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Document unique Pressing :
guide et modèle à télécharger

Photo de Thony Maufay

Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.

Date de rédaction : 28 Juillet 2026

Un pressing n’est pas un service de proximité comme les autres : c’est l’un des rares établissements dans lesquels on manipule quotidiennement des solvants chlorés. Le personnel y enchaîne tri du linge sale, détachage, maintenance de machines chargées en solvant, repassage à la vapeur brûlante et accueil de la clientèle au comptoir, le plus souvent dans un local exigu où tout est à proximité immédiate. L’activité de pressing concentre des risques assez particuliers que l’on retrouve rarement réunis dans un si petit établissement : des risques thermiques, physiques, mais surtout chimiques.

À titre d’exemple, le perchloroéthylène, longtemps utilisé dans la quasi-totalité des machines françaises, dispose d’une valeur limite d’exposition professionnelle réglementaire contraignante fixée à 20 ppm sur huit heures et 40 ppm sur quinze minutes. Or les campagnes de mesures menées dans les pressings relevaient régulièrement des concentrations proches, voire supérieures, à cette valeur en conditions réelles : la VLEP était donc atteinte, voire dépassée, au poste de travail. Aux risques chimiques s’ajoutent les contraintes physiques du métier, qui expliquent l’essentiel des arrêts de travail : manutention du linge, station debout permanente, gestes répétitifs au fer et travail en atmosphère chaude. Rappelons que les troubles musculo-squelettiques représentent aujourd’hui près de 90 % des maladies professionnelles reconnues en France d’après le rapport annuel 2024 de la Cnam.

 

Face à cette combinaison de risques chimiques, thermiques et physiques, le document unique doit être l’outil permettant à votre pressing de recenser l’ensemble des sources de risques, de les hiérarchiser du plus grave au moins grave, puis de déclencher les actions de prévention capables de réduire accidents du travail et maladies professionnelles. Cet article vous expliquera à partir de quand le document unique s’impose dans tout pressing, et comment le structurer. Pour cela, nous nous baserons sur la présentation des choix que nous avons nous-mêmes retenus pour bâtir notre propre document unique déjà rempli pour pressings.

À partir de quand un pressing doit-il avoir un document unique ?

Dès qu’un pressing emploie un salarié, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, temps partiel, apprentissage, stage hors stage d’observation), il doit avoir un document unique.

Cette obligation repose sur deux articles du Code du travail : l’article L.4121-3 qui impose à l’employeur d’évaluer les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité des travailleurs, et l’article R.4121-1 qui l’oblige à consigner le résultat dans un document unique. Confier la rédaction à un tiers ou à une entreprise ne transfère pas la responsabilité légale : le gérant du pressing demeure le seul responsable du document unique devant la loi, d’où l’intérêt de s’appuyer sur un professionnel compétent. Pour cela, il est nécessaire de vérifier que l’entreprise ou le consultant est bien enregistré IPRP, comme Document Unique Facile.

 

L’absence de document unique, ou un document unique laissé sans mise à jour, constitue une infraction, qui peut entraîner une contravention de 5e classe (article R.4741-1). Pour un pressing, l’enjeu majeur se situe cependant ailleurs. Les affections liées aux solvants chlorés se déclarent des années après l’exposition, et relèvent de tableaux de maladies professionnelles précis (les tableaux 12 et 84 du régime général pour le perchloroéthylène). Si un ancien salarié malade demande à consulter le document unique pour sa période d’activité dans l’entreprise, qu’il n’y en a pas, ou qu’aucune évaluation du risque chimique n’y figure, en cas de saisine du conseil des prud’hommes, la faute inexcusable de l’employeur sera très certainement prononcée. La sanction financière prononcée peut alors atteindre de tels montants qu’elle peut mettre le pressing en péril.

 

En marge du document unique, une particularité réglementaire mérite d’être signalée pour les établissements de pressing. Ces derniers relèvent de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), et notamment la rubrique 2345 consacrée à l’utilisation de solvants pour le nettoyage à sec, dès lors qu’ils possèdent une ou des machines de nettoyage à sec (fonctionnant au solvant) avec une capacité nominale totale supérieure à 0,5 kg. Seul le fait de ne plus avoir de machines fonctionnant au solvant (100 % aquanettoyage) permet de sortir du champ de la rubrique 2345.

