les dangers liés à la relation clientèle et aux locaux de travail, qui concernent tous les salariés, quels que soient leurs postes.

Ce découpage transversal est fait de manière à pouvoir couvrir toute sorte de chaudronnerie, que ce soit un atelier de deux compagnons travaillant la tôle fine pour des particuliers, ou une structure d’une vingtaine de salariés fabriquant des ensembles chaudronnés pour l’industrie. Comme le travail des métaux recouvre plusieurs activités proches les unes des autres, nous vous rappelons que nous avons écrit un article dédié à la serrurerie métallerie.

Voici, pour chacune de ces unités de travail, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.

Sur le chantier

Cette unité de travail couvre le cœur du métier de chaudronnier, de la matière première à la pièce terminée (ex : traçage, découpe, pliage, roulage, soudage, meulage, contrôle, puis installation chez le client).

  • Machines de mise en forme des métaux : la plieuse, la presse, la rouleuse et la cintreuse ont une force considérable, alors que les mains de l’opérateur restent à quelques centimètres de la zone de travail. Des risques d’écrasement de membres sont présents lors de chaque descente du tablier et lors de chaque passage entre les rouleaux. Ils sont majorés si la pièce est difficile à prendre en main (longue, lourde, nécessité d’être maintenue à deux mains). Les dommages qui peuvent en résulter sont des hématomes, des fractures multiples des doigts et de la main, voire des amputations. Ce danger, signature du métier de chaudronnier, fera l’objet d’un développement dédié.

  • Machines de découpe des métaux : la cisaille guillotine, la scie à ruban, la scie à métaux, la poinçonneuse et la tronçonneuse à disque sont suffisamment coupantes pour trancher l’acier, ce qui ne laisse aucune marge d’erreur vis-à-vis de ses doigts et mains. Des risques de coupure et de sectionnement existent en production, mais aussi lors du changement d’une lame ou d’un disque, et lors du nettoyage de la machine, alors même que celle-ci est à l’arrêt. Les dommages les plus fréquemment provoqués sont des plaies superficielles susceptibles de s’infecter en l’absence de désinfection, des plaies profondes avec saignement important lorsqu’une artère est touchée, voire des sectionnements de doigts.

  • Bruit du travail du métal : dans un atelier de chaudronnerie, le bruit ne provient pas seulement des machines. Il vient aussi de la matière, car une tôle résonne dès qu’on la frappe, qu’on la plane, qu’on la meule ou qu’on la laisse tomber sur le sol. Officiel Prévention indique que les niveaux sonores de l’atelier, sans insonorisation adaptée, peuvent dépasser les 100 décibels. Ce danger, qui est également un danger signature du métier, fera lui aussi l’objet d’un développement dédié.

  • Fumées de soudage et de coupage : le soudage à l’arc (ex : TIG, MIG, MAG), le brasage et l’oxycoupage dégagent un mélange de gaz et de particules métalliques que l’opérateur respire lorsqu’il est au-dessus de son cordon de soudure. Les risques sont majorés en fonction du métal travaillé (ex : acier inoxydable, acier galvanisé), du procédé employé, et de la qualité de la ventilation de l’atelier. Les dommages qui peuvent en résulter sont des irritations des voies respiratoires, une fièvre dite « des métaux » qui ressemble à une grippe et qui est provoquée par l’inhalation d’oxyde de zinc, un asthme professionnel, voire un cancer du poumon à long terme. (Pour de plus amples informations, voir notre article consacré à la serrurerie métallerie, qui développe ce danger en détail, ainsi que le dossier de l’INRS sur les fumées de soudage.)

  • Brûlures, projections et rayonnements de l’arc : le métal chauffé reste brûlant longtemps après avoir été travaillé et visuellement, cela ne se perçoit pas, ce qui explique que les brûlures soient si fréquentes. À cela s’ajoutent les gouttes de métal en fusion, les étincelles de meulage qui peuvent traverser un vêtement non ignifugé, les particules projetées lors de l’ébavurage, ainsi que le rayonnement ultraviolet de l’arc électrique, auquel s’expose toute personne présente dans l’atelier qui regarderait au mauvais moment sans écran. Les dommages qui peuvent en résulter sont des brûlures allant du premier au troisième degré, principalement aux mains et aux avant-bras, ainsi que des atteintes oculaires allant du « coup d’arc » (une kératite douloureuse qui se déclare quelques heures après l’exposition) à la perte de la vision d’un œil en cas de projection.

  • Manutention des tôles et levage des ensembles chaudronnés : les feuilles de métal, les profilés, les tubes et les pièces terminées sont manipulés toute la journée, à la main pour les plus légers, au palan, au pont roulant ou au chariot élévateur pour les autres. Les risques sont majorés si la prise est difficile du fait de l’encombrement de la pièce, si celle-ci comporte des arêtes vives, ou encore si l’élingue utilisée est en mauvais état. Les dommages qui peuvent en résulter sont des lombalgies, des troubles musculosquelettiques des épaules, des coupures aux mains et aux avant-bras, ainsi que des écrasements des pieds en cas de chute de la charge. (La manutention manuelle est encadrée par les articles R.4541-1 et suivants du Code du travail.)

En déplacement

Cette unité de travail couvre les trajets entre l’atelier, les fournisseurs et les clients, ainsi que le chargement, le déchargement et la pose des ouvrages sur site (ex : livraison d’une cuve, montage d’une tuyauterie, dépose d’une pièce à remettre en état).

  • Risque routier : les chaudronniers se déplacent avec un véhicule utilitaire souvent chargé de matière, d’outillage et de pièces terminées, avec des trajets parfois contraints par le temps (ex : urgence chez un client). Des risques d’accident de la route existent à chaque déplacement, et ils sont majorés en cas de chargement excessif car cela modifie le comportement du véhicule, ou si le trajet est effectué en fin de journée après plusieurs heures passées en atelier. Les dommages qui peuvent en résulter vont de la simple blessure au décès de la personne.

