Document unique Chauffeur Livreur :
guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 1er Septembre 2026.
La journée de travail d’un chauffeur livreur est faite de kilomètres parcourus, mais aussi d’arrêts. Charger sa camionnette au dépôt avant le lever du jour, ranger les colis dans l’ordre de la tournée, prendre la route, se garer là où c’est possible, descendre de la cabine, porter les colis jusqu’à la boite aux lettres / la porte du destinataire, remonter dans sa camionnette, puis repartir vers la destination suivante, jour après jour, tous les jours.
Les risques les plus fréquemment occasionnés par ce quotidien sont notamment : les manutentions manuelles de colis (majorées selon le poids des colis et les distances durant lesquelles il faut les manutentionner), les montées et les descentes de camionnette (répétées plusieurs dizaines de fois au cours d’une seule tournée), les chutes de plain-pied (sur des sols que le chauffeur livreur découvre lors de chaque arrêt : trottoirs, cours, halls, escaliers d’immeubles, etc.), les accidents de la route (avec parfois des manœuvres et des marches arrière effectuées sur la voirie), la position de travail assise prolongée derrière le volant, mais aussi la possibilité d’être victime d’incivilités, d’agressions (destinataires des colis, commerçants, riverains gênés par le stationnement de la camionnette), voire de tentatives de vols de colis.
Les chiffres d’accidentologie du transport routier de marchandises, secteur dont relèvent les entreprises de livraison, permettent de chiffrer tout cela avec précision. En France, c’est plus de 3 000 000 de journées de travail qui sont perdues par an dans ce secteur, avec une moyenne de 100 jours d’arrêt par accident du travail et de 309 jours d’arrêt par maladie professionnelle ! Dans le détail, 54 % des accidents du travail sont causés par des manutentions manuelles, et 32 % par des chutes (que ce soit de hauteur ou de plain-pied). On y apprend également que 9 accidents sur 10 ont lieu camionnette à l’arrêt (données 2026 de l’INRS et de l’Assurance Maladie).
Pour diminuer l’accidentologie au sein de votre entreprise de livraison, le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est l’outil de référence. Son rôle est de recenser les dangers présents dans votre entreprise de livraison, d’évaluer les risques qui en découlent, et de détailler les différentes mesures de prévention à mettre en place.
Dans cet article, nous allons vous présenter les unités de travail, les dangers identifiés, la présentation en détail de deux risques « signature » du secteur de la livraison, les équipements de protection et les formations utiles que nous avons retenus pour notre propre document unique chauffeur livreur, déjà complété, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.
À partir de quand une entreprise de livraison doit-elle avoir un document unique ?
Dès qu’une entreprise de livraison emploie au minimum un salarié, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, saisonnier, alternance), elle doit posséder un document unique d’évaluation des risques professionnels.
L’article L.4121-3 du Code du travail impose à l’employeur d’évaluer les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés. L’article R.4121-1 l’oblige ensuite à consigner le résultat de cette évaluation dans un document unique.
Dans ce contexte, la définition de « travailleur » recouvre toute personne placée sous l’autorité de l’employeur, ce qui inclut les contrats courts, les alternants, les chauffeurs livreurs embauchés en renfort pour les pics d’activité de fin d’année, etc. Un chauffeur livreur indépendant qui exerce absolument seul, sans aucun salarié, n’est pas concerné par cette obligation.
Il est bien entendu possible de confier la rédaction de son document unique à un tiers (ex : consultant, entreprise extérieure), mais cela ne transfère pas la responsabilité légale du chef d’entreprise : il en demeure le seul responsable aux yeux de la loi. C’est pour cela qu’il est nécessaire de s’appuyer sur un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP, comme Document Unique Facile.
L’absence de document unique est sanctionnée par l’article R.4741-1 du Code du travail, qui prévoit une contravention de 5e classe (1 500 euros, portés à 3 000 euros en cas de récidive), appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés. Mais certaines situations peuvent être bien pires pour un chef d’entreprise que de recevoir une simple amende. Prenons le cas d’un accident grave (ex : accident de la route) pour lequel il n’y a jamais eu de mesure de prévention, ou pire, l’absence totale de document unique dans l’entreprise. Aux yeux de la justice, cela constitue une faute inexcusable de la part de l’employeur. Devant le tribunal judiciaire, la sanction financière prononcée peut être si élevée qu’elle est susceptible de mettre votre entreprise de livraison en faillite.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique chauffeur livreur.
Avant d’évaluer les risques, il faut découper l’activité de l’entreprise en unités de travail. Une unité de travail est un regroupement de différentes tâches exercées au sein de l’entreprise, et qui exposent à des risques professionnels de même nature.
