Document unique Magasin de Prêt à Porter :
guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 13 Août 2026.
Un magasin de prêt-à-porter est un commerce dont les risques professionnels ont tendance à être sous-estimés, y compris par ceux qui y travaillent. À première vue, vendre des vêtements ne présente pas de danger particulier. Dans les faits, le personnel décharge et déplace des colis de marchandises, monte en hauteur pour attraper des références en réserve, reste debout durant toute la journée de travail en piétinant dans un espace restreint, fait face aux exigences et au mécontentement de la clientèle, etc.
Les chiffres du secteur sont d’ailleurs sans appel. Dans son dépliant ED 6437 consacré au commerce de détail non alimentaire, l’INRS relève plus d’un million de journées de travail perdues par an, une moyenne de 68 jours d’arrêt par accident du travail, et surtout 332 jours d’arrêt par maladie professionnelle (données de la CNAM). Les causes de ces accidents sont tout aussi explicites : 54 % des accidents sont liés à des manutentions manuelles, et 16 % à des chutes. Autrement dit, les dangers principaux sont issus des gestes les plus banals du métier, qui sont répétés jour après jour.
Dans ce contexte, le document unique doit devenir l’outil permettant à votre magasin de prêt-à-porter de recenser et d’évaluer les risques professionnels, puis de définir et de déclencher les actions de prévention permettant de les réduire. Le but est de diminuer les accidents du travail, et la probabilité que vos salariés développent des maladies professionnelles. Cet article vous expliquera à partir de quand le document unique devient obligatoire pour tout magasin de prêt-à-porter, et comment le structurer. Pour cela, nous allons vous présenter les différents choix que nous avons retenus pour élaborer notre propre document unique pour magasins de prêt-à-porter, à télécharger ici.
À partir de quand un magasin de prêt-à-porter doit-il avoir un document unique ?
Dès qu’un magasin de prêt-à-porter emploie au minimum un salarié, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, temps partiel, alternance, stage hors stage d’observation), ce magasin doit posséder un document unique.
Cette obligation repose sur deux articles du Code du travail : l’article L.4121-3 qui impose à l’employeur d’évaluer les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité des travailleurs, et l’article R.4121-1 qui l’oblige à consigner le résultat de cette évaluation des risques dans un document unique. Confier la rédaction du document unique à un tiers (ex : entreprise extérieure, consultant indépendant) ne transfère pas la responsabilité légale du gérant du magasin de prêt-à-porter : il en demeure le seul responsable devant la loi, d’où l’intérêt de s’appuyer sur un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP, comme Document Unique Facile.
Un point mérite une attention particulière dans ce secteur : celui des contrats courts et du personnel saisonnier. Les périodes de soldes, ou encore les fêtes de fin d’année amènent régulièrement les enseignes à embaucher du personnel en renfort pour quelques semaines. Ces salariés doivent avoir leurs risques professionnels évalués au même titre que les salariés permanents. De plus, comme ils sont souvent jeunes et donc peu expérimentés, ils présentent davantage de risques de se blesser au travail. L’évaluation des risques doit tenir compte de cette vulnérabilité particulière, car elle devra être intégrée à leur accueil sécurité.
L’absence de document unique, ou un document unique laissé sans mise à jour, constitue une infraction entraînant une contravention de 5e classe (article R.4741-1 du Code du travail). Mais l’enjeu majeur se situe ailleurs : en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, avec un salarié qui se retourne contre son employeur. Si le magasin n’a pas de document unique ou que celui-ci ne mentionne pas les risques qui ont touché le salarié, il y a de fortes chances que la faute inexcusable de l’employeur soit retenue. Devant le conseil de prud’hommes, la sanction financière encourue peut alors atteindre de tels montants qu’elle est susceptible de mettre en péril le magasin.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique magasin de prêt-à-porter.
Une unité de travail regroupe différentes tâches exercées au sein du magasin de prêt-à-porter et qui exposent à des risques professionnels de même nature. Pour notre document unique magasin de prêt-à-porter, nous avons retenu quatre unités de travail, avec un total de 20 situations à risque : la réception et le stockage des marchandises, la vente à la clientèle, la retouche de vêtements et les locaux du magasin. Ce découpage des unités de travail permet de recenser l’ensemble des risques auxquels sont exposés les salariés d’un magasin de prêt-à-porter, de l’arrivée du camion de livraison jusqu’à la fermeture de la boutique. Voici, pour chacune de ces unités de travail, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.