  • Chargement, arrimage et déchargement des ouvrages : une pièce chaudronnée est souvent longue, lourde et déséquilibrée, et elle doit être chargée puis déchargée hors de l’atelier, sans les moyens de levage disponibles en atelier. Des risques de heurt et d’écrasement existent lors de chaque manœuvre, et ils sont majorés si le déchargement se fait seul, ou si le sol du client est en pente ou instable. Les dommages qui peuvent en résulter sont des contusions, des entorses, des fractures, voire le décès si la charge bascule sur une personne.

  • Travail en hauteur lors de la pose : la pose d’une tuyauterie, d’une passerelle, d’un silo ou d’un capotage suppose de travailler en hauteur, depuis un échafaudage roulant, une plateforme individuelle roulante ou une nacelle. Des risques de chuter de hauteur existent dès lors que le poste de travail n’est pas protégé, et ils sont majorés si le moyen d’accès est improvisé / inadapté (ex : échelle utilisée comme poste de travail). Les dommages qui peuvent en résulter sont des entorses, des fractures, des traumatismes crâniens en cas de chute sur la tête, voire le décès.

  • Co-activité chez le client : le chaudronnier qui intervient dans les locaux d’une entreprise cliente est exposé à des risques qu’il ne génère pas, et surtout qu’il ne maîtrise pas (ex : circulation d’engins, machines en fonctionnement, produits chimiques présents sur place). Selon les entreprises, les dommages qui peuvent en résulter sont ceux du site visité. Dans tous les cas, il est nécessaire de ne jamais pénétrer dans une zone où le port d’un équipement de protection est obligatoire (signalement par des pictogrammes) sans en disposer.

Contact avec les clients

Cette unité de travail couvre les échanges avec la clientèle, du premier contact jusqu’à la réception de l’ouvrage (ex : prise de cotes, chiffrage, suivi de commande, relance de facture, retour pour malfaçon).

  • Incivilités et agressions verbales : un délai de fabrication rallongé, une mauvaise cote, une pièce refusée à la réception ou le montant d’une facture contesté peuvent suffire à faire monter le ton de son interlocuteur, en atelier comme au téléphone. Les risques sont majorés si l’interlocuteur a lui-même un chantier bloqué par la pièce qu’il attend. Les dommages qui peuvent en résulter sont du stress au travail et, en cas de répétition, différents risques psychosociaux (ex : anxiété, troubles du sommeil, perte de motivation).

  • Agressions physiques : plus rares que les tensions verbales habituelles, elles restent possibles lorsqu’un litige dégénère, en particulier lors d’une réception d’ouvrage contestée. Les risques sont majorés si le salarié se retrouve seul face au client, et davantage encore si cela se passe sur le site de ce dernier. Les dommages qui peuvent en résulter sont des blessures physiques (ex : coups, bousculades), ainsi qu’un traumatisme psychologique important (ex : stress, angoisse, perte de sommeil, perte de confiance en soi, dépression, etc.).

  • Charge mentale liée aux délais et au chiffrage : le chaudronnier travaille souvent sur mesure, sur des pièces uniques dont le temps de fabrication est difficile à estimer à l’avance. Un devis calé au plus juste en termes de montant / de temps de travail est condamné à ne pas pouvoir être honoré au moindre imprévu (ex : matière non livrée, pièce à refaire, machine en panne), alors que la date de livraison, elle, ne bouge pas. Les dommages qui peuvent en résulter sont du stress au travail, des troubles du sommeil et, si la situation se répète, de l’épuisement professionnel.

Secrétariat / Administratif

Cette unité de travail couvre le travail de bureau de l’entreprise (ex : plans et développés sur logiciel, devis, commandes de matière, facturation, gestion du personnel).

  • Travail prolongé sur écran : le dessin des pièces, le calcul des développés et le suivi administratif imposent de rester des heures devant un écran, et parfois en début et en fin de journée, en dehors du temps de travail à l’atelier. Travailler sur un ordinateur portable dont l’écran et le clavier sont solidaires, sans écran déporté ni support, constitue un facteur de risque du fait de l’adoption systématique d’une mauvaise posture (buste et cou penchés vers l’avant). Les dommages qui peuvent en résulter sont de la fatigue oculaire (ex : vision troublée, picotements, maux de tête) ainsi que des troubles musculosquelettiques du cou, de l’épaule et du poignet.

  • Maintien prolongé de la posture assise : le bureau d’une chaudronnerie est souvent pensé comme une partie « auxiliaire » de l’entreprise, optimisé pour l’efficacité mais pas pour travailler en confort, notamment du point de vue ergonomique. Les risques sont majorés si les installations ne disposent d’aucun réglage (ex : hauteur, profondeur de l’assise, soutien lombaire, profondeur et hauteur des accoudoirs, etc.). Les dommages qui peuvent en résulter sont principalement des lombalgies ainsi que des douleurs cervicales.

  • Accès aux archives et aux plans stockés en hauteur : les dossiers de fabrication, les plans, les certificats matière et les classeurs de fiches de données de sécurité sont le plus souvent rangés dans des armoires, parfois en hauteur. Aller les chercher conduit à devoir monter sur un marchepied, un escabeau, voire sur du mobilier de bureau (ex : une chaise à roulettes). Les dommages qui peuvent en résulter sont des entorses et des fractures, des traumatismes crâniens en cas de chute sur la tête, ainsi que des chutes d’objets sur les pieds.