Pour notre document unique chauffeur livreur, nous avons retenu quatre unités de travail, avec un total de 26 situations à risque : la tournée de livraison, le contact clientèle, le secrétariat / l’administration, et les locaux de travail. Ce découpage est basé sur les trois activités qui structurent la journée de travail d’un chauffeur livreur, c’est-à-dire la conduite pour livrer les colis, les échanges avec les destinataires des colis, et la gestion administrative de l’entreprise. Une quatrième unité de travail vient en complément pour les dangers liés au bâtiment / locaux de travail, qui concernent tous les salariés, quels que soient leurs postes. Ce découpage transversal est fait de manière à pouvoir s’adapter à toutes les entreprises de livraison.
Comme les activités de transport peuvent se recouper sur certains points, si vous souhaitez avoir accès à une documentation complémentaire, nous vous rappelons que nous avons écrit des articles dédiés au transport de marchandises par poids lourds, à la logistique et au déménagement.
Voici donc, pour chacune des unités de travail dédiées aux chauffeurs livreurs, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.
Tournée de livraison
Cette unité de travail couvre tout ce qui se déroule entre le chargement de la camionnette au dépôt et la remise du dernier colis (ex : conduite, manœuvres, stationnement, port de colis, montées et descentes de la camionnette, etc.).
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Accident de la route : le chauffeur livreur conduit sur route ouverte toute l’année, et ce peu importe les conditions de circulation (ex : pluie, brouillard, verglas). Les risques d’accident de la route sont majorés si le planning est trop chargé, si le chauffeur livreur cherche à rattraper un retard sur la route, ou encore s’il consulte son smartphone ou son terminal de tournée en roulant. Les dommages qui peuvent en résulter sont des contusions, des plaies, des fractures, des traumatismes crâniens, voire le décès du conducteur ou d’un autre usager. Ce danger, signature du métier de chauffeur livreur, fera l’objet d’un développement dédié.
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Manutentions manuelles de colis : les colis sont chargés au dépôt, déplacés au fil de la tournée, puis portés jusqu’à la porte du destinataire. Les risques sont plus importants lorsque le poids réel du colis est élevé, qu’il faut le porter sur de longues distances, ou encore lorsque la prise en main est mauvaise (ex : carton lisse et sans poignée). Ils sont majorés si cette configuration devient habituelle. Ce danger, qui est également un danger signature du métier, fera lui aussi l’objet d’un développement dédié.
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Montées et descentes de camionnette : un chauffeur livreur monte et descend de sa cabine et de l’arrière de sa camionnette plusieurs dizaines de fois par jour. Les risques de chuter sont présents lors de chaque montée / descente, en particulier si le marchepied est mouillé / souillé (ex : boue), si le chauffeur livreur descend en sautant de sa cabine pour gagner du temps, ou encore s’il a les mains encombrées par des colis. Plus le nombre d’arrêts est important, plus la probabilité de chuter est importante. Les dommages les plus fréquemment provoqués sont des entorses de la cheville, des fractures du poignet en cas de réception sur la main, et des traumatismes du dos.
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Chargement mal arrimé et chutes de colis : dans une camionnette de livraison, les colis sont rarement aussi bien calés que s’ils étaient sur palette. Des risques de chute de charge sont donc présents lors de l’ouverture des portes arrière, lorsque le chargement s’est déplacé pendant le trajet, ainsi que dans la cellule de chargement si les colis sont empilés sans respecter les règles élémentaires de stockage : le plus lourd en bas, le plus léger en haut (en l’absence de cloison de séparation entre la cabine et le chargement, un freinage brusque peut également projeter un colis vers le conducteur). Les dommages possibles sont des contusions, des écrasements de pieds et de mains, voire des traumatismes plus graves en cas de projection à travers la cellule de chargement jusqu’à la cabine du conducteur.
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Chutes de plain-pied : le chauffeur livreur découvre lors de chaque arrêt un nouveau type de sol sur lequel il va devoir marcher. Les trottoirs, les bordures, les cours chez les particuliers, les allées en gravier, ou encore les halls d’immeubles peuvent regorger d’objets traînant au sol et d’autres sources de trébuchements et de glissades : dénivelés non signalés, sols fraîchement lavés, feuilles mortes, plaques de verglas, etc. Les risques sont majorés lorsque le chauffeur livreur se déplace en portant un gros colis dans ses bras, car il ne voit alors plus où il met les pieds. Les dommages qui peuvent en résulter sont des entorses, des fractures, et des hématomes / plaies en cas de chute sur un objet.
