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Document unique Prothésiste Dentaire :
guide et modèle à télécharger

Photo de Thony Maufay

Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.

Date de rédaction : 24 Juillet 2026

Fabriquer des couronnes, des bridges, des appareils d’orthodontie ou des prothèses amovibles expose quotidiennement les prothésistes dentaires à différents dangers : poussières de meulage et de sablage, résines et méthacrylates, désinfectants, outils rotatifs, sources de chaleur, postures figées pour effectuer des gestes précis, etc. L’accidentologie de ces expositions est reconnue : comme le rappelle la CARSAT, la silice cristalline présente dans les revêtements, les abrasifs et les produits de polissage est classée cancérogène, et les affections qu’elle provoque figurent au tableau n° 25 des maladies professionnelles. Les résines constituées de méthacrylate de méthyle relèvent quant à elles du tableau n° 82. L’INRS rappelle de son côté que la fabrication de prothèses dentaires expose à des produits dangereux, à des douleurs du dos et des articulations ainsi qu’à des blessures liées aux outils et aux machines utilisés.

 

Dans cet article, nous allons présenter dans le détail les différents choix que nous avons retenus pour rédiger le contenu de notre document unique prothésiste dentaire déjà complété, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.

À partir de quand vous faut-il un document unique en tant que prothésiste dentaire ?

Le document unique est obligatoire dès l’embauche du premier salarié pour tout prothésiste dentaire, qu’il s’agisse d’un apprenti, d’un prothésiste confirmé, d’un salarié administratif à temps partiel, etc. Cette obligation découle des articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail : l’employeur doit évaluer les risques pour la santé et la sécurité de ses travailleurs et transcrire les résultats de cette évaluation dans un document unique.

En cas d’absence de document unique, relevé lors d’une visite de l’inspection du travail, la sanction prévue par l’article R4741-1 du Code du travail s’applique : une contravention de 5e classe, soit 1 500 € pour une personne physique, et jusqu’à 3 000 € en cas de récidive. Au-delà de l’amende, l’absence d’évaluation des risques pourra être retenue contre l’employeur comme une faute inexcusable si un salarié venait à être victime d’un accident du travail ou à contracter une maladie professionnelle. Dans ces cas de figure, les indemnités à verser sont généralement si élevées qu’elles mettent les entreprises en péril. Cet enjeu est crucial pour le secteur, car plusieurs expositions relèvent d’agents cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR) et provoquent des maladies professionnelles reconnues, d’où l’importance d’avoir un document unique rédigé et mis à jour par une entreprise compétente IPRP.

Notre choix des unités de travail pour ce document unique.

Une unité de travail est un regroupement de tâches qui exposent les salariés à des risques similaires. Pour notre document unique prothésiste dentaire, nous avons retenu 3 unités de travail, qui regroupent 25 situations à risque professionnel différentes : la réalisation de prothèses, l’administration et les déplacements. Ce choix d’unités de travail vise à couvrir au mieux les différents postes de travail que l’on retrouve dans la majorité des laboratoires de prothèse dentaire : un atelier où se concentre la quasi-totalité des dangers du métier, une partie administrative nécessaire à la bonne gestion de l’entreprise et au suivi des commandes, et des trajets effectués en véhicule pour livrer et récupérer les travaux. C’est cette structure d’unité de travail que nous allons vous présenter en détail.

Réalisation de prothèses

L’unité de travail « Réalisation de prothèses » couvre le cœur du métier de prothésiste dentaire : la fabrication des prothèses en elle-même. Coulée des plâtres, maquettes en cire, mise en revêtement, démoulage des cylindres, coulée et fonte des alliages, montage des résines, application des poudres de céramique, cuisson, meulage, sablage et polissage des pièces. Il s’agit de très loin de l’unité de travail la plus fournie en dangers de notre document unique, car c’est elle qui concentre l’essentiel des expositions chimiques et physiques du métier de prothésiste. Voici les principaux dangers que nous avons recensés pour cette unité de travail :

  • Poussières de meulage, de sablage et de polissage : les opérations de finition des prothèses libèrent des poussières fines de silice cristalline (ex : matériaux de revêtement, abrasifs de sablage, produits de polissage, poudres de céramique), directement dans la zone de travail où respire le prothésiste penché sur sa pièce. Ces particules sont très fines (souvent d’un diamètre inférieur à 5 microns), donc invisibles à l’œil nu, et restent longtemps en suspension dans l’air ambiant. Les dommages possibles vont des irritations des voies respiratoires à la silicose et au cancer bronchopulmonaire. Ce danger, l’un des dangers signatures du métier de prothésiste dentaire, fera l’objet d’un développement dédié au cours de cet article.