  • Amplitude des journées de travail : dans une petite structure, le chiffrage, les relances et la gestion du personnel se font assez souvent en dehors des heures de production en atelier, c’est-à-dire tôt le matin ou tard le soir. Plus cette situation est fréquente avec des horaires extrêmes, plus les risques psychosociaux qui en découlent sont élevés. Les dommages qui peuvent en résulter sont une accumulation de fatigue au fil des journées voire des semaines de travail, ainsi qu’une baisse de vigilance qui augmente mécaniquement les risques de se blesser en atelier le jour suivant.

Environnement de travail

Cette unité de travail regroupe les dangers liés aux locaux de la chaudronnerie, à leurs installations techniques et à leur organisation (ex : atelier, zone de stockage de la matière, zone d’expédition, vestiaires).

  • Circulation et manutention mécanisée dans l’atelier : dans une chaudronnerie, les pièces circulent au-dessus et autour des postes de travail, au pont roulant, au palan ou au chariot élévateur, pendant que les salariés continuent à travailler. Des risques de heurt et d’écrasement existent lors de chaque déplacement de charge, et ils sont majorés si les allées de circulation ne sont pas matérialisées au sol, ou si une charge passe au-dessus d’un poste occupé. Les dommages qui peuvent en résulter sont des contusions, des fractures, voire le décès en cas de chute de charge sur une personne.

  • Stockage des tôles, des profilés et des ouvrages finis : les tôles sont souvent stockées debout ou empilées à plat sur des racks, tandis que les pièces terminées attendent leur enlèvement en zone d’expédition. Des risques de basculement et de chute d’objets existent lorsque l’on vient prélever un élément dans une pile, et ils sont majorés si le rack n’est pas ancré, si les charges maximales admissibles ne sont pas respectées, et les règles de stockage non respectées (le plus lourd en bas, le plus léger en haut). Les dommages qui peuvent en résulter sont des écrasements, des fractures et des sectionnements, principalement au niveau des pieds et des mains.

  • Points chauds, matières combustibles et bouteilles de gaz : un atelier de chaudronnerie réunit en permanence des sources d’inflammation (ex : étincelles de meulage, arc électrique, flamme d’oxycoupage) et des matières combustibles (ex : cartons, chiffons imbibés d’huile, solvants, peintures). S’y ajoutent les bouteilles d’oxygène et d’acétylène, dont la chute ou le choc peut provoquer la rupture du robinet (l’oxygène n’est pas inflammable : c’est un comburant, qui accélère toute combustion à proximité). Les dommages qui peuvent en résulter sont des brûlures, une intoxication mortelle par les fumées, des projections violentes de bouteille, ainsi que la destruction totale de l’outil de travail.

  • Installations électriques de l’atelier : l’alimentation des machines fixes en triphasé, les postes à souder, les rallonges des machines portatives et la présence de poussières métalliques conductrices dégradent la sécurité électrique des installations (surcharge et risques de court-circuit). Un câble dénudé (ex : cuivre apparent) couplé à une protection défaillante (ex : disjoncteur différentiel 30 mA qui ne se déclenche pas) suffit à provoquer un accident. Les dommages sont soit l’électrisation (passage du courant dans le corps) soit l’électrocution (décès par électrisation).

  • Chutes de plain-pied : les sols d’un atelier de chaudronnerie peuvent regorger de sources de trébuchements et de glissades : chutes de tôle et copeaux traînant au sol, câbles d’alimentation traversant l’atelier, flaques d’huile de coupe, palettes laissées en attente. Il existe un facteur aggravant propre au métier : la chute à proximité immédiate d’une machine en fonctionnement ou d’une pièce à arêtes vives. Les dommages qui peuvent en résulter sont des entorses, des fractures et des plaies profondes.

  • Produits d’atelier et brouillards d’huile : les huiles de coupe, les dégraissants, les décapants, les antirouilles et les peintures sont manipulés au quotidien, et les opérations de sciage et d’usinage génèrent des brouillards d’huile en suspension dans l’air. Les risques sont présents lors de l’application de ces produits, mais aussi lors de leur transvasement et de leur rangement. Les dommages qui peuvent en résulter sont des irritations et des brûlures cutanées, des dermatoses, une acné professionnelle (appelée « boutons d’huile »), des allergies respiratoires, voire un asthme professionnel. (Note : le risque chimique est encadré par les articles R.4412-1 et suivants du Code du travail.)

Prévenir les risques d’écrasement sur les machines de mise en forme des métaux.

Avec le temps et l’habitude, les chaudronniers perçoivent de moins en moins les risques liés au travail en atelier (ex : plier une tôle, la passer à la rouleuse, etc.) tant cela constitue des opérations courantes. Pourtant, les machines qui mettent le métal en forme sont à l’origine des accidents les plus mutilants du secteur de la chaudronnerie. Cela est dû au fait qu’elles exercent une force si importante qu’elles sont impossibles à retenir une fois engagées.

La manière de procéder est toujours la même. Pour plier, rouler, cintrer ou emboutir, il faut présenter la pièce à la main, la maintenir en position, et parfois l’accompagner lors du travail de la machine. Les mains de l’opérateur se trouvent donc dans la zone de travail au moment où la machine exerce toute sa force. À titre d’exemple, sur une plieuse, la main est sous le tablier qui descend. Sur une rouleuse, elle est devant les rouleaux qui entraînent la tôle. Sur une cisaille guillotine, elle est sous la lame. Une pièce longue nécessitant d’être maintenue à deux mains, un plan de travail encombré, ou une commande à pédale actionnée involontairement suffisent à être la source d’un accident.

Les dommages qui peuvent en résulter sont des hématomes, des fractures multiples, des sectionnements et des amputations de doigts / de main. Contrairement à certaines croyances, ce n’est pas nécessairement la puissance de la machine qui détermine la gravité des dommages en cas d’accident : une petite plieuse d’atelier a déjà suffisamment de puissance pour écraser une main tout entière. Pas besoin d’une grosse presse pour cela, car dans les deux cas, la force développée par ces machines dépasse très largement la résistance des os humains.

