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Document unique Maçon :

guide et modèle à télécharger

Photo de Thony Maufay

Rédigé par : Thony Maufay, Ingénieur sécurité au travail - Créateur de Document Unique Facile.

Date de rédaction : 9 juin 2026

La maçonnerie figure parmi les métiers du bâtiment les plus exposés aux risques professionnels. Selon l’OPPBTP, les manutentions manuelles sont à l’origine de 47 % des accidents du métier et les chutes de hauteur sont à l’origine de 16 % d’entre eux, pour une moyenne de 5,6 jours d’arrêt perdus par salarié et par an. L’impact financier est tout aussi lourd : d’après l’Assurance Maladie (données 2025), l’indemnisation des victimes équivaut à 8 % de la masse salariale du secteur, les chutes et les manutentions concentrant à elles seules les deux tiers de ces dépenses.


Dans ce contexte, le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) constitue la pièce maîtresse de l’amélioration de la santé et de la sécurité au travail de toute entreprise de maçonnerie. Ce guide explique à partir de quand le DUERP devient obligatoire, comment il s’articule, et surtout, les choix de rédaction que nous avons retenus pour concevoir notre propre document unique déjà complété pour les entreprises de maçonnerie.

À partir de quand vous faut-il un document unique pour votre entreprise de maçonnerie ?

Dès l’embauche de son premier salarié, toute entreprise de maçonnerie a l’obligation légale de tenir un document unique d’évaluation des risques professionnels.


Cette obligation naît avec le premier contrat de travail, quelle qu’en soit la forme (CDI, CDD, contrat d’apprentissage ou d’alternance). Elle découle de l’article L.4121-3 du Code du travail, qui impose à l’employeur d’évaluer les risques pesant sur la santé et la sécurité de ses travailleurs, et de l’article R.4121-1, qui exige de transcrire les résultats de cette évaluation dans un document unique.


Concrètement, dès qu’une entreprise de maçonnerie emploie au moins un salarié, le document unique est exigible. Son absence, comme son défaut de mise à jour, constitue une contravention de 5e classe au titre de l’article R.4741-1 du Code du travail : 1 500 € d’amende, portée à 7 500 € pour une société et doublée en cas de récidive. Cette amende peut s’appliquer autant de fois qu’il y a de salariés concernés. Surtout, en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, l’absence de document unique facilite la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur et l’expose à des dommages-intérêts ainsi qu’à des sanctions pénales.

Notre choix des unités de travail pour ce document unique.

Une unité de travail regroupe les postes ou activités exposés à des risques similaires ; c’est la constituante de base de tout document unique.


Pour structurer notre document unique destiné aux entreprises de maçonnerie, nous avons réparti l’activité en quatre unités de travail couvrant le quotidien type d’une entreprise de maçonnerie. Nous avons ainsi identifié 37 situations à risque, chacune cotée selon notre méthode d’évaluation des risques basée sur l’occurrence, l’exposition, la gravité, et la maîtrise, réparties dans ces 4 unités de travail :


    • Sur le chantier de maçonnerie
    • Contact clientèle
    • Déplacement routier
    • Secrétariat - Administratif


Pour chaque unité, nous présentons ci-après les principaux dangers ainsi que les risques (dommages) qui en découlent.

Sur le chantier de maçonnerie

Le chantier est l’unité de travail où le maçon est le plus exposé et où se concentrent les dangers les plus graves du métier.

 

  • Manutention manuelle de charges : le maçon manipule en permanence des matériaux lourds et peu maniables — sacs de ciment, parpaings, agglos, briques, seaux de mortier ou de béton. Ce port répété expose à des douleurs dorsales, articulaires et musculaires y compris à court terme, d’autant plus lorsque les bonnes postures de manutentions ne sont pas respectées, que les charges dépassent 25 kg, ou que ces charges sont déplacées sur de longues distances (l’accès au chantier rendant parfois l’utilisation d’aide à la manutention impossible). Avec 47 % des accidents du métier, la manutention reste de loin le premier poste d’accidentologie de la profession (source : OPPBTP). À long terme, ces efforts répétés engendrent des troubles musculo-squelettiques (TMS) des membres supérieurs : lésions de la colonne vertébrale, tendinopathies de l’épaule, syndrome du canal carpien au poignet.

