Document unique (DUERP) paysagiste :
Guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.
Dernière mise à jour le : 25 Septembre 2026.
Le paysagisme cumule des risques physiques importants, mais aussi des risques chimiques, routiers, et biologiques. Entre les manutentions, l’utilisation d’outils et de machines coupantes / vibrantes, le travail en extérieur toute l’année, les déplacements routiers pour se rendre chez les clients, ou encore la nécessité d’entretenir des relations commerciales avec les clients, le personnel est amené à effectuer de très nombreuses tâches.
De ce fait, les risques les plus fréquents que l’on rencontre dans les entreprises du paysage sont notamment : des coupures et des projections provoquées par les machines portatives (que ce soit lors de la tonte, de la taille des haies, voire du débroussaillage), la manutention manuelle de charges lourdes et encombrantes (ex : dalles, bordures, sacs de terreau, arbustes en conteneur), les postures contraignantes (ex : travail à genoux, dos penché, bras au-dessus des épaules), les vibrations et le bruit des machines thermiques, les chutes de plain-pied sur des terrains irréguliers et/ou glissants (majorées lorsque l’herbe est humide), l’exposition à la chaleur et au soleil (période estivale), les accidents de la route lors des nombreux trajets routiers dépôt – chantiers - dépôt, ainsi que la possibilité (certes faible mais existante) d’être victime d’incivilités voire d’agressions (ex : client mécontent d’un devis ou d’une prestation).
L’étude 2021 publiée par la MSA permet de mettre des chiffres précis sur l’accidentologie au sein du secteur du paysagisme. En France, ce sont ainsi plus de 6 400 accidents du travail avec arrêt qui surviennent chaque année, soit 18 % des accidents du travail des salariés agricoles, alors que le secteur ne représente que 7,7 % des heures travaillées. Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont à l’origine de 96,7 % des maladies professionnelles reconnues ! Un accident du travail entraîne en moyenne 53 jours d’arrêt, tandis qu’une maladie professionnelle en entraîne 277, soit plus de neuf mois consécutifs ! (ces données concernent spécifiquement les salariés des entreprises de jardins, paysages et reboisement, et constituent la moyenne observée sur une période allant de 2015 à 2019).
Face à ce constat, et pour diminuer l’accidentologie au sein de votre entreprise, le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) doit constituer l’outil de référence. Son rôle est de recenser les dangers présents sur vos chantiers mais aussi à votre dépôt, d’évaluer les risques qui en découlent, et de détailler les différentes mesures de prévention à mettre en place. Dans cet article, nous allons vous présenter les unités de travail, les principaux dangers, deux risques « signature », les équipements de protection collectifs / les équipements de protection individuelle ainsi que les formations spécifiques au secteur du paysagisme que nous avons retenus pour construire notre propre document unique paysagiste, déjà complété, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.
À partir de quand un paysagiste doit-il avoir un document unique ?
Dès qu’un paysagiste emploie au minimum un salarié, et quel que soit le contrat de travail de celui-ci (ex : CDI, CDD, saisonnier, apprentissage, stage hors stage d’observation), il doit posséder un document unique d’évaluation des risques professionnels.
Cette obligation repose sur deux articles du Code du travail. L’article L.4121-3 impose à l’employeur d’évaluer les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés. L’article R.4121-1 l’oblige ensuite à consigner le résultat de cette évaluation des risques dans un document appelé « document unique ». Dans ce contexte, la définition de « travailleur » signifie « toute personne placée sous l’autorité du chef d’entreprise », ce qui inclut les contrats courts, les saisonniers recrutés pour la pleine saison, les apprentis, les stagiaires, etc. Le paysagiste qui exerce absolument seul, sans aucun salarié, n’est pas concerné par cette obligation. (Précisons que le fait que les entreprises du secteur du paysage soient rattachées au régime agricole, c’est-à-dire à la MSA, ne change rien aux obligations liées au document unique.)
Si en tant que chef d’entreprise, l’on n’est pas soi-même « compétent » (au sens du Code du Travail) dans les domaines de la santé et de la sécurité au travail, il est nécessaire de confier la rédaction de son document unique à un tiers (ex : consultant ou entreprise extérieure spécialisée). Mais il faut garder à l’esprit que même dans ce cas de figure, la responsabilité légale du chef d’entreprise n’est pas transférée : le chef d’entreprise demeure le seul responsable du document unique aux yeux de la loi. C’est la raison pour laquelle il est absolument nécessaire de s’appuyer sur un professionnel compétent, enregistré IPRP, comme Document Unique Facile.
En cas de contrôle de l’inspection du travail, l’absence de document unique est sanctionnée par l’article R.4741-1 du Code du travail, qui prévoit une contravention de 5e classe (1 500 euros, portés à 3 000 euros en cas de récidive), appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés. Mais certaines situations peuvent être bien pires pour un chef d’entreprise que de recevoir cette contravention. Prenons le cas d’un accident grave, issu d’un risque pour lequel il n’y a jamais eu de mesure de prévention, ou pire, l’absence totale de document unique au sein de l’entreprise du paysage. Aux yeux de la justice, cela constitue une faute inexcusable de l’employeur. Devant le tribunal judiciaire, la sanction financière prononcée peut atteindre de tels montants qu’elle est susceptible de mettre le gérant de l’entreprise en faillite.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique paysagiste.
Avant d’évaluer les risques, il faut découper l’activité du paysagiste en unités de travail. Une unité de travail est un regroupement de différentes tâches exercées au sein de l’entreprise du paysage, et qui exposent à des risques professionnels de même nature.
Pour notre document unique paysagiste, nous avons retenu 6 unités de travail, avec un total de 33 situations à risque : la conception de jardin, l’aménagement de jardin, l’entretien d’espace vert, les déplacements routiers, le contact clientèle et l’environnement de travail. Ce découpage est basé sur les trois activités principales qui structurent les journées de travail d’un paysagiste, c’est-à-dire concevoir le jardin, l’aménager (ex : terrasses, allées, plantations), puis l’entretenir tout au long de l’année. Une quatrième unité de travail vient en complément pour les déplacements professionnels effectués en véhicule, et deux autres unités de travail regroupent la relation avec la clientèle et les contraintes propres au travail en extérieur, ce qui va concerner tous les salariés, quels que soient leurs postes de travail.
Ce découpage est fait de manière à pouvoir couvrir toute sorte d’entreprise du paysage, que ce soit un petit paysagiste de deux ou trois salariés spécialisé dans l’entretien des jardins de particuliers, ou une grande entreprise d’une trentaine de salariés réalisant des chantiers de création pour des copropriétés et des collectivités.
Voici, pour chacune de ces unités de travail, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.
Conception de jardin
Cette unité de travail couvre la partie bureau et les visites préalables aux chantiers (ex : rendez-vous chez le client, relevés de terrain, réalisation des plans et des devis, commandes de végétaux et de matériaux, etc.).