La réglementation traite d’ailleurs ces machines de manière spécifique. Les presses mécaniques et les presses hydrauliques pour le travail à froid des métaux, dont l’alimentation en matière première (chargement / déchargement) est effectuée à la main en phase de production, doivent faire l’objet d’une vérification générale périodique datant de moins de trois mois au moment de leur utilisation. Cette obligation est fixée par l’arrêté du 5 mars 1993, pris en application de l’article R.4323-23 du Code du travail. C’est une périodicité très courte, beaucoup plus courte que les douze mois retenus pour la plupart des équipements de travail (ex : engin de levage) du fait du caractère particulièrement dangereux de ces machines. Le résultat de chaque vérification périodique doit être consigné dans le registre de sécurité de l’entreprise.

Un second point mérite d’être connu, car de nombreux ateliers travaillent encore avec des machines achetées d’occasion datant d’il y a plusieurs décennies. Pour ces équipements anciens, l’article R.4324-2 du Code du travail impose que les organes mobiles de travail soient disposés, protégés, commandés ou équipés de manière à ce que les opérateurs ne puissent pas atteindre la zone dangereuse. Lorsque l’intervention de l’opérateur dans cette zone est inévitable compte tenu des opérations à accomplir, ces éléments doivent être munis de protecteurs ou de dispositifs de protection. Quel que soit l’âge de la machine, l’article R.4322-1 impose de la maintenir en état de conformité selon les règles techniques applicables lors de sa mise en service dans l’établissement.

Pour notre document unique chaudronnerie, les mesures de prévention des risques d’écrasement sur les machines de mise en forme que nous avons retenues sont les suivantes :

  1. Protéger la zone dangereuse en premier lieu : c’est de loin la mesure la plus efficace, puisqu’elle supprime le danger à la source. Sur les machines de pliage et de découpe, cela passe par un dispositif qui rend impossible l’accès aux doigts et aux mains, ou qui détecte leur présence dans la zone de travail (ex : barrage immatériel, protecteur mobile avec verrouillage, commande à deux mains). Retirer un dispositif de protection pour gagner du temps ou pour gagner en confort de travail est souvent à l’origine d’accidents graves : cela est évidemment à proscrire.

  2. Faire vérifier les presses tous les trois mois : la vérification générale périodique n’est pas une formalité administrative. Elle porte précisément sur les éléments dont la défaillance peut être la source d’un accident : l’usure du système de freinage, la dérive du temps d’arrêt, l’état des dispositifs de protection et celui des organes de commande. Elle doit être réalisée par une personne qualifiée externe à l’entreprise pour garantir son indépendance, et son résultat doit être consigné dans le registre de sécurité. Si vous ne savez pas quelles machines sont concernées, demandez à un organisme de contrôle de venir examiner votre parc, et profitez-en pour établir un devis.

  3. Ne jamais présenter une pièce à la main lorsque c’est évitable : utilisez des pinces, des poussoirs, des gabarits et des butées arrière pour positionner les pièces courtes, ainsi que des supports pour les pièces longues (ex : table à billes, servante réglable, suiveur de tôle). Une tôle qui nécessite d’être maintenue à deux mains pendant toute la phase de pliage est surtout une tôle qui devrait être soutenue par un équipement. Cela réduit drastiquement la probabilité que les mains se trouvent dans la zone dangereuse au moment du mouvement.

  4. Consigner la machine avant toute intervention : coupez et consignez l’alimentation avant tout changement d’outil, tout débourrage et tout nettoyage, et ce quelle que soit la durée de l’opération. Attendez toujours l’arrêt complet des organes en mouvement par eux-mêmes, et ne les freinez jamais à la main. Une seule mauvaise utilisation peut suffire à provoquer un accident grave aux conséquences irréversibles.

  5. Interdire la mise en autonomie sans vérification des acquis : formez chaque opérateur sur les machines qu’il utilisera réellement dans l’atelier, avec démonstration puis contrôle des acquis, machine par machine. Les intérimaires et les nouveaux embauchés doivent bénéficier d’une formation renforcée à la sécurité, et les apprentis de moins de 18 ans d’une procédure de dérogation (travaux sur machines dangereuses réglementés). Dans tous les cas, une personne qui n’a jamais démarré une machine ne devrait pas pouvoir le faire seule, sans accompagnement, le temps de se familiariser avec celle-ci.

  6. Dégager et éclairer l’espace de manœuvre des pièces : maintenez autour de chaque poste de travail un espace suffisant pour manœuvrer de longues pièces sans devoir jouer au contorsionniste ou à l’équilibriste. Éclairez correctement la zone de travail afin de toujours discerner la position exacte de ses mains par rapport à la zone de travail et à l’organe de travail de la machine. Ramassez fréquemment les chutes et copeaux tombés au sol (trébucher à proximité d’une machine en fonctionnement peut transformer une simple chute de plain-pied en accident grave).

Prévenir les risques de surdité professionnelle dans les ateliers de chaudronnerie.

Dans une chaudronnerie, la présence de niveaux de bruit élevés est une évidence pour tout le monde. C’est le seul danger de l’atelier qui va produire des dommages insidieux, sans douleur, sans fait marquant, au fil du temps, sans que la personne concernée ne s’en aperçoive, avant qu’il ne soit trop tard. Car non seulement la surdité est irréversible, mais elle s’accompagne de nombreux autres désagréments : acouphènes, sifflements, bourdonnements, perte d’équilibre, etc.