  • Chutes de hauteur : l’élévation des murs, le travail depuis un échafaudage, une plateforme, des banches ou en bordure de dalle place régulièrement le maçon en situation de travail en hauteur. La maçonnerie concentre une part importante des chutes graves du bâtiment, qui représentent 16 % des accidents du métier (source : OPPBTP). Les conséquences sont souvent lourdes : fractures, traumatismes crâniens, voire décès, avec des séquelles parfois définitives.

  • Chutes de plain-pied : considérées à tort comme anodines, les chutes de plain-pied sont fréquentes sur un chantier de maçonnerie. Elles sont favorisées par des sols meubles, boueux ou jonchés de gravats, par les câbles et tuyaux courant au sol, par les différences de niveau et par la cohabitation entre piétons et engins. Elles provoquent plaies, hématomes, entorses et fractures.

  • Contact cutané avec le ciment, les mortiers et le béton : préparer et appliquer à la main des produits à base de ciment met la peau au contact de matériaux caustiques. Ce danger particulier, que nous développerons plus en détail dans cet article, est responsable de brûlures, de crevasses et de dermites, le ciment étant la première cause d’eczéma de contact du secteur de la construction (source : INRS).

  • Gestes répétitifs : la pose et le lissage des ciments et des enduits à la truelle et à la taloche imposent une multitude de gestes répétés qui sollicitent en premier lieu les mains, les poignets et les épaules. Le travail en extérieur, par temps froid et humide, accentue la sollicitation des articulations. Ces gestes peuvent provoquer douleurs musculaires et troubles circulatoires à court terme, et à long terme, des TMS tels que les tendinites de l’épaule.
     

  • Postures contraignantes agenouillées ou accroupies : le jointoiement, la reprise au sol ou la pose d’éléments bas s’effectuent fréquemment à genoux ou accroupi. Le maintien prolongé de ces positions sollicite fortement les genoux et les chevilles et favorise les traumatismes articulaires ainsi que l’hygroma du genou (inflammation de la bourse séreuse du genou).

  • Postures contraignantes penchées vers l’avant : gâcher, étaler le mortier, reprendre un enduit ou ferrailler oblige souvent à travailler le tronc fléchi ou en torsion. Cette position fragilise les muscles dorsaux et les disques intervertébraux et entraîne des lombalgies d’effort puis, à terme, des pathologies de la colonne vertébrale.

  • Utilisation d’engins, de machines et d’outils : la bétonnière, le malaxeur, la meuleuse ou le marteau-piqueur exposent à des coupures, à des projections de particules dans les yeux (lésions oculaires), à des happements et à des chocs électriques en cas de matériel défectueux. Les outils vibrants transmettent par ailleurs aux mains et aux bras des vibrations responsables de troubles ostéo-articulaires des poignets, des coudes et des épaules.

  • Exposition au bruit : le fonctionnement de la bétonnière, de la meuleuse, du marteau-piqueur ou du perforateur génère des niveaux sonores élevés. Au-delà de 80 dB sur une journée de 8 heures, la protection devient impérative. À court terme, le bruit provoque fatigue, céphalées et acouphènes ; à long terme, une perte auditive progressive et irréversible, souvent perçue tardivement.

  • Travail en extérieur (intempéries, chaleur, froid, UV) : le chantier de maçonnerie se déroule presque toujours à l’air libre. Le froid et l’humidité réduisent la dextérité et favorisent les engelures ; la chaleur et l’effort au soleil exposent à la déshydratation, aux crampes, au malaise et, dans les cas extrêmes, au coup de chaleur ; l’exposition prolongée aux ultraviolets accroît le risque de cancers cutanés. Ces conditions dégradent aussi la vigilance et favorisent indirectement la survenue d’accidents via d’autres sources de dangers présents sur le chantier.

  • Exposition aux poussières (silice cristalline et ciment) : le sciage, le ponçage, le perçage ou la démolition libèrent des poussières fines. Les poussières de ciment provoquent rhinites et atteintes respiratoires. Mais aussi et surtout : le béton, la brique et le mortier contiennent de la silice cristalline, classée cancérogène (CMR). L’inhalation chronique de cette silice entraîne silicose (diminution irréversible de la capacité respiratoire de la personne) et cancers pulmonaires. C’est le danger le plus insidieux du chantier, car ses effets n’apparaissent souvent que des années plus tard (source : INRS).