  • Résines et méthacrylates : le montage et la polymérisation des résines acryliques exposent la peau et les voies respiratoires aux monomères de méthacrylate de méthyle, qui comptent parmi les allergènes professionnels les plus sensibilisants. Les dommages possiblement provoqués sont des eczémas de contact tenaces au bout des doigts, des rhinites et de l’asthme professionnel, jusqu’à l’inaptitude au poste de travail. Ce danger fera lui aussi l’objet d’un développement dédié plus loin dans cet article.

  • Poussières et fumées métalliques : la fonte, la coulée puis le meulage des alliages dentaires dispersent des poussières et des fumées de métaux (ex : cobalt, nickel, chrome, béryllium). Ces métaux sont à la fois irritants, toxiques et allergisants. Les dommages possibles qui en résultent sont des affections broncho-pulmonaires, des eczémas allergiques et, pour certains d’entre eux, des atteintes respiratoires chroniques.

  • Désinfectants et produits chimiques divers : la désinfection des empreintes en provenance des cabinets dentaires fait appel à des produits qui sont parfois à base d’aldéhydes (ex : formaldéhyde, glutaraldéhyde), auxquels s’ajoutent les acides de décapage et les solvants de nettoyage. Les dommages possibles en résultant sont des irritations cutanées, oculaires et respiratoires, des sensibilisations allergiques, des ulcérations cutanées profondes pour les acides, et un risque cancérogène à long terme pour le formaldéhyde.

  • Outils rotatifs et machines : micromoteurs, fraises, tours à polir, sableuses et tronçonneuses de plâtre tournent à grande vitesse. Le travail de précision, lui, impose pendant ce temps de garder les mains au plus près de la pièce travaillée. Les risques qui en résultent sont des coupures, des abrasions, des projections de fragments dans les yeux, et possiblement le happement d’une mèche de cheveux, d’un vêtement flottant ou d’un bijou par une pièce en rotation.

  • Sources de chaleur : fours à céramique, becs Bunsen, chalumeaux, appareils de fonte et cires chaudes exposent aux brûlures durant les cuissons, les coulées d’alliage et les manipulations de pièces encore chaudes (ex : cylindre sorti du four). Les dommages possiblement provoqués sont des brûlures aux mains et aux avant-bras, et de possibles départs de feu au poste de travail.

  • Postures contraignantes et gestes répétitifs : le prothésiste travaille assis, le dos courbé en avant et la nuque fléchie pour conserver une vision rapprochée des pièces qu’il travaille, en répétant les mêmes gestes des heures durant. Les dommages possibles résultant de ces postures et de ces gestes sont des cervicalgies, des dorsalgies, des lombalgies, des tendinites des poignets et des troubles musculosquelettiques qui s’installent insidieusement au fil des années.

  • Fatigue visuelle : le travail de précision se fait sous éclairage intense, souvent à la loupe binoculaire ou au microscope, avec une accommodation permanente de l’œil à la vision de très près, sur de tout petits détails. Les dommages qui en résultent sont de la fatigue oculaire, des maux de tête (en fin de journée principalement), et une aggravation des troubles visuels préexistants (ex : myopie).

  • Bruit : micromoteurs, sableuses, tours à polir et systèmes d’aspiration génèrent un bruit de fond en continu dans l’atelier, auquel s’ajoutent des pointes sonores lors des phases de meulage. Les dommages possibles sont de la fatigue auditive à court terme puis, à long terme, une perte d’audition irréversible qui s’installe insidieusement au fil des années (surdité professionnelle).