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Travail prolongé sur écran : les commandes réalisées auprès des fournisseurs (ex : pépiniériste), la gestion de la messagerie électronique (gestion des e-mails) ou encore la réalisation de devis et de facture (via logiciels informatiques) occupent une part importante dans l’agenda de toute entreprise de paysagisme. Les risques sont majorés si le travail se fait sur un ordinateur portable (écran et clavier solidaires non réglables indépendamment en hauteur) posé sur une simple table. Les dommages possibles sont de la fatigue visuelle, des maux de tête, ainsi que des troubles musculosquelettiques touchant principalement le cou et les poignets.
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Position assise prolongée : la plupart des bureaux sont optimisés pour être le plus efficace possible, mais pas nécessairement pour travailler en confort sur de longues durées, notamment du point de vue de l’ergonomie. Les risques sont majorés si les installations ne disposent d’aucun réglage (ex : hauteur, profondeur de l’assise, soutien lombaire, hauteur des accoudoirs, etc.). Les dommages qui peuvent en résulter sont des lombalgies et des douleurs cervicales, qui s’installent au fil du temps.
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Déplacements à pied sur des terrains inconnus : les visites de terrains, notamment pour la réalisation de devis, se font dans des zones que l’on découvre pour la première fois, parfois laissées à l’abandon, avec des obstacles possiblement masqués par la végétation (ex : trou, souche, regard non recouvert, ancien bassin). Des risques de trébuchement et de chute de plain-pied sont donc présents, et ils sont majorés si le terrain est en pente ou si l’on avance en regardant autre chose (ex : ses notes, son téléphone, etc). Les principaux dommages qui en découlent sont des entorses de la cheville, des contusions, voire des fractures.
Aménagement de jardin
Cette unité de travail couvre les travaux de création et de transformation des jardins (ex : terrassement léger, pose de dallages, de pavés et de bordures, construction de murets, pose de clôtures et de terrasses en bois, plantation d’arbres et d’arbustes, engazonnement, etc.).
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Port de charges lié aux manutentions manuelles : un sac de ciment pèse généralement 25 ou 35 kilogrammes. Une bordure en béton, une dalle en pierre naturelle ou un arbuste en pot rempli de terre humide pèsent eux aussi plusieurs dizaines de kilogrammes. Or, ce type de charge est susceptible d’être manutentionné de nombreuses fois au cours d’un même chantier (ex : depuis le camion jusqu’au jardin, puis de la brouette jusqu’à l’emplacement de pose). Les risques sont majorés si l’accès et/ou l’évolution dans le jardin sont difficiles (ex : passage étroit, escalier, jardin en forte pente) et empêchent l’utilisation d’aide à la manutention. Les dommages possibles résultant de ces manutentions sont des douleurs dorsales, des lombalgies, des hernies discales, et sur le long terme des troubles musculosquelettiques. Pour rappel, l’article R.4541-9 du Code du travail limite le port manuel de charges à 55 kilogrammes pour les hommes (hors dérogation), et à 25 kilogrammes (aucune dérogation possible) pour les femmes.
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Postures contraignantes : la pose de pavés et de dalles se fait à genoux, la plantation et le désherbage dos penché, et la pose de clôtures souvent accroupi voire le buste en torsion dans certains cas. Plus ces postures sont maintenues longtemps sur une même journée (ex : pose d’une grande clôture), plus les risques de troubles musculosquelettiques qui en découlent sont élevés. Les dommages qui peuvent en résulter sont des lombalgies, des douleurs aux genoux, des tendinites, ainsi que des hygromas du genou (poche de liquide qui se forme devant la rotule du fait d’un appui prolongé).
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Machines électroportatives de découpe : la meuleuse d’angle (disqueuse) sert à couper bordures, pavés et dalles. La scie circulaire / scie sauteuse sert à couper le bois (ex : lames de terrasse). Des risques de coupure sont présents lors de chaque découpe, et ils sont majorés si la pièce est mal maintenue en place (ex : à la force du pied sur le sol) ou si le disque se bloque lors de la découpe et provoque un rebond de la lame. Les dommages qui peuvent en découler sont des coupures profondes, des atteintes des tendons, voire des sectionnements de doigts, ainsi que des lésions oculaires en cas de projection d’éclats.
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Poussières et contact avec le ciment : la découpe à sec des pavés, des dalles en béton et de la pierre naturelle dégage des nuages de poussières contenant de la silice cristalline, tandis que la préparation du mortier et du béton expose la peau au ciment frais. Les dommages possibles qui en découlent sont des irritations des voies respiratoires, et sur le long terme une possible silicose (atteinte pulmonaire irréversible) voire un cancer du poumon. Des dermatoses et des brûlures cutanées peuvent avoir lieu au contact du ciment frais. Ces risques peuvent être amoindris par d’autres moyens (ex : découpe à l’eau, disqueuse équipée d’un système d’aspiration). (Note : Le risque chimique est encadré par les articles R.4412-1 et suivants du Code du travail.)
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Engins de chantier : les chantiers d’aménagement se font de plus en plus souvent via des engins compacts de chantier (ex : mini-pelle, mini-chargeur, brouette motorisée, dumper) pour terrasser, évacuer la terre et approvisionner les matériaux. Des risques de heurt et d’écrasement de personnes sont présents lors de l’utilisation de ces machines (ex : manœuvres, en particulier marche arrière). Il existe également des risques de renversement de ces engins (ex : terrain en pente ou meuble). Les dommages qui peuvent en résulter sont des fractures, des écrasements de membres, et même le décès de personnes.
Entretien d’espace vert
Cette unité de travail couvre l’ensemble des travaux d’entretien des végétaux (ex : tonte, débroussaillage, taille des haies et des arbustes, désherbage, ramassage des feuilles, évacuation des déchets verts, etc.).
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Débroussailleuses et taille-haies : ces machines portatives, thermiques ou sur batterie, sont utilisées quasiment tous les jours à la belle saison. Des risques de coupure existent au contact de la lame ou du fil, ainsi que des risques de projections (ex : pierres, morceaux de bois) vers l’utilisateur mais aussi vers les personnes situées à proximité. Les dommages qui peuvent en résulter sont principalement des plaies profondes aux mains et aux jambes, voire des atteintes oculaires. Ce danger, signature du métier de paysagiste, fera l’objet d’un développement dédié.
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Tondeuses poussées et autoportées : la lame d’une tondeuse tourne à grande vitesse sous le carter, et c’est principalement durant un débourrage, ou si jamais un pied glisse sous une machine dans un terrain en pente que les accidents surviennent. Les tracteurs tondeuses autoportés ajoutent des risques de renversement sur les terrains en dévers (ex : talus, bords de fossé), et plus encore sur herbe humide, et dans une moindre mesure des risques de heurt de personnes (ex : manoeuvre). Les dommages possibles qui en découlent sont des coupures et des sectionnements d’orteils ou de doigts, des écrasements de pieds, et possiblement le décès en cas de retournement du tracteur tondeuse.
