Document unique Frigoriste :
guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, Ingénieur sécurité au travail - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 20 Juillet 2026
Installer, entretenir et dépanner des systèmes de froid, c’est intervenir sur des équipements qui restent raccordés au réseau électrique jusqu’à ce qu’on les consigne. Le risque le plus immédiat du métier de frigoriste est donc celui d’électrisation, voire d’électrocution, que ce soit en 230 volts monophasés chez un particulier ou en 380 volts triphasés sur un site industriel. Mais la présence d’électricité n’est pas le seul danger au sein des métiers du froid. La manipulation des fluides frigorigènes (ex : R32, R410A, ammoniac, CO₂) expose à des gaz sous pression capables d’asphyxier dans un local confiné ou de brûler la peau au contact du froid intense, le travail régulier en hauteur (ex : unité intérieure en plafond, condenseur en façade ou sur toiture) expose aux chutes de hauteur, la brasure du cuivre au chalumeau expose aux risques de brûlures, le déplacement de groupes ou de compresseurs nécessite parfois des manutentions manuelles, etc.
Aux atteintes immédiates (ex : choc électrique, chute, brûlure) s’ajoutent des dommages différés de long terme tels que Troubles Musculo Squelettiques (TMS), lombalgies, voire surdité professionnelle qui s’installent insidieusement au fil des années du fait de parfois travailler dans des locaux industriels bruyants. Face à cette accumulation de situations à risques, le document unique doit être l’outil permettant au frigoriste de recenser les risques, de les hiérarchiser du plus grave au moins grave, puis de déclencher les actions de prévention afin de réduire accidents du travail et maladies professionnelles.
Cet article guide détaille à partir de quand le document unique est obligatoire dans toute entreprise de froid, et comment le structurer, en se basant sur les caractéristiques techniques de notre propre document unique pour frigoriste déjà complété.
À partir de quand un frigoriste doit-il avoir un document unique ?
Dès qu’un frigoriste emploie minimum un salarié, et quel que soit son contrat de travail (ex : CDI, CDD, apprentissage, intérim), il doit posséder un document unique.
Cette obligation repose sur deux articles du Code du travail : l’article L.4121-3 du Code du travail qui impose à l’employeur d’évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, et l’article R.4121-1 qui l’oblige à consigner le résultat dans un document unique. Confier la rédaction du document unique à un tiers ne modifie pas la responsabilité légale : le dirigeant de l’entreprise reste le seul responsable légal du document unique, d’où l’importance de s’appuyer sur un professionnel compétent ! Pour cela, faites confiance à une entreprise enregistrée IPRP, comme Document Unique Facile.
L’absence de document unique, ou un document unique laissé sans mise à jour, constitue une infraction pouvant entraîner une contravention de 5e classe (Article R.4741-1 du Code du travail). L’enjeu majeur pour toute entreprise de froid se situe cependant ailleurs : si un salarié est victime d’un choc électrique en intervenant sur un groupe encore alimenté, ou s’il chute de hauteur en accédant à un condenseur en toiture, l’absence de document unique et donc d’évaluation des risques permet à la justice de retenir une faute inexcusable à l’encontre de l’employeur. Au conseil de prud’hommes, la sanction financière retenue peut atteindre un tel montant qu’elle peut mettre en péril l’entreprise de froid.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique frigoriste.
Une unité de travail regroupe des tâches qui exposent à des risques de même nature. Pour notre document unique frigoriste, nous avons retenu cinq unités de travail, pour un total de 40 situations à risque différentes : le montage, la maintenance et le dépannage des systèmes de froid, le déplacement routier, le contact clientèle, l’environnement de travail et le secrétariat. Voici, pour chacune de ces unités de travail, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.
Le montage, la maintenance et le dépannage des systèmes de froid
Cette unité de travail couvre le cœur du métier de frigoriste : installer, entretenir et dépanner des climatisations, des pompes à chaleur, des chambres froides et des groupes de froid, chez des particuliers comme chez des professionnels, sur sites industriels.