Réception / stockage de marchandises : la livraison et la mise en rayon
Cette unité de travail couvre l’arrivée des collections : déchargement des colis, déballage, contrôle et étiquetage des articles, stockage en réserve, puis mise en rayon dans la surface de vente.
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Manutentions manuelles : les salariés du prêt-à-porter portent des cartons de collections, des piles de vêtements sur cintres, du camion de livraison jusqu’à la réserve, puis de la réserve jusqu’aux rayons du magasin. Les risques sont proportionnels à la quantité d’articles portés ainsi qu’à la distance de manutention. Les dommages possibles qui en résultent sont des troubles musculosquelettiques touchant les muscles, les tendons et les nerfs des membres supérieurs (ex : épaules, coudes, poignets), ainsi que des lombalgies au niveau de la colonne vertébrale. Ce danger, signature du métier, fera l’objet d’un développement dédié. (Le port de charges est encadré par les articles R.4541-1 et suivants du Code du travail.)
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Chutes de hauteur : les stocks de réassort, mais aussi les articles hors saison et les tailles peu demandées sont fréquemment rangés en hauteur, faute de place. Aller les chercher conduit à devoir monter en hauteur : marchepied, escabeau, mais parfois chaise ou tabouret faute d’équipement adapté à portée de main. Les risques sont proportionnels à la hauteur de travail et à la stabilité du moyen d’accès utilisé. Les dommages possibles sont des plaies, des hématomes, des fractures, des pertes de connaissance ainsi que des traumatismes crâniens.
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Coupures lors du déballage : l’ouverture des cartons se fait le plus souvent au cutter, souvent rapidement et parfois avec une lame usée voire un outil de fortune. Les dommages qui en résultent sont des coupures aux mains et aux avant-bras, superficielles la plupart du temps, mais qui peuvent s’infecter si elles ne sont pas désinfectées.
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Chutes d’objets stockés : les colis empilés les uns sur les autres dans la réserve peuvent basculer lors de la prise d’un article, ou lorsqu’une pile devient instable. Les dommages possibles qui en résultent sont des contusions, des plaies et des fractures, principalement au niveau de la tête, des épaules et des pieds.
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Postures contraignantes en réserve : le rangement des articles impose de travailler bras levés pour les étagères les plus hautes, et accroupi ou penché en avant pour les rangements les plus bas. Ces positions de travail sont adoptées lors de chaque livraison, dans des réserves souvent exiguës. Les dommages les plus fréquents que cela occasionne sont des tendinites de l’épaule, des douleurs cervicales et des lombalgies.
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Circulation dans la réserve : les allées de réserve sont fréquemment encombrées par des colis en attente de rangement, en particulier pendant les périodes où les livraisons sont nombreuses (ex : réception d’une nouvelle collection). À cela peut s’ajouter un éclairage insuffisant avec de nombreuses zones d’ombre. Les dommages possibles en résultant sont des chutes de plain-pied provoquant des entorses, des contusions et des fractures.
Vente à la clientèle : l’accueil, le conseil et l’encaissement
Cette unité de travail couvre la vente au magasin : accueil et conseil des clients, présentation des articles, gestion des cabines d’essayage, rangement des rayons et encaissement.
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Station debout prolongée et piétinement : la vente en magasin implique de rester debout toute la journée, avec des déplacements courts et répétés dans un espace restreint. Cela occasionne ce que l’on appelle du piétinement. Le piétinement est beaucoup plus contraignant pour le corps qu’une marche standard. Les risques liés au piétinement sont présents toute l’année. Les principaux dommages que cela engendre sont des pathologies ostéo-articulaires ainsi que des troubles circulatoires des membres inférieurs (ex : jambes lourdes, varices, œdèmes). Ce danger, qui est également un danger signature du métier, sera traité dans le même développement.
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Incivilités et agressions verbales : les salariés du prêt-à-porter doivent faire face au mécontentement de certains clients. Cela peut être en raison de désaccords sur un prix, un échange ou un remboursement refusé. Les risques sont statistiquement plus importants durant les périodes de soldes et de forte affluence. Les dommages possibles qui en résultent sont des atteintes à la santé psychologique (ex : stress, troubles du sommeil, conduites addictives, épuisement professionnel, dépression). Ce danger fera l’objet d’un développement dédié.
