Faire son document unique sécurité privée
Guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, Ingénieur sécurité au travail - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 24 Avril 2026
Le métier d’agent de sécurité compte parmi les métiers les plus exposés aux risques professionnels mortels en France. Selon les statistiques de l'INRS, le taux de décès liés aux accidents du travail dans les métiers de la sécurité y est deux fois supérieur à la moyenne nationale des autres métiers. Des données de la CNAMTS datant de 2003 font état, pour cette seule année, de 4847 accidents avec arrêt, 309 avec invalidité permanente, 10 décès et 326071 journées de travail perdues pour les seules entreprises du secteur de la sécurité.
C’est à partir de ce triste constat d’accidentologie que nous allons vous présenter au cours de cet article les caractéristiques que nous avons retenues pour la conception de notre propre document unique destiné aux entreprises de sécurité privée, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.
À partir de quand vous faut-il un document unique pour votre entreprise de sécurité privée ?
L'article L4121-3 du Code du Travail impose à tout employeur, quelle que soit la taille de son entreprise, de transcrire dans un document unique l’évaluation des risques auxquels sont exposés son ou ses salariés. Car en effet, cette obligation s'applique dès le premier salarié embauché par l’entreprise, peu importe le type de contrat (CDD, CDI, alternance, temps plein ou temps partiel). Cette obligation s’applique à tous les types d’entreprises, peu importe le secteur d’activité. Les chefs d’entreprises de sécurité ne peuvent donc pas s’y soustraire.
Notre choix des unités de travail pour ce document.
Pour le résumer de manière simple, le document unique est une évaluation des différents risques professionnels auxquels sont exposés vos salariés au travail. Cette évaluation des risques doit être structurée dans des unités de travail (Article R4121-1 du Code du Travail). Une unité de travail est un regroupement de métiers / tâches effectuées au sein de l’entreprise et qui expose les travailleurs à des risques similaires. Pour notre document unique dédié aux entreprises de sécurité privée, nous avons retenu quatre unités de travail qui couvrent l'ensemble des activités généralement rencontrées par les professionnels du secteur :
Mission de sécurité et surveillance
L'unité de travail « Mission de sécurité et surveillance » regroupe l'ensemble des dangers liés aux activités réalisées par l’agent de sécurité lorsqu'il est en poste : surveillance statique en grande surface commerciale, en entrepôt ou en immeuble de bureaux, rondes à pied, filtrage d'accès, surveillance de lieux festifs (boîtes de nuit, concerts, événements ponctuels), surveillance de vidéosurveillance, etc. C'est l'unité de travail centrale du secteur de la sécurité, car c’est celle qui est liée aux agents de sécurité et qui concentre logiquement la plus grande source de risques professionnels. Les principaux dangers et risques provenant des missions de sécurité et de surveillance pour les agents de sécurité sont les suivants :
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Agression physique, pouvant provoquer dans la plupart des cas des hématomes, des contusions, des coupures, des griffures, voire des morsures. Il peut également y avoir des fractures d'un ou plusieurs os au niveau des membres supérieurs ou inférieurs du corps. Dans des cas heureusement rares, il peut également y avoir des traumatismes crâniens. Ces dommages physiques sont souvent accompagnés de dommages psychosociaux, tels que stress et anxiété au travail, perte de confiance en soi, trouble du sommeil et augmentation du risque d'addiction (ex : alcool, médicaments, drogues).
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Agression verbale, qui émane la plupart du temps d’insultes, de menaces ou de comportements agressifs de la part de tiers rencontrés en mission. Les agents de sécurité confrontés de manière régulière à ce type d'agression peuvent développer un sentiment de résignation, qui devient alors le siège de troubles psychosociaux à long terme : anxiété chronique, dépression, burn-out, voire recours à des substances psychoactives (ex : alcool, médicaments, drogues) comme mécanisme de réconfort.
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Position debout prolongée, le plus souvent liée aux missions de surveillance statique (magasins, entrepôts, lieux festifs) et qui est inévitable (impossibilité d’adopter une autre posture). La posture debout prolongée est susceptible de provoquer des douleurs aux pieds, un gonflement des jambes, des varices, une fatigue musculaire généralisée, ainsi que des douleurs lombaires et des atteintes de la nuque, des épaules, des hanches et des genoux. Ces risques sont aggravés par le fait que les missions de sécurité ne permettent généralement pas de faire des pauses régulières, même en cas de douleurs.