Notre choix des unités de travail pour ce document unique pressing.

Une unité de travail regroupe différentes tâches exercées au sein du pressing et qui exposent à des risques professionnels similaires. Pour notre document unique pressing, nous avons retenu trois unités de travail, avec un total de 22 situations à risque : le nettoyage des vêtements, le contact avec la clientèle et les locaux de travail (la première concentre l’essentiel des dangers de la profession, puisqu’elle couvre tout le process de nettoyage). Voici, pour chacune de ces unités de travail, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.

L’atelier : le nettoyage des vêtements

Cette unité de travail couvre l’ensemble du process technique : tri et prébrossage, détachage, lavage, maintenance de la machine, séchage puis repassage et finition.

  • Solvants de nettoyage à sec : le perchloroéthylène et ses solvants de substitution pénètrent l’organisme par les voies respiratoires mais aussi par la peau (l’INRS signalant un risque de pénétration percutanée). L’exposition répétée à ces solvants provoque dessèchement cutané et dermatoses, maux de tête, vertiges et nausées, avec des atteintes neurologiques, hépatiques et rénales à plus long terme. Ce danger, signature des établissements de pressing, fera l’objet d’un développement dédié.

  • Produits de détachage : les détachants appliqués à la table de détachage, souvent pulvérisés à proximité du visage, exposent aux vapeurs et aux projections. Les produits antirouille à base d’acide fluorhydrique méritent une vigilance particulière : ils provoquent des brûlures chimiques profondes et douloureuses, dont la gravité se révèle parfois avec plusieurs heures de retard (ex : douleur différée, atteinte des tissus profonds).

  • Détergents et produits de lessive : tensioactifs, agents alcalins et enzymes protéolytiques irritent la peau et les yeux, et provoquent des réactions allergiques chez les salariés sensibilisés. Le risque apparaît au contact direct comme lors du transvasement ou du rangement. (L’évaluation du risque chimique est encadrée par les articles R.4412-1 et suivants du Code du travail.)

  • Brûlures au repassage et à la finition : fers, presses, mannequins de finition et conduites de vapeur exposent les mains et les avant-bras à des brûlures thermiques. Les conduites d’eau chaude et de vapeur non calorifugées constituent également une source de brûlure possible et souvent oubliée, alors qu’elle est l’une des plus faciles à supprimer au sein des établissements. Ce danger fera lui aussi l’objet d’un développement dédié.

  • Manutention du linge : charger et décharger les machines, remplir les bacs, ranger le linge sur les étagères et en bout de perche imposent des efforts répétés, souvent en flexion ou bras levés. Les dommages qui en résultent sont les lombalgies et les troubles musculo-squelettiques des épaules et du dos. (Le port de charges est encadré par les articles R.4541-1 et suivants du Code du travail.)

  • Gestes répétitifs et station debout : le repassage sollicite les épaules, les coudes et les poignets du fait de la nécessité de répéter des mouvements identiques pendant des heures, debout, sans pouvoir changer de posture de travail. Les dommages qui en résultent sont des tendinopathies de la coiffe des rotateurs au niveau des épaules, et des épicondylites au niveau des coudes.

  • Ambiance chaude : la chaleur dégagée par les tables à repasser, les mannequins et les machines, dans un local souvent exigu et humide, engendre de la fatigue et de possibles déshydratations. Il en résulte une baisse progressive de vigilance, ce qui augmente mécaniquement le risque d’accident via d’autres sources de risques.

  • Maintenance des machines de nettoyage : le raclage des boues, le nettoyage des filtres à air, les transvasements de solvant constituent les opérations les plus exposantes aux produits chimiques du métier, car elles mettent l’opérateur en contact direct avec des produits concentrés, ainsi qu’avec des vapeurs de solvants.

  • Manipulation du linge sale : le linge rapporté par la clientèle peut porter des souillures biologiques, des objets oubliés dans les poches (ex : lames, seringues, briquets) et diverses salissures biologiques / chimiques inconnues. Tout cela expose à des risques de coupures, de piqûres, de brûlures chimiques et de contaminations biologiques.