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Vibrations des machines portatives : les débroussailleuses, taille-haies, souffleurs et tronçonneuses transmettent des vibrations aux mains et aux bras durant toute leur durée d’utilisation. Plus le temps d’utilisation est important, en particulier avec des machines anciennes ou mal entretenues (ex : lame émoussée, silentblocs usés), plus les risques sont élevés. Les dommages possibles sont des fourmillements, une perte de sensibilité et de force dans les doigts, le syndrome de Raynaud (doigts qui blanchissent au froid), ainsi que des atteintes articulaires du coude et du poignet. Selon la MSA, les affections consécutives aux vibrations représentent 5,2 % des maladies professionnelles reconnues chez les salariés des métiers du paysage. (À titre indicatif, l’article R.4443-1 du Code du travail fixe la valeur limite d’exposition journalière aux vibrations transmises aux mains et aux bras à 5 m/s².)
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Carburants et gaz d’échappement : les machines thermiques fonctionnent le plus souvent avec des moteurs deux temps (mélange essence et huile moteur), dont le plein se fait au dépôt (début / fin de journée) ou sur le chantier (ex : panne sèche). De ce fait, des risques d’inhalation de vapeurs et de gaz d’échappement sont présents, en particulier avec le souffleur à dos. Des risques de départ de feu sont aussi possibles lorsque l’on fait le plein moteur chaud sans utiliser de matériel adapté (ex : entonnoir, jerrican avec bec verseur). Les dommages qui peuvent en résulter sont des irritations cutanées, des maux de tête, des nausées, ainsi que des brûlures graves. Ces risques peuvent être amoindris par différents moyens (ex : machines sur batterie, ou encore essence spéciale motoculture (alkylate) mais le coût d’utilisation est alors plus élevé).
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Produits phytosanitaires et de biocontrôle : depuis le 1er juillet 2022, l’arrêté du 15 janvier 2021 interdit l’utilisation des produits phytopharmaceutiques dans les propriétés privées avec habitation (et évidemment dans leurs jardins), à l’exception des produits de biocontrôle, des produits à faible risque, et des produits utilisables en agriculture biologique. Ces produits autorisés, ainsi que les « anciens » traitements phytopharmaceutiques qui restent encore utilisables sur certains terrains, doivent être préparés, puis pulvérisés avant que leurs contenants soient rincés. Les dommages possibles qui en résultent sont des irritations cutanées, oculaires et respiratoires, ainsi que des allergies. Notre article dédié à l’horticulture approfondit ces risques en particulier.
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Végétaux, insectes et agents biologiques : le travail au contact de la flore et de la terre expose aux piqûres de tiques, de guêpes, de frelons ou encore d’abeilles (hyménoptères) nichant dans les haies, mais également aux morsures de serpents (ex : vipères), ou encore aux épines et à la terre souillée. Certaines plantes sont également irritantes (ex : sève de la berce du Caucase, qui provoque des brûlures au soleil). Les dommages possibles sont des réactions allergiques pouvant aller jusqu’au choc anaphylactique, la maladie de Lyme (principalement causée par les tiques), le tétanos (principalement causé par la terre souillée et les piqûres de végétaux), des dermatites, et même possiblement la mort en cas d’empoisonnement ou de forte réaction allergique.
Déplacement routier
Cette unité de travail couvre les trajets effectués avec le(s) véhicule(s) de l’entreprise (ex : trajets entre le dépôt et les chantiers, passages en déchetterie pour les déchets verts, approvisionnement chez les fournisseurs de végétaux et de matériaux, etc.).
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Risque routier : un paysagiste peut se rendre sur plusieurs chantiers dans la même journée, parfois au volant d’un utilitaire benne ou d’un fourgon tractant une remorque chargée (ex : tondeuse autoportée, mini-chargeur), avec des trajets parfois contraints par le temps (ex : plusieurs jardins à entretenir avant la fin de journée). Les risques sont majorés en cas de surcharge du véhicule (modification du comportement du véhicule au freinage et dans les virages), ainsi qu’en fin de journée, lorsque la fatigue est très présente. Pour rappel, les accidents de la circulation restent la première cause d’accidents mortels au travail en France, tous secteurs d’activité confondus.
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Chargement, arrimage et attelage : monter une tondeuse autoportée sur la remorque avec des rampes, arrimer les machines et atteler la remorque exposent à des risques d’écrasement, principalement au niveau des mains et dans une moindre mesure des pieds, ainsi qu’à des risques de chute en cas de montée / descente de la benne (ex : bras chargés). Un arrimage défaillant peut être la source d’une chute de machines en pleine circulation. Les dommages qui peuvent en résulter sont des écrasements de doigts, des entorses, des fractures, ainsi que des blessures chez les autres usagers de la route.
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Stationnement et déchargement en bordure de voirie : si le jardin du client est inaccessible et que l’espace disponible devant son habitation est trop faible, les paysagistes peuvent être forcés à devoir se stationner en bordure de chaussée. De plus, l’entretien des haies en bordure de voirie se fait à quelques mètres de voitures en circulation. Des risques de heurt par un véhicule sont donc présents, et ils sont majorés au petit matin, par temps de pluie, ou si la zone n’est pas signalée. Les dommages possibles sont des fractures, des traumatismes graves, voire le décès.
Contact clientèle
Cette unité de travail couvre les échanges avec les clients (ex : rendez-vous pour le devis, échanges pendant les travaux, réception du chantier, relances de facturation, etc.), qu’il s’agisse de particuliers, de syndics de copropriété ou de collectivités.
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Incivilités et agressions verbales : un devis jugé trop élevé, un chantier retardé par la météo, une haie taillée « trop courte » selon les dires du client, une pelouse qui n’a pas repoussé après une période de sécheresse (ex : canicule), une facture contestée ou encore un voisin qui se plaint du bruit des machines thermiques peuvent parfois suffire à faire monter le ton lors d’un échange. La personne dans cette situation doit alors souvent gérer cette situation seule, sur un terrain qui n’est pas le sien, sans possibilité de se mettre à distance rapidement si la situation dégénère. Les dommages qui en résultent sont le plus souvent du stress, et en cas de répétition, divers risques psychosociaux (ex : anxiété, insomnie, perte de motivation, etc.). (Pour de plus amples informations, voir le dossier de l’INRS, stress au travail.)
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Agressions physiques : plus rares que les incivilités verbales, les agressions physiques restent malheureusement possibles, notamment lors de litiges sur le règlement d’une facture, ou encore sur des chantiers relatifs à des conflits de voisinage (ex : haie mitoyenne, arbre abattu en bordure de propriété, etc). Les risques sont majorés si le salarié se retrouve seul chez le client. Les dommages possibles qui peuvent en découler sont des contusions, des plaies, des fractures, ainsi qu’un traumatisme psychologique important (ex : stress, angoisse, perte de sommeil, perte d’appétit, perte de confiance en soi, dépression, etc.).
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Animaux du client : un chien laissé en liberté dans un jardin peut considérer le paysagiste comme un intrus présent sur son propre terrain, surtout si son maître s’en va. Les principaux dommages qui en découlent sont des morsures, plus ou moins graves selon le suivi vaccinal de l’animal (ex : vaccin contre la rage).