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Posture assise prolongée, qui est propre au poste de vidéosurveillance. Elle est principalement vectrice de raideurs des membres du corps, de lombalgies, notamment de douleurs musculaires dans le haut du dos au niveau des trapèzes. Elle peut engendrer des troubles de la circulation veineuse. Là encore, l’impossibilité d’effectuer des pauses régulières, même en cas de douleurs, est un facteur aggravant les risques.
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Travail de nuit et horaires atypiques, qui constituent une réalité quotidienne pour un grand nombre d’agents de sécurité. Travailler sur des plages horaires atypiques peut participer à augmenter les troubles somatiques, notamment digestifs, et tend à majorer le risque cardiovasculaire. Sur le plan psychologique, il favorise le stress, le risque de pathologie dépressive et le risque de développer des addictions. Il peut être la source de problèmes familiaux et sociaux du fait de l’éloignement des proches en raison d’horaires incompatibles. Enfin, travailler de nuit augmente le risque de somnolence et de manquer de luminosité, ce qui augmente le risque de se blesser avec d’autres risques (ex : chutes de plain-pied).
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Travail en extérieur, exposant les agents de sécurité aux mauvaises conditions climatiques. Le froid, l'humidité et les intempéries peuvent provoquer hypothermie et pathologies respiratoires (rhinites, angines, bronchites). L'exposition prolongée au soleil l’été augmente le risque de cancers de la peau ainsi que le risque de faire un malaise vagal.
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Chute de plain-pied, du fait que les agents de sécurité peuvent travailler sur des sols inégaux, dans de mauvaises conditions climatiques (pluie, verglas, neige, qui tendent à rendre les sols glissants) voire de nuit (mauvaise visibilité) ce qui augmente alors significativement le risque de chute de plain-pied lors des rondes.
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Travail isolé, particulièrement présent chez les rondiers et les gardiens de nuit qui exercent seuls, dans des environnements qui peuvent leur être potentiellement méconnus, avec parfois une mauvaise couverture de réseau téléphonique. En cas de perte de connaissance, de chute, d'agression ou de problème de santé soudain, l'incapacité à appeler les secours (17 pour la police et 15 pour le SAMU) peut aggraver considérablement les conséquences de l'incident, jusqu’à un potentiel décès.
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Exposition au bruit, principalement pour les agents de sécurité qui sont affectés à la surveillance de lieu festif (boîtes de nuit, concerts, festivals musicaux, etc.). Ces environnements exposent à des niveaux sonores élevés qui en cas d’exposition répétée et prolongée, peuvent provoquer des dégâts sur l’audition à long terme. Au-delà des dommages sur l’audition, l'exposition prolongée au bruit génère également de la fatigue et l’augmentation du risque de se blesser via d’autres sources de risques.
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Exposition aux agents chimiques et biologiques, notamment lors de la surveillance de parkings souterrains, où les agents peuvent être exposés aux gaz d’échappement, avec des risques d’intoxication ou d’irritation des voies respiratoires. Certaines interventions au contact de personnes blessées, d’individus agressifs ou d’animaux peuvent également exposer à des griffures, morsures ou accidents par exposition au sang, avec un risque d’infection ou de contamination par le VIH ou les hépatites B et C.
Déplacement routier
L'unité de travail « Déplacement routier » couvre l'ensemble des trajets effectués en véhicule par les agents de sécurité pour se rendre sur leurs lieux de mission. Dans certains cas, certains rondiers peuvent effectuer une grande quantité de kilomètres pour se rendre sur les différents sites, parfois de nuit.
De manière globale, on rappellera que pour l’ensemble des travailleurs français, tous secteurs d’activité confondus, les accidents routiers ayant lieu pendant les horaires de travail représentent environ 10 % de l'ensemble des accidents du travail toutes causes confondues. En y ajoutant les accidents ayant lieu lors du déplacement entre le domicile et le lieu de travail, c'est alors 30 % des accidents mortels en lien avec le travail qui proviennent de déplacements routiers !
De manière plus spécifique au métier d’agent de sécurité, près de la moitié des 66 accidents graves ou mortels recensés dans les métiers de la sécurité privée entre 1990 et 2005 impliquaient un véhicule.