  • Risque incendie : les détachants à point d’éclair bas et les solvants de substitution au perchloroéthylène (d’origine pétrolière) sont souvent inflammables (contrairement au perchloroéthylène qui ne l’est pas). Cela crée des risques d’inflammation qu’il faut impérativement prendre en considération en fonction du type de solvant que l’on utilise.

Le comptoir : le contact avec la clientèle

Cette unité de travail couvre l’accueil au comptoir, la réception et la restitution des vêtements, ainsi que l’encaissement.

  • Incivilités et agressions verbales : un vêtement abîmé, un délai non respecté, ou des salissures que l’on n’arrive pas à récupérer peuvent générer des litiges avec la clientèle, qui peut parfois s’avérer virulente. Pour le personnel, la répétition de ces situations tendues provoque du stress, de l’anxiété et progressivement, de l’épuisement professionnel, en particulier si la personne est seule pour faire face au client.

  • Risque de vol et d’agression physique : la présence d’argent liquide dans la caisse de l’établissement génère des risques de vol. Pour le personnel, les conséquences de ces vols sont principalement psychologiques. Les séquelles qui en découlent persistent bien après les faits, même en l’absence de violence physique.

  • Station debout prolongée : tenir le comptoir en position debout, plusieurs heures par jour, sans siège adapté à sa morphologie, favorise l’apparition de douleurs dorsales, la sensation de jambes lourdes et les troubles circulatoires des membres inférieurs (ex : varices).

  • Manutention en bout de perche : décrocher et raccrocher les vêtements sur les convoyeurs et les perches hautes impose d’effectuer des gestes bras levés en l’air, parfois avec une torsion du buste, ce qui relève de la posture contraignante. De plus, cette posture contraignante est répétée pour chaque client qui vient déposer ou récupérer son linge.

Les locaux de travail

Cette unité de travail regroupe les risques liés à l’infrastructure : voie de passage, zone de stockage, installation électrique, aération / ventilation, etc.

  • Chutes de plain-pied : les sols rendus glissants par l’eau les jours de pluie, l’humidité, ou d’éventuels déversements de produit, potentiellement combinés à des allées encombrées de bacs et de vêtements, exposent l’ensemble du personnel aux trébuchements et aux chutes de plain-pied.

  • Ventilation insuffisante : un local mal aéré / ventilé permet aux vapeurs de solvant de s’accumuler dans l’air ambiant. Comme les vapeurs de certains solvants (ex : perchloroéthylène) sont plus lourdes que l’air, ces dernières stagnent au niveau du sol. Il est donc nécessaire d’aérer / ventiler relativement bas dans les locaux.

  • Stockage des produits chimiques : l’absence de bac de rétention, le stockage côte à côte de produits incompatibles (ex : acides et bases), voire la présence de récipients contenant des produits non étiquetés, génèrent des risques de réactions chimiques dangereuses, et d’erreur de manipulation.

  • Électrisation : l’utilisation de matériel électrique dans un milieu humide (ex : vapeur) renforce les risques d’électrisation (n’engendrant pas la mort de la personne) voire d’électrocution (avec mort de la personne), d’où l’intérêt d’effectuer une vérification périodique des installations électriques par un organisme agréé, notamment des dispositifs de sécurité pour les personnes (ex : disjoncteur différentiel 30 mA).

  • Éclairage insuffisant : un éclairage inadapté, en particulier sur les postes de détachage et de repassage, où la précision de chacun des gestes a son importance, engendre au cours de la journée de la fatigue visuelle ainsi qu’une baisse de vigilance progressive, augmentant les risques d’erreurs de manipulation et donc de brûlures.

Maîtriser les risques chimiques liés au perchloroéthylène et aux autres solvants de nettoyage à sec.

Le perchloroéthylène est le danger signature des établissements de type pressing : c’est un solvant chloré classé cancérogène de catégorie 2 au titre du règlement CLP, doté d’une valeur limite d’exposition professionnelle réglementaire contraignante, et dont l’usage est désormais interdit dans (seulement) une partie des établissements.

