Faire son document unique paysagiste Guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, Ingénieur sécurité au travail - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 24 Mars 2026
Le paysagisme cumule des risques physiques importants, mais aussi des risques chimiques, biologiques et routiers. Entre les manutentions, l’utilisation d’outils coupants ou vibrants, le travail en extérieur, les déplacements chez les clients et la relation commerciale, l’évaluation des risques mérite d’être structurée avec méthode. Dans cet article, nous présentons les différents choix que nous avons retenus pour la création de notre propre document unique destiné aux paysagistes, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.
À partir de quand vous faut-il un document unique pour votre entreprise de paysagisme ?
À partir du moment où l’entreprise emploie au moins un salarié, l’employeur doit évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs et transcrire les résultats de cette évaluation dans le document unique. Cette obligation résulte notamment des articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail.
Dans une entreprise de paysagisme, cette obligation se justifie facilement par la diversité des situations de travail rencontrées : travail de conception en bureau, chantiers d'aménagement de jardins, entretiens d'espaces verts, conduite, contacts avec la clientèle. Nous avons donc fait le choix d’organiser notre propre document unique autour d’unités de travail distinctes afin de couvrir les principales situations rencontrées dans la majorité des entreprises de paysagisme.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique.
L’article R4121-1 du Code du travail prévoit que l’évaluation comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail. Dans notre document unique paysagiste, nous avons retenu six unités de travail : conception de jardin, aménagement de jardin, entretien d’espace vert, déplacement routier, contact clientèle et environnement de travail.
Ce découpage nous a paru pertinent, car il permet de séparer les activités de bureau des activités de chantier, d’isoler le risque routier, de faire apparaître les tensions potentielles avec la clientèle et de mettre en évidence les risques que l'on retrouve dans ses multiples activités via l'environnement de travail.
Conception de jardin
La conception de jardin correspond à la phase bureau d’études. Les risques y sont moins spectaculaires que sur chantier, mais ils existent bien : travail prolongé sur écran, posture assise, charge mentale, échanges téléphoniques avec les clients et petites situations dangereuses propres aux bureaux. Les principaux dangers liés à cette unité de travail sont :
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Posture assise prolongée au bureau
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Travail prolongé sur écran d’ordinateur
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Petites coupures ou blessures lors de l’utilisation de matériel de bureau.
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Manque de luminosité lié au travail en intérieur en particulier lors de l’automne / l’hiver
Aménagement de jardin
L’unité de travail « aménagement de jardin » regroupe les travaux de transformation du jardin : pose de terrasse, clôture, dallage, maçonnerie légère, travail du bois ou de la pierre, perçage, découpe et assemblage. C’est une unité de travail où les risques physiques sont particulièrement présents avec possiblement des impacts à long terme, et où les accidents de travail peuvent être particulièrement graves, avec des blessures potentiellement irréversibles. Les principaux dangers liés à cette unité de travail sont :
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Manutentions manuelles de charges lourdes : dalles, pierres, sacs, bois, rouleaux de grillage et autres matériaux.
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Postures contraignantes : travail à genoux, dos penché, travail accroupi, torsion du buste ou travail bras en l’air.
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Coupures, coincements, perforations voire arrachements de membres lors de l’utilisation de machines, principalement électroportatives
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Projections d’éclats, de poussières ou de corps étrangers dans les yeux et plus largement sur le corps.
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Gestes répétitifs lors de l’utilisation prolongée d’outils manuels.
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Bruit lors de l’utilisation de machines de perçage, de coupes / de rabotage voire lors de l’utilisation de générateur (groupe électrogène)
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Vibrations lors de l’utilisation de machines.
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Exposition aux poussières de ciment en cas de fabrication de béton
Entretien d’espace vert
L’unité de travail « entretien d’espace vert » couvre les travaux liés à l’entretien des végétaux. Il s’agit notamment des travaux de tonte, de taille, de débroussaillage, d’élagage, de désherbage et de manière globale, tout ce qui a trait aux végétaux. C’est également une unité de travail ou les travailleurs sont particulièrement exposés, à la fois à court terme avec de possibles blessures graves en cas d’accident de travail, mais aussi à long terme avec le développement possible de Troubles Musculo Squelettiques (TMS), de surdité (bruit) voire de manière beaucoup plus rare, des troubles liés aux vibrations en cas d’exposition prolongée. Les principaux dangers liés à cette unité de travail sont :
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Manutentions et postures contraignantes lors des travaux de taille, de plantation, d’arrachage et d’entretien.
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Coupures, plaies et sectionnements liés à l’utilisation de machines de motoculture: sécateurs, cisaille, etc.
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Coupures, plaies et sectionnements liés aux machines : débroussailleuses, tronçonneuses, tondeuses, etc.
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Projections d’éclats de bois, de pierres, de poussières ou de végétaux.