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Accident de voiture, ayant lieu sur route ouverte. Il existe différents facteurs de risque qui viennent augmenter la probabilité d’accident de la route, parfois spécifiquement liés au métier d’agents de sécurité : la fatigue et la somnolence au volant, particulièrement présentes chez les agents de sécurité qui enchaînent des missions de nuit et/ou qui connaissent des amplitudes de travail importantes sur de larges plages horaires. La fatigue générée entraîne une augmentation du temps de réaction et une perte de vigilance pouvant provoquer l’accident. L'utilisation du téléphone au volant, qui semble être une pratique assez fréquente chez certains rondiers, provoque un manque d’attention qui augmente significativement le risque d’accident de la route. Autre cause possible d’accident : Le mauvais état du véhicule (ex : plaquettes / disques de freins usagés, pneumatiques usés au-delà du témoin d’usure, éclairage ou signalisation défaillante en raison d’ampoule grillée) constitue un autre facteur augmentant les risques d’accident. Enfin, les conditions climatiques défavorables telles que le verglas, la neige, la pluie ou le brouillard augmentent significativement la probabilité d’accident, et sont un facteur majorant les risques de manière importante lors des rondes nocturnes où la visibilité est déjà faible, en particulier hors agglomération. Les accidents de la route peuvent provoquer des blessures légères (contusions, plaies), des fractures ou des traumatismes crâniens graves, voire le décès du conducteur et/ou des tiers impliqués dans les cas les plus graves. Au-delà des atteintes physiques, un accident de la route peut provoquer des séquelles psychologiques qui empêchent le conducteur de prendre la route aussi sereinement qu’auparavant.
Administratif – Secrétariat
L'unité de travail « Administratif – Secrétariat » regroupe toutes les activités de gestion administrative de l'entreprise : facturation, devis, gestion des plannings, traitement des appels téléphoniques, saisie informatique, archivage. Ces tâches sont exercées principalement en position assise, dans des bureaux, par le personnel sédentaire de la structure.
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Travail prolongé sur écran d’ordinateur, générant une fatigue visuelle pouvant se manifester par des picotements oculaires, des larmoiements, une vision altérée provisoire et des maux de tête. Il est à noter que l'utilisation prolongée du clavier et de la souris expose à des contraintes posturales au niveau des poignets, des épaules et du cou, qui peuvent dans de rares cas conduire à des cervicalgies et au développement du syndrome du canal carpien des poignets.
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Position assise prolongée, qui est liée au fait de travailler au bureau sur ordinateur et pour laquelle on va utiliser une chaise ou un fauteuil par défaut (même si d’autres équipements de travail existent, mais sont peu démocratisés). Cette position est vectrice de lombalgies, principalement dans le haut du dos avec des douleurs d’intensité souvent légère à modérée. À long terme, la sédentarité favorise les troubles circulatoires et augmente le risque de diabète et d'obésité.
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Chutes de plain-pied ou de hauteur, risque souvent sous-estimé dans l'environnement de travail du bureau, mais qui provoquent des accidents du travail, souvent avec arrêt, chaque année. Dans la plupart des cas, ces accidents ont eu lieu en raison d'une utilisation de matériel de travail en hauteur inadapté, notamment du mobilier de bureau, tel que des chaises, des fauteuils ou encore des tables. Ces chutes peuvent provoquer des hématomes, des entorses, ainsi que des fractures. Dans les cas les plus graves, mais restant heureusement rares, il peut également y avoir traumatisme crânien.
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Blessures avec du matériel de bureau, pouvant survenir lors de l'utilisation de matériel aussi basique que des ciseaux, des agrafeuses, ou bien des cutters. Ces blessures, généralement localisées au niveau des mains et touchant souvent les doigts, sont souvent bénignes, mais nécessitent d’être désinfectées pour éviter tout risque d’infection ultérieure.
Locaux de travail
L'unité de travail « Locaux de travail » couvre les risques présents au siège de l'entreprise et où chaque salarié se retrouve exposé dès qu’il y est présent. Nous avons fait le choix de centrer cette unité de travail sur les deux dangers transversaux rencontrés dans tous types de locaux professionnels : le risque incendie et le risque électrique.