Environnement de travail
Cette unité de travail regroupe les contraintes propres au travail en extérieur dans le domaine du paysage, ce qui va concerner l’ensemble du personnel, quel que soit le poste de travail (ex : terrains, conditions météorologiques, bruit, travail seul sur les chantiers, etc.).
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Chutes de plain-pied : les jardins et les espaces verts peuvent regorger de nombreuses sources de trébuchements et de glissades : taupinières, trous masqués par l’herbe haute, racines, tuyaux d’arrosage et outils traînant au sol, herbe humide au petit matin, feuilles mortes en automne ou encore dalles verdies par la mousse. Les risques sont majorés si l’on se déplace en portant une machine ou une charge qui empêche de voir les obstacles situés devant soi. Les principaux dommages qui peuvent en résulter sont des entorses, des contusions, ainsi que des fractures.
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Chutes de hauteur : la taille de grandes haies ou de grands arbres, le nettoyage de gouttières, ou encore le travail en sommet de muret conduisent à devoir monter en hauteur. Les risques de chuter de hauteur sont majorés si le moyen de travail en hauteur utilisé est inadapté (ex : échelle posée contre la haie, escabeau sur un sol meuble ou en pente). L’article R.4323-63 du Code du travail rappelle d’ailleurs que les échelles ne doivent pas être utilisées comme poste de travail. L’utilisation d’escabeaux et de marchepieds reste tolérée, mais à condition que les risques restent faibles. Les dommages qui en découlent sont des fractures, des traumatismes crâniens, voire le décès. Notre article dédié à l’élagage approfondit ces risques en particulier.
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Chaleur et rayonnements solaires : la pleine saison pour le paysagiste correspond aux mois les plus chauds de l’année, et le travail s’effectue très souvent en plein soleil en effectuant des efforts physiques importants. En plus des risques liés à la chaleur, l’exposition répétée aux ultraviolets peut provoquer des coups de soleil, et sur le long terme des cancers de la peau. Ce danger, qui est également un danger signature du métier, fera lui aussi l’objet d’un développement dédié.
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Froid, humidité et intempéries : l’entretien des jardins se poursuit en automne et en hiver (ex : ramassage des feuilles mortes, plantations de végétaux en racines nues), sous la pluie, dans le vent ou par des températures proches de zéro. Les dommages possiblement provoqués sont des engourdissements des mains, une perte de dextérité qui augmente les risques de se blesser via d’autres sources de risques (ex : en manipulant un objet aux bords tranchants), ainsi que des affections ORL à répétition.
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Bruit des machines : les tondeuses, débroussailleuses, taille-haies, souffleurs et broyeurs thermiques exposent leurs utilisateurs, mais aussi les collègues travaillant à proximité, à des niveaux de bruit élevés, de nombreuses heures par semaine durant la belle saison. Ces niveaux peuvent dépasser les seuils réglementaires d’exposition fixés par l’article R.4431-2 du Code du travail. Les dommages possibles qui en résultent à court terme sont de la fatigue auditive, des acouphènes, puis à long terme, une surdité professionnelle irréversible qui s’installe insidieusement au fil du temps.
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Travail isolé sur les chantiers : l’entretien des jardins peut se faire par un salarié seul, parfois dans une propriété isolée et/ou en l’absence du client. En cas de coupure grave, de malaise lié à la chaleur, de piqûre suivie d’une réaction allergique ou de chute, personne n’est alors là pour donner l’alerte. Les risques sont majorés si le salarié travaille avec des machines dangereuses (ex : machine de coupe à chaîne), ou si le chantier se situe dans une zone blanche (pas de couverture téléphonique). Les dommages qui en résultent sont une aggravation des blessures du fait du retard de prise en charge, pouvant malencontreusement conduire au décès de la personne.
Prévenir les risques de coupures et de projections liés aux débroussailleuses et aux taille-haies chez les paysagistes.
Avec le temps et à force d’habitude, les paysagistes perçoivent de moins en moins les risques liés à l’utilisation des débroussailleuses et des taille-haies. Pourtant, ces machines portatives sont à l’origine d’accidents parfois graves, principalement parce que leurs organes de coupe sont à quelques dizaines de centimètres des mains et des jambes de la personne qui les utilise.
La débroussailleuse est l’une des machines qui est le plus souvent utilisée. Elle est démarrée puis portée (ex : au harnais) pendant de longues heures. Il suffit que son fil ou sa lame rencontre une pierre cachée dans l’herbe, ou qu’une personne s’approche sans que le paysagiste ne l’ait vue arriver, pour qu’elle devienne une source de risque.
Les chiffres de la MSA permettent de mieux s’en rendre compte. Dans les entreprises du paysage, l’entretien des végétaux (ex : débroussaillage, taille, tonte) est l’activité au cours de laquelle surviennent le plus d’accidents : elle est à l’origine de 43,2 % des accidents du travail avec arrêt. Les outils à main coupants motorisés (ex : débroussailleuses, taille-haies, tronçonneuses) sont directement impliqués dans 6,7 % de ces accidents, et la main concentre à elle seule plus d’un quart des lésions (26,1 %).
Il existe trois cas de figure dans lesquels ces machines peuvent devenir particulièrement dangereuses et où les accidents sont les plus graves. Le premier est le contact de l’organe de coupe avec un obstacle : lorsque le fil ou la lame de la débroussailleuse heurte une pierre ou un autre obstacle, l’objet est projeté à grande vitesse. En cas de rencontre avec un objet solidement ancré (ex : bloc béton), une lame métallique peut rebondir brusquement. Le deuxième cas de figure intervient lors du débourrage : des végétaux s’enroulent autour de la tête de coupe ou se coincent entre les lames du taille-haie, et le paysagiste tente de les retirer sans mettre la machine à l’arrêt, voire pire, sans attendre l’arrêt complet des organes de coupe. Enfin, le troisième cas de figure est la taille dans une position instable : tailler le haut d’une haie bras tendus au-dessus des épaules, ou debout sur un escabeau, peut conduire à de graves accidents en cas de perte d’équilibre.
À ces trois cas de figure s’ajoute également la présence de tiers à proximité. Le paysagiste intervient le plus souvent dans un jardin habité, où peuvent se trouver le client, ses enfants, un animal domestique, un voisin lors du débroussaillage en bordure d’habitation, ou encore des passants lorsque l’on débroussaille en bordure de voirie. La plupart des incidents ont lieu sur des chantiers où une zone de travail n’a pas été clairement délimitée et où une personne s’est approchée pour venir parler au paysagiste (qui ne l’entend pas du fait du bruit des machines et des protections auditives). Aucune réglementation ne fixe de distance de sécurité précise à respecter, mais un document publié par le ministère de l’Agriculture fait état d’un rayon de 10 mètres à maintenir entre deux opérateurs.