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Agressions physiques : plus rares que les agressions verbales, les agressions physiques restent malheureusement possibles lorsqu’un litige dégénère, notamment lors d’un refus de remboursement ou d’une interpellation pour vol à l’étalage. Les risques sont majorés lors de l’ouverture et de la fermeture du magasin, et plus largement lorsqu’un salarié se retrouve seul au magasin. Les dommages qui en résultent vont des blessures physiques (ex : coups, bousculades) à un traumatisme psychologique durable.
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Manutention en surface de vente : le réassort des rayons, le rangement des cabines d’essayage, le déplacement des portants / mannequins constituent des manutentions légères mais répétées tout au long de la journée de travail. Les dommages possibles qui en résultent sont des douleurs aux épaules, aux poignets et au dos.
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Chutes de plain-pied en surface de vente : les sols du magasin peuvent être mouillés les jours de pluie, glissants après un nettoyage, ou encombrés par des objets que les clients laissent dans les chemins de passage. La probabilité de chuter de plain-pied est proportionnelle à l’encombrement des sols ainsi qu’à l’état de propreté et d’humidité de ces derniers. Les dommages possibles provoqués par des chutes de plain-pied sont des plaies, des hématomes, des fractures, et possiblement des pertes de connaissance ainsi que des traumatismes crâniens.
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Travail isolé à l’ouverture et à la fermeture : dans les magasins de petite taille, l’ouverture matinale et la fermeture du soir sont fréquemment assurées par une seule personne, avec la manipulation du fonds de caisse et la mise en sécurité du magasin. En cas d’agression, l’alerte peut ne pas être donnée immédiatement. Les dommages possibles sont l’aggravation de toute atteinte du fait d’une prise en charge différée.
Retouche de vêtements : les ajustements et les finitions
Cette unité de travail couvre l’atelier de retouche lorsque le magasin en dispose : prise de mesures, épinglage, coupe, couture à la machine et finitions à la main.
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Piqûres et coupures : la retouche impose de manipuler des outils piquants et coupants (ex : aiguilles, épingles, ciseaux de couturière, découd-vite). La machine à coudre présente un risque particulier, puisque l’aiguille peut traverser un doigt maintenu trop près du pied-de-biche. Les risques sont majorés lorsque l’éclairage est insuffisant, la précision du geste étant moindre. Les dommages possibles sont des piqûres et des coupures aux doigts et aux mains, qui peuvent s’infecter si elles ne sont pas désinfectées et pansées.
Dans les locaux : les installations du magasin
Cette unité de travail regroupe les risques liés au bâtiment et aux installations : installation électrique, risque incendie et ambiances de travail.
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Risque électrique : un câble dénudé sur un appareil électrique (ex : cuivre apparent) couplé à une protection défaillante (ex : disjoncteur différentiel 30 mA qui ne se déclenche pas) suffit à provoquer un accident. Les dommages qui en résultent vont de l’électrisation (dommages divers mais qui ne conduisent pas à la mort de la personne) à l’électrocution (mort de la personne).
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Risque incendie : un magasin de prêt-à-porter stocke d’importantes quantités de textiles et de cartons, qui sont de potentiels combustibles. Les éclairages fonctionnant en continu constituent quant à eux une source possible d’inflammation due à la chaleur qu’ils dégagent. Les dommages possibles vont des brûlures à l’intoxication mortelle par les fumées, avec un risque de mouvement de panique de la clientèle. (Un magasin de prêt-à-porter accueille du public et relève donc de la réglementation des Établissements Recevant du Public - ERP).
Prévenir les troubles musculosquelettiques dans les magasins de prêt-à-porter.
Les troubles musculosquelettiques sont les risques professionnels les plus importants du travail en magasin de prêt-à-porter. Ils sont pourtant issus de gestes du quotidien : porter un carton de vêtements, attraper une référence sur une étagère en hauteur, rester debout derrière un comptoir... C’est la raison pour laquelle ces situations de travail ne sont parfois pas identifiées comme des dangers à part entière.
Les chiffres du secteur le confirment. Selon les données de la Cnam, 54 % des accidents du commerce de détail non alimentaire sont liés aux manutentions manuelles. Et en cas de maladie professionnelle, les salariés sont arrêtés en moyenne 332 jours, soit près d’une année de travail entière. Ce sont donc bien les gestes ordinaires du métier qui coûtent le plus cher du point de vue de l’accidentologie.