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Position assise de conduite et vibrations : entre deux livraisons, le chauffeur livreur reste en position assise, le buste quasiment immobile. Durant ce laps de temps, il est également exposé aux (faibles) vibrations transmises par sa camionnette. Les risques liés à cette immobilité sont majorés si le siège n’est pas réglé convenablement pour le poids et la morphologie du conducteur. Les dommages qui peuvent en résulter sont des lombalgies, des douleurs cervicales, voire des troubles circulatoires légers au niveau des jambes.
Contact clientèle
Cette unité de travail couvre l’ensemble des échanges avec les destinataires des colis, qu’il s’agisse de particuliers ou de professionnels (ex : remise du colis, signature, gestion d’un litige, dépôt chez un commerçant, etc.).
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Incivilités et agressions verbales : un colis livré en retard, un créneau horaire annoncé et non respecté, un emballage de colis abîmé, un avis de passage laissé alors que le destinataire était présent mais ne s’est pas manifesté, ou encore un stationnement devant un portail peut suffire à déclencher des montées de ton de la part de certains clients et riverains. Pour le salarié concerné, si ces situations de tensions se répètent constamment au fil des tournées, il peut en résulter différents dommages : stress, angoisse, perte de sommeil, perte de confiance en soi, appréhension à l’idée de livrer certaines adresses, etc.
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Agressions physiques : plus rares que les incivilités du quotidien, elles restent possibles, en particulier lorsque le ton monte lors d’un litige, ou lorsque la camionnette et son chargement suscitent la convoitise. Le chauffeur livreur transporte en effet des colis dont il ne connaît souvent pas la valeur commerciale, et dont le contenu peut être épié lors de l’ouverture des portes arrière à la remise d’un colis. Les dommages possibles sont des contusions, des plaies, des fractures, ainsi qu’un traumatisme psychologique important (ex : stress, angoisse, perte de sommeil, perte d’appétit, peur au travail, dépression, etc.).
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Accès aux lieux de livraison et présence d’animaux : le chauffeur livreur pénètre chaque jour dans des lieux qu’il ne connaît pas, et sur lesquels lui et son employeur n’ont aucun pouvoir. Parmi toutes les situations de travail à risque auxquelles cela peut exposer (ex : chantier en cours avec circulation d’engins), la plus problématique de toutes reste la présence potentielle d’animaux dangereux (ex : chien de garde) non attachés, avec des risques de morsures. Les dommages qui peuvent en résulter sont des contusions, des plaies, des fractures, voire des contaminations biologiques.
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Pression liée aux créneaux de livraison : le nombre de points de livraison de la journée est généralement fixé à l’avance, et l’avancement de la tournée est de plus en plus suivi en temps réel (ex : terminal de tournée, géolocalisation). Un planning de livraison calé au plus juste a toutes les chances de ne pas pouvoir aboutir : un embouteillage, une place de stationnement introuvable, un destinataire absent suffisent. Le chauffeur livreur travaille par ailleurs seul, sans collègue pour l’épauler dans ses tâches afin de rattraper le temps perdu. Les dommages possibles qui en résultent sont un sentiment de solitude face aux situations difficiles lors de certaines tournées, une fatigue qui s’accumule au fil des semaines de travail pouvant évoluer vers des risques psychosociaux (ex : stress, angoisse, perte de sommeil, perte d’appétit, peur au travail, dépression, etc.).
Secrétariat - Administration
Cette unité de travail couvre les tâches en relation avec la gestion de l’entreprise réalisées au bureau (ex : préparation des tournées, facturation, suivi de l’entretien des camionnettes, etc.).
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Travail sur écran : l’ordinateur et ses logiciels informatiques (ex : messagerie électronique pour les e-mails, logiciel de suivi des tournées de livraison, logiciel pour la facturation, etc.) sont les compagnons quotidiens de toute entreprise moderne. Les risques sont majorés si le poste de travail n’est pas optimisé en termes d’ergonomie pour les personnes qui y travaillent, et si le travail se fait sur un ordinateur portable sans écran déporté (obligeant à adopter une mauvaise posture, tête penchée et dos courbé vers l’avant). Les dommages qui peuvent en résulter sont une fatigue visuelle, des maux de tête, ainsi que le développement de TMS au niveau des poignets (syndrome du canal carpien) et de la nuque.