Les dommages qui peuvent résulter de toutes ces situations de travail sont des coupures profondes aux mains et aux jambes, des sectionnements de tendons voire de doigts, des atteintes oculaires pouvant entraîner la perte d’un œil en cas de projection, ainsi que des blessures diverses chez les tiers qui seraient touchés par un objet projeté. Il est également important de considérer les risques de contamination biologique : une plaie non désinfectée et pansée peut entrer au contact avec de la terre souillée ou avec des végétaux, et provoquer des infections biologiques (ex : tétanos).
La prévention des risques de coupures et de projections à inclure dans le document unique doit notamment reposer sur :
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Préparer la zone avant de démarrer la machine : cela passe par une reconnaissance du terrain avant chaque débroussaillage, pour retirer tout ce qui peut être projeté (ex : pierres, morceaux de bois, jouets d’enfants ou d’animaux, fil de fer, etc) et repérer les obstacles fixes (ex : bordures, regards, grillages, pieds de murets). Les zones qui ne peuvent pas être dégagées doivent être travaillées plus lentement, avec une machine à fil plutôt qu’à lame. Cette mesure organisationnelle gratuite supprime une grande partie des risques de projections.
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Délimiter une zone de sécurité et en éloigner les tiers : avant de se mettre au travail, demandez au client de bien vouloir se tenir éloigné, ainsi que ses enfants et ses animaux, et balisez les zones critiques accessibles à d’autres personnes (ex : bordure de voirie, bordure de propriété non grillagée, etc). Lorsque plusieurs salariés débroussaillent sur un même terrain, ils doivent veiller à respecter une certaine distance de sécurité de référence (globalement 10 mètres). Dans tous les cas de figure, ayez le réflexe de couper la machine si une personne s’approche à proximité de vous, et ne la redémarrez qu’une fois que cette personne s’est éloignée.
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Utiliser l’outil de coupe adapté, en bon état et protégé par son carter : réservez les machines à fil aux abords et aux obstacles, et les machines à lames aux broussailles et aux résidus de mauvaises herbes tenaces. Chaque machine doit disposer de son carter de protection d’origine pour protéger l’utilisateur de ses projections. Remplacez immédiatement tout outil de coupe ébréché, fissuré voire courbé : un dispositif de coupe abîmé peut se rompre en cours de rotation, et ses fragments constituent alors une grave source de risque. Vérifiez donc systématiquement l’état de l’outil de coupe avant chaque utilisation.
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Ne jamais débourrer une machine en fonctionnement : arrêtez toujours le moteur en premier lieu, attendez bien l’arrêt complet des organes de coupe, et pour les machines sur batterie, retirez la batterie avant d’intervenir. Débourrer rapidement sans mettre la machine en sécurité pour gagner une petite minute est souvent à l’origine de graves accidents : c’est une habitude qui n’est pas évidente à effacer chez les habitués, mais qu’il est important de proscrire malgré tout.
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Tailler les haies hautes depuis le sol : Utiliser préférentiellement un taille-haie sur perche pour la partie haute des haies, plutôt que d’utiliser un escabeau avec un taille-haie classique. Si c’est impossible, et dans ce cas seulement, travaillez depuis une plateforme munie de garde-corps (ex : plateforme individuelle roulante) installée sur un sol stable, et jamais depuis une échelle. « Une seule fois » peut être la fois de trop, et conduire à un accident grave, aux conséquences irréversibles.
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Entretenir les machines et vérifier leurs dispositifs de sécurité : affûtez régulièrement les lames des taille-haies et des débroussailleuses (une lame émoussée pénètre moins bien dans les végétaux à couper, et en conséquence, augmente les vibrations). Vérifiez avant chaque utilisation le fonctionnement de la gâchette de sécurité, du bouton d’arrêt ainsi que le réglage du harnais, qui doit permettre de tenir la machine sans effort et avec un bon équilibre. Retirer un dispositif de protection pour gagner en rapidité / confort de travail est également à l’origine d’accidents graves : même si ces dispositifs peuvent s’avérer contraignants voire pénibles, gardez en tête qu’ils sont là pour vous protéger d’une éventuelle mauvaise manipulation, un jour pas fait comme un autre.
Prévenir les risques liés aux épisodes de chaleur intense chez les paysagistes.
Certains peuvent penser que la chaleur est un facteur externe inhérent au métier, et que l’employeur, ne faisant pas la pluie et le beau temps, n’a pas d’emprise sur le sujet. Pourtant, l’exposition à la chaleur est un risque professionnel à évaluer et à inscrire dans le document unique au même titre que les autres risques, et c’est désormais une obligation expressément demandée par le Code du travail !
La pleine saison d’un paysagiste coïncide avec les mois les plus chauds de l’année. C’est en été que la pelouse pousse, que les haies doivent être taillées, qu’arroser est le plus nécessaire, et que les clients souhaitent davantage profiter de leur jardin. Le personnel travaille alors en plein soleil, durant de longues heures, avec des efforts physiques importants. C’est cette combinaison forte température / effort qui est particulièrement à risque lors des périodes de forte chaleur, comme le rappelle l’INRS.
Les chiffres de Santé publique France permettent de mieux s’en rendre compte. Durant l’été 2025, 9 accidents du travail mortels en lien possible avec la chaleur ont été notifiés par la Direction générale du travail, dont 6 survenus dans le cadre d’une activité de construction et travaux ou d’agriculture, c’est-à-dire des secteurs dont les conditions de travail sont très proches de celles des paysagistes.
Depuis le 1er juillet 2025, les articles R.4463-1 et suivants du Code du Travail imposent aux employeurs d’évaluer les risques liés à l’exposition des salariés aux « épisodes de chaleur intense », que ce soit en intérieur ou en extérieur. Un épisode de chaleur intense correspond à l’atteinte des niveaux de vigilance canicule jaune, orange ou rouge du dispositif de Météo-France. En cas de risque, l’employeur doit définir des actions de prévention. Le décret du 27 mai 2025 en liste quelques-unes : adaptation de l’organisation et des horaires de travail, aménagement des postes, moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire, mise à disposition d’eau potable fraîche en quantité suffisante (au moins trois litres d’eau par jour et par travailleur en l’absence de point d’eau courante selon l’Article R4534-143), choix d’équipements adaptés, information et formation des salariés, etc.
On peut définir trois situations dans lesquelles la chaleur est un facteur de risque particulièrement critique. La première situation est la non acclimatation : l’organisme met plusieurs jours à s’habituer à la chaleur (huit à douze jours selon l’INRS), et cette adaptation se perd après environ huit jours sans exposition. Les premiers jours de canicules, et les épisodes successifs de canicules entrecoupés de périodes « normales » ou « pluvieuses » sont donc des moments particulièrement à risque. La deuxième situation est la pose d’un revêtement en plein soleil : la pose d’un dallage, d’une allée en pavés ou d’une terrasse sans ombre, sur des surfaces qui emmagasinent la chaleur et la restituent, avec des charges lourdes à manipuler. La troisième est le port d’équipements de protection trop couvrants et avec des matériaux inadaptés : un pantalon et un haut de travail en coton épais, des bottes, des gants et un casque équipé d’une visière et de protections auditives limitent l’évaporation de la sueur, alors qu’ils restent indispensables face aux projections.