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Installations et équipements sous tension : un système de froid reste alimenté tant qu’il n’a pas été consigné, et le frigoriste travaille régulièrement à proximité de ses PNST (Pièces Nues Sous Tension), en 230 volts monophasés comme en 380 volts triphasés. Une intervention réalisée sans avoir au préalable coupé l’alimentation électrique, vérifié l’absence de tension, puis consigné électriquement l’appareil avec un dispositif adapté (ex : cadenas de consignation), expose à des risques d’électrisation, voire d’électrocution. Ce danger, central dans le métier, sera développé plus en détail au cours de cet article.
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Travail en hauteur : les unités intérieures se posent au plafond, les condenseurs en façade ou sur toiture. Le frigoriste doit accéder à ces équipements via un marchepied, un escabeau, une échelle, voire directement un toit, parfois sans garde-corps. Un moyen d’accès en hauteur dont les pattes ne sont pas toutes au contact du sol, une glissade sur un barreau, ou un pas maladroit en arrière sur une toiture sans garde-corps exposent à des chutes de hauteur dont les conséquences peuvent être particulièrement graves, voire mortelles (ex : fractures multiples, traumatisme crânien, voire décès de la personne).
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Fluides frigorigènes sous pression : les gaz réfrigérants (ex : R32, R410A, ammoniac, CO₂) circulent sous pression et sont, pour la plupart, incolores et inodores. Une fuite d’un de ces gaz dans un lieu de travail confiné expose à des risques d’asphyxie, de brûlure par le froid, et pour certains fluides à des risques d’inflammation. Ce danger, caractéristique du métier de frigoriste, fera l’objet d’un développement dédié.
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Brasage et travaux par point chaud : braser le cuivre au chalumeau se fait via une flamme (ex : chalumeau) à proximité immédiate des mains, mais aussi des matériaux constituant la zone de travail (ex : isolant, faux plafond, cloison). Ce type de travaux expose à des risques de brûlures, mais aussi de départ de feu sur les lieux d’intervention.
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Manutention manuelle : porter, déplacer, positionner des groupes de froid, des compresseurs, des unités, etc. qui sont le plus souvent particulièrement lourds, dans des espaces exigus, sans possibilité d’utiliser une aide à la manutention, sollicite grandement le dos et les épaules. Ces manutentions manuelles sont responsables de l’émergence de lombalgies et de différents Troubles Musculo Squelettiques (Note : Les manutentions manuelles sont encadrées par l’article R.4541-1 et suivants du Code du travail.)
Le déplacement routier
Cette unité de travail couvre les trajets véhiculés effectués entre chaque intervention, et entre le dépôt de l’entreprise et les chantiers.
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Risque routier : le frigoriste enchaîne les interventions durant ses journées de travail, le fourgon chargé de matériel et de bouteilles de fluide, sous la contrainte d’un planning, et parfois pour effectuer des dépannages d’urgence (ex : rayons frais de supermarché en période de canicule). Ces conditions de travail participent à augmenter les risques d’accident de la circulation. À noter que tous secteurs d’activité confondus, les accidents de la route restent la première cause de mortalité liée au travail en France.
Le contact clientèle
Cette unité de travail couvre la relation entre les salariés de l’entreprise et les clients, qu’ils soient particuliers ou professionnels, de l’élaboration de devis jusqu’à la réception de travaux neufs sur des chantiers.
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Agressions et incivilités : une panne récurrente qui revient malgré différentes interventions, un devis jugé trop salé, des délais non respectés pour diverses raisons parfois non maîtrisées par l’entreprise, exposent à des situations de tensions, et à de possibles propos agressifs / insultants. Et dans des cas restant heureusement plus rares, à des risques d’agressions physiques. Toutes ces situations d’agressions contribuent à l’émergence de troubles psychosociaux, qui s’installent le plus souvent de manière durable (ex : stress au travail, anxiété, insomnie, perte d’appétit, etc.).