  • Agents biologiques : les empreintes, moulages et travaux renvoyés par les cabinets dentaires qui ont été en contact de la bouche des patients (présence de salive et parfois de sang) peuvent véhiculer des agents pathogènes, tant qu’ils n’ont pas été désinfectés. Les dommages les plus fréquents que cela peut occasionner sont des infections, en particulier en cas de manipulation à mains nues, ou s’il existe des micro-coupures au niveau des doigts.

Administration

L’unité de travail « Administration » couvre le suivi administratif de l’entreprise de prothèse dentaire : devis, facturation, suivi des commandes, gestion des fournisseurs, des stocks de matières premières, etc. Voici les principaux dangers que nous avons évalués pour cette unité de travail :

  • Travail sur écran : la gestion du laboratoire se fait, comme dans toute entreprise contemporaine, sur ordinateur, et la conception numérique (CFAO) ajoute encore des heures de travail sur écran au quotidien des prothésistes. Les dommages possibles résultant du travail prolongé sur écran sont de la fatigue visuelle, qui vient s’ajouter à celle du travail de précision, ainsi que des troubles musculosquelettiques touchant principalement le cou et les poignets.

  • Posture assise prolongée : les heures de bureau, effectuées en position assise, s’additionnent aux heures déjà passées en position assise à l’établi, ce qui porte le temps total en position assise à des niveaux élevés au quotidien. De plus, le mobilier de bureau, même s’il est adapté à cette tâche, peut ne jamais avoir été réglé correctement par rapport à la morphologie de la personne qui y travaille. Les dommages possibles qui en résultent sont principalement des lombalgies ainsi que des douleurs cervicales.

En déplacement

L’unité de travail « En déplacement » couvre tous les trajets effectués sur route ouverte avec un ou plusieurs véhicules d’entreprise. Voici le principal danger qui y est évalué :

  • Risque routier : les tournées de livraison s’enchaînent sous la contrainte de délais serrés, les cabinets attendant leurs travaux pour honorer les rendez-vous de leurs patients. Ces conditions de travail augmentent les risques d’accidents de la circulation. Or, ces accidents restent la première cause de mortalité au travail en France, tous secteurs d’activité confondus.

Poussières de silice cristalline, de métaux et de résines : protéger à tout prix les poumons des prothésistes dentaires.

La silice cristalline désigne un composé minéral présent dans les matériaux de revêtement, les abrasifs de sablage, les produits de polissage et les poudres de céramique travaillés quotidiennement au laboratoire. Chaque opération de meulage, de sablage, de démoulage ou de polissage en libère de fines poussières, d’un diamètre inférieur à 5 microns. Elles restent longtemps en suspension dans l’air de l’atelier et pénètrent en profondeur dans les alvéoles pulmonaires. Ces travaux exposant à la poussière de silice cristalline figurent dans la liste des procédés cancérogènes (directive européenne 2017/2398).

 

Les poussières de silice cristalline agissent à court terme et à long terme. De manière immédiate tout d’abord : inflammation des voies respiratoires, irritation des yeux et bronchites chroniques à répétition. De manière différée ensuite, en provoquant la silicose, une fibrose pulmonaire irréversible et invalidante qui n’apparaît en général qu’après plusieurs années d’exposition. Son évolution se poursuit même après cessation d’activité, comme le rappelle la CARSAT. Ces différentes affections sont reconnues au tableau n° 25 des maladies professionnelles, auquel s’ajoute encore le risque de cancer bronchopulmonaire. Et ce n’est pas tout : à cela s’ajoutent encore les poussières métalliques et les poussières de résines, elles aussi générées au poste de finition.

Pour notre document unique prothésiste dentaire, les mesures de prévention contre les risques liés aux poussières que nous avons retenues sont les suivantes :

  • Substituer chaque fois que possible : utiliser des matériaux de polissage sans silice cristalline, des sachets de revêtement pré-dosés plutôt que du vrac, et développer la conception et fabrication assistées par ordinateur (CFAO) qui réduit fortement les quantités de revêtement manipulées.