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Risque de départ de feu et d’incendie, pouvant survenir à la suite d'une défaillance électrique, d'un acte de malveillance ou d'une négligence. En cas de départ de feu, les personnes présentes dans les locaux s'exposent à des brûlures dont la gravité varie selon l'exposition : les brûlures au premier degré touchent uniquement la couche superficielle de la peau et se manifestent par des rougeurs et des douleurs, les brûlures au deuxième degré atteignent les couches plus profondes et provoquent l'apparition de cloques, tandis que les brûlures au troisième degré détruisent l'intégralité des couches cutanées et nécessitent une prise en charge chirurgicale. À ces risques de brûlures s'ajoute le risque d'asphyxie par inhalation de fumées toxiques, ainsi que des blessures pouvant survenir lors de l'évacuation (chutes, bousculades). Dans les cas les plus graves, les incendies peuvent provoquer la mort d’une ou plusieurs personnes.
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Risques électriques, présents dans tout environnement de bureau en raison de l'utilisation quotidienne de matériel informatique, de prises électriques voire de rallonges. Une installation électrique défectueuse (ex : disjoncteur différentiel 30mA qui dysfonctionne) ou des appareils défectueux (ex : fil dénudé sur une prise de courant d’un appareil) exposent le personnel à un risque d'électrisation (sans décès) voire d'électrocution (engendrant la mort) par contact avec un conducteur sous tension.
La prise en compte des risques d’agression et des contraintes physiques, majeurs chez les agents de sécurité.
Les conditions de travail des agents de sécurité sont relativement difficiles, du fait de devoir fréquemment travailler à proximité d’individus, voire en interaction directe avec des individus sous l’emprise de l’alcool et/ou de stupéfiants. Le comportement de ces personnes est la plupart du temps imprévisible, et peut déboucher sur des actes violents. Certaines missions d’agent de sécurité sont davantage exposées que d'autres, notamment celles qui impliquent un contact direct avec le public dans les milieux festifs de nuit, les zones commerciales détenant des objets de grande valeur pécuniaire, et les lieux de grand passage (gares, stades, stations de métro).
Les agressions physiques peuvent prendre la forme de bousculades, de coups portés à main nue, de jets d'objets (ex : bouteille en verre), de coups portés à l’arme blanche (ex : couteaux) voire, de manière exceptionnelle, par arme à feu. Les dommages physiques provoqués par ces agressions vont de simples hématomes et contusions, jusqu’à des fractures et à des plaies importantes nécessitant de se faire recoudre.
Mais les agressions ne sont pas seulement physiques, elles sont aussi et surtout verbales au quotidien. Ces atteintes verbales répétées peuvent à long terme déteindre sur la santé psychologique de l’agent de sécurité. Elles peuvent conduire à un état de stress ou d’anxiété lors des prises de postes, à une perte de confiance en soi, à l’apparition de symptômes dépressifs, ainsi qu’à un attrait pour les substances psychoactive générant une dépendance (alcool, médicaments et drogues). Si l’agent de sécurité est confronté à des individus blessés au cours de ses missions (ex : suite à une rixe avec un tiers), cela peut également être une source de dommage psychologique et générer des troubles psychosociaux.
Les risques physiques liés aux postures prolongées ne doivent pas non plus être négligés. Qu'il s'agisse de la station debout imposée lors des missions de surveillance statique ou de la position assise prolongée du poste de vidéosurveillance, ces contraintes posturales quotidiennes exposent les agents de sécurité à des troubles musculo-squelettiques dont les effets se manifestent :
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À court terme, par de la fatigue musculaire, des douleurs aux pieds et aux jambes (position debout), des raideurs et des douleurs lombaires (position assise), ainsi qu'un gonflement des membres inférieurs et des troubles circulatoires.
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À long terme, par des pathologies qui s’installent durablement, notamment lombalgies chroniques, cervicalgies, atteintes des épaules, des hanches et des genoux pour la station debout, syndrome du canal carpien et troubles musculo-tendineux pour la position assise prolongée même si cela reste plus rare. Ces pathologies peuvent dans certains cas conduire à une reconnaissance en maladie professionnelle et affecter la capacité des agents de sécurité à travailler.
Les Équipements de Protection Collective et Équipements de Protection Individuelle indispensables.
L'article L4121-2 du Code du Travail pose un principe fondamental en matière de prévention des risques professionnels : les équipements de protection collective (EPC) doivent être utilisés en priorité, suivis par les équipements de protection individuelle (EPI) si cela n’est pas suffisant pour supprimer le risque. Dans la grande majorité des secteurs d’activité, cette hiérarchie est applicable sans difficulté majeure.