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Astreintes et charge mentale : les équipements de froid alimentaire (ex : chambres froides) ne peuvent pas attendre pour être dépannés sous peine de lourde perte financière pour le client : le dépannage de ces installations se fait donc le plus souvent en urgence, parfois la nuit ou le week-end, avec la pression de savoir que plus le temps passe, plus les marchandises se dégradent. Or, ces conditions de travail participent à dérégler les rythmes du sommeil, et à alimenter la fatigue ainsi que l’émergence de différents risques psychosociaux (RPS).
L’environnement de travail
Cette unité de travail regroupe les risques liés aux conditions dans lesquelles s’effectuent les interventions.
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Ambiances thermiques : le frigoriste peut intervenir dans une chambre froide, sur une toiture en période de canicule, ou en extérieur durant l’hiver, et parfois tout cela à la fois dans la même journée de travail ! Ces écarts de température exposent à des risques d’engelures et d’hypothermie pour ce qui est de l’exposition au froid, mais aussi de coup de chaleur et de malaise pour ce qui est de l’exposition au chaud. Le travail dans des conditions de température extrême participe à accentuer la fatigue, et renforce les Troubles Musculo Squelettiques existants.
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Espaces confinés et exigus : les locaux techniques, les combles, les caves dans lesquels se situent les équipements de froid sont le plus souvent étroits, mal ventilés, peu aérés, et sont plus difficiles à évacuer en cas de situation urgente. Tout cela contribue à augmenter les risques d’asphyxie en cas de fuite de fluide frigorigène, et impose au frigoriste de travailler en adoptant des postures contraignantes.
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Travail isolé : le frigoriste intervient le plus souvent seul chez un client. En cas de malaise, de choc électrique ou de chute, personne n’est présent pour donner l’alerte. Il en résulte des temps d’attente plus importants avant que les premiers soins soient prodigués en cas d’accident, ce qui participe à aggraver leurs conséquences sur la santé.
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Bruit : les groupes, les compresseurs et les centrales de froid génèrent du bruit de manière continue dans les locaux techniques, ce qui participe à accentuer la fatigue et la baisse de vigilance à court terme. Mais surtout, cela expose au risque de développer une surdité professionnelle irréversible sur le long terme.
Le secrétariat et l’administratif
Cette unité de travail couvre l’aspect gestion de l’entreprise : réalisation de devis, de plannings, de factures, et plus largement, le suivi administratif de l’entreprise.
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Travail sur écran : la réalisation de devis, le suivi des contrats de maintenance, et la gestion des plannings se font dorénavant sur ordinateur. Cela contribue à fatiguer la vue, sollicite le cou et les poignets, favorisant à long terme l’émergence de TMS.
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Posture assise prolongée : rester assis durant de longues heures, parfois dans un siège que l’on n’a pas appris et/ou pris le temps de régler par rapport à sa morphologie, favorise l’apparition de lombalgies et de douleurs cervicales. Ces risques sont majorés si la personne a un mode de vie sédentaire en dehors de son travail.
Prévenir l’électrisation et l’électrocution lors des interventions sur les systèmes de froid.
Parce que tout système de froid reste alimenté jusqu’à ce qu’il soit mis hors tension, l’intervention sur un équipement non consigné expose au risque le plus important du métier de frigoriste : l’électrisation, voire, l’électrocution.
Le frigoriste travaille en permanence sur des appareils raccordés à des réseaux électriques : 230 volts monophasés chez les particuliers, 380 volts triphasés en industriel. En termes d’accident, deux événements sont à distinguer : l’électrisation, c’est-à-dire le passage du courant à travers le corps avec différents dommages, et l’électrocution, quand ce passage de courant entraîne la mort. Les dommages d’une électrisation vont de la simple secousse aux contractions musculaires incontrôlées (ex : impossibilité de relâcher le conducteur saisi avec ses mains au-dessus de 10mA : on parle de seuil de non-relâchement), aux brûlures internes comme externes, jusqu’aux troubles du rythme cardiaque. À cela s’ajoute une conséquence souvent oubliée : la chute qui résulte de la secousse, qui peut être une chute de hauteur potentiellement grave si le technicien intervient depuis un escabeau.