Commençons par lever une confusion très répandue dans la profession, car elle conditionne toute l’évaluation des risques. Le trichloréthylène est un cancérogène avéré de catégorie 1B, soumis à autorisation au titre du règlement REACH depuis 2016 : il n’a plus sa place dans les pressings. Le perchloroéthylène, aussi appelé tétrachloroéthylène, est un produit différent : l’INRS le classe cancérogène de catégorie 2 (soit « suspecté ») et signale un risque de pénétration percutanée (passage du produit à travers la peau). Il n’est donc pas soumis aux dispositions renforcées réservées aux CMR de catégorie 1A et 1B, mais relève du régime des agents chimiques dangereux, avec une VLEP contraignante de 20 ppm sur huit heures et de 40 ppm sur quinze minutes. Les affections qu’il provoque figurent aux tableaux 12 et tableaux 84 des maladies professionnelles du régime général. Noter que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) le classe en groupe 2A, soit cancérogène probable pour l’homme.

Sur le plan de l’interdiction du perchloroéthylène, l’information est souvent interprétée de façon approximative. L’arrêté du 5 décembre 2012 a organisé la disparition progressive du perchloroéthylène selon un calendrier échelonné par année de mise en service des machines. Le terme, fixé au 1er janvier 2022, est désormais dépassé. Mais cette interdiction ne vise que les installations situées dans des locaux accolés à des locaux occupés par des tiers (ex : logements, bureaux, commerces, etc.). Comme le précise la circulaire d’application, les pressings isolés ou sans mitoyenneté avec des tiers ne sont pas concernés. Un pressing implanté dans un bâtiment isolé ou en zone d’activité peut donc encore utiliser légalement ce solvant. Les contrôles des services d’inspection des installations classées (ICPE) portent précisément sur cette distinction.

L’exposition aux produits à base de solvants n’est pas continue. Elle a lieu lors d’opérations bien identifiées : chargement en solvant, raclage des boues, nettoyage des filtres à air, ouverture d’hublot en fin de cycle, et également repassage d’un linge insuffisamment sec. En effet, écourter la phase de séchage pour gagner du temps transfère inévitablement les solvants résiduels sur les vêtements au poste de finition, et expose davantage les salariés.

La prévention du risque chimique intégrée dans notre document unique pressing suit la hiérarchie imposée par la règlementation :

  1. Substituer les produits les plus dangereux : c’est la première obligation en matière de prévention des risques chimiques. Les procédés alternatifs existent et sont désormais éprouvés (ex : aquanettoyage à l’eau additivée, hydrocarbures désaromatisés, silicone D5). Ce principe de substitution s’applique également aux détachants : remplacer les antirouille à base d’acide fluorhydrique par des antirouilles au fluorure d’ammonium, qui sont nettement moins agressifs, doit être une priorité pour réduire les risques liés à cette classe de produits chimiques.

  2. Supprimer les risques de contact direct avec les produits : utiliser un système de pompage qui écarte tout risque de contact direct au lieu de transvaser / verser le solvant manuellement, effectuer le raclage des boues à froid, et conserver la phase de séchage complète sans jamais l’écourter.

  3. Capter les vapeurs de solvants, aérer et ventiler l’air des locaux : installer une table de détachage aspirante avec rejet de l’air pollué à l’extérieur, ventiler l’ensemble du local légèrement au-dessus de la hauteur du sol (puisque les vapeurs de solvants sont généralement plus lourdes que l’air). Enfin, aérer fréquemment les locaux via plusieurs ouvrants.

  4. Tracer et vérifier : réunir les fiches de données de sécurité de tous les produits chimiques utilisés au sein du pressing (les demander aux fournisseurs pour gagner du temps, plutôt que d’aller les récupérer soi-même), éviter au maximum de transvaser les produits, ou bien prendre le temps d’étiqueter les contenants correctement. Enfin, rédiger des fiches de poste rappelant les principales mesures de sécurité à respecter.