Trois situations à risque sont présentes. Les manutentions tout d’abord, que ce soit lors des livraisons de collections ou bien lors du réassort des rayons. La station debout prolongée ensuite, ou plus exactement le piétinement : rester debout en ne faisant des déplacements que sur quelques mètres est contraignant pour le corps. Or, c’est ce que le personnel de vente fait toute la journée. Enfin, les postures adoptées lors du travail de retouche (quand le magasin en est doté) : tronc penché en avant, cou maintenu tendu.
Les dommages possibles qui résultent de ces gestes quotidiens se cumulent avec le temps. On retrouve d’un côté les atteintes des membres supérieurs (ex : tendinites de l’épaule, épicondylite du coude, syndrome du canal carpien) ainsi que des lombalgies (douleurs de dos). De l’autre, des troubles circulatoires des membres inférieurs (ex : jambes lourdes, varices, œdèmes). Ces atteintes peuvent ne pas provoquer de douleur aiguë au tout début, avant de s’installer de manière durable.
Pour notre document unique magasin de prêt-à-porter, les mesures de prévention contre les troubles musculosquelettiques que nous avons retenues sont les suivantes :
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Équiper le magasin d’aides à la manutention : c’est la mesure la plus efficace, car elle supprime une partie des efforts à effectuer pour le personnel. Cela passe par la mise à disposition d’un diable, d’un chariot de manutention, de tables à hauteur d’homme et de rolls à hauteur variable permettant d’éviter de se baisser. L’INRS y consacre d’ailleurs une fiche pratique dédiée au commerce de détail non alimentaire, qui présente les équipements adaptés à ce type de magasin.
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Repenser le stockage : ranger les articles les plus lourds et les plus demandés du magasin à hauteur d’homme, réserver les rangements les plus hauts et les plus bas aux références légères et peu demandées par la clientèle. Rapprocher autant que possible la réserve de la surface de vente.
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Permettre de varier les positions de travail : installer des sièges assis-debout à la caisse du magasin. Installer des tapis anti-fatigue aux postes fixes. Ces équipements coûtent peu et améliorent sensiblement le confort au quotidien des salariés. Mettre à disposition un espace de pause où les salariés peuvent s’asseoir (prendre une pause en position debout ne permet pas au corps de récupérer).
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Organiser une rotation entre les postes : faire varier les postes de travail des salariés entre la vente, le travail en réserve, et la caisse au cours d’une même journée de travail. Le but est de varier les articulations et les groupes musculaires sollicités. C’est une mesure organisationnelle efficace, et elle ne coûte rien à mettre en place.
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Repérer tôt les signes de douleurs : inciter les salariés à signaler les douleurs persistantes à un professionnel de santé compétent (ex : médecin généraliste, médecin du travail) plutôt que d’attendre que cela parte avec le temps. Une tendinite prise tôt en charge peut se soigner, tandis qu’une tendinite chronique conduit souvent à des restrictions d’aptitude, et à des arrêts de travail longs qui rendent l’organisation au sein du magasin beaucoup plus difficile.
Prévenir les risques d’agressions verbales et d’incivilités en magasin de prêt-à-porter.
Ce sont deux risques qui tendent à ne pas être pris suffisamment en compte au sein du métier, parce qu’ils ne laissent pas de trace : les remarques désobligeantes et les comportements indésirables des clients ne laissent ni plaie ni fracture, mais ils usent durablement le psychisme des salariés qui y sont confrontés, en particulier quand ces situations se répètent.
Les situations à l’origine de ces tensions sont assez bien identifiées. Le refus d’un échange (ex : article abîmé) ou d’un remboursement en premier lieu. Vient ensuite un désaccord sur un prix ou sur une promotion que le client n’a pas comprise. Enfin, le temps d’attente pour accéder aux cabines d’essayage ou à l’encaissement lors des périodes de forte affluence. À cela s’ajoute une situation heureusement plus rare mais plus difficile à gérer : l’interpellation d’une personne pour vol dans le magasin.
Toutes ces situations provoquent des risques psychosociaux : stress, troubles du sommeil, troubles du comportement alimentaire, augmentation du risque de développer des conduites addictives, et possiblement à terme, épuisement professionnel voire dépression. Pour l’entreprise, cela débouche sur de l’absentéisme et du turnover alors que dans ce secteur, avoir du personnel pour assurer la relation clientèle est indispensable pour vendre efficacement.