La prévention des risques électriques intégrée dans notre document unique frigoriste privilégie de :
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Consigner avant toute intervention : privilégier systématiquement le travail hors tension, c’est-à-dire couper l’alimentation électrique ET la condamner par un dispositif approprié (ex : cadenas de consignation avec une clé unique détenue par l’intervenant), puis vérifier l’absence de tension avec un appareil dédié (VAT : Vérificateur d’Absence de Tension) avant de commencer l’intervention à proprement parler. Enfin, ne jamais se permettre d’intervenir sur un équipement sous tension au motif que « ça ne prend pas longtemps ».
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Sécuriser le matériel et l’outillage : maintenir l’outillage (outils / machines électriques et manuels) en bon état et travailler avec un outillage isolé adapté à la tension rencontrée (ex : tournevis isolé 1000V). Enfin, remplacer sans attendre toute machine équipée d’un câble abîmé (ex : cuivre apparent) ou tout appareil dont l’isolement est douteux (ex : fait régulièrement sauter le disjoncteur différentiel).
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Habiliter et former : Passage de l’habilitation électrique (norme NF C 18-510), délivrée par l’employeur et adaptée aux opérations réalisées par le salarié sur les systèmes de froid. Évidemment, en plus du passage initial de la formation, il est nécessaire de faire le recyclage de son habilitation électrique (tous les trois ans).
Noter que comme le rappelle l’INRS dans son article sur le risque électrique, privilégier les interventions hors tension, sur une installation électrique consignée, permet de supprimer le danger à la source. Compter sur la prudence et la vigilance des techniciens frigoristes ne pourra jamais s’avérer aussi efficace dans la prévention du risque électrique, et risque très probablement de conduire à un accident un jour ou l’autre.
La prévention des risques liés aux fluides frigorigènes chez les frigoristes.
Manipuler des gaz réfrigérants sous pression est une particularité du métier de frigoriste : en cas de fuite dans un local confiné, ces fluides exposent à des risques d’asphyxie, tandis que leur détente expose à des risques de brûlure par le froid.
La plupart des systèmes fonctionnent avec des hydrofluorocarbures (HFC) comme le R32 ou le R410A, d’autres, en majorité dans les systèmes industriels, fonctionnent à l’ammoniac ou au CO₂. Ces fluides ne sont généralement ni toxiques ni cancérogènes, mais ils présentent d’autres dangers que l’on sous-estime facilement. Incolores et inodores, ils sont indétectables sans appareil : lors d’une fuite importante dans un local clos, ils prennent la place de l’oxygène et deviennent asphyxiants, ce qui provoque des étourdissements, des maux de tête, une perte de connaissance, pouvant conduire au décès de la personne. Sous pression, la projection de ces fluides liquéfiés provoque des brûlures par le froid (comparables à ce qu’entraînerait une engelure profonde). Certains fluides frigorigènes, comme le R32, sont par ailleurs légèrement inflammables. L’ammoniac, quant à lui, est irritant et toxique pour les voies respiratoires. Fort heureusement, il se repère facilement à son odeur nauséabonde bien avant de pouvoir atteindre une concentration dangereuse pour l’être humain.
La prévention des risques liés aux fluides frigorigènes intégrée dans notre document unique pour frigoriste repose sur trois leviers :
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Prévenir les fuites et détecter : contrôler régulièrement l’étanchéité des installations à des échéances régulières en accord avec le client, et équiper le personnel de détecteur de gaz ou de détecteur de manque d’oxygène (l’œil et l’odorat ne permettant pas de détecter ces gaz dans la plupart des cas). Enfin, récupérer systématiquement les fluides sans jamais les rejeter dans l’atmosphère.
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Ventiler et sécuriser l’intervention : aérer et/ou ventiler la zone d’intervention avant et pendant toute la durée des travaux sur circuit frigorifique. Ne jamais intervenir seul dans un espace confiné, non ventilé, sans détecteur de gaz et dispositif de secours homme mort type DATI. Enfin, tenir compte de l’inflammabilité du fluide en cas de nécessité de travail par point chaud (ex : pas de brasage au chalumeau à proximité d’une fuite de R32).