Dans le secteur de la sécurité privée, cette logique se heurte cependant à une contrainte importante : les agents n'interviennent pas dans les locaux de leur entreprise, mais chez de nombreuses entreprises clientes. Il n’y a donc pas la possibilité d’aménager les espaces de travail pour y mettre des protections collectives (ex : un meilleur éclairage pour réduire les zones sombres, la mise en place de vidéosurveillance, etc). De plus, quand bien même cela serait possible, difficile de trouver des EPC pour combattre les risques principaux auxquels sont soumis les agents de sécurité dans leur quotidien.
La prévention des risques passera donc principalement par les équipements de protection individuelle. Selon nous, les équipements de protection individuelle nécessaires aux agents de sécurité sont :
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Le DATI : Dispositif d'Alarme pour Travailleur Isolé, il permet de détecter que la personne qui le porte est dans une situation à risque (ex : chute) et d'alerter rapidement les secours par une action manuelle de celui qui le porte, ou de manière automatique par le dispositif lui-même. Le DATI est particulièrement recommandé pour les gardiens de nuit et les rondiers qui exercent seuls, en particulier dans des environnements isolés et avec peu voire aucune connexion réseau.
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Chaussures de sécurité à semelles antidérapantes (EN ISO 20345) : protection contre les chutes de plain-pied, particulièrement lors des rondes en extérieur par temps humide ou sur terrain irrégulier
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Vêtements de protection contre le froid et la pluie (EN 343) : indispensables pour les agents exerçant en extérieur par temps froid, pluvieux et/ou venteux.
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Gilet de haute visibilité (EN ISO 20471) : pour les agents de sécurité amenés à effectuer des missions en bordure de circulation (route / parking) ou sur des sites industriels.
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Protections auditives (EN 352) : pour les agents de sécurité amenés à travailler en milieu festif et/ou dans des lieux à l’environnement bruyant (boîtes de nuit, concerts, festivals, évènement, et plus rarement entreprises générant beaucoup de bruit)
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Gants de protection mécanique (EN 388) : pour offrir un minimum de protection en cas de découverte d’objets tranchants ou coupants, par exemple lors d’un contrôle ou d’une fouille (ex : couteau trouvé dans un sac).
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Trousse de premiers secours contenant du désinfectant, des pansements, des bandages, voire du sérum physiologique : pour désinfecter et panser les plaies en premier secours, ainsi que pour se nettoyer les yeux en cas d’aspersion avec un liquide ou un gaz (ex : spray anti-agression).
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Lunettes de soleil (pas de norme ou bien EN 172 si l’on veut une protection aux UV) : pour les missions en extérieur prolongées, notamment par fort ensoleillement.
Pour les missions de vidéosurveillance, la prévention des risques face au travail prolongé en position assise sur écran d’ordinateur passe par des mesures d'ordre ergonomique. Il s’agit principalement de régler son siège et si possible le bureau / l’écran de manière à avoir :
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l’angle cuisse / jambe à environ 90 degrés (jusqu’à 135 degrés environ),
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l’angle coudes / corps à environ 90 degrés (jusqu’à 135 degrés environ).
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le haut de l’écran à hauteur des yeux
La formation et les actions de sensibilisation à mettre en place.
Selon L'article L4121-2 du Code du Travail, en plus des EPI et EPC, la prévention des risques professionnels passe également par la formation et la sensibilisation aux risques. Or, la formation est un levier essentiel de prévention pour les agents de sécurité. Selon nous, les formations utiles dans le secteur de la sécurité privée sont :
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Formation à la gestion des conflits et des agressions : formation la plus directement liée aux risques du métier d’agents de sécurité, elle permet d'acquérir les techniques de communication qui peuvent permettre de désamorcer des situations à risque par le dialogue. Elle permet de comprendre les mécanismes comportementaux à l'oeuvre lors d'une situation d'agression, et de maîtriser les techniques de coping qui vont permettre de mieux maîtriser ses émotions en cas de situation tendue.
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Formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST) : Fortement recommandée pour les agents de sécurité, cette formation permet d’apprendre les gestes de premiers secours utiles en cas d'accident ou de malaise, que ce soit pour un de ses collègues, ou pour un usager du site surveillé (ex : agression, malaise, etc.)