Pour notre document unique magasin de prêt-à-porter, les mesures de prévention contre les agressions et les incivilités que nous avons retenues sont les suivantes :
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Prévenir le litige avant qu’il ne naisse : communiquer à la clientèle les conditions d’échange et de remboursement à la caisse, avec une mention sur le ticket. La majorité des altercations sont évitables car elles naissent souvent d’une incompréhension.
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Donner un cadre écrit au personnel : définir et diffuser des consignes claires sur la gestion des litiges. Préciser ce que chaque salarié est autorisé à accorder ou à refuser à un client, et à partir de quand il est préférable qu’il donne le relais au responsable du magasin. Un vendeur qui connaît ses marges de manœuvre et sait qu’il peut faire appel à son responsable en confiance gérera mieux les tensions qu’un vendeur hésitant.
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Adapter les effectifs aux pics d’activité : avoir suffisamment de personnel pour la charge de travail effective, et anticiper les périodes de forte affluence (ex : soldes, fêtes de fin d’année, lancement de collection). Un temps de prise en charge important (ex : pour demander une disponibilité sur un vêtement, ou pour passer à l’encaissement) contribue à rendre la clientèle plus difficile à gérer.
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Sécuriser les phases sensibles : organiser l’ouverture et la fermeture du magasin à plusieurs personnes, limiter la quantité d’argent liquide dans la caisse, et prévoir un moyen d’alerte que l’on peut déclencher au poste d’encaissement. Ces mesures sont efficaces contre l’agression et contre le vol.
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Ne jamais laisser un salarié gérer un vol : poser une règle explicite : un salarié n’interpelle pas et ne retient pas physiquement un voleur. Il prévient le responsable du magasin ou la police. Donner cette consigne protège les équipes, et cela doit venir de la direction pour être respecté.
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Accompagner après l’événement : prévoir un temps d’échange lors de chaque agression verbale / incident marquant, au lieu de laisser la personne seule avec sa charge psychologique. Orienter vers un professionnel de santé compétent (ex : médecin, psychologue, psychiatre) si la personne reste marquée par l’événement.
Il est du devoir des gérants mais aussi des vendeurs de considérer les agressions verbales et désobligeance de la clientèle comme de véritables risques professionnels, et non comme des désagréments inhérents au commerce.
Les EPC et EPI indispensables pour tout magasin de prêt-à-porter.
La prévention des risques doit d’abord agir sur le danger à sa source. Les équipements de protection collectifs (EPC) sont ensuite à mettre en place, puis les équipements de protection individuelle (EPI), et seulement dans cet ordre, conformément à l’article L.4121-2 du Code du travail. Dans un magasin de prêt-à-porter, les EPI auxquels on peut recourir sont peu nombreux : l’essentiel de la prévention passe par l’aménagement du magasin et par l’organisation au travail.
Les protections collectives qui nous paraissent indispensables pour tout magasin de prêt-à-porter sont :
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Des aides à la manutention adaptées (ex : diable, chariot, table ou roll) pour la réception des livraisons et le réassort des rayons.
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Un moyen d’accès en hauteur sécurisé et conforme (ex : escabeau, marchepied). Proscrire l’usage de mobilier conventionnel (chaise, tabouret, mobilier du magasin) pour monter en hauteur.
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Des cutters de sécurité à lame rétractable, en nombre suffisant pour tout le personnel et maintenus en bon état.
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Un rangement organisé : les articles lourds et souvent sollicités à hauteur d’homme, les articles les plus légers et les moins demandés dans les rangements en hauteur ou dans les rangements les plus bas, des voies de passage maintenues dégagées.
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Des sièges assis-debout à l’encaissement, des tapis anti-fatigue aux postes fixes, ainsi qu’un espace pause permettant de s’asseoir.
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S’il y a des escaliers : qu’ils soient sécurisés (ex : main courante, bandes antidérapantes) et correctement éclairés.
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Une installation électrique vérifiée périodiquement, des extincteurs contrôlés annuellement, un plan d’évacuation affiché et une trousse de premiers secours complète (le magasin étant un ERP - Établissement Recevant du Public).
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Un moyen d’alerte accessible depuis le poste d’encaissement, et une ouverture / fermeture du magasin à plusieurs.
Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables pour tout magasin de prêt-à-porter sont :
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Des chaussures fermées, antidérapantes, confortables et à semelle amortissante, la station debout prolongée étant une contrainte majeure au sein du métier.
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Des protège-doigts de couture pour les retouches (s’il y en a), ainsi qu’un dé à coudre pour les finitions à la main.
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Des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN388) pour la manutention des colis et leur ouverture / déballage.
L’employeur devra fournir gratuitement ces équipements et veiller à leur entretien et à leur renouvellement (article R.4321-4), tandis que le salarié sera tenu de les utiliser conformément à leur usage (article L.4122-1 du Code du travail).
La formation et la sensibilisation des vendeurs en magasin de prêt-à-porter.
Informer, sensibiliser et former aux risques est un levier de prévention à part entière, au même titre que fournir des équipements de protection collectifs ou individuels. Dans un secteur où le personnel est fréquemment renouvelé, avec des contrats courts, c’est un levier de prévention déterminant.
Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent à l’employeur de donner une formation à la sécurité adaptée au poste de travail de chacun des salariés. Pour un magasin de prêt-à-porter, nous recommandons en priorité :
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L’accueil sécurité à la prise de poste : c’est la mesure la plus importante dans un secteur qui accueille régulièrement des saisonniers. Un nouveau salarié doit connaître les consignes du magasin et l’emplacement des différents objets (ex : escabeau, marchepied, trousse de premiers secours, extincteur) avant sa première journée de travail.
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La formation gestes et postures PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique), pour apprendre les bons gestes de manutentions et éviter de se blesser.
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La gestion des situations conflictuelles et des incivilités : apprendre à désamorcer une tension avec un client mécontent, connaître la conduite à tenir face à une personne agressive ou en cas de vol (ex : ne jamais chercher à retenir physiquement une personne).
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L’utilisation en sécurité des moyens d’accès en hauteur (ex : marchepieds, escabeau) et rappel de l’interdiction d’utiliser du mobilier comme moyen de travailler en hauteur.
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La sensibilisation aux risques du poste de retouche si présent : port des protège-doigts, conduite à tenir en cas de piqûre (ex : désinfecter puis isoler la plaie avec un pansement).
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La consigne de sécurité incendie et la procédure d’évacuation du magasin, avec nécessité de guider la clientèle en dehors du magasin.
À cela peut s’ajouter la formation SST (sauveteur secouriste du travail), afin de connaître les gestes permettant de prendre en charge une personne en attendant les secours.
Toutes les actions de formation entreprises devront être tracées dans le passeport de prévention prévu par l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations et certifications acquises par chaque salarié dans le cadre de son travail.
Quand mettre à jour le document unique de votre magasin de prêt-à-porter.
Un document unique n’est pas valable à vie, et ce pour tout magasin de prêt-à-porter. Il doit être mis à jour au moins une fois par an pour les magasins employant onze salariés et plus, et à chaque évolution notable de l’activité, quels que soient ses effectifs.
L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit la mise à jour dans trois cas de figure distincts :
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Si le magasin de prêt-à-porter a au moins onze salariés : une mise à jour au minimum une fois par an.
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Pour tout magasin, quels que soient ses effectifs : lors de tout changement important modifiant les conditions de travail (ex : lancement d’une nouvelle activité de vente impliquant de nouveaux risques, etc.).
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Pour tout magasin, quels que soient ses effectifs : dès qu’une information nouvelle sur un risque jusque-là absent du document unique est portée à la connaissance du gérant (ex : accident lié à un danger non identifié).
Comme notre document unique magasin de prêt-à-porter est au format Excel, cette mise à jour ne prend que quelques minutes. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique explique en détail la marche à suivre.
Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de votre magasin.
Un document unique n’est utile que s’il déclenche des actions de prévention concrètes sur le terrain. La planification des mesures de prévention est selon nous un outil incontournable pour cela.
L’article L.4121-3-1 du Code du travail prévoit que les résultats de l’évaluation débouchent, pour les entreprises d’au moins cinquante salariés, sur un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT). En dessous de ce seuil, le magasin devra juste définir des actions de prévention et les inscrire dans le document unique. (Ce même article du Code du travail impose la durée de conservation du document unique et de ses versions successives à quarante ans minimum).
Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que la planification permet de passer plus facilement à l’action. C’est pourquoi chacun de nos documents uniques intègre un calendrier de type PAPRIPACT (vous pouvez ne pas l’utiliser si votre magasin emploie moins de 50 salariés, ce qui est le cas de quasiment tous les magasins de prêt-à-porter).
En cas de contrôle de l’inspection du travail, ce calendrier constitue la preuve qu’il existe une véritable démarche de prévention au sein de votre magasin, et que le gérant respecte son rôle de garant de la santé et de la sécurité au travail de ses salariés. Notre guide de rédaction du document unique approfondit la méthode d’évaluation des risques (basée sur l’occurrence, l’exposition, la gravité et la maîtrise des risques) sur laquelle repose la planification.
FAQ sur le document unique en magasin de prêt-à-porter.
C’est quoi le document unique pour une entreprise ?
Le document unique (ou DUERP) est le document dans lequel l’employeur consigne, unité de travail par unité de travail, les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés. Il sert ensuite de base au plan de prévention de l’entreprise.
Le document unique est-il obligatoire pour mon magasin de prêt-à-porter ?
Oui, dès le premier salarié et quel que soit son contrat, y compris un vendeur à temps partiel ou un renfort saisonnier. Seul le commerçant qui travaille réellement seul, sans aucun salarié, en est dispensé selon le Code du travail.
Quel est le rôle du document unique dans mon magasin de prêt-à-porter ?
Il recense les dangers propres au métier (ex : manutention des vêtements, station debout prolongée, chutes de hauteur, coupures au déballage de cartons, incivilités de la clientèle), en mesure la gravité et sert de base pour planifier les actions de prévention. Il alimente aussi directement le contenu de votre accueil sécurité à la prise de poste.
Faut-il évaluer les risques des vendeurs saisonniers et à temps partiel ?
Oui, et c’est même essentiel dans ce secteur. Un renfort embauché pour les soldes compte au même titre qu’un salarié permanent. De plus, il est statistiquement plus exposé du fait de sa faible expérience. Le document unique peut (et devrait) servir de support pour préparer son accueil sécurité.
Qui doit établir le document unique de mon magasin de prêt-à-porter ?
La responsabilité revient à l’employeur. Il peut le rédiger lui-même s’il en a les compétences, ou en confier la réalisation à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP.
Comment rédiger le document unique de mon magasin de prêt-à-porter ?
En quatre temps : découper l’activité en unités de travail (réception et stockage, vente à la clientèle, retouche de vêtements, locaux du magasin), recenser les dangers dans chacune, évaluer chaque danger (notre méthode se base sur l’occurrence, l’exposition, la gravité et la maîtrise), puis définir les mesures de prévention adaptées. Notre guide de rédaction détaille chacune de ces étapes.
Qui peut consulter le document unique de mon magasin de prêt-à-porter ?
Vos salariés et le CSE, le médecin du travail, l’inspection du travail et les agents de prévention de la CARSAT. Un ancien salarié peut aussi le demander pour sa période d’activité dans le magasin.
À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique de mon magasin de prêt-à-porter ?
Chaque année à partir de onze salariés, et, quel que soit l’effectif, à chaque changement notable (ex : lancement d’une nouvelle activité de vente impliquant de nouveaux risques, etc.) ou dès qu’un nouveau risque qui n’était pas dans le document unique apparaît (ex : accident lié à un danger non identifié).
Qui doit mettre à jour le document unique de mon magasin de prêt-à-porter ?
Le gérant reste le seul responsable de la mise à jour du document unique. Faute de compétences internes, il devrait s’appuyer sur un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP comme Document Unique Facile. Le format Excel de nos documents uniques rend ces mises à jour rapides, sans devoir repartir d’une feuille blanche, contrairement au format PDF proposé par d’autres entreprises du secteur.
Téléchargement du document unique pour magasin de prêt-à-porter gratuit.
Notre modèle de document unique gratuit dédié aux magasins de prêt-à-porter est disponible ci-dessous. Il reprend la même trame que notre document unique magasin de prêt-à-porter déjà complété, soit :
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Une page de couverture illustrée dédiée aux magasins de prêt-à-porter.
-
Une page d’informations sur le magasin.
-
Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.
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Une section d’évaluation des risques professionnels.
-
Une section de prévention des risques professionnels, assortie d’un calendrier de prévention (planification).