  • Séparer les activités polluantes (ex : mise en revêtement, démoulage, sablage) dans des locaux spécifiques, afin de ne pas exposer l’ensemble du personnel aux poussières générées par quelques postes.

  • Équiper chaque poste exposant (ex : préparation du revêtement, démoulage, meulage, polissage) d’un captage des polluants à la source avec rejet vers l’extérieur, correctement dimensionné et dont les filtres seront contrôlés, maintenus et/ou remplacés régulièrement.

  • Réaliser le sablage exclusivement en enceinte fermée (ex : sableuse à manchons avec vitre de visée), jamais à l’air libre sur l’établi.

  • Privilégier le travail à l’humide pour le démoulage des cylindres ainsi que pour le nettoyage des locaux et des plans de travail, et bannir la soufflette et le balai, qui remettent en suspension les poussières déjà déposées.

  • Porter un masque de protection respiratoire de type FFP3 pour les opérations les plus émettrices, en complément du captage à la source et jamais en substitution.

Noter que comme le rappelle l’INRS dans son guide de ventilation dédié à la fabrication de prothèses dentaires (ED 760), l’efficacité d’un dispositif de captage doit être vérifiée périodiquement : une aspiration encrassée ou mal positionnée donne un sentiment de sécurité sans protéger efficacement. De plus, un masque protège uniquement celui qui le porte, pendant qu’il le porte, tandis qu’un captage bien conçu et entretenu protège tout le personnel évoluant dans l’entreprise, en permanence.

Résines, méthacrylates et désinfectants : maîtriser le risque chimique et les allergies professionnelles des prothésistes dentaires.

Les risques chimiques chez les prothésistes dentaires sont liés à l’exposition quotidienne aux produits chimiques manipulés à l’atelier : monomères de méthacrylate de méthyle contenus dans les résines acryliques, désinfectants d’empreintes, liquides de revêtement, acides de décapage, vernis et solvants. L’exposition à ces produits se fait par contact cutané direct et par inhalation de vapeurs. Les dommages les plus caractéristiques dans cette profession sont liés aux allergies professionnelles.

Les méthacrylates méritent une vigilance particulière. Ces monomères sont si sensibilisants qu’un eczéma installé au bout des doigts peut interdire définitivement tout contact avec les résines, et donc compromettre la poursuite même du métier ; les affections respiratoires et cutanées qu’ils provoquent sont reconnues au tableau n° 82 des maladies professionnelles. Ils ont de plus la particularité de traverser rapidement les gants d’examen ordinaires (ex : gants fins en latex ou en vinyle), ce qui donne une fausse impression de protection. Du côté des désinfectants, certaines formulations contiennent encore des aldéhydes, dont le formaldéhyde, classé CMR et repérable à son pictogramme SGH08 (buste éclaté) sur le contenant.

 

Pour notre document unique prothésiste dentaire, les mesures de prévention contre le risque chimique que nous avons retenues sont les suivantes :

  • Substituer les produits les plus dangereux dès qu’une alternative existe : demander aux fournisseurs des désinfectants sans aldéhydes, et privilégier les systèmes de résine limitant la manipulation de monomère liquide (ex : capsules pré-dosées, résines injectées).

  • Collecter les Fiches de Données de Sécurité (FDS) de chaque produit auprès des fournisseurs, les tenir à disposition du personnel et de préférence, les transmettre au service de prévention et de santé au travail.

  • Travailler les résines sans contact direct, en dosant et en manipulant avec des instruments plutôt qu’avec les doigts, et ne jamais modeler le mélange à main nue, même gantée.

  • Porter des gants de protection réellement adaptés aux méthacrylates et aux désinfectants utilisés (et non des gants d’examen), les changer fréquemment lors du travail des résines, et compléter par des lunettes de protection lors des transvasements et de la préparation des désinfectants.

  • Manipuler les produits volatils sous captage ou sous ventilation, dans des contenants étiquetés et systématiquement refermés, stockés dans une armoire dédiée et ventilée.

  • Respecter des règles d’hygiène strictes : se laver les mains à l’eau et au savon, ne jamais manger, ni boire, ni fumer, dans l’atelier, et disposer d’un rince-œil à proximité des postes de travail.