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Attester et protéger : l’attestation d’aptitude à la manipulation des fluides frigorigènes, imposée par la réglementation, est obligatoire pour tout technicien intervenant sur un circuit contenant du fluide frigorigène. Enfin, fournir et imposer le port de gants de protection, ainsi que de lunettes de protection en cas de risque de projections de gaz (ex : charge, purge ou récupération de gaz) si l’opération se passe mal pour une quelconque raison.
Noter que comme le rappelle l’INRS dans sa brochure sur les fluides frigorigènes, la détection des fuites et la ventilation / aération des zones d’intervention permettent de supprimer l’essentiel des risques d’asphyxie par ces gaz à la source. Si l’on ne porte pas d’appareil de détection, toute fuite de gaz reste invisible pour nos cinq sens. Compter sur la seule vigilance du frigoriste ne sert ainsi à rien, et risque de mener tôt ou tard, à un accident potentiellement grave voire mortel.
Les EPC et EPI indispensables pour les frigoristes.
La prévention des risques doit d’abord se faire par la suppression du danger à la source : les équipements de protection collectifs (EPC) puis les équipements de protection individuelle (EPI) doivent ensuite être mis en place, et seulement dans cet ordre, conformément à l’article L.4121-2 du Code du travail.
Les protections collectives qui nous paraissent indispensables pour les frigoristes sont :
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Un dispositif de consignation électrique (ex : cadenas de consignation à clé unique) et un vérificateur d’absence de tension (VAT) pour permettre à chaque technicien frigoriste de s’assurer qu’il travaille bien hors tension.
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Des moyens d’accès en hauteur adaptés et stables (ex : marchepied, escabeau, nacelle) plutôt que l’utilisation d’échelle (à proscrire comme support de travail) ou pire, de mobilier (ex : chaise, table) trouvé chez le client.
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Un détecteur de gaz ou de manque d’oxygène ainsi qu’un dispositif de ventilation mobile pour intervention sur des locaux techniques confinés sans possibilité d’aération.
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Une station de récupération des fluides frigorigènes et des bouteilles de stockage dédiées, pour ne jamais rejeter de fluide dans l’atmosphère.
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Un petit extincteur de chantier adapté à emmener avec soi, et un dispositif de sécurité pour braser (ex : écran pare-flamme), à mettre en place avant tout travail par point chaud chez un client. Penser également au permis feu (en accord avec le client, surtout chez des professionnels / industriels).
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Des aides à la manutention (ex : diable, chariots, etc.) pour le déplacement des groupes et des compresseurs.
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Différents moyens de communication et d’alerte en cas de travail isolé (ex : smartphone, dispositif homme mort DATI).
Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables pour les frigoristes sont :
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Des gants isolants et un outillage isolé pour toute opération réalisée sur des équipements fonctionnant à l’électricité (même sectionnés électriquement, par sécurité) et adaptés au niveau de tension rencontré, le plus souvent jusqu’à 1000V (Type EN 60903).
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Des gants et des lunettes de protection contre le froid pour toute opération de charge, de purge ou de récupération de fluide, qui ont toujours une chance, aussi minime soit-elle, de mal tourner, afin de se protéger de tous risques de projections et de brûlures liés au froid.
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Un système de protection contre les chutes pour intervenir en hauteur en l’absence de garde-corps : harnais, longe avec absorbeur d’énergie et stop chute, à utiliser sur un point d’ancrage ou une ligne de vie (l’usage des équipements de travail en hauteur est encadré par l’article R.4323-58 du Code du travail).
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Des gants de protection et des lunettes de protection résistant à la chaleur pour le brasage du cuivre au chalumeau (Type EN 407).
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Des chaussures de sécurité de préférence montantes pour mieux maintenir la cheville et réduire les risques d’entorses, à porter quotidiennement sur tous les chantiers (Type EN ISO 20345).