Noter que comme le rappelle la brochure ED 6025 de l’INRS consacrée aux activités de nettoyage à sec, la substitution du perchloroéthylène reste la mesure de prévention des risques la plus efficace : aucun dispositif de captage / ventilation / aération, aussi performant soit-il, ne protégera aussi bien que le fait de ne plus utiliser ce produit.

Prévenir les brûlures et les TMS au poste de repassage et de finition.

Le poste de finition concentre à lui seul trois contraintes qui se renforcent mutuellement : la chaleur des équipements, le risque de brûlure par contact direct ou via les vapeurs, et la répétition de gestes en station debout prolongée.

Les brûlures peuvent provenir de trois sources distinctes : le contact direct avec la semelle du fer ou la plaque de la presse (qui produit des lésions localisées mais profondes), le jet de vapeur (qui brûle une surface étendue et peut atteindre le visage), et enfin, les conduites d’eau chaude et de vapeur non calorifugées (qui brûlent au moindre contact involontaire). Concernant cette dernière, il s’agit de l’une des sources d’accidents les plus faciles à supprimer définitivement au sein de tout pressing.

Les troubles musculo-squelettiques, contrairement aux brûlures, ne se manifestent pas à court terme mais à long terme. À titre d’exemple, le repassage combine le port du fer à des mouvements répétitifs d’avant en arrière et à la station debout prolongée, durant plusieurs heures par jour, et souvent sans rotation de tâches ou de poste entre collègues. La tendinopathie de la coiffe des rotateurs de l’épaule, et l’épicondylite du coude en sont les deux maladies professionnelles emblématiques, avec des arrêts de travail souvent longs et des difficultés de reclassement (du fait que les pressings sont de petits établissements n’employant la plupart du temps que quelques personnes). Enfin, la chaleur ambiante des locaux de travail aggrave les conséquences de ces risques.

La prévention intégrée dans notre document unique pressing pour le poste de finition privilégie :

  1. De choisir les outils les plus légers et de les suspendre : choisir les fers les plus légers possibles et les équiper d’un système de suspension, qui évite de devoir porter leur poids en permanence, permet d’apporter un soulagement important et durable aux épaules des salariés.

  2. De protéger les salariés des surfaces brûlantes accessibles : calorifuger toutes les conduites d’eau chaude et de vapeur pour éviter les brûlures par contacts accidentels. Vérifier les protections des presses, et signaler toutes les zones chaudes où il est possible de se brûler accidentellement via des panonceaux.

  3. D’agir sur les ambiances thermiques et sur l’éclairage : aérer / ventiler le local de finition, envisager la mise en place d’une climatisation (d’autant plus avec les canicules à répétition que l’on connaît de plus en plus fréquemment). Mettre à disposition un local de repos au frais et instaurer des temps de pause. Enfin, disposer d’un système d’éclairage adapté (ni trop faible ni trop fort) au poste de travail.

  4. De faire varier les structures corporelles sollicitées autant que possible : mettre en place des rotations de tâches voire de poste entre collègues si cela est possible de manière à réduire autant que possible l’exposition individuelle de chacun. Régler les tables de repassage à hauteur d’homme, voire mettre en place des sièges assis-debout permettant de varier les postures de travail.

Les EPC et EPI indispensables pour tout pressing.

La prévention des risques doit d’abord agir sur le danger à sa source. Les équipements de protection collectifs (EPC) viennent ensuite, puis les équipements de protection individuelle (EPI), et seulement dans cet ordre, conformément à l’article L.4121-2 du Code du travail.

Les protections collectives qui nous paraissent indispensables pour tout pressing sont :

  • Une table de détachage aspirante, avec rejet de l’air pollué vers l’extérieur du pressing.

  • Une ventilation générale du local située en partie basse (pour des solvants plus denses que l’air).

  • Un système de pompage pour les transvasements de solvants, qui supprime le versement manuel et tout risque de contact direct.

  • Le calorifugeage de toutes les conduites d’eau chaude et de vapeur.

  • La suspension en hauteur des fers à repasser pour limiter le port.

  • Des bacs à linge à hauteur réglable et une limitation des hauteurs de stockage, pour limiter les manutentions bras levés.

