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Document unique COrdonnier :
guide et modèle à télécharger

Photo de Thony Maufay

Rédigé par : Thony Maufay, Ingénieur sécurité au travail - Créateur de Document Unique Facile.

Date de rédaction : 16 Juillet 2026

Réparer des chaussures, tailler une clé, graver une plaque : le cordonnier multiservices est un artisan réalisant des tâches très variées. Cette diversité l’expose cependant à de nombreux risques professionnels. Les risques les plus caractéristiques du métier sont les coupures et les happements, du fait que la cordonnerie repose sur l’utilisation de deux familles d’outils particuliers : les outils tranchants tenus à la main (ex : tranchet, alêne, ciseaux, cisailles) et les machines à pièces en rotation (ex : banc de finition, ponceuse, fraise à clés, machine à coudre). Mais les outils et machines ne sont pas les seules sources de dangers au sein de la profession de cordonnier. Le travail du métal et le ponçage dégagent des poussières nocives, les colles et les solvants pour le cuir libèrent des vapeurs irritantes, le bruit des machines fatigue et abîme l’audition à long terme, tandis que les gestes répétitifs des travaux de couture participent à l’émergence de TMS (toutes les informations de cet article proviennent de sources sûres, telles que les informations de Bossons Futé sur la cordonnerie multiservices).

Aux atteintes immédiates (ex : coupure, brûlure) s’ajoutent des dommages différés de long terme tels que TMS, pathologies respiratoires, voire surdité, qui s’installent au fil des années. Face à cette diversité d’expositions professionnelles, le document unique doit être l’outil permettant à votre cordonnerie de recenser ces risques, de les hiérarchiser du plus grave au moins grave, puis de déclencher les actions de prévention capables de réduire accidents du travail et maladies professionnelles au sein de votre atelier.

Cet article guide détaille à partir de quand le document unique s’impose dans toute cordonnerie, et comment le structurer, en se basant sur les choix que nous avons nous-mêmes retenus pour bâtir notre document unique déjà rempli pour les cordonniers.

À partir de quand une cordonnerie doit-elle avoir un document unique ?

Dès qu’une cordonnerie emploie un salarié, et quel que soit son contrat de travail (ex : CDI, CDD, apprentissage, intérim), elle doit avoir un document unique.

Cette obligation repose sur deux articles du Code du travail : l’article L.4121-3 qui impose à l’employeur d’évaluer les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés, et l’article R.4121-1 qui l’oblige à en consigner le résultat dans un document unique. Confier la rédaction à un tiers ne transfère pas la responsabilité légale : le cordonnier demeure le seul garant et responsable du document unique, d’où l’importance de s’appuyer sur un professionnel compétent, et pour cela enregistré IPRP, afin de rédiger son document unique, en particulier si l’on ne dispose pas de personnes compétentes en interne pour le faire.

L’absence de document unique, ou un document unique laissé sans mise à jour au-delà des seuils définis par la loi (qui seront abordés en détail au cours de cet article), constitue une infraction entraînant une contravention de 5e classe (Article R.4741-1 du Code du travail). L’enjeu majeur pour tout atelier de cordonnerie se situe cependant ailleurs : si un apprenti se coupe gravement sur une machine, ou qu’un salarié développe une pathologie respiratoire liée aux poussières, l’absence de document unique et donc d’évaluation des risques facilite la reconnaissance d’une faute inexcusable de l’employeur aux yeux de la justice française. Devant le conseil de prud’hommes, la sanction financière prononcée peut atteindre un tel montant qu’elle peut mettre en péril l’entreprise.

Notre choix des unités de travail pour ce document unique cordonnier.

Une unité de travail regroupe des tâches qui exposent à des risques de même nature. Pour notre document unique cordonnier, nous avons retenu deux unités de travail, pour un total de 20 situations à risque : les travaux de cordonnerie en eux-mêmes d’une part, et l’environnement de travail d’autre part. Voici, pour chacune de ces unités de travail, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.

Les travaux de cordonnerie

Cette unité de travail couvre le cœur du métier de cordonnier : réparer les chaussures, tailler les clés, graver des plaques, travailler le cuir, le caoutchouc, le métal, etc.