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Des protections auditives à porter dès que l’on travaille dans un environnement bruyant, que l’on soit à l’origine du bruit, que cela soit dû au travail d’une autre personne, ou en raison d’installations présentes sur le site du client (Type EN352).
L’employeur devra fournir gratuitement tous ces équipements de protection et veiller à leur entretien/renouvellement (article R.4321-4 du Code du travail), tandis que le salarié sera tenu de les utiliser conformément à leur usage (article L.4122-1 du Code du travail).
La formation et la sensibilisation aux risques des frigoristes.
Informer, sensibiliser et former aux risques est un levier de prévention à part entière, au même titre que fournir des équipements de protection collective et/ou individuelle.
Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent à l’employeur de donner une formation à la sécurité adaptée au poste de travail de chacun des salariés. Pour le secteur du froid, nous recommandons en priorité :
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L’habilitation électrique, adaptée précisément au domaine de tension et aux opérations que va effectuer le technicien frigoriste : comprendre et appliquer la consignation électrique, savoir vérifier l’absence de tension au VAT, connaître les distances de création des arcs électriques en fonction du voltage. L’habilitation se recycle régulièrement (trois ans) pour rester valable.
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L’attestation d’aptitude à la manipulation des fluides frigorigènes, obligatoire pour tout technicien intervenant sur un circuit chargé en gaz : maîtriser la charge, la récupération et le contrôle d’étanchéité. Connaître les dangers propres à chaque fluide (ex : inflammabilité du R32, toxicité de l’ammoniac, etc.).
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La formation travail en hauteur, pour apprendre à choisir le moyen d’accès en hauteur le plus adapté à chaque type d’intervention, mais aussi et surtout, savoir quand et comment utiliser le harnais, la longe à absorbeur d’énergie et le stop chute.
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La formation gestes et postures (PRAP, prévention des risques liés à l’activité physique) pour la manutention des charges lourdes (groupes, compresseurs, etc.) afin de prévenir les dommages liés aux manutentions manuelles.
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La prévention des risques liés au travail par point chaud, avec la mise en place systématique d’équipement de protection (ex : écran de protection contre la chaleur lors de la brasure), ainsi que la surveillance du chantier même après opération (les départs de feu ayant souvent lieu en différé dans le quart d’heure suivant l’intervention).
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La formation SST (sauveteur secouriste du travail) : elle permet à un salarié de porter les premiers secours et de donner l’alerte en cas d’accident. (Particulièrement utile dans un métier où les techniciens frigoristes rencontrent des risques importants d’électrisation, d’intoxication, et de chutes de hauteur).
Ces actions devront être tracées dans le passeport de prévention prévu par l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations et certifications acquises par chaque salarié.
Quand mettre à jour le document unique de votre entreprise de froid ?
Un document unique n’est pas valable durant toute la vie d’une entreprise. Il se met à jour au moins une fois par an dans les entreprises de onze salariés et plus, et à chaque évolution notable de l’entreprise, peu importe le nombre de salariés.
L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit la mise à jour du document unique dans trois cas de figure distincts :
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Si une entreprise de frigoriste a au moins onze salariés : une mise à jour une fois par an minimum.
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Pour toute entreprise de froid, peu importe ses effectifs : lors de tout changement important modifiant les conditions de travail (ex : nouveau fluide frigorigène, nouvel outillage, nouveau type d’installation, nouveau véhicule, etc.).
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Pour toute entreprise de froid, peu importe ses effectifs : dès qu’une information nouvelle sur un risque jusque-là absent du document unique est portée à la connaissance du chef d’entreprise (ex : après un accident).
Comme notre document unique frigoriste est au format Excel, ces mises à jour ne prennent que quelques minutes. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique explique la marche à suivre.
Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de la sécurité au sein de votre entreprise de froid.
Un document unique n’est utile que s’il déclenche des actions de prévention des risques concrètes sur le terrain. La planification est un outil incontournable pour cela.
À partir de cinquante salariés, l’article L.4121-3-1 du Code du travail impose que l’évaluation des risques aboutisse à un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT). En dessous de ce seuil, ce qui est le cas pour l’écrasante majorité des entreprises de froid, l’entreprise doit simplement consigner dans le document unique une liste des actions de prévention des risques.
Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que la planification est l’outil le plus efficace pour passer à l’action sur le terrain. C’est pourquoi chacun de nos documents uniques intègre un calendrier de type PAPRIPACT (libre à vous de l’utiliser ou non si vous employez moins de cinquante salariés).
Dans ce calendrier, chaque mesure de prévention des risques se voit attribuer une période de mise en place ou de renforcement. En cas de contrôle de l’inspection du travail, ce calendrier constitue la preuve qu’il y a bien une démarche de prévention des risques en place dans votre entreprise de froid, et que le chef d’entreprise assume son rôle de garant de la santé et de la sécurité au travail des travailleurs. Notre page sur l’évaluation des risques professionnels et notre guide de rédaction du document unique approfondissent la mise en place de la planification.
FAQ sur le document unique pour les frigoristes.
C’est quoi le document unique pour une entreprise ?
Le document unique (ou DUERP) est le document dans lequel l’employeur consigne, unité de travail par unité de travail, les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés. Il sert ensuite de base au plan de prévention.
Le document unique est-il obligatoire pour mon entreprise de frigoriste ?
Oui, dès le premier salarié et quel que soit son contrat de travail, y compris un apprenti. Seul le frigoriste qui travaille réellement seul, sans salarié, en est dispensé.
Quel est le rôle du document unique dans mon entreprise de frigoriste ?
Il recense les dangers propres au métier (ex : installations sous tension, fluides frigorigènes, travail en hauteur, brasage, conduite de véhicule utilitaire…), en évalue la gravité, et sert de base pour planifier les actions de prévention des risques.
Qui doit établir le document unique de mon entreprise de frigoriste ?
La responsabilité d’établir un document unique revient à l’employeur. Il peut le rédiger lui-même s’il en a les compétences, ou en confier la réalisation à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP.
Comment rédiger le document unique de mon entreprise de frigoriste ?
En quatre temps : découper l’activité en unités de travail, recenser les dangers dans chacune, évaluer chaque danger (pour cela, notre méthode se base sur l’occurrence, la gravité, la fréquence et la maîtrise), puis définir les mesures de prévention des risques adaptées.
Qui peut consulter le document unique de mon entreprise de frigoriste ?
Vos salariés et le CSE, le médecin du travail, l’inspection du travail et les agents de prévention de la CARSAT. Un ancien salarié peut aussi le demander pour sa période d’activité dans l’entreprise.
Où stocker le document unique de mon entreprise de frigoriste ?
Où vous le souhaitez dans l’entreprise tant qu’il reste facilement consultable, que ce soit sur papier ou sur ordinateur, tablette, etc. Chaque version doit être conservée au moins quarante ans pour garder la traçabilité des expositions (ex : fluides frigorigènes, bruit).
À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique de mon entreprise de frigoriste ?
Chaque année à partir de onze salariés, et, quel que soit l’effectif, à chaque changement notable au sein de l’entreprise (ex : nouvel outillage) ou dès qu’un nouveau risque apparaît.
Qui doit mettre à jour le document unique de mon entreprise de frigoriste ?
L’employeur reste le seul responsable de la mise à jour du document unique. Faute de compétences internes dans son entreprise, il est fortement recommandé de s’appuyer sur un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP. Le format Excel de nos documents uniques rend ces mises à jour rapides, sans devoir repartir d’une feuille blanche, contrairement au format PDF proposé par d’autres entreprises.
Téléchargement du document unique pour frigoriste gratuit.
Notre modèle de document unique gratuit dédié aux frigoristes est disponible ci-dessous. Il reprend la même trame que notre document unique frigoriste déjà complété, soit :
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Une page de couverture illustrée dédiée au métier de frigoriste.
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Une page d’informations sur l’entreprise.
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Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.
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Une section d’évaluation des risques professionnels.
-
Une section de prévention des risques professionnels, assortie d’un calendrier de planification.