Les dommages qui peuvent résulter de ces situations de travail sont des crampes, des maux de tête, une fatigue intense, une déshydratation, des malaises, voire un coup de chaleur, qui peut être fatal. La chaleur provoque aussi une baisse de vigilance qui augmente les risques de se blesser via d’autres sources de risques (ex : en manipulant une débroussailleuse, ou en conduisant le camion en fin de journée). Pour le salarié, un malaise sur un chantier seul peut avoir des conséquences dramatiques. Pour l’entreprise, c’est l’organisation interne de toute une saison de travail qui peut être perturbée.
La prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense à inclure dans le document unique doit notamment reposer sur :
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Surveiller chaque jour la vigilance canicule : au printemps et en été, consultez chaque jour la carte de vigilance canicule de Météo-France pour chacun des départements dans lesquels vous intervenez, et adaptez l’organisation de la journée dès le niveau jaune en conséquence.
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Décaler les horaires et réorganiser les chantiers : autant que possible, commencer plus tôt le matin pour terminer également plus tôt l’après-midi, et réserver les heures les plus chaudes de la journée aux tâches moins physiques et aux chantiers ombragés. Lors des épisodes orange et rouge, reportez les chantiers de pose de revêtement et les manutentions lourdes.
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Emporter de l’eau fraîche en quantité suffisante sur chaque chantier : équipez chaque véhicule d’un moyen de faire du froid ou de conserver du froid (ex : petit frigo, glacière, gourde isotherme remplie d’eau potable fraîche avant le départ du dépôt). L’article R.4463-4 impose de fournir une quantité d’eau fraîche d’au moins trois litres d’eau par jour et par travailleur en l’absence de point d’eau courante (Article R4534-143 du Code du Travail). Buvez régulièrement, même en l’absence de sensation de soif.
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Aménager des pauses à l’ombre : prévoyez des pauses plus fréquentes, dans un endroit frais et ombragé. Sur les chantiers sans ombre, emportez un abri de chantier (ex : tonnelle, parasol de chantier), et si possible, équipez votre flotte de véhicules de la climatisation (cela s’avèrera de plus en plus nécessaire au fil du temps du fait de l’augmentation des phénomènes climatiques extrêmes, notamment des fortes canicules en été). La clim permet de récupérer (au moins un peu) physiquement entre deux chantiers.
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Tenir compte de l’acclimatation et éviter le travail isolé : Lors des épisodes de chaleur intense, et en particulier lorsqu’ils sont nouveaux, les travaux doivent préférentiellement se faire en binôme lorsque c’est organisationnellement possible, afin que chacun puisse donner l’alerte en cas de problème de son binôme (ex : maux de tête, nausées, propos incohérents, transpiration qui s’arrête). Si ce n’est pas possible, équipez préférentiellement les salariés de dispositifs de type homme mort (DATI), et / ou à défaut, organisez des appels téléphoniques réguliers avec le(s) salarié(s) isolé(s).
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Définir la conduite à tenir en cas de malaise : tout salarié présentant des signes de coup de chaleur devra cesser immédiatement le travail à titre provisoire et être placé à l’ombre et rafraîchi (ex : enlever ses vêtements du haut et être aspergé d’eau), pendant qu’un collègue appelle le 15 pour demander un avis médical (si cela s’avère nécessaire, les urgences seront alors envoyées sur place). Ce protocole peut être intégré au document unique même s’il ne relève pas de la prévention avant accident à proprement parler.
Les EPC et EPI indispensables pour tout paysagiste.
Chez un paysagiste, la protection doit passer en premier lieu par le choix des machines, la préparation des chantiers et l’organisation du travail, avant la fourniture d’équipements de protection individuelle aux salariés, même si cela reste indispensable.
Cette hiérarchie suit les principes énoncés par l’article L.4121-2 du Code du travail, qui impose de combattre les risques à la source et de donner la priorité aux mesures de protection collective sur les mesures de protection individuelle.
Les protections collectives qui nous paraissent nécessaires pour tout paysagiste sont :
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Des débroussailleuses, taille-haies et tondeuses en bon état, équipés de leurs carters et de leurs dispositifs de sécurité (ex : gâchette de sécurité, bouton d’arrêt, capot d’éjection), que le personnel devra toujours laisser en place.
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De préférence des machines à batterie lorsque les tâches à réaliser le permettent. Elles réduisent généralement les vibrations, le bruit, n’émettent aucun gaz d’échappement nocifs, et suppriment la logistique liée à l’essence et à l’huile moteur sur le chantier (gain organisationnel pour l’entreprise).
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Des taille-haies sur perche pour la taille des parties hautes des haies, afin de travailler au sol et diminuer les risques de chutes de hauteur.
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Du matériel de balisage (ex : rubalise, cônes, panneaux de signalisation de chantier) dans chaque véhicule, pour délimiter la zone de sécurité autour des machines en bordure de voirie notamment.
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Des aides à la manutention adaptées aux jardins : brouettes (motorisées si possible), diables, chariots, pinces à bordures et ventouses de pose pour les dalles, afin de supprimer une grande partie du port de charges.
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Des moyens d’accès en hauteur adaptés : plateformes individuelles roulantes, escabeaux, marchepieds (à privilégier dans cet ordre). L’échelle reste à proscrire en tant que plateforme de travail : elle doit uniquement servir de moyen d’accès à des zones situées en hauteur.
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Une disqueuse équipée d’un dispositif d’arrosage ou d’aspiration pour la découpe des pavés, dalles et bordures, afin de limiter les émissions de poussières à la source.
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Des rampes de chargement adaptées au poids des machines, et des sangles d’arrimage en bon état dans chaque véhicule. Les machines devront toujours être arrimées avant de prendre la route.
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Un frigo / une glacière ou une grande gourde isotherme d’eau fraîche ainsi qu’un abri de chantier facilement et rapidement montable / démontable (ex : tonnelle) dans chaque véhicule, pour les épisodes de chaleur intense (ex : canicule).
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Un bidon de carburant équipé d’un bec verseur, des entonnoirs de différentes tailles, et un stockage des carburants au dépôt dans un local un minimum ventilé, à l’écart de toute source possible d’inflammation (ex : chauffage dégageant de la chaleur).
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Une trousse de premiers secours dans chaque véhicule (ex : désinfectant, pansements, compresses, pince à tiques, sérum physiologique pour le rinçage des yeux), conformément à l’article R.4224-14 du Code du travail. Un petit extincteur est fortement recommandé (des départs de feu liés à l’activité d’entreprise de paysagisme ont déjà eu lieu durant la canicule de l’été 2026).
Les protections individuelles qui nous paraissent nécessaires pour tout paysagiste sont :
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Des chaussures ou des bottes de sécurité (Type EN ISO 20345), de préférence montantes pour maintenir la cheville sur les terrains irréguliers.
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Un casque de protection (Type EN 397) équipé d’une visière grillagée (Type EN 1731) et de protections auditives (Type EN 352), pour le débroussaillage et la taille des haies.