  • Un stockage des produits dangereux hors zone de production, sur bac de rétention, avec séparation des produits incompatibles et étiquetage des récipients.

  • Une installation électrique vérifiée périodiquement (notamment du fait d’un milieu humide et chargé de vapeur), des extincteurs contrôlés annuellement et une trousse de premiers secours complète, complétée d’une crème cicatrisante contre les brûlures de type biafine.

Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables pour tout pressing sont :

  • Des gants de protection contre les risques chimiques en néoprène ou en nitrile, à utiliser pour les produits chimiques tels que les produits antirouille ou encore pour manipuler les produits d’entretien (Type EN ISO 374).

  • Des lunettes de protection contre les projections, à porter systématiquement lors de toute opération de transvasement (Type EN166).

  • Un masque respiratoire équipé d’un filtre anti-gaz de type A contre les vapeurs organiques, pour le raclage des boues et la maintenance de la machine (Type EN14387). Attention : un masque anti-poussières type FFP1, FFP2 ou FFP3 n’offre aucune protection contre les vapeurs de solvant.

  • Des chaussures à semelle antidérapante, de préférence montantes pour mieux maintenir la cheville, pour prévenir les chutes de plain-pied (Type EN ISO 20345).

L’employeur devra fournir gratuitement les équipements de protection et veiller à leur entretien et à leur renouvellement (article R.4321-4), tandis que le salarié sera tenu de les utiliser conformément à leur usage (article L.4122-1). Concernant les gants, veillez à ce que leur matière soit adaptée au produit manipulé, car une matière inadaptée se dégrade au contact du solvant et s’avère plus dangereuse que de manipuler le produit à main nue, du fait que le produit reste au contact de la peau.

La formation et la sensibilisation aux risques pour le personnel des pressings.

Informer, sensibiliser et former aux risques est un levier de prévention à part entière, au même titre que fournir des équipements de protection collective ou individuelle.

Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent à l’employeur de donner une formation à la sécurité adaptée au poste de travail de chacun des salariés. Pour un pressing, nous recommandons en priorité :

  • La formation au risque chimique : savoir lire l’étiquetage des produits (pictogrammes, notamment le SGH08 du buste éclaté signalant les effets graves sur la santé) et les fiches de données de sécurité fournies par les fabricants (notamment la partie concernant les numéros utiles à appeler en cas d’intoxication).

  • La formation aux opérations sur les machines : procédure de chargement du solvant, raclage des boues à froid, nettoyage des filtres, et conduite à tenir en cas de déversement accidentel.

  • La formation gestes et postures (PRAP, prévention des risques liés à l’activité physique), premier levier contre les troubles musculo-squelettiques liés au repassage et à la manutention du linge.

À cela peut s’ajouter la formation SST (sauveteur secouriste du travail).

Ces actions devront être tracées dans le passeport de prévention prévu par l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations et certifications acquises par chaque salarié au titre de la santé et de la sécurité au travail.

Quand mettre à jour le document unique de votre pressing.

Un document unique n’est pas valable durant toute la vie d’une entreprise. Il doit être mis à jour au moins une fois par an dans les établissements de onze salariés et plus, et à chaque évolution notable de l’activité, quels que soient les effectifs.

L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit la mise à jour dans trois cas de figure :

  • Si le pressing a au moins onze salariés : une mise à jour au minimum une fois par an.

  • Pour tout établissement, quels que soient ses effectifs : lors de tout changement important modifiant les conditions de travail (ex : nouveau détachant).

  • Pour tout établissement, quels que soient ses effectifs : dès qu’une information nouvelle sur un risque jusque-là absent est portée à la connaissance du gérant (ex : accident ou presque-accident).

Le changement de solvant mérite une mention particulière dans ce métier : passer du perchloroéthylène à un hydrocarbure ne fait pas disparaître le risque chimique, il le modifie. Les solvants de substitution sont généralement combustibles, là où le perchloroéthylène ne l’était pas : les risques de départ de feu et d’incendie doivent alors être réévalués.

Concernant les mises à jour, comme notre document unique pressing est au format Excel, celles-ci ne prennent que quelques minutes. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique explique en détail la marche à suivre.

Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de votre pressing.

Un document unique n’est utile que s’il déclenche des actions de prévention concrètes sur le terrain. La planification des mesures de prévention des risques est selon nous l’outil incontournable pour cela.

À partir de cinquante salariés, l’article L.4121-3 du Code du travail impose que l’évaluation des risques débouche sur un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT). En dessous de ce seuil, l’établissement consigne simplement dans le document unique une liste des actions de prévention.

Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que la planification permet de passer plus facilement à l’action. C’est pourquoi chacun de nos documents uniques intègre un calendrier de type PAPRIPACT (vous pouvez ne pas l’utiliser si votre entreprise emploie moins de 50 salariés, ce qui est le cas dans la quasi-totalité des pressings).

En cas de contrôle de l’inspection du travail, ce calendrier constitue la preuve qu’il existe une véritable démarche de prévention au sein de votre pressing, et que le gérant assume son rôle de garant de la santé et de la sécurité au travail de ses salariés. Notre guide de rédaction du document unique approfondit la méthode de planification.

FAQ sur le document unique en pressing.

C’est quoi le document unique pour une entreprise ?

Le document unique (ou DUERP) est le document dans lequel l’employeur consigne, unité de travail par unité de travail, les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés. Il sert ensuite de base au plan de prévention de l’établissement.

Le document unique est-il obligatoire pour mon pressing ?

Oui, dès le premier salarié et quel que soit son contrat, y compris un temps partiel ou un apprenti. Seul le gérant qui travaille réellement seul, sans aucun salarié, en est dispensé au titre du Code du travail.

Quel est le rôle du document unique dans mon pressing ?

Il recense les dangers propres au métier (ex : solvants de nettoyage à sec, détachants, brûlures au repassage, manutention du linge, ambiance chaude), en mesure la gravité et sert de base pour planifier les actions de prévention.

Qui doit établir le document unique de mon pressing ?

La responsabilité revient à l’employeur. Il peut le rédiger lui-même s’il en a les compétences, ou en confier la réalisation à un professionnel compétent, enregistré IPRP.

Comment rédiger le document unique de mon pressing ?

En quatre temps : découper l’activité en unités de travail (nettoyage des vêtements, contact clientèle, locaux de travail), recenser les dangers de chacune, évaluer chaque danger (notre méthode se base sur l’occurrence, la gravité, la fréquence et la maîtrise), puis définir les mesures de prévention adaptées. Notre guide de rédaction détaille chacune de ces étapes.

Qui peut consulter le document unique de mon pressing ?

Vos salariés et le CSE, le médecin du travail, l’inspection du travail et les agents de prévention de la CARSAT. Un ancien salarié peut aussi le demander pour sa période d’activité, ce qui arrive fréquemment lors d’une déclaration de maladie professionnelle liée aux solvants.

Où stocker le document unique de mon pressing ?

Où vous le souhaitez dans l’établissement tant qu’il reste facilement consultable, sur papier ou sur support numérique. Chaque version doit être conservée au moins quarante ans afin de garder la traçabilité des expositions aux agents chimiques.

À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique de mon pressing ?

Chaque année à partir de onze salariés, et, quel que soit l’effectif, à chaque changement notable (ex : changement de solvant, nouveau détachant) ou dès qu’un nouveau risque apparaît.

Qui doit mettre à jour le document unique de mon pressing ?

L’employeur reste le seul responsable de la mise à jour. Faute de compétences internes, il devrait s’appuyer sur un professionnel compétent, enregistré IPRP. Le format Excel de nos documents uniques rend ces mises à jour rapides, sans devoir tout reprendre de zéro, contrairement au format PDF proposé par d’autres entreprises.

Téléchargement du document unique pour pressing gratuit.

Notre modèle de document unique gratuit dédié aux pressings est disponible ci-dessous. Il reprend la même trame que notre document unique pressing déjà complété, soit :

  • Une page de couverture illustrée dédiée au pressing.

  • Une page d’informations sur l’entreprise.

  • Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.

  • Une section d’évaluation des risques professionnels.

  • Une section de prévention des risques professionnels, assortie d’un calendrier de planification.

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