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Exposition aux allergènes : pollens, piqûres d’insectes
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Exposition aux contaminations par virus et bactérie : morsures, végétaux épineux, terre souillée.
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Exposition aux produits phytosanitaires en cas d’utilisation : désherbant, insecticides, fongicides.
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Exposition à l’essence, aux huiles moteurs (surtout deux temps) et aux gaz d’échappement.
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Bruit lors de l’utilisation des machines de motoculture : débroussailleuses, tronçonneuses, tondeuses, etc.
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Vibrations transmises aux mains et aux bras lors de l’utilisation de machines de motoculture
Déplacement routier
Nous avons retenu une unité de travail « déplacement routier », car l’activité de paysagiste nécessite d’être véhiculé pour se déplacer sur les chantiers, en emmenant le plus souvent avec soi les fournitures, les outils, ainsi que les machines à utiliser. Se déplacer en véhicule n’étant pas sans risque, il est nécessaire que les dangers liés figurent dans le document unique. Voici les principaux dangers liés à cette unité de travail
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Accident de la route : fatigue, planning trop chargé, mauvaises conditions de circulations (météo), non-respect du Code de la route (ex : téléphone au volant).
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Chargement inadéquat des fournitures ou du matériel transporté
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Heurt avec des piétons lors de manœuvres sur les chantiers.
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Stationnement en pente avec frein à main défectueux.
Contact clientèle
Nous avons également retenu une unité de travail « contact clientèle » afin d’isoler les risques liés à la relation clientèle. Pour beaucoup d’employés travaillent dans des entreprises de paysagisme, une relation clientèle est quasi quotidienne du fait de l’intervention chez les particuliers : visite chez le client, devis, échanges pendant les travaux, et possiblement réclamations (délais, prix, etc.). Les principaux dangers liés à cette unité de travail sont :
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Agressions verbales, insultes ou menaces.
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Agressions physiques en cas de situation conflictuelle forte.
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Stress émotionnel lié aux réclamations ou à l’insatisfaction de certains clients.
Environnement de travail
Dans notre document unique, l’unité de travail « environnement de travail » permet de traiter les risques pour lesquels les paysagistes sont exposés, et ce peu importe les tâches qu’ils ont à effectuer. Il s’agit donc de danger récurrent au sein du métier. Les principaux dangers liés à cette unité de travail sont :
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Chutes de plain-pied sur terrain irrégulier, encombré ou glissant.
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Chutes de hauteur, depuis un moyen d’accès en hauteur ou depuis une plateforme située en hauteur.
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Exposition aux fortes chaleurs, en particulier lors des épisodes caniculaires.
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Exposition aux froids, à l’humidité et aux intempéries.
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Électrisation ou électrocution : installation électrique insécurisée ou défaillante (disjoncteur différentiel 30ma).
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Départ de feu ou incendie, aggravé en cas de stockage d’essences et/ou d’huiles moteurs en quantité importante.
La prise en compte de risques physiques qui sont majeurs chez les paysagistes.
Dans les entreprises de paysagisme, les risques physiques sont particulièrement proéminents. Les données d’accidentologie (concernant les accidents du travail) fournies par IRIS-ST montrent la répartition suivante :
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50 % provenant de manutentions manuelles
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22 % provenant d’outils à main
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16 % provenant de chutes de plain-pied
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6 % provenant de l’utilisation de machines
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3 % provenant de chutes de hauteur
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3 % provenant d’agressions, incluant celle par des animaux.
Le développement de troubles musculo-squelettiques à court terme voir à long terme sont un des principaux risques du métier de paysagiste. Les membres atteints sont le plus souvent les poignets, les coudes, les épaules, la colonne vertébrale, les genoux et les chevilles, avec des cas relativement fréquents de lombalgies, de tendinites, d’épicondylites ou encore d’hygroma du genou (travail fréquent et prolongé à genoux sans protection).
Le travail en extérieur rajoute également des contraintes physiques : épisode de forte chaleur en particulier en cas d’épisode caniculaire, et travail par grand froid (automne / hiver) en présence d’humidité (quand il ne s’agit pas de travailler sous la pluie directement).
Les Équipements de Protection Collectifs et Équipements de Protection Individuelle indispensable.
Au moment de définir les mesures de prévention des risques professionnels à appliquer pour chaque danger, nous vous conseillons de respecter la logique des principes généraux de prévention prévus par l'Article L4121-2 du Code du travail : privilégier d’abord les protections collectives, puis si cela ne suffit pas à supprimer complètement les risques, compléter par des protections individuelles.
Pour ce qui est des Équipements de Protection Collectifs (EPC), les éléments qui nous paraissent indispensables sont :
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Les aides à la manutention : brouette, diable, chariot, etc.
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Les moyens d’accès en hauteur : escabeau, échelles, nacelles, etc.
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Le rangement fréquent du chantier, qui est un facteur permettant de limiter les chutes
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La présence d’extincteurs de chantiers à proximité des zones sensibles
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La présence d’une trousse de premiers secours contenant du désinfectant, des pansements et des bandages.