  • Outils coupants et tranchants : le tranchet, l’alêne, les ciseaux, les cisailles et les clous sont manipulés à longueur de journée, à main nue et souvent au plus près de la pièce travaillée. Un outil qui dérape, une main qui glisse ou une lame émoussée sur laquelle il faut forcer exposent à des risques de coupures pouvant s’avérer graves, à l’usage comme lors de l’affûtage (ex : plaie profonde, section d’un tendon ou d’un nerf). Ce danger sera développé plus en détail au cours de cet article.

  • Machines à pièces rotatives : le banc de finition, la ponceuse, la fraise à clés, la perceuse et la machine à coudre entraînent des pièces en rotation à grande vitesse. Un doigt approché trop près, un vêtement ample ou une mèche de cheveux non attachée peuvent être happés et entraînés, ce qui expose à des risques d’écrasement, voire d’amputation. Ce danger fera l’objet d’un développement dédié.

  • Poussières de métaux et de matériaux : le travail du métal (ex : réalisation de clés), l’affûtage des lames et le ponçage du cuir et du caoutchouc projettent de fines particules qui restent en suspension dans l’atelier. Inhalées jour après jour, ces poussières participent à l’apparition de différentes pathologies respiratoires. Ce danger sera lui aussi développé plus loin.

  • Produits chimiques : les colles néoprène, les solvants, les teintures et les cirages libèrent des composés organiques volatils (COV), d’autant plus lorsque les contenants des produits restent ouverts sur l’établi. L’exposition se fait par contact cutané ainsi que par inhalation, et peut être une source d’irritation pour la peau comme pour les voies respiratoires, voire d’allergie. (L’évaluation des risques chimiques est encadrée par les articles R.4412-1 et suivants du Code du travail.)

  • Bruit : les machines de finition, les ponceuses et les meuleuses génèrent un bruit continu dans un atelier qui est le plus souvent exigu. Cela participe à accentuer la fatigue et la baisse de vigilance à court terme (augmentant ainsi les risques de se blesser via d’autres sources de risques), tandis qu’à long terme, cela expose à des risques de surdité professionnelle qui sont irréversibles ainsi qu’à d’autres désagréments (ex : acouphènes, pertes d’équilibre, etc.).

  • Gestes répétitifs et postures contraignantes : la couture, le ponçage, le martelage et la manutention répétée des chaussures et des cartons sollicitent en permanence les mêmes articulations, effectués le plus souvent penché au-dessus de l’établi. Ces sollicitations favorisent l’apparition de lombalgies et de TMS (ex : tendinopathie de l’épaule, syndrome du canal carpien).

L’environnement de travail

Cette unité de travail regroupe les risques liés à la boutique, à l’atelier et à l’accueil de la clientèle.

  • Chutes de plain-pied : l’atelier d’une cordonnerie est le plus souvent de petite taille : objets en attente d’être récupérés par les clients, cartons d’emballage, chutes de matière première, câbles de machines électriques encombrent vite le sol et les espaces de passage. Tout cela constitue des facteurs de trébuchements, de glissades, et donc de chutes de plain-pied, dont les conséquences vont le plus souvent de la simple entorse à la fracture.

  • Électrisation et électrocution : la cordonnerie concentre de nombreuses machines électriques dans un espace réduit, souvent raccordées via des rallonges et des blocs multiprises. Des installations électriques défectueuses, en particulier les dispositifs de protection des personnes (ex : disjoncteur différentiel 30mA), ou encore un câble abîmé après des années d’utilisation (ex : cuivre apparent) peuvent être à l’origine d’électrisation (contractions musculaires incontrôlées, brûlures, troubles du rythme cardiaque) ou d’électrocution (décès de la personne).

  • Départ de feu et incendie : l’atelier réunit des produits inflammables (ex : colles néoprène, solvants, aérosols), des poussières combustibles, ainsi que des machines susceptibles de produire des étincelles ou d’être source de chaleur. En cas de départ de feu, les principaux risques sont des brûlures ainsi que des intoxications par les fumées pouvant conduire au décès. À cela s’ajoute la destruction de l’atelier et donc pour le cordonnier, la perte de son outil de travail.

  • Agressions et incivilités : l’accueil de la clientèle et les litiges (ex : réparation jugée grossière, délai non respecté, prix jugé trop élevé) exposent aux situations de tensions, à de possibles propos agressifs / insultants, voire dans des cas heureusement plus rares à des risques d’agressions physiques. Ces situations laissent des troubles psychosociaux le plus souvent durables (ex : stress au travail, anxiété, insomnie).

Coupures et happements, risques les plus importants chez les cordonniers.