Dans une chaudronnerie, le bruit a une particularité : il ne vient pas seulement des machines, il vient aussi de la matière. Une tôle d’acier vibre et transmet les bruits dès qu’on la frappe, qu’on la redresse, qu’on la meule, qu’on la perce ou qu’on la met en place. À cela s’ajoutent les chocs : brefs, intenses, ils peuvent abîmer l’oreille interne en quelques millisecondes. En ce qui concerne l’exposition au bruit de manière générale, plus le temps d’exposition est important, plus les risques sont élevés.

Le Code du travail fixe trois seuils, et chacun déclenche des obligations différentes, selon l’article R.4431-2. À partir de 80 décibels (A) sur une journée de huit heures, ou d’un niveau de crête de 135 décibels (C), l’employeur met des protecteurs auditifs à disposition des salariés (R.4434-7), les informe et les forme (R.4436-1), et ces derniers peuvent demander un examen audiométrique préventif (R.4435-2). À partir de 85 décibels (A), ou d’un niveau de crête de 137 décibels (C), le port de protections auditives devient obligatoire, un programme de mesures techniques ou d’organisation du travail doit être établi (R.4434-2), et les lieux concernés font l’objet d’une signalisation et quand cela est techniquement faisable, d’une limitation d’accès (R.4434-3). Enfin, 87 décibels (A) constituent la valeur limite d’exposition à ne jamais dépasser (port d’EPI compris).

Encore faut-il connaître les niveaux de bruits réels dans l’entreprise. L’article R.4433-1 du Code du travail impose d’évaluer et, si nécessaire, de mesurer les niveaux de bruit auxquels les salariés sont exposés. Lorsqu’une campagne de mesure est effectuée, elle doit être renouvelée au moins tous les cinq ans, et à chaque modification susceptible d’augmenter les niveaux de bruit dans l’atelier (ex : arrivée d’une nouvelle machine).

Les dommages liés au bruit apparaissent en deux temps. À court terme premièrement, par de la fatigue auditive : réversible, elle s’accompagne d’une baisse de vigilance et d’une difficulté plus importante à percevoir les sons, ce qui augmente les risques de se blesser via d’autres sources de risques (ex : en travaillant sur les machines). À long terme ensuite, par une surdité professionnelle : atteinte de l’oreille interne irréversible, souvent accompagnée de nombreux désagréments tels que des acouphènes, des sifflements, des bourdonnements, et des pertes d’équilibre. Elle est reconnue au titre du tableau n° 42 des maladies professionnelles du régime général (à condition que le déficit auditif moyen mesuré soit de 35 décibels minimum).

Le bruit figure également parmi les facteurs de risques du compte professionnel de prévention. L’article D.4163-2 du Code du travail fixe un seuil de 81 décibels (A) sur huit heures pendant au moins 600 heures de travail par an, ou 120 expositions par an à un niveau de crête d’au moins 135 décibels (C) (en prenant en considération les niveaux de bruit atténués par le port de dispositifs de protection auditive).

Pour notre document unique chaudronnerie, les mesures de prévention des risques liés au bruit que nous avons retenues sont les suivantes :

  1. Agir sur les locaux de travail et les équipements en premier lieu : cela passe par l’amortissement des surfaces sur lesquelles les tôles sont posées (ex : revêtement des tables, des bacs de chutes et des chariots), par le choix de procédés qui soient les moins bruyants possible, et par le remplacement progressif des machines les plus bruyantes au fil du temps. Les moyens techniques de réduction du bruit sont d’ailleurs énumérés dans l’article R.4434-1 du Code du travail.

  2. Encoffrer et séparer les postes les plus bruyants : si possible (question de place disponible), isolez les opérations les plus bruyantes (ex : ébarbage, martelage, tronçonnage), au moyen d’un encoffrement, d’une cabine ou d’écrans acoustiques. Traitez également l’acoustique du bâtiment lui-même, car des parois / une toiture métallique renvoient le son au lieu de l’absorber. Ces mesures permettent de baisser les niveaux de bruit perçus par l’ensemble du personnel, y compris ceux travaillant en bureau et ne portant pas d’EPI.

  3. Mesurer les niveaux de bruits poste par poste afin de signaler les zones critiques : faites réaliser une campagne de mesure par une personne compétente, poste par poste (et non juste au milieu de l’atelier). Pensez également aux outils à air comprimé, notamment à la soufflette, dont les niveaux de bruit sont généralement parmi les plus élevés. Cette campagne de mesure vous dira lesquels de vos postes de travail dépassent 80 dB(A), puis 85 dB(A), et quelles obligations s’appliquent (voir plus haut). Signalez ensuite les zones concernées par des pictogrammes obligeant notamment à porter des EPI.

  4. Fournir des protections adaptées et vérifier qu’elles sont portées : au-delà de 85 dB(A), l’employeur ne doit pas seulement fournir des protections auditives, il doit veiller à ce qu’elles soient bien portées. Mettez donc à disposition du personnel différents types de protection auditive (ex : casque, tour de cou, bouchon simple, etc.) individuelle afin que chacun puisse trouver chaussure à son pied. Il est également possible d’équiper le personnel permanent de bouchons d’oreilles moulés afin de gagner en confort.

  5. Mettre en place un suivi de l’audition : proposez à l’ensemble des nouveaux embauchés de réaliser un audiogramme de référence à l’embauche, car c’est le seul moyen de connaître les dégâts qui peuvent relever de leur travail dans l’entreprise. Rappelez aux salariés exposés à des bruits de plus de 80 dB(A) qu’ils peuvent demander à tout moment un examen audiométrique préventif (réalisé par le service de prévention et de santé au travail). Ces professionnels restent les seuls à pouvoir se prononcer sur l’état de santé réel de l’audition d’une personne.