Noter que comme le rappelle la CARSAT Normandie, la lecture de l’étiquetage et la collecte des FDS doivent être le point de départ en ce qui concerne la prévention des risques chimiques. En effet, c’est grâce à ces deux éléments que l’on apprend les dangers encourus via les pictogrammes, et c’est là que l’on apprend les consignes de sécurité à respecter, ainsi que les EPI à porter, pour travailler en sécurité.

Les Équipements de Protection Collectifs (EPC) et les Équipements de Protection Individuelle (EPI) indispensables pour les prothésistes dentaires.

En prévention des risques, la priorité est toujours donnée à la suppression des risques à la source. Ensuite seulement, à la mise en place d’Équipements de Protection Collectifs (EPC) puis à la mise en place d’Équipements de Protection Individuelle (EPI). Cette hiérarchie est fixée par l’article L4121-2 du Code du travail, qui énonce les principes généraux de prévention.

Selon nous, les EPC indispensables pour exercer le métier de prothésiste dentaire en sécurité et dans de bonnes conditions sont :

  • Un captage des polluants à la source sur chaque poste de travail, avec rejet à l’extérieur de l’entreprise, dont l’efficacité et les filtres doivent être contrôlés périodiquement.

  • Des locaux séparés pour les activités les plus polluantes (ex : mise en revêtement, démoulage, sablage), afin de cantonner les poussières.

  • Des sableuses en enceinte fermée et des écrans de protection transparents sur les tours à polir, contre les projections de particules.

  • Une armoire ventilée et fermée pour le stockage des produits chimiques.

  • La récupération des Fiches de Données de Sécurité de tous les produits à disposition du personnel.

  • Des machines conformes et entretenues, dont les pièces en rotation doivent être protégées (ex : carters) et équipées de dispositifs d’arrêt rapidement et facilement accessibles.

  • Du mobilier ergonomique adapté au travail de précision : siège réglable en hauteur avec soutien lombaire, établi à hauteur d’homme, appuis-bras et éclairage orientable, qui limiteront les postures figées du dos et de la nuque.

  • Une installation électrique vérifiée périodiquement, des extincteurs contrôlés annuellement et une trousse de premiers secours complète, complétée d’un rince-œil à proximité des postes de chimie et d’une crème cicatrisante contre les brûlures de type biafine du fait de la présence de fours et de chalumeaux.

Selon nous, les EPI indispensables pour exercer le métier de prothésiste dentaire en sécurité et dans de bonnes conditions sont :

  • Contre les poussières : des masques de protection respiratoire de type FFP3 (Type EN 149) pour les opérations de meulage, de sablage, de démoulage et de polissage.

  • Contre les produits chimiques : des gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374) réellement adaptés aux résines et désinfectants employés, changés fréquemment, et non de simples gants d’examen.

  • Contre les projections : des lunettes de protection (Type EN166) pour le meulage, le polissage, le sablage et les manipulations de produits liquides.

  • Contre la chaleur : des gants de protection contre les risques thermiques (Type EN 407) pour les manipulations au four à céramique, les coulées d’alliage et le travail au chalumeau.

  • Contre le bruit : des protections auditives (Type EN352) qui devront être portées dès lors que l’on est en milieu bruyant, que l’on soit à l’origine de l’émission du bruit ou non.

  • Une blouse de travail fermée, sans manches flottantes, avec les cheveux attachés (cheveux longs) et le port de bijoux proscrit, afin de prévenir tout risque de happement causé par des outils rotatifs.

Pour ce qui est des EPI, l’employeur devra les mettre gratuitement à disposition de ses salariés conformément à l’article R4321-4 du Code du travail, et les salariés devront les porter conformément aux instructions reçues, comme le prévoit l’article L4122-1 du Code du travail.

La formation et les actions de sensibilisation à mettre en place.

Informer, sensibiliser et former aux risques est un levier de prévention à part entière, au même titre que fournir des équipements de protection type EPC / EPI. De plus, et selon la loi, chaque salarié doit bénéficier d’une formation appropriée à son poste de travail (article L4141-1 du Code du travail).