Entre les outils à lames tenues à la main et les machines équipées de pièces en rotation tournant à grande vitesse, les risques de coupures, de happements et d’amputations sont les plus caractéristiques des métiers de la cordonnerie.

Les outils et machines sont en quelque sorte à la base du métier de cordonnier. D’un côté, les outils tranchants (ex : tranchet, alêne, ciseaux, cisailles, clous) sont à proximité immédiate de la main qui maintient la pièce : il suffit d’une lame qui ripe sur un cuir dur ou lisse, ou d’un outil fatigué sur lequel on vient forcer, pour se couper, parfois profondément. De l’autre, les machines équipées de pièces en rotation (ex : banc de finition et de grattage, ponceuse, fraise, perceuse à colonne, machine à coudre) peuvent happer un doigt (jamais de gants sur des machines tournantes), un vêtement ample (à proscrire) ou une mèche de cheveux (cheveux longs attachés en permanence), et l’entraîner en une fraction de seconde. Les dommages vont alors de la plaie à l’amputation d’un doigt. Le danger est présent lors de l’utilisation, mais aussi pendant le nettoyage et l’entretien des machines, quand les mains s’approchent de machines qui ne sont pas mises en sécurité correctement.

La prévention des risques de coupures et de happements de notre document unique pour les cordonniers privilégie de :

  1. Sécuriser les machines : Mettre devant toutes les machines avec des pièces en rotation des carters de protection, et avoir un arrêt d’urgence frontal fonctionnel, accessible rapidement et facilement avec une de ses mains. Avant tout nettoyage ou entretien d’une machine, vérifier qu’elle est à l’arrêt et enclencher son arrêt d’urgence ou débrancher son alimentation électrique. Enfin, proscrire le retrait d’une protection, d’un carter, pour gagner en accessibilité.

  2. Entretenir les outils et organiser le poste : maintenir les outils à lames affûtées (un outil émoussé oblige à forcer, ripe plus facilement et augmente les risques de se blesser au travail) et les ranger dans un espace sécurisé dès qu’ils ne servent plus. Garder le plan de travail rangé, dégagé avec suffisamment de place, mais aussi de lumière pour discerner précisément les outils, les objets à travailler, et ses propres gestes. Enfin, proscrire l’utilisation de gants sur les machines tournantes, les vêtements amples, les bijoux et les cheveux longs non attachés à proximité de toutes machines équipées de pièces en rotation.

  3. Former et protéger : faire passer une formation sur l’utilisation en sécurité de chaque machine de l’atelier aux salariés, en insistant sur les phases d’entretien et de nettoyage. Installer des panneaux rappelant les EPI à porter / à proscrire sur chaque machine. Fournir des gants anti-coupure pour le travail aux salariés en leur rappelant l’importance de les porter chaque fois que cela est possible (hors tâches nécessitant une grande dextérité).

Noter que comme le rappelle Bossons Futé dans sa fiche sur la cordonnerie multiservices, débrancher l’alimentation d’une machine avant tout entretien permet de supprimer le danger à la source. Compter sur la seule vigilance d’un opérateur pour ne pas remettre la machine en route par mégarde ne pourra jamais s’avérer aussi efficace dans la prévention des risques. La mise à disposition d’un outillage bien entretenu permet à l’artisan de travailler plus vite et plus précisément, tout en diminuant les risques de blessures au travail. Moins d’arrêt de travail pour le salarié et un gain d’efficacité pour l’entreprise : c’est un investissement gagnant-gagnant.

La prévention des risques chimiques et des poussières dans les métiers de la cordonnerie.

Le ponçage, la taille des clés et l’utilisation quotidienne de colles et de solvants exposent à des risques cutanés en cas de contact avec la peau. L’inhalation de poussières et de vapeurs est quant à elle nocive pour les voies respiratoires.

Deux sources d’exposition aux composés chimiques coexistent au sein de l’atelier. Les poussières tout d’abord : le travail du métal (ex : réalisation de clés), l’affûtage et le ponçage du cuir et du caoutchouc libèrent de fines particules qui restent en suspension dans l’air avant de se redéposer un peu partout dans l’atelier. Pour le cordonnier, l’exposition à ces poussières a lieu pendant le travail, mais aussi lors du nettoyage de l’atelier, quand un simple coup de balai ou de soufflette suffit à remettre ces poussières en suspension. Les produits chimiques constituent la deuxième source d’exposition : les colles néoprène, les solvants, les teintures et les cirages dégagent des composés organiques volatils (COV) qui s’accumulent dans l’air ambiant de l’atelier, qui est le plus souvent un lieu de travail exigu avec une faible ventilation. À court terme, l’exposition à ces vapeurs provoque des irritations des voies respiratoires, des maux de tête ainsi qu’une baisse de vigilance augmentant les risques de se blesser via d’autres sources de risques. À long terme, elles participent à l’émergence de différentes pathologies respiratoires.