  6. Expliquer aux salariés ce qu’ils ne sentiront pas : l’obligation de formation (prévue par le Code du travail) concernant les risques liés au bruit devra porter sur la nature du risque, sur l’utilisation des dispositifs de protection auditifs, ainsi que sur le repérage / signalement des premiers symptômes (ex : sifflements le soir après le travail, besoin de faire répéter ses interlocuteurs, besoin d’augmenter de plus en plus le niveau sonore de la télé et des systèmes audio). Il ne faut pas tolérer que ces signaux d’alerte deviennent répétitifs (ex : chaque week-end), même s’ils disparaissent au bout de quelques jours. Le dossier de l’INRS consacré au bruit peut être utilisé en tant que support de formation.

Les EPC et EPI indispensables pour toute chaudronnerie.

Dans une chaudronnerie, la protection doit passer en premier lieu par l’équipement des machines en dispositif de protection et par l’aménagement de l’atelier, avant la fourniture d’équipements de protection aux salariés, même si cela reste indispensable. Cette hiérarchie suit les principes énoncés par l’article L.4121-2 du Code du travail, qui impose de combattre les risques à la source et de donner la priorité aux mesures de protection collective sur les mesures de protection individuelle.

Les protections collectives qui nous paraissent indispensables pour toute chaudronnerie sont :

  • Des dispositifs de protection sur chaque machine (ex : barrage immatériel sur la plieuse, protecteur mobile verrouillé sur la scie à ruban, carter sur le touret à meuler), que l’on interdira formellement au personnel de retirer pour quelque raison que ce soit.

  • Des dispositifs d’arrêt d’urgence accessibles rapidement et à une main sur le devant de chaque machine fixe, ainsi que des moyens de consignation permettant de mettre la machine hors énergie avant toute intervention.

  • Des supports et des aides à la présentation des pièces (ex : table à billes, servante réglable, suiveur de tôle, butée arrière), afin que les mains n’aient plus à maintenir la pièce dans la zone de travail de la machine.

  • Une aspiration localisée à chaque poste de soudage (ex : bras aspirant articulé, torche aspirante, table aspirante), complétée par une ventilation générale de l’atelier dont les gaines et les filtres sont réellement entretenus.

  • Des écrans ou des rideaux de soudage entourant les postes, afin de protéger des rayonnements de l’arc l’ensemble des personnes travaillant dans l’atelier.

  • Un traitement acoustique du bâtiment et un encoffrement des machines les plus bruyantes, seule manière de faire baisser le niveau sonore pour tous, y compris ceux travaillant au bureau et ne portant pas d’EPI.

  • Des moyens de manutention mécanique adaptés aux pièces produites (ex : pont roulant, palan, table élévatrice, retourneur, ventouses de levage, chariot à tôles), avec les vérifications périodiques correspondantes.

  • Un stockage des tôles et des profilés sur des racks ancrés au mur ou au sol, avec charge admissible affichée et connue de tous. Les éléments les plus lourds devront toujours être placés en bas et les plus légers en haut.

  • Un stockage sécurisé des bouteilles de gaz, arrimées verticalement et à l’écart de toute source de chaleur, ainsi qu’un local ventilé pour les huiles, les décapants et les peintures. Les grands contenants seront à placer sur bac de rétention.

  • Une installation électrique vérifiée périodiquement (ex : une fois par an), avec des disjoncteurs différentiels 30 mA assurant la protection des personnes, et un dépoussiérage régulier des armoires compte tenu des poussières métalliques conductrices de l’électricité.

  • Des allées de circulation matérialisées au sol et dégagées, un éclairage suffisant au-dessus de chaque machine, des extincteurs adaptés, ainsi qu’une trousse de premiers secours permettant de comprimer une plaie hémorragique.

Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables pour toute chaudronnerie sont :

  • Des chaussures de sécurité à embout de protection et semelle anti-perforation (Type EN ISO 20345), contre les écrasements et les perforations provoqués par les chutes de tôle et les chutes de métal au sol.

  • Des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN 388) pour la manutention des tôles et le travail avec les outils à main (le port de gants reste à proscrire sur toutes les machines dotées d’organes en rotation, du fait des risques de happement).

  • Des lunettes de protection ou un écran facial (Type EN 166) pour toute tâche présentant des risques de projection de matière dans les yeux, à porter également par les personnes présentes à proximité.

  • Des protections auditives (Type EN 352) de différents types (ex : casque antibruit, bouchons d’oreilles, arceau), choisies après avis des salariés concernés et du médecin du travail. Il est possible d’équiper le personnel permanent de bouchons moulés pour le confort.

  • Un masque de soudage à obscurcissement automatique, une veste et un tablier de soudeur ignifugés, des guêtres, ainsi que des gants de soudeur contre les risques thermiques (Type EN 12477).

  • Un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée pour les opérations de soudage les plus émettrices de fumées, ainsi que pour le soudage réalisé à l’intérieur d’une capacité.

  • Des gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374), à manchettes longues, pour les huiles de coupe, les dégraissants et les décapants.

  • Pour la pose sur site : un casque de protection (Type EN 397), de préférence avec jugulaire, des vêtements à haute visibilité (Type EN ISO 20471), ainsi qu’un harnais antichute avec longe et absorbeur (Type EN 361) lorsque aucune protection collective n’est possible.

Il est également recommandé de fournir des vêtements de travail en coton ignifugé ou en textile technique ininflammable, car un vêtement synthétique classique peut fondre au contact d’une projection de métal en fusion.

Ces équipements devront être mis gratuitement à disposition des salariés par l’employeur, qui devra également en assurer l’entretien voire le remplacement si nécessaire, conformément à l’article R.4321-4 du Code du travail. De son côté, le salarié est tenu de les utiliser conformément aux consignes reçues, en application de l’article L.4122-1. Un contrat de courte durée (ex : intérim) ne dispense en rien de fournir ces équipements.