Pour ce qui est des Équipements de Protection Individuelles (EPI), les équipements qui sont selon nous indispensable et à emmener avec soi sur les chantiers sont les suivants :
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Casque ou casquette coqué
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Vêtements de travail avec éléments de visibilité adaptés aux différentes conditions climatiques.
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Bottes de sécurité coquées et/ou chaussures de sécurité antidérapantes.
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Gants de manutention épais en cuir (Type EN388).
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Gants anti-coupure et anti-piqure (Type EN388).
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Gants de protection chimique (Type EN374).
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Genouillères pour le travail à genoux (Type EN 14404).
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Protection auditive : coquille antibruit sur casque, bouchons d’oreilles selon préférence (Type EN352).
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Lunettes de protection ou Visière grillagée (EN 1731) pour les tâches avec risques de projection.
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En cas d’utilisation de la tronçonneuse : gants anti-coupure (Type EN 11393-4), Pantalon ou protège-jambes (Type EN 11393-2), Chaussures ou bottes anti-coupure tronçonneuse (Type EN ISO 17249).
La formation et les actions de sensibilisations à mettre en place.
Le Code du travail prévoit qu’en plus de l’utilisation d’EPC et d’EPI, l’employeur informe et forme les salariés sur les risques inhérents à leur travail. Pour le métier de paysagiste, l’information et la sensibilisation sont importantes en matière de prévention des risques, car une partie de la prévention repose sur la réalisation des bons gestes (ex : manutention), le bon usage du matériel, et le respect des consignes de sécurité (ex : port systématique des EPI adaptés).
Dans notre document unique paysagiste, les formations et les axes de sensibilisation les plus importants sont selon nous :
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Information sur les gestes et postures à adopter pour les manutentions manuelles (formation PRAP).
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Information sur l’utilisation et l’entretien des machines et outils.
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Sensibilisation aux risques chimiques (en particulier si usage de produit phytosanitaire).
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Sensibilisation aux risques routiers..
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Consignes claires sur le port systématique des EPI.
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Formation travail en hauteur en cas de nécessité de travail en hauteur dans un espace sans garde-corps.
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Formations aux premiers secours et rappels des numéros utiles (Pompiers, Samu, Police).
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CACES dédié en cas d’utilisation d’engins de chantiers.
Quand modifier / mettre à jour ce document unique ?
L’Article R4121-2 du Code du travail prévoit :
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Une mise à jour périodique annuelle obligatoire pour les entreprises de 11 salariés et plus.
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Pas de fréquence périodique obligatoire de mise à jour pour les entreprises de 10 salariés ou moins
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La mise à jour du document pour toutes les entreprises, indépendamment du nombre de salariés qu’elles embauchent, lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail, ainsi que lorsqu’une information supplémentaire intéressant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur.
Pour une entreprise, ce dernier point va notamment concerner une évolution de l’entreprise, comme par exemple le lancement dans une nouvelle activité qui va engendrer de nouveaux risques. Dans ce cas, il sera nécessaire de réviser son document unique pour y rajouter l’ensemble des risques qui seront inhérents à cette nouvelle activité.
Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de la sécurité au sein de votre entreprise de paysagisme.
Dans notre document unique paysagiste, nous avons non seulement une partie évaluation des risques qui comporte l’intégralité des différentes rubriques que nous venons de passer en revue, mais nous avons également un calendrier de mise en œuvre connu sous le nom de PAPRIPACT. Le but est de pouvoir facilement et rapidement dire quelles mesures de préventions des risques sont déjà en place dans l’entreprise et lesquelles sont à mettre en place ou à renforcer. En effectuant ce travail périodiquement, vous entrez dans une boucle d’amélioration continue qui vous permettra de progresser sur le plan santé et sécurité dans votre entreprise, avec à la clé :
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Moins d’accidents du travail.
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Moins de journées de travail perdues chaque année pour l’entreprise.
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Une organisation de l’entreprise qui s’en trouve facilité.
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Une fidélisation de vos salariés du fait de meilleures conditions de travail.
L’article L4121-3-1 du Code du travail rend ce PAPRIPACT (Programme Annuel de Prévention des RIsques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail) obligatoire pour les entreprises employant au moins 50 salariés. Pour les autres, celui-ci reste légalement facultatif.
Téléchargement du document unique paysagiste gratuit.
Enfin, nous terminons cet article par la mise à disposition d’un modèle gratuit de document unique paysagiste à télécharger.
Ce modèle contient le même nombre de sections que notre document unique paysagiste déjà complété :
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Une page d'illustration
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Une page de renseignements sur l'entreprise
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Une page de présentation de la méthode d’évaluation des risques
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Une page d'évaluation des risques professionnels pour votre établissement
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Une page de prévention des risques professionnels + un calendrier de mise en oeuvre