 

Pour le métier de prothésiste dentaire, nous conseillons tout particulièrement les formations et actions suivantes :

  • La formation au risque chimique : lecture de l’étiquetage et des Fiches de Données de Sécurité, dangers spécifiques de la silice cristalline, des méthacrylates et des aldéhydes, et techniques de travail sans contact des résines.

  • L’utilisation en sécurité de chaque machine de l’atelier, ainsi que la vérification quotidienne du bon fonctionnement des dispositifs de captage des poussières.

  • Les gestes et postures au poste de travail, avec apprentissage du réglage du siège, de l’établi et de l’éclairage ; la formation PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique) reste également pertinente au vu des postures figées du métier.

  • L’accueil des apprentis et des nouveaux embauchés : une information sur les risques, les produits utilisés et les moyens de prévention est à organiser dès leur arrivée, car ce personnel est plus exposé du fait de son manque d’expérience.

  • Les règles d’hygiène liées aux empreintes non désinfectées et à la manipulation des produits chimiques, ainsi que le rappel de l’importance des vaccinations recommandées pour le personnel au contact de ces travaux.

 

À cela peut se rajouter l’utilisation des extincteurs ainsi que la conduite à tenir en cas d’accident, idéalement via le passage de la formation SST : Sauveteur Secouriste du Travail.

Noter que toutes les formations relatives à la santé et à la sécurité au travail effectuées par vos salariés devront être recensées dans leur passeport de prévention. Celui-ci est désormais obligatoire en vertu de l’article L4141-5 du Code du travail.

Quand modifier / mettre à jour le document unique de votre laboratoire de prothèse dentaire ?

Un document unique n’est pas éternel. Il se met à jour au moins une fois par an dans les entreprises de onze salariés et plus, et à chaque évolution de l’entreprise, peu importe son nombre de salariés.

La mise à jour du document unique est encadrée par l’article R4121-2 du Code du travail, qui prévoit trois cas de figure entraînant une mise à jour :

  • Une mise à jour annuelle minimum obligatoire pour les entreprises de 11 salariés et plus.

  • Une mise à jour lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou de travail : par exemple l’achat d’un nouveau type de machines, ou le réaménagement de l’atelier impliquant de nouveaux risques ne figurant pas dans le document unique.

  • Une mise à jour lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur : par exemple à la suite d’un accident du travail ou de l’introduction d’un nouveau matériau, d’une nouvelle résine ou d’un nouveau désinfectant.

Notre document unique prothésiste dentaire est fourni au format Excel. Il s’agit d’un format facilement modifiable, sur n’importe quel ordinateur, avec Excel ou un logiciel équivalent gratuit tel que WPS Office. Vous pouvez donc réaliser vos mises à jour par vous-même, sans devoir confier ce travail à un prestataire ni devoir tout reprendre d’une page blanche. Pour aller plus loin sur le sujet, consultez notre guide complet de la mise à jour du document unique.

Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de la sécurité dans votre laboratoire.

Le but du document unique ne se résume pas à évaluer les risques. Celui-ci vise avant tout à réduire les accidents du travail et les maladies professionnelles par la mise en place d’actions de prévention des risques professionnels concrètes sur le terrain. Pour cela, planifier la prévention des risques reste quasiment incontournable.

C’est pourquoi notre document unique prothésiste dentaire comporte, en plus de la partie évaluation des risques, une partie dédiée à la prévention des risques, avec un calendrier de prévention de type PAPRIPACT : Programme Annuel de Prévention des RIsques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail. Celui-ci est obligatoire pour les entreprises de 50 salariés et plus. En dessous de ce seuil, vous êtes libre de ne pas l’utiliser.

 

Concrètement, ce calendrier vous permettra de fixer une échéance pour renforcer ou mettre en place une mesure de prévention des risques dans votre laboratoire : programmer le remplacement d’un captage vieillissant, planifier la substitution d’un désinfectant aux aldéhydes, prévoir le passage aux sachets de revêtement pré-dosés, etc. En le reprenant à échéance régulière, par exemple une fois par an (au moment de la mise à jour de votre document unique), vous entrerez dans une démarche d’amélioration continue. Cela va vous permettre, au fil du temps, d’avoir de moins en moins d’accidents du travail dans votre laboratoire, et donc de moins en moins de journées de travail perdues, ce qui facilite l’organisation au quotidien et fidélise les salariés grâce à de meilleures conditions de travail. Un atout précieux pour les prothésistes dentaires, dans un secteur où la main-d’œuvre expérimentée est rare et longue à former.