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Des lunettes de protection (Type EN 166) pour toute tâche présentant des risques de projections de matière dans les yeux (ex : découpe de matériaux, utilisation du souffleur).
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Des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN 388) pour les manutentions, la taille et la manipulation des végétaux épineux.
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Des gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374) pour le remplissage des machines en carburant et la manipulation des produits de traitement.
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Des genouillères (Type EN 14404), de préférence intégrées au pantalon de travail, pour la pose des dallages et les plantations.
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Un masque respiratoire FFP3 (Type EN 149) pour la découpe à sec de matériaux, lorsque la découpe à l’eau n’est pas possible.
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Des vêtements à haute visibilité (Type EN ISO 20471) pour les travaux sur la voie publique et/ou en bordure de voirie, en particulier au petit matin ou par temps de pluie.
Il est également nécessaire de fournir des protections solaires au personnel du fait du travail régulier en plein soleil, et ce durant la période estivale (ex : casquette ou bob protégeant également la nuque à l’effigie de l’entreprise, lunettes de soleil, vêtements légers et respirants en polyester de couleur orange couvrant les bras et les jambes). (Attention : l’utilisation de la tronçonneuse requiert le port d’EPI spécifiques contre les coupures par chaîne. Pour plus d’informations, consulter notre article sur l’élagage.)
Ces équipements devront être mis gratuitement à disposition des salariés par l’employeur, qui devra également en assurer l’entretien voire le remplacement si nécessaire, conformément à l’article R.4321-4 du Code du travail. De son côté, le salarié est tenu de les utiliser conformément aux consignes reçues, en application de l’article L.4122-1. Un contrat de courte durée (ex : saisonnier recruté pour la pleine saison) ne dispense en rien de fournir ces équipements.
La formation et la sensibilisation aux risques des salariés du paysage.
La formation des salariés à la sécurité est une obligation à part entière de l’employeur. Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent d’organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité au poste de travail de chacun des salariés lors de l’embauche, en cas de changement de poste, ou après un arrêt de travail prolongé. Cette obligation ne connaît pas d’exception, y compris pour les contrats courts.
Voici les formations qui nous paraissent nécessaires pour toute entreprise du paysage :
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Accueil sécurité systématique de tous les nouveaux membres du personnel, y compris des non-permanents : saisonniers, apprentis voire stagiaires, le jour de leur arrivée, en s’appuyant sur les risques identifiés dans le document unique et avec présentation du matériel (ex : emplacement de la trousse de secours et de l’extincteur dans le véhicule, EPI fournis, consignes de chargement et d’arrimage, etc.). Selon la MSA, les salariés de moins de 30 ans réalisent 36,1 % des heures travaillées dans le secteur, mais totalisent 42,8 % des accidents du travail avec arrêt.
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Utilisation en sécurité des débroussailleuses et des taille-haies, et connaissance des situations dans lesquelles ces machines deviennent particulièrement dangereuses (contact avec un obstacle, débourrage, taille en étant dans une position d’instabilité), avec au moins un petit contrôle des acquis. Une personne qui n’a jamais utilisé une machine de coupe dangereuse (ex : machine à chaîne) ne devrait jamais pouvoir le faire seule, sans accompagnement, au moins le temps de se familiariser avec celle-ci.
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Autorisation de conduite écrite délivrée par l’employeur pour les engins (ex : mini-pelle, mini-chargeur, tracteur) après formation correspondante, conformément à l’article R.4323-55 du Code du travail.
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Formation PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique), pour apprendre les bons gestes à effectuer lors des manutentions (ex : pose de dalles, plantation d’arbustes en conteneur), et apprendre à organiser son chantier afin de limiter les ports de charges inutiles (ex : approvisionner les matériaux au plus près de la zone de pose).
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Sensibilisation aux risques liés à la chaleur, pour savoir reconnaître les signes d’alerte du coup de chaleur chez soi comme chez un collègue, et connaître la conduite à tenir en cas de malaise. Cette information fait partie des mesures listées par le Code du travail pour les épisodes de chaleur intense.
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Risque chimique et lecture des étiquettes des carburants et des produits de traitement, en s’appuyant sur les pictogrammes (ex : SGH02 de la flamme pour les produits inflammables, SGH07 du point d’exclamation) et en apprenant à exploiter les fiches de données de sécurité, qu’il vous faut absolument réclamer auprès de vos fournisseurs (quasi systématiquement demandées par l’inspection du travail en cas de contrôle).
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Formation à la gestion des litiges et à l’agressivité potentielle de clients. Il est possible de faire des mises en situation tirées de cas réels, rencontrés sur les chantiers de l’entreprise.
La formation SST (Sauveteur Secouriste du Travail) est également pertinente dans une entreprise du paysage, au vu des possibilités de se blesser avec une machine de coupe sur des chantiers parfois éloignés et où les secours peuvent mettre davantage de temps à arriver.
Chaque formation suivie devra être tracée. Elles devront alimenter le passeport de prévention, prévu à l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations, certificats et diplômes obtenus par le travailleur en matière de santé et de sécurité au travail. L’INRS a par ailleurs publié une brochure consacrée au travail par forte chaleur (ED 6371) ainsi qu’un dépliant destiné aux salariés (ED 6372), utiles comme supports d’accueil.
Quelles sont les situations qui imposent de mettre à jour le document unique d’une entreprise du paysage ?
Un document unique doit être mis à jour à chaque fois que la réalité de l’entreprise de paysagisme s’écarte de ce qui y est décrit : une nouvelle activité, un nouvel engin, un nouveau poste de travail, ou encore un risque que l’on n’avait pas répertorié.
L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit trois cas de mise à jour du document unique. Pour les paysagistes :
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Au moins une fois par an dans les entreprises de paysagisme de 11 salariés et plus. En dessous de ce seuil, aucune fréquence minimale n’est imposée.
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Lors de toute décision d’aménagement modifiant les conditions de santé et de sécurité, ou les conditions de travail. Applicable à toute entreprise de paysagisme peu importe ses effectifs.
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Lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance du paysagiste. Applicable à toute entreprise de paysagisme peu importe ses effectifs.
En ce qui concerne le troisième cas de figure impliquant la mise à jour du document unique, il est nécessaire de privilégier les presque-accidents et de ne pas attendre que de réels accidents surviennent. Prenons un cas concret afin de l’illustrer : un salarié qui tond un talus avec un tracteur tondeuse sent la machine partir en glissade latérale sur l’herbe encore humide du matin, et par chance, la machine s’arrête avant de partir en tonneau. Aucun accident du travail n’est à déclarer, personne n’est en arrêt, mais il faut éviter que la situation se présente à nouveau et qu’un grave accident survienne : il faut donc inscrire ce danger dans le document unique et trouver une ou plusieurs actions correctives pour ne plus que cela arrive (ex : interdiction de passer la tondeuse autoportée en dévers sur les pentes dépassant un certain angle d’inclinaison, et utilisation de la débroussailleuse à la place, quitte à ce que cela prenne un peu plus de temps).