  • Risque électrique (électrisation, électrocution) : les installations électriques de chantier sont provisoires et exposées : rallonges au sol, coffrets temporaires, prises endommagées. Le contact avec une pièce sous tension peut provoquer une électrisation (brûlures, contractions musculaires) voire une électrocution (décès de la personne). Souvent négligé, ce danger est d’autant plus redoutable qu’il reste invisible.

Contact clientèle

Cette unité de travail couvre les risques nés de la relation avec les clients, les riverains et les donneurs d’ordre, du devis jusqu’à la réception des travaux.​

  • Agressions verbales : un client mécontent de la finition des travaux ou d’un retard global du chantier, un riverain excédé par le bruit ou la poussière, ou encore un donneur d’ordre sous pression, peuvent être à l’origine de reproches, d’insultes ou de menaces. Ces tensions, émanant de litiges avec des tiers, génèrent du stress, de l’anxiété et dégradent le climat de travail des collaborateurs de l’entreprise.

  • Agressions physiques : plus rares mais bien plus graves, elles surviennent le plus souvent après qu’un conflit verbal ait dégénéré. Outre les blessures qu’elles occasionnent, elles laissent la plupart du temps un choc psychologique s’accompagnant de divers troubles (insomnie, perte d’appétit, peur au travail, anxiété, dépression, etc.) chez le salarié.
     

  • Risques psychosociaux (RPS) : au-delà des agressions, la pression des délais, les imprévus de chantier et les contraintes économiques peuvent alimenter la survenue de troubles psychosociaux : surmenage, épuisement, troubles anxieux ou dépressifs, troubles somatiques, etc.

Déplacement routier

Cette unité de travail concerne les trajets entre le dépôt et les chantiers ainsi que le transport des matériaux et du matériel ; le risque routier reste la première cause d’accident mortel au travail.​

  • Accident de la route : les allers-retours quotidiens en véhicule utilitaire léger exposent les travailleurs aux accidents de la circulation. Les facteurs sont multiples : fatigue, usage du téléphone au volant, véhicule mal entretenu ou surchargé, météo dégradée, état des routes et volonté de rattraper un retard. Les conséquences peuvent être graves, voire mortelles. Les accidents de mission représentent environ 10 % des accidents du travail, et la route, trajets compris, près de 30 % des accidents mortels liés au travail (source : INRS).

  • Chargement, arrimage et déchargement : transporter des matières premières et de l’outillage suppose des opérations de chargement et de déchargement. Un mauvais arrimage de charges peut entraîner un basculement et provoquer écrasements, fractures et contusions. De plus, une charge mal arrimée dans l’habitacle devient vite un projectile en cas de freinage ou de choc frontal.

Secrétariat - Administratif

Cette unité de travail regroupe le travail de bureau — devis, facturation, suivi de chantier, paie — réalisé le plus souvent sur écran.

  • Posture assise prolongée : rester assis de longues heures sur un poste mal réglé sollicite la colonne vertébrale et entraîne des douleurs dorsales et cervicales ainsi que des troubles circulatoires au niveau des membres inférieurs.

  • Fatigue visuelle liée au travail sur écran : la fixation prolongée de l’écran, souvent sous un éclairage inadapté, peut provoquer des maux de tête, une sécheresse oculaire, des picotements et une vision trouble après la journée de travail (source : INRS).

  • TMS liés au travail sur écran : l’usage répété de la souris et du clavier en posture statique favorise les troubles musculo-squelettiques des membres supérieurs : tendinites du poignet, du coude ou de l’épaule et syndrome du canal carpien.

La prise en compte des manutentions manuelles et des troubles musculo-squelettiques, qui sont des risques majeurs dans le métier de maçon.

Les manutentions manuelles et les troubles musculo-squelettiques (TMS) constituent les deux risques emblématiques du métier de maçon.