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Formation PRAP (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique) : du fait des postures debout et assises prolongées imposées par les missions de surveillance, la formation PRAP peut s’avérer pertinente. Elle apprend les gestes et postures à adopter pour limiter les contraintes musculo-squelettiques au quotidien et sensibilise sur ces différents risques.
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Sensibilisation au risque routier : pour les agents amenés à se déplacer en véhicule dans le cadre de leurs missions — et en particulier pour les rondiers —, une sensibilisation au risque routier est recommandée. Elle rappelle les comportements à adopter et ceux à proscrire au volant pour conduire en sécurité et limiter les risques d’accidents de la route.
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Sensibilisation à la prévention des risques liés au travail sur écran pour le personnel en charge de la vidéosurveillance : Un rappel sur le réglage ergonomique du poste de travail permettant d’assurer une bonne posture, et sur l'importance de faire des pauses visuelles (si possible) en regardant au loin pour reposer ses yeux.
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Formation incendie : pour apprendre à utiliser un extincteur et potentiellement maîtriser un départ de feu avant d’appeler les pompiers (numéro : 18), en particulier pour des agents exerçant la surveillance dans des locaux à risque (sites industriels, entrepôts).
Quand modifier / mettre à jour ce document unique ?
Pour ce qui est de l’actualisation du document unique, l’article R4121-2 du Code du travail impose plusieurs situations dans lesquelles l’employeur doit procéder à sa mise à jour :
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Dans les entreprises d’au moins 11 salariés, une actualisation doit être effectuée au minimum une fois par an.
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Dans les entreprises de 10 salariés ou moins, aucune périodicité minimum n’est fixée dans les textes de loi.
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Quel que soit l’effectif, le document unique doit être mis à jour chaque fois qu’un changement important affecte les conditions de travail, la santé ou la sécurité des salariés (ex : nouvelles connaissances sur un risque qui était ignoré jusque-là)
En ce qui concerne ce dernier point, il va notamment s’appliquer si l’entreprise de sécurité privée se lance dans une activité impliquant de nouveaux risques (ex : la surveillance d’un nouveau site industriel avec des risques spécifiques et pour lesquels il y a des consignes de sécurité particulières à respecter).
Faire de ce document unique le moteur de l'amélioration continue de la sécurité au sein de votre entreprise de sécurité privée.
Notre document unique pour les entreprises de sécurité privée intègre, en plus de toute la partie « évaluation des risques professionnels », une partie spécifique à la planification des mesures de prévention des risques professionnels que l’on surnomme parfois PAPRIPACT (Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d'Amélioration des Conditions de Travail). Il s’agit principalement, pour chaque mesure de prévention des risques, de définir une échéance temporelle à laquelle on aura mis en place ou renforcé la mesure de prévention. Cela permet de planifier la prévention des risques et de passer du diagnostic (l’évaluation des risques) à l'action (la prévention sur le terrain). En étant révisé fréquemment, le PAPRIPACT va devenir la pierre angulaire de la prévention des risques professionnels, et vous permettra :
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De diminuer les accidents du travail dans votre entreprise.
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De perdre moins de journées de travail chaque année pour cause d’accident.
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D’avoir une organisation au quotidien qui s’en trouvera facilitée.
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De fidéliser les agents de sécurité à votre entreprise du fait qu’ils seront satisfaits des conditions de travail dont ils bénéficieront.
Il est tout de même à noter que d’un point de vue réglementaire, et selon l’article L4121-3-1 du Code du travail, l’utilisation de ce PAPRIPACT n’est obligatoire que pour les entreprises employant 50 salariés ou plus. Pour les autres entreprises, avoir un PAPRIPACT et le tenir à jour reste facultatif, même si cela est recommandé tant c’est un levier utile pour s’améliorer sur le plan santé et sécurité au travail.
Téléchargement du document unique pour la sécurité privée gratuit.
Pour vous aider dans votre démarche de réalisation du document unique, nous mettons à votre disposition un modèle gratuit de document unique pour entreprise de sécurité privée à télécharger. Il est composé des mêmes rubriques que notre document unique pour entreprise de sécurité privée déjà complété, c’est-à-dire :
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Une jaquette avec une illustration du métier d’agent de sécurité.
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Une section de renseignements sur l'entreprise.
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Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.
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Une partie « évaluation des risques professionnels » pour votre entreprise de sécurité privée.
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Une partie « prévention des risques professionnels » dotée d’un calendrier de type PAPRIPACT.