La formation et la sensibilisation aux risques des salariés en chaudronnerie.

La formation des salariés à la sécurité est une obligation à part entière de l’employeur. Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent d’organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité au poste de travail de chacun des salariés lors de l’embauche, en cas de changement de poste, ou après un arrêt de travail prolongé. Cette obligation ne connaît pas d’exception, y compris pour les contrats courts.

Voici les formations qui nous paraissent indispensables pour toute entreprise de chaudronnerie :

  • Accueil sécurité systématique de tous les nouveaux membres du personnel, y compris des intérimaires, des apprentis voire des stagiaires, le jour de leur arrivée, en s’appuyant sur les risques identifiés dans le document unique et avec visite des locaux (ex : issues de secours, extincteurs, arrêts d’urgence des machines, zone balayée par le pont roulant, etc.).

  • Formation à l’utilisation en sécurité de chaque machine, machine par machine, avec démonstration puis vérification des acquis avant tout travail en autonomie. Pour les intérimaires et les nouveaux embauchés affectés à des machines dangereuses, cette formation doit être renforcée par rapport à celle que l’on donne à des personnes expérimentées et permanentes.

  • Procédure de dérogation aux travaux réglementés pour les apprentis de moins de 18 ans appelés à travailler sur des machines dangereuses. Cette procédure suppose que les risques aient été évalués au préalable dans le document unique.

  • Sensibilisation au risque lié au bruit, pour apprendre à repérer une gêne auditive naissante chez soi (voire chez un collègue qui se plaint régulièrement), et pour comprendre pourquoi un dispositif de protection retiré « histoire de cinq minutes » fait drastiquement chuter le niveau de protection sur l’ensemble de la journée.

  • Sensibilisation au risque cancérogène des fumées de soudage, afin de comprendre pourquoi le captage à la source prime sur le reste. Savoir utiliser correctement les dispositifs d’aspiration mis à disposition.

  • Formation au risque chimique : lecture de l’étiquetage des huiles, des dégraissants et des décapants (ex : pictogramme SGH05 pour la corrosion, SGH08 pour les effets graves sur la santé, comme les produits CMR) et apprendre à exploiter les fiches de données de sécurité (importance capitale de la section des numéros à contacter en cas d’inhalation ou d’intoxication).

  • Formation PRAP (prévention des risques liés à l’activité physique), pour apprendre les bons gestes à effectuer lors des manutentions de tôles et de profilés, et pour savoir à partir de quand une pièce ne doit plus être portée mais élinguée.

  • Autorisation de conduite écrite délivrée par l’employeur pour les équipements de levage et de manutention utilisés dans l’atelier (ex : pont roulant, chariot élévateur) après formation correspondante. L’élingage fait quant à lui l’objet d’une formation spécifique.

  • Prévention du risque incendie et des travaux par points chauds, avec permis feu pour toute opération de soudage ou de meulage réalisée hors de l’atelier (ex : chez un client, sur un site industriel).

La formation SST (sauveteur secouriste du travail) est également pertinente dans une chaudronnerie, au vu de la dangerosité des risques qui y sont présents.

Chaque formation suivie devra être tracée. Elles devront alimenter le passeport de prévention, prévu à l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations, certificats et diplômes obtenus par le travailleur en matière de santé et de sécurité au travail. L’INRS a par ailleurs publié un dépliant consacré à la métallerie et au travail des métaux (ED 6435), utile comme support d’accueil.

Dans quels cas le document unique de votre chaudronnerie doit-il être mis à jour ?

Un document unique doit être mis à jour à chaque fois que la réalité de l’entreprise s’écarte de ce qui y est décrit : une nouvelle activité, un nouvel équipement, un nouveau poste de travail, ou encore un risque que l’on n’avait pas répertorié.

L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit trois cas de mise à jour du document unique :

  • Au moins une fois par an dans les entreprises de 11 salariés et plus. En dessous de ce seuil, aucune fréquence minimale n’est imposée.

  • Lors de toute décision d’aménagement modifiant les conditions de santé et de sécurité, ou les conditions de travail. Applicable à toute entreprise peu importe ses effectifs.

  • Lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur. Applicable à toute entreprise peu importe ses effectifs.

En ce qui concerne le troisième cas de figure impliquant la mise à jour du document unique, il est nécessaire de privilégier les presque-accidents et de ne pas attendre que de réels accidents surviennent. Prenons un cas concret afin de l’illustrer : un salarié pose une tôle debout contre un rack en attendant de la travailler, celle-ci glisse et bascule au sol, mais personne ne se trouve à côté à ce moment-là. Aucun accident du travail n’est à déclarer, personne n’est en arrêt, mais il faut éviter que la situation se présente à nouveau et qu’un véritable accident survienne : il faut donc inscrire ce danger dans le document unique et trouver une ou plusieurs actions correctives pour ne plus que cela arrive (ex : interdiction de stocker une tôle debout ailleurs que dans un rack prévu à cet effet, rappel de la consigne à toute l’équipe, ajout de sangles de maintien, etc.).

C’est pour réaliser ces mises à jour que nos documents uniques sont fournis au format Excel : vous pouvez tout modifier par vous-même, facilement et rapidement, sans devoir payer à nouveau. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique détaille la marche à suivre.

Mettre en place les mesures de prévention des risques de votre document unique dans votre chaudronnerie.

Une fois les risques évalués et les actions de prévention des risques définies, il reste à les mettre en place dans l’entreprise. C’est cette étape qui transforme une « obligation administrative » en un véritable gain pour l’entreprise.