Les chiffres le confirment : la manutention manuelle est à l’origine de 47 % des accidents du métier (source : OPPBTP), tandis que les TMS constituent la première cause de maladie professionnelle reconnue dans le bâtiment (source : Assurance Maladie). Plusieurs facteurs propres à la maçonnerie expliquent cette surexposition : des matériaux lourds, peu ergonomiques et présents en grande quantité (sacs de ciment, parpaings, agglos) ; un accès au chantier qui rend parfois impossible l’usage d’aides à la manutention ; et le cumul des postures contraignantes, des gestes répétitifs et des vibrations transmises par certaines machines.


C’est pourquoi ces risques occupent une place centrale dans notre document unique pour la maçonnerie. La cotation que nous avons mise au point pour chaque danger se base sur l’occurrence, l’exposition, la gravité, la maîtrise de chaque situation, et les mesures de prévention suivent une logique cohérente : recours systématique aux aides à la manutention (brouettes, diables, monte-matériaux), conditionnements allégés (sacs de 25 kg, parpaings livrés dans le sens de pose), organisation du chantier limitant les ports et déplacements inutiles, et formation aux gestes et postures.

Les risques liés au contact avec le ciment, les mortiers et le béton.

Les produits à base de ciment — mortiers, bétons et colles — sont caustiques et présentent un danger chimique et cutané spécifique au métier de maçon.

Le mortier de scellement (ciment, sable, eau) comme le béton (ciment, sable, eau, granulats) sont manipulés en grande quantité, à la préparation (en bétonnière ou en auge) comme à l’application (à la main, à l’outil, ou lors des livraisons en toupie). Les mains et les avant-bras sont les premiers exposés, mais les coudes, les genoux et les cuisses le sont également, par éclaboussure, renversement ou contact avec un vêtement imprégné.


Le caractère basique et abrasif du ciment frais provoque des lésions cutanées, des brûlures, un dessèchement, des fissures et des crevasses douloureuses. Il déclenche aussi des dermites de contact : la peau rougit (érythème), se couvre de vésicules et démange intensément. Enfin, il peut provoquer des eczémas allergiques liés au chrome VI, définitifs s’ils viennent à s’installer.

 

À ce titre, le ciment demeure la première cause d’eczéma de contact du secteur de la construction (source : INRS). Les affections cutanées dues au ciment sont d’ailleurs reconnues au tableau 8 des maladies professionnelles.


Considérés comme des mélanges dangereux, les ciments doivent être mis en œuvre dans le respect des règles de prévention du risque chimique prévues aux articles R.4412-1 et suivants du Code du travail. Dans notre document unique pour la maçonnerie, ce danger est rattaché à des mesures de prévention concrètes : limitation du contact avec le ciment frais, mesures d’hygiène : Gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374), Gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN388), vêtements de protection couvrant les avant-bras et les genoux, rinçage à l’eau en cas de contact, changement de tenue, utilisation de savon et de crème pour l’épiderme de la peau.

Les obligations réglementaires particulières liées à la coordination de la sécurité sur les chantiers (coordination SPS).

Sur un chantier où interviennent plusieurs entreprises, la coordination en matière de sécurité et de protection de la santé (coordination SPS) s’ajoute à l’obligation du document unique.

Le maçon intervient rarement seul : il côtoie souvent d’autres corps d’état (couvreurs, électriciens, charpentiers, plaquistes). Cette coactivité crée des risques particuliers que la coordination SPS, prévue par les articles L.4532-1 et suivants du Code du travail, vise à prévenir. Le maître d’ouvrage désigne un coordonnateur SPS compétent, doté des moyens et de l’autorité nécessaires à sa mission. Selon la nature et l’importance du chantier, plusieurs documents sont alors établis :

  • Le plan général de coordination de sécurité et de protection de la santé (PGCSPS), rédigé par le coordonnateur.

  • Les plans particuliers de sécurité et de protection de la santé (PPSPS), établis par chaque entreprise intervenante (articles R.4532-56 et suivants).

  • Le dossier d’interventions ultérieures sur l’ouvrage (DIUO), qui rassemble les éléments utiles aux interventions futures.

  • Le plan de prévention, lorsqu’une entreprise extérieure intervient dans une entreprise ou sur une installation en service.

Note importante : ces documents de chantier complètent le document unique ; ils ne le remplacent jamais.

Les Équipements de Protection Collectifs et Équipements de Protection Individuelle indispensables.

Les principes généraux de prévention (article L.4121-2 du Code du travail) imposent de faire primer la protection collective sur la protection individuelle.