 

De plus, en cas de contrôle de l’inspection du travail, ce calendrier de prévention est une preuve indéniable qu’une démarche de prévention des risques est à l’œuvre au sein du laboratoire, et qu’en tant que chef d’entreprise, vous vous acquittez bien de votre rôle de garant de la santé et de la sécurité au travail de vos salariés.

FAQ sur le document unique pour les prothésistes dentaires.

C’est quoi le document unique pour une entreprise ?

Le document unique est le document où l’on trouve l’évaluation des risques professionnels de l’entreprise. Il recense les dangers présents, évalue les risques associés et prévoit les mesures de prévention correspondantes.

Est-ce que le document unique est obligatoire pour mon laboratoire de prothèse dentaire ?

Oui, dès que votre laboratoire emploie au moins un salarié, y compris un apprenti. Seul le prothésiste dentaire qui exerce véritablement seul, sans aucun salarié, en est dispensé.

Quel est le rôle du document unique dans mon laboratoire de prothèse dentaire ?

Son rôle est d’identifier les dangers auxquels vos salariés sont exposés, partout dans le laboratoire (à l’atelier comme au bureau), d’évaluer les risques professionnels correspondants et de formuler des actions de prévention permettant de les réduire.

Qui doit établir le document unique de mon laboratoire de prothèse dentaire ?

La responsabilité en revient à l’employeur. Celui-ci peut néanmoins s’appuyer sur une personne ou une structure compétente, telle qu’un IPRP, pour le réaliser à sa place s’il n’a pas les compétences requises.

Comment rédiger le document unique de mon laboratoire de prothèse dentaire ?

La démarche consiste à définir les unités de travail, recenser les dangers présents dans chacune, évaluer les risques associés, puis retenir des mesures de prévention adaptées. Notre guide de rédaction du document unique détaille chacune de ces étapes.

Qui peut consulter le document unique de mon laboratoire de prothèse dentaire ?

Le document unique peut être consulté par les salariés de l’entreprise, par l’inspection du travail lors d’un contrôle et par les services de prévention et de santé au travail, notamment la médecine du travail.

Où stocker le document unique de mon laboratoire de prothèse dentaire ?

Vous pouvez le conserver au format papier ou au format numérique dans l’entreprise. L’essentiel est de choisir un mode de stockage qui permette de le conserver pendant 40 ans, comme le demande la réglementation, ce qui est d’autant plus important ici pour garder la traçabilité des expositions à la silice cristalline et aux produits chimiques.

À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique de mon laboratoire de prothèse dentaire ?

Au minimum une fois par an si votre entreprise compte 11 salariés ou plus. Il devra aussi être mis à jour lors de tout changement important induisant de nouveaux risques, comme l’arrivée d’un nouveau type de machine ou l’introduction d’un nouveau matériau.

Qui doit mettre à jour le document unique de mon laboratoire de prothèse dentaire ?

Là encore, c’est l’employeur qui en porte la responsabilité. Il peut toutefois confier cette mise à jour à une personne ou une structure compétente telle qu’un IPRP s’il n’a pas les compétences requises.

Téléchargement du document unique pour prothésiste dentaire gratuit.

Pour accompagner cet article, nous mettons à disposition ci-dessous un document unique prothésiste dentaire gratuit à télécharger. Il reprend la même structure que celle de notre document unique prothésiste dentaire déjà complété, à savoir :

  • Une jaquette avec une illustration du métier de prothésiste dentaire.

  • Une section de renseignements sur l’entreprise.

  • Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.

  • Une partie « évaluation des risques professionnels » pour votre laboratoire de prothèse dentaire.

  • Une partie « prévention des risques professionnels » dotée d’un calendrier de type PAPRIPACT.

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