L’article L.4121-3-1 du Code du travail est justement relatif à cette étape. Il impose aux entreprises de cinquante salariés et plus d’établir un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail, le PAPRIPACT. En dessous de ce seuil (qui correspond à la quasi-totalité des chaudronneries) l’employeur devra uniquement définir des actions de prévention et les inscrire dans le document unique. (Ce même article du Code du travail impose la durée de conservation du document unique et de ses versions successives à quarante ans minimum.)

Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que ce type de calendrier est efficace pour passer à l’action sur le terrain. C’est pourquoi nos documents uniques intègrent tous un calendrier de type PAPRIPACT : chaque mesure de prévention se voit attribuer une échéance de mise en place : au cours du premier semestre, au cours du deuxième semestre, ou peut-être l’année prochaine. (Si vous avez moins de 50 salariés, vous n’êtes pas obligé de l’utiliser : le calendrier de prévention des risques reste facultatif pour vous)

Cette approche a du sens pour toute entreprise devant faire face à des investissements lourds, et une chaudronnerie en fait partie. L’encoffrement acoustique d’une machine, la mise en place d’aspiration à la source sur les postes de soudage, ou encore la mise en conformité de vieilles machines avec des dispositifs de protection ne se font pas du jour au lendemain. Il faut se renseigner sur les produits, établir des devis, voir s’il existe des financements (ex : auprès de la CARSAT ou de la Cramif), et il n’y a rien d’anormal à ce que cela prenne du temps.

Gardez à l’esprit que ce qui compte en cas de contrôle de l’inspection du travail, ce n’est pas que tout soit réalisé : c’est que le parcours soit tracé, car cela constitue une preuve tangible de votre bonne foi.

FAQ sur le document unique en chaudronnerie.

C’est quoi le document unique pour une entreprise ?

Le document unique, ou DUERP, transcrit le résultat de l’évaluation des risques professionnels. Il recense les dangers présents dans l’entreprise, décrit les risques auxquels le personnel est exposé et les hiérarchise du plus grave au moins grave. Il associe également à chacun de ces risques des mesures de prévention.

Le document unique est-il obligatoire pour ma chaudronnerie ?

Oui. Obligatoire dès le premier salarié, sans aucune autre considération. Un apprenti, un stagiaire ou un intérimaire déclenchent l’obligation au même titre qu’un chaudronnier à temps plein.

Quel est le rôle du document unique dans ma chaudronnerie ?

Il sert à identifier les dangers qui exposent les salariés, à les hiérarchiser du plus grave au moins grave, puis à choisir les mesures de prévention utiles pour s’en protéger.

Faut-il faire mesurer le bruit dans un atelier de chaudronnerie ?

Oui. L’article R.4433-1 du Code du travail impose d’évaluer et, si nécessaire, de mesurer les niveaux de bruit auxquels les salariés sont exposés. Les mesures doivent se faire poste de travail par poste de travail afin de savoir quelles obligations s’appliquent. C’est à renouveler au moins tous les cinq ans, et à chaque modification susceptible d’augmenter les niveaux de bruit.

Les presses et les plieuses doivent-elles être vérifiées périodiquement ?

Oui. Les presses mécaniques et hydrauliques pour le travail à froid des métaux, chargées / déchargées manuellement en phase de production, doivent avoir fait l’objet d’une vérification générale datant de moins de trois mois au moment de leur utilisation. Cette obligation découle de l’arrêté du 5 mars 1993, pris en application de l’article R.4323-23 du Code du travail. À consigner dans le registre de sécurité.

Qui doit établir le document unique de ma chaudronnerie ?

La charge en revient au chef d’entreprise. Il peut le rédiger lui-même s’il en a les compétences, ou à défaut faire appel à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP.

Comment rédiger le document unique de ma chaudronnerie ?

Quatre étapes suffisent. Découper l’activité en unités de travail, recenser les dangers présents dans chacune d’elles, évaluer les risques à partir de plusieurs paramètres (ex : occurrence, exposition, gravité, maîtrise), puis définir les mesures de prévention adaptées. Chacune de ces étapes est détaillée dans notre guide de rédaction du document unique.

Qui peut consulter le document unique de ma chaudronnerie ?

Les salariés, y compris les apprentis et les intérimaires, ainsi que les membres du CSE lorsqu’il y en a. S’y ajoutent le médecin du travail, l’inspection du travail et les agents de prévention de la CARSAT. Une entreprise cliente peut également en demander communication lorsque vos salariés interviennent dans ses locaux.

Où stocker le document unique de ma chaudronnerie ?

Il doit être accessible sur demande à toute personne ayant le droit de le consulter. Cela peut être sur support papier, ou bien sur support informatique, sur un serveur commun auquel le personnel peut accéder par exemple.

Qui doit mettre à jour le document unique de ma chaudronnerie ?

La mise à jour incombe au chef d’entreprise, au même titre que la rédaction initiale. Il peut également la confier à un prestataire, mais cela ne le déresponsabilise pas aux yeux de la loi. C’est pour faire ces mises à jour que nous livrons nos documents uniques au format Excel, qui est un format modifiable, contrairement au format PDF proposé par d’autres entreprises du secteur.

Téléchargement du document unique pour chaudronnerie gratuit.

Ci-dessous, vous pouvez télécharger notre modèle de document unique gratuit pour chaudronnerie. Il se présente sous la forme d’un fichier Excel de 5 pages :

  • Une page d’illustration pour les chaudronniers.

  • Une page d’informations sur l’entreprise.

  • Une page de présentation de la méthode d’évaluation des risques professionnels.

  • Une page d’évaluation des risques professionnels.

  • Une page de prévention des risques professionnels, avec son calendrier de mise en œuvre.

Ce modèle est gratuit et totalement modifiable, comme nos autres documents uniques par métier déjà complétés, tel que notre document unique chaudronnerie à retrouver ici.

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