C’est pour effectuer ces mises à jour que nos documents uniques sont au format Excel et non au format PDF : vous pouvez tout modifier par vous-même, entreprendre vos propres mises à jour, facilement et rapidement, sans devoir passer à nouveau à la caisse. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique détaille la marche à suivre.
Mettre en place les mesures de prévention des risques inscrites dans le document unique au sein de votre entreprise du paysage.
Une fois les risques évalués et les actions de prévention des risques définies, il reste à les mettre en place dans l’entreprise du paysage. C’est cette étape qui transforme une « obligation administrative » en un véritable gain perceptible pour le paysagiste.
L’article L.4121-3-1 du Code du travail est justement relatif à cette étape. Il impose aux entreprises de 50 salariés et plus d’établir un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT). En dessous de ce seuil de 50 salariés (ce qui correspond à la quasi-totalité des entreprises de paysagisme) l’employeur devra uniquement définir des actions de prévention et les inscrire dans le document unique. (Ce même article du Code du travail impose la durée de conservation du document unique et de ses versions successives à quarante ans minimum.)
Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que ce type de calendrier est efficace pour mettre en place les actions de prévention des risques sur le terrain. C’est pourquoi nos documents uniques intègrent tous un calendrier de type PAPRIPACT : chaque mesure de prévention se voit attribuer une échéance de mise en place : au cours du premier semestre, au cours du deuxième semestre, ou peut-être l’année prochaine. (Si vous avez moins de 50 salariés, vous n’êtes pas obligé de l’utiliser : le calendrier de prévention des risques reste alors facultatif pour vous)
Cette approche a du sens pour une entreprise de paysagisme, du fait d’investissements qui sont parfois lourds. Par exemple, le remplacement d’un parc de machines thermiques par des machines électriques ne peut pas se faire du jour au lendemain, en claquant des doigts. Il faut se renseigner sur les produits existants, voir s’ils sont compatibles avec l’utilisation que compte en faire l’entreprise (ex : autonomie, recharge sur le terrain), potentiellement les tester sur le terrain, établir des devis, voir si des financements sont disponibles (ex : auprès de la MSA, qui propose aux très petites entreprises agricoles une aide financière simplifiée agricole (AFSA) pouvant couvrir jusqu’à la moitié de certains investissements de prévention), et c’est donc tout à fait normal que cela prenne du temps !
Gardez à l’esprit que ce qui compte en cas de contrôle de l’inspection du travail, ce n’est pas que tout soit réalisé : c’est que vous avanciez sur le parcours (et si cela est tracé, cela constitue une preuve de votre bonne foi).
Notre page sur l’évaluation des risques professionnels détaille la méthode sur laquelle repose la planification de la prévention des risques professionnels.
FAQ sur le document unique pour les paysagistes.
C’est quoi le document unique pour une entreprise ?
C’est le document dans lequel l’employeur consigne le résultat de l’évaluation des risques professionnels. Il liste les dangers présents dans l’entreprise, décrit les risques auxquels les salariés sont exposés et les classe du plus grave au moins grave. Il fait également correspondre à chacun de ces risques des mesures de prévention.
Est-ce que le document unique est obligatoire pour mon entreprise de paysagisme ?
Oui. L’obligation s’applique dès le premier salarié. Un saisonnier embauché pour la pleine saison de tonte, un apprenti en CAP Jardinier paysagiste ou un salarié à temps partiel déclenchent l’obligation au même titre qu’un chef d’équipe à temps plein.
Quel est le rôle du document unique dans mon entreprise de paysagisme ?
Il sert à identifier les dangers auxquels sont exposés les salariés sur les chantiers, à les hiérarchiser du plus grave au moins grave, puis à choisir les mesures de prévention utiles pour s’en protéger.
Faut-il faire figurer les épisodes de chaleur intense dans le document unique de mon entreprise de paysagisme ?
Oui, au même titre que n’importe quel autre risque professionnel. Depuis le 1er juillet 2025, les articles R.4463-1 et suivants du Code du travail imposent d’évaluer les risques liés à l’exposition des salariés aux épisodes de chaleur intense, en intérieur comme en extérieur. Ce risque doit donc apparaître dans le document unique, ainsi que les actions de prévention adaptées pour y faire face (ex : veille de la vigilance canicule, horaires décalés, eau fraîche dans chaque véhicule, pauses à l’ombre, travail en binôme).
Comment rédiger le document unique de mon entreprise de paysagisme ?
En quatre étapes : découper l’activité en unités de travail (conception, aménagement, entretien, déplacements…), recenser les dangers de chacune, évaluer les risques à partir de plusieurs paramètres (ex : occurrence, exposition, gravité, maîtrise), puis définir les mesures de prévention associées. Notre guide de rédaction du document unique détaille la méthode que nous utilisons.
Qui doit établir le document unique de mon entreprise de paysagisme ?
Le chef d’entreprise. Il peut le rédiger lui-même s’il en a les compétences, ou à défaut faire appel à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP.
Qui peut consulter le document unique de mon entreprise de paysagisme ?
Les salariés, saisonniers compris, les membres du CSE lorsqu’il y en a, l’inspection du travail lors d’un contrôle, ainsi que les services de santé au travail et les conseillers en prévention de la MSA. Un ancien salarié peut également en demander communication pour les périodes durant lesquelles il a travaillé dans l’entreprise, ce qui explique en partie l’obligation de conservation du document unique sur une durée de quarante ans.
Où stocker le document unique de mon entreprise de paysagisme ?
Il doit être accessible sur demande à toute personne ayant le droit de le consulter. Cela peut être sur support papier, ou bien sur support informatique, sur un ordinateur du dépôt auquel le personnel peut accéder par exemple.
Qui doit mettre à jour le document unique de mon entreprise de paysagisme ?
Le chef d’entreprise. Il peut également la confier à un prestataire, mais cela ne le déresponsabilise pas aux yeux de la loi. C’est pour faire ces mises à jour que nous livrons nos documents uniques au format Excel, qui est un format modifiable, contrairement au format PDF proposé par d’autres entreprises du secteur.
Téléchargement du document unique paysagiste gratuit.
Pour terminer, nous mettons à disposition un modèle de document unique gratuit pour paysagiste à télécharger.
Il se présente sous la forme d’un fichier Excel de 5 pages :
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Une page d’illustration pour les paysagistes.
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Une page d’informations sur l’entreprise.
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Une page de présentation de la méthode d’évaluation des risques professionnels.
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Une page d’évaluation des risques professionnels.
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Une page de prévention des risques professionnels, avec son calendrier de mise en œuvre.
Ce modèle est gratuit et totalement modifiable, comme nos autres documents uniques par métier déjà complétés, tels que notre document unique paysagiste à retrouver ici.
Comme le domaine du paysage regroupe des activités proches les unes des autres, nous vous rappelons que nous avons écrit des articles dédiés à l’élagage, à l’horticulture, au terrassement et aux maçons.