La prévention des risques chimiques et des poussières intégrée dans notre document unique cordonnier repose sur trois leviers :

  1. Capter et ventiler : installer une aspiration à la source (ex : aspirateur avec filtre HEPA) sur toutes les machines de l’atelier générant des poussières, plutôt que de laisser les poussières se disperser partout dans l’atelier. Ventiler la pièce via plusieurs ouvrants si c’est possible, en particulier lors de l’emploi de colles et de solvants. Enfin, nettoyer l’atelier à l’aspirateur plutôt qu’au balai ou à la soufflette, afin de ne pas remettre les poussières qui se sont déposées en suspension dans l’air.

  2. Substituer et limiter : choisir les colles et les produits les moins dangereux possibles (ex : formulations à faible teneur en composés organiques volatils, substitution des produits contenant des composés CMR et/ou toxiques quand des alternatives viables sont disponibles), refermer systématiquement les contenants dès que l’on a terminé d’utiliser un produit chimique quel qu’il soit.

  3. Protéger et suivre : porter un masque anti-poussières (FFP2 minimum, FFP3 recommandé) lors du ponçage et du travail du métal, ainsi que des gants de protection chimique (Type EN ISO 374) pour la manipulation des colles et des teintures. Enfin, assurer un suivi médical régulier des salariés par la médecine du travail, en particulier en ce qui concerne les voies respiratoires (ex : test de capacité respiratoire pour détecter les prémices d’une fibrose pulmonaire).

Noter que comme le rappelle l’INRS dans son article sur les risques chimiques, capter les poussières à la source protège l’ensemble des personnes présentes dans la cordonnerie, là où le masque ne protège que la personne qui le porte. En plus de réduire les risques, un atelier où l’on capte les poussières reste propre plus longtemps, et permet de diminuer significativement les fréquences et le temps de nettoyage. Les salariés voient leurs poumons préservés, tandis que l’entreprise gagne en temps de travail effectif : une habitude gagnant-gagnant.

Les EPC et EPI indispensables pour les cordonniers.

La prévention des risques doit tout d’abord agir sur le danger à la source. Les équipements de protection collective (EPC) puis les équipements de protection individuelle (EPI) passent ensuite, et seulement dans cet ordre, conformément à l’article L.4121-2 du Code du travail.

Les protections collectives qui nous paraissent indispensables pour le secteur de la cordonnerie sont :

  • Des protecteurs et des carters sur toutes les machines à pièces rotatives (ex : banc de finition, ponceuse, fraise à clés), avec un arrêt d’urgence frontal accessible facilement et rapidement à une main depuis le poste de travail.

  • Un dispositif d’aspiration à la source des poussières, installé au plus près des machines générant des poussières (ex : taille de clés), complétée par une ventilation via plusieurs ouvrants si l’atelier en dispose.

  • Le choix de colles et de produits qui sont les moins dangereux possibles (ex : faible teneur en composés organiques volatils, substitution des produits CMR et toxiques quand des alternatives existent), et des contenants parfaitement hermétiques pour éviter l’émanation de vapeurs dans l’espace de travail.

  • Un plan de travail rangé, propre, dégagé, et bien éclairé, des espaces de circulations libres (sans encombrant), et un aspirateur (de type HEPA) pour le nettoyage de l’atelier, qui sera complété par un balai (éviter la soufflette au maximum pour ne pas avoir de remise en suspension des poussières dans l’atelier).

  • Un ou plusieurs extincteurs adaptés aux produits inflammables et aux poussières combustibles, contrôlés annuellement, facilement accessibles en tout point de l’atelier.

Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables pour le secteur de la cordonnerie sont :

  • Des gants anti-coupure pour l’utilisation d’outils et machines à lames, à ne jamais porter pour travailler sur des machines tournantes (Type EN388).