C’est cette logique que nous avons retenue dans notre document unique pour la maçonnerie. Voici, selon nous, les Équipements de Protection Collective (EPC) à privilégier en priorité :

  • Échafaudages conformes et garde-corps en périphérie des planchers et des dalles, montés selon les prescriptions du fabricant et contrôlés régulièrement.

  • Protection des trémies d’escalier et des rives de dalle.

  • Captage des poussières à la source (outils munis d’aspiration, travail à l’humide) pour limiter l’exposition au ciment et à la silice cristalline.

  • Aides à la manutention et au levage : brouettes, diables, monte-matériaux, plateformes élévatrices.

  • Aménagement et balisage des accès et des zones de circulation du chantier.

Lorsque la protection collective ne suffit pas à supprimer le risque, le recours aux équipements de protection individuelle (EPI) devient indispensable. L’employeur est tenu de les mettre à disposition (article R.4321-4) et les salariés doivent les utiliser conformément à leur usage (article L.4122-1). Les EPI qui nous paraissent indispensables en maçonnerie sont :

  • Casque de chantier (Type EN397).

  • Chaussures ou bottes de sécurité (Type EN ISO 20345).

  • Gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN388).

  • Gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374).

  • Lunettes de protection contre les projections (Type EN166).

  • Protections auditives contre le bruit (Type EN352).

  • Masques de protection respiratoire FFP2 ou FFP3 contre les poussières de ciment et de silice (Type EN149).

  • Genouillères pour les travaux au sol (Type EN14404).

  • Vêtements de signalisation à haute visibilité à proximité des voies de circulation (Type EN ISO 20471).

  • Harnais antichute et longe pour le travail en hauteur sans garde-corps (Type EN361).

La formation et les actions de sensibilisation à mettre en place.

Former et sensibiliser les salariés aux risques professionnels est une obligation de l’employeur (articles L.4141-1 et L.4141-2 du Code du travail).

Elle s’inscrit dans la démarche de prévention au même titre que les EPC et les EPI. En maçonnerie, plusieurs actions sont particulièrement adaptées aux risques identifiés :

 

  • L’accueil sécurité des nouveaux embauchés et des intérimaires, avant toute prise de poste sur le chantier.

  • La formation au montage, à l’utilisation et au démontage des échafaudages (article R.4323-69).

  • Le CACES pour la conduite des engins de chantier (article R.4323-55), même si l’autorisation de conduite délivrée par le chef d’entreprise suffit sur le plan strictement légal.

  • L’habilitation électrique pour toute intervention sur une installation électrique (raccordement sur coffret de chantier, par exemple).

  • La formation à la prévention des risques liés à l’activité physique (PRAP), aux gestes et postures de manutention.

  • La sensibilisation au risque chimique lié au ciment et au risque d’inhalation de silice cristalline.

  • La sensibilisation au risque routier et aux bonnes pratiques d’arrimage des charges.

Ces actions doivent être consignées dans le passeport de prévention instauré par la loi du 2 août 2021 (article L.4141-5 du Code du travail). Les CARSAT proposent par ailleurs des aides financières et des formations dédiées au secteur de la maçonnerie.

Quand modifier / mettre à jour ce document unique ?

La mise à jour du document unique est encadrée par l’article R.4121-2 du Code du travail et intervient dans trois situations.​

Le document unique n’est pas éternel. L’article R.4121-2 du Code du travail impose de l’actualiser :

  • Au moins une fois par an pour les entreprises d’au moins onze salariés, depuis la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021.

  • Lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou de travail.

  • Dès qu’une information nouvelle intéressant l’évaluation d’un risque est recueillie : mise à disposition d’un nouveau matériel, d’un nouveau produit ou adoption d’un nouveau procédé de travail.

Livré au format Excel, notre document unique pour la maçonnerie se modifie aisément, ce qui vous permet d’assurer vous-même ces mises à jour au fil de l’évolution de votre entreprise ; nous en détaillons la marche à suivre dans notre guide consacré à la mise à jour du document unique.

Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de la sécurité au sein de votre entreprise de maçonnerie.

Avec un programme annuel de prévention (PAPRIPACT), le document unique devient un véritable plan d’action pour mettre en place la prévention des risques dans l’entreprise.