  • Des lunettes de protection oculaire en cas de risque de projection dans les yeux, lors du ponçage, du fraisage et de la taille des clés (Type EN166).

  • Un masque anti-poussières (FFP2 minimum, FFP3 recommandé) pour le travail du métal, l’affûtage et le ponçage du cuir et du caoutchouc (Type FFP, norme EN149).

  • Des gants de protection chimique pour la manipulation de tous les produits chimiques de l’atelier (ex : colles, solvants, teintures, cirages) (Type EN ISO 374).

  • Des protections auditives à porter dès que l’on travaille à proximité de machines bruyantes (Type EN352).

  • Des chaussures de sécurité confortables (de préférence montantes pour mieux maintenir la cheville) à porter quotidiennement dans l’atelier (Type EN ISO 20345).

L’employeur devra fournir gratuitement tous ces équipements de protection et veiller à leur entretien/renouvellement (article R.4321-4 du Code du travail), tandis que le salarié sera tenu de les utiliser conformément à leur usage (article L.4122-1 du Code du travail).

La formation et la sensibilisation aux risques des cordonniers.

Informer, sensibiliser et former aux risques est un levier de prévention à part entière, au même titre que fournir des équipements de protection collective et/ou individuelle.

Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent à l’employeur de donner une formation à la sécurité adaptée au poste de travail de chacun des salariés. Pour le secteur de la cordonnerie, nous recommandons en priorité :

  • La formation à l’utilisation en sécurité des machines de l’atelier, pour l’apprenti et le nouvel arrivant : apprendre à utiliser l’arrêt d’urgence, et à débrancher l’alimentation avant tout nettoyage ou entretien. Inculquer l’importance de ne jamais retirer un carter de protection, y compris pour quelques secondes afin de gagner en accessibilité.

  • La sensibilisation au risque chimique : apprendre à lire l’étiquetage des produits chimiques (en particulier les pictogrammes et leurs significations, notamment le SGH08 du buste éclaté, synonyme de produit CMR) ainsi que les fiches de données de sécurité (FDS), en particulier la partie avec les numéros utiles à contacter en cas d’intoxication.

  • La formation gestes et postures (PRAP, prévention des risques liés à l’activité physique) pour la couture, le ponçage et la manutention, afin de prévenir les dommages relatifs aux gestes répétitifs et aux postures penchées sur l’établi.

  • La prévention du bruit : comprendre que la surdité professionnelle s’installe insidieusement, sans douleur, tout d’abord de manière imperceptible puis une fois perçue, de façon irréversible. D’où la nécessité de porter systématiquement ses protections auditives lorsque l’on travaille à proximité de machines.

  • La sécurité incendie : connaître la conduite à tenir en cas de départ de feu, et faire passer la formation incendie afin que le personnel connaisse les différents types d’extincteurs (ex : eau, poudre, gaz), leurs cas d’usage, et comment s’en servir.

  • La formation de prévention / gestion de la violence, pour savoir comment réagir face à un client véhément, et les techniques permettant de désamorcer les situations conflictuelles avant qu’elles ne s’enveniment et tournent à l’agression.

À cela peut s’ajouter la formation SST (sauveteur secouriste du travail) : elle permet à un salarié de porter les premiers secours et de donner l’alerte en cas d’accident. (Utile en cas d’accident au travail, en particulier dans un milieu avec des machines présentant des risques importants de coupures / happement / amputations de membres).

Ces actions devront être tracées dans le passeport de prévention prévu par l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations et certifications acquises par chaque salarié.

Quand mettre à jour le document unique de votre cordonnerie.

Un document unique n’est pas valable à vie pour une entreprise. Il doit être mis à jour au moins une fois par an à partir de onze salariés, et à chaque évolution notable de l’entreprise, peu importe son nombre de salariés.

L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit la mise à jour du document unique dans trois cas de figure distincts :

  • Si une cordonnerie a au moins onze salariés : une mise à jour une fois par an minimum

  • Pour toute cordonnerie, peu importe ses effectifs : lors de tout changement important modifiant les conditions de travail (ex : nouvelle machine, nouveau produit, nouvelle prestation comme la taille de clés ou la gravure, etc.).

  • Pour toute cordonnerie, peu importe ses effectifs : dès qu’une information nouvelle sur un risque jusque-là absent du document unique est portée à la connaissance du chef d’entreprise (ex : après un accident).

Comme notre document unique pour la cordonnerie est au format Excel, ces mises à jour ne prennent que quelques minutes. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique explique en détail la marche à suivre.

Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de la sécurité au sein de votre cordonnerie.

Un document unique n’est utile que s’il déclenche des actions de prévention des risques concrètes sur le terrain. La planification est un outil incontournable pour cela.

À partir de cinquante salariés, l’article L.4121-3-1 du Code du travail impose que l’évaluation des risques aboutisse à un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT). En dessous de ce seuil, ce qui est le cas pour l’écrasante majorité des cordonneries, l’entreprise doit simplement consigner dans le document unique une liste des actions de prévention des risques.

Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que la planification est un outil permettant aux entreprises de passer plus facilement et efficacement à l’action. C’est pourquoi chacun de nos documents uniques intègre un calendrier de type PAPRIPACT (libre à vous de l’utiliser ou non si vous employez moins de cinquante salariés).

Dans ce calendrier, chaque mesure de prévention des risques se voit attribuer une période de mise en place ou de renforcement. En cas de contrôle de l’inspection du travail, ce calendrier constitue la preuve qu’il y a une démarche de prévention des risques en place dans votre cordonnerie, et que le chef d’entreprise assume son rôle de garant de la santé et de la sécurité au travail de ses salariés. Notre page sur l’évaluation des risques professionnels et notre guide de rédaction du document unique approfondissent la mise en place de cette méthode de planification des risques.

FAQ sur le document unique en cordonnerie.

C’est quoi le document unique pour une entreprise ?

Le document unique (ou DUERP) est le document dans lequel l’employeur consigne, unité de travail par unité de travail, les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés. Il sert ensuite de base au plan de prévention.

Le document unique est-il obligatoire pour ma cordonnerie ?

Oui, dès le premier salarié et quel que soit son contrat de travail, y compris un apprenti. Seul le cordonnier qui travaille réellement seul, sans salarié, en est dispensé.

Quel est le rôle du document unique dans ma cordonnerie ?

Il recense les dangers propres au métier (ex : outils tranchants, machines rotatives, poussières, produits chimiques, bruit…), en évalue la gravité, et sert de base pour planifier les actions de prévention des risques.

Qui doit établir le document unique de ma cordonnerie ?

La responsabilité d’établir un document unique revient à l’employeur. Il peut le rédiger lui-même s’il en a les compétences, ou en confier la réalisation à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP.

Comment rédiger le document unique de ma cordonnerie ?

En quatre temps : découper l’activité en unités de travail, recenser les dangers dans chacune, évaluer chaque danger (pour cela, notre méthode se base sur l’occurrence, la gravité, la fréquence et la maîtrise), puis définir les mesures de prévention des risques adaptées.

Qui peut consulter le document unique de ma cordonnerie ?

Vos salariés et le CSE, le médecin du travail, l’inspection du travail et les agents de prévention de la CARSAT. Un ancien salarié peut aussi le demander pour sa période d’activité dans l’entreprise.

Où stocker le document unique de ma cordonnerie ?

Où vous le souhaitez dans l’entreprise tant qu’il reste facilement consultable, que ce soit sur papier ou sur ordinateur, tablette, etc. Chaque version doit être conservée au moins quarante ans pour garder la traçabilité des expositions (ex : poussières, produits chimiques).

À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique de ma cordonnerie ?

Chaque année à partir de onze salariés, et, quel que soit l’effectif, à chaque changement notable au sein de l’entreprise (ex : nouvelle machine, nouveau produit) ou dès qu’un nouveau risque apparaît.

Qui doit mettre à jour le document unique de ma cordonnerie ?

L’employeur reste le seul responsable de la mise à jour du document unique. Faute de compétences internes dans son entreprise, il est fortement recommandé de s’appuyer sur un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP. Le format Excel de nos documents uniques rend ces mises à jour rapides, sans devoir repartir d’une feuille blanche, contrairement au format PDF proposé par d’autres entreprises.

Téléchargement du document unique pour cordonnier gratuit.

Notre modèle de document unique gratuit dédié aux cordonniers est disponible ci-dessous. Il reprend la même trame que notre document unique cordonnier déjà complété, soit :

  • Une page de couverture illustrée dédiée à la cordonnerie.

  • Une page d’informations sur l’entreprise.

  • Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.

  • Une section d’évaluation des risques professionnels.

  • Une section de prévention des risques professionnels, assortie d’un calendrier de planification.

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