Au fil des mises à jour, le document unique permet de suivre l’évolution de la prévention dans l’entreprise et de planifier les actions à conduire. C’est tout l’intérêt d’y adjoindre un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT), qui convertit les résultats de l’évaluation en mesures concrètes assorties d’échéances de mise en œuvre sur le terrain.


C’est pourquoi notre document unique pour la maçonnerie intègre un onglet de prévention doté d’un calendrier de mise en œuvre. Vous disposez ainsi, dans un même fichier, de l’évaluation des risques et du plan d’actions correspondant, ce qui facilite le pilotage de la sécurité d’une année sur l’autre et permet de démontrer, en cas de contrôle de l’inspection du travail, que vous vous êtes bien acquitté de votre rôle d’employeur garant de la sécurité de vos salariés.

FAQ sur le document unique en maçonnerie.

C'est quoi le document unique pour une entreprise ?

Le document unique, ou DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels), est le support sur lequel l’employeur recense et évalue l’ensemble des risques pour la santé et la sécurité auxquels ses salariés sont exposés. Il regroupe cette évaluation, pour tous les travailleurs, sur un seul et même document.

Est-ce que le document unique est obligatoire pour mon entreprise de maçonnerie ?

Oui. Il est obligatoire dès l’embauche du premier salarié, en application des articles L.4121-3 et R.4121-1 du Code du travail. Son absence ou son défaut de mise à jour constitue une contravention de 5e classe (article R.4741-1) : 1 500 € d’amende, portée à 7 500 € pour une société et doublée en cas de récidive, applicable autant de fois qu’il y a de salariés concernés.

Quel est le rôle du document unique dans mon entreprise de maçonnerie ?

Son rôle est de formaliser l’évaluation des risques propres à votre entreprise afin d’en organiser ensuite la prévention. En maçonnerie, il sert à repérer les risques majeurs du métier — manutentions, chutes, ciment, poussières — et à planifier les mesures de protection des salariés.

Qui doit établir le document unique de mon entreprise de maçonnerie ?

L’employeur en est responsable. Il peut le rédiger lui-même ou s’appuyer sur un document conçu par un professionnel compétent enregistré IPRP, mais la responsabilité de son existence et de sa tenue lui incombe.

Comment rédiger le document unique de mon entreprise de maçonnerie ?

Il faut définir les unités de travail, identifier les dangers de chacune, évaluer les risques qui en découlent, puis arrêter les mesures de prévention adaptées pour y faire face.

Qui peut consulter le document unique de mon entreprise de maçonnerie ?

Les salariés, les membres du comité social et économique (CSE), le médecin du travail, l’inspection du travail et les agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale. Un avis affiché dans l’entreprise doit indiquer les modalités d’accès au document.

Où stocker le document unique de mon entreprise de maçonnerie ?

Dans l’entreprise, sur support papier ou numérique, peu importe, pourvu que le document reste facilement accessible en cas de contrôle.

À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique pour mon entreprise de maçonnerie ?

Au moins une fois par an pour les entreprises d’au moins onze salariés, ainsi qu’à chaque aménagement important et dès qu’une information nouvelle sur un risque apparaît, conformément à l’article R.4121-2 du Code du travail.

Qui doit mettre à jour le document unique de mon entreprise de maçonnerie ?

La mise à jour relève de la responsabilité de l’employeur, au même titre que l’établissement initial. À défaut de compétences en interne, il peut faire appel à un professionnel enregistré IPRP. Un fichier facilement modifiable, comme un classeur Excel, permet d’effectuer ces mises à jour soi-même au fil du temps.

Téléchargement du document unique pour la maçonnerie gratuit

Vous pouvez télécharger gratuitement notre modèle de document unique pour la maçonnerie.​


Le modèle proposé reprend la structure de notre document unique pour la maçonnerie déjà complété, à savoir :

  • Une jaquette illustrée pour les entreprises de maçonnerie.

  • Une page de renseignements utiles sur l’entreprise.

  • Une présentation de la méthode d’évaluation des risques retenue.

  • Une partie « évaluation des risques professionnels » du métier de maçon.

  • Une partie « prévention des risques professionnels » dotée d’un calendrier de type PAPRIPACT.

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