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Position assise prolongée : le travail administratif se fait en position assise, en effectuant très peu de déplacements. Les risques sont majorés si le siège de bureau n’est pas réglable, ou encore si les tâches administratives s’enchaînent sans nécessité de changer de position pour rompre avec la sédentarité (ex : pour se rendre à l’imprimante, afin d’imprimer un document). Plus le temps sans bouger est élevé, plus les risques sont importants. Les dommages qui peuvent en résulter sont des lombalgies, des douleurs cervicales, une sensation de jambes lourdes en fin de journée, mais aussi et surtout des effets néfastes sur la forme globale du corps et sur la santé cardiovasculaire.
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Manque de lumière : les bureaux peuvent parfois être installés dans une pièce avec peu voire pas de lumière naturelle, et aucune ouverture sur l’extérieur. Le principal risque qui en découle est une mobilisation importante de la vision de près, qui se traduit par une augmentation de la fatigue visuelle et par de possibles maux de tête. Un éclairage artificiel mal orienté peut également être à l’origine de reflets sur l’écran de travail, ce qui augmente également la fatigue visuelle (l’article R.4223-4 du Code du travail fixe un éclairement minimal de 120 lux dans les locaux de travail, porté à 200 lux dans les locaux sans fenêtre donnant sur l’extérieur et affectés à un travail permanent).
Locaux de travail
Cette unité de travail regroupe les dangers liés au dépôt et à ses installations, qui concernent tous les salariés de l’entreprise de livraison (ex : cour de manœuvre, zone de tri des colis, tableau électrique, prises, etc.).
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Circulation des camionnettes dans la cour du dépôt : le matin et en fin de journée, les camionnettes de livraison manœuvrent dans les mêmes zones que celles où les salariés se déplacent à pied. Des risques de heurt et d’écrasement sont alors possibles, en particulier s’il n’y a pas de chemins piétons séparés des voies de circulation. Les risques sont majorés lors de manœuvres effectuées en marche arrière (au petit matin ou en fin d’après-midi en automne / hiver), ou encore lorsqu’un engin (ex : transpalette) circule dans la zone. Les principaux dommages qui peuvent en résulter sont des heurts, source de fracture, et dans les pires situations le décès, causé par écrasement.
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Installations électriques : des câbles électriques d’appareils usagés (ex : cuivre apparent), couplés à une installation défectueuse (ex : disjoncteur 30 mA défaillant), peuvent suffire à provoquer des accidents. Les dommages possibles sont soit l’électrisation (passage du courant dans le corps, avec des brûlures et des troubles du rythme cardiaque possibles), soit l’électrocution (décès par électrisation).
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Départ de feu / Incendie : un dépôt de livraison accumule une quantité importante de matières combustibles : cartons, films plastiques, palettes, emballages en attente d’évacuation. Un chargeur de batterie laissé en fonctionnement sans surveillance ou encore un carton placé contre un appareil chauffant (ex : radiateur) peuvent être à l’origine d’un départ de feu. Celui-ci peut rapidement évoluer en incendie s’il n’est pas maîtrisé, en particulier si les extincteurs ne sont pas vérifiés périodiquement (ex : une fois par an). Les dommages possibles sont des brûlures et une intoxication des personnes présentes par les fumées de combustion, pouvant conduire au décès.
Prévenir les risques liés aux manutentions manuelles chez les chauffeurs livreurs.
Le port de colis est une des tâches les plus répétitives au cours de la journée de travail d’un chauffeur livreur, et en conséquence, une de celles qui tend le plus à être banalisée. C’est pourtant elle qui provoque le plus d’accidents du travail au sein du secteur, et qui use durablement les organismes.
En apparence, le danger principal (car potentiellement mortel) du métier de chauffeur livreur est celui d’accident de la route. Sauf qu’en pratique, 9 accidents du travail sur 10 ont lieu camionnette à l’arrêt, et 54 % d’entre eux sont causés par des manutentions manuelles (données 2026 de l’INRS et de l’Assurance Maladie). Dans le secteur de la livraison, la conduite est donc loin d’abîmer autant les corps que le port répété de colis.
Pour un chauffeur livreur, les manutentions sont différentes de celles effectuées par d’autres professions (ex : magasinier) sur deux points principaux. D’abord, le poids du colis n’est pas connu à l’avance : il est découvert au moment où le chauffeur livreur soulève la charge, ce qui l’empêche d’adapter sa posture avant l’effort. Ensuite, pour les colis lourds et volumineux, les prises sont généralement mauvaises, car la plupart des cartons d’expédition n’ont pas de poignée, en plus d’être parfaitement lisses et donc glissants. Sur une tournée, plus il y a de points de livraison différents, et plus les risques sont importants.
Les dommages les plus graves occasionnés par les manutentions ne surviennent pas du jour au lendemain. Sur le court terme, cela commence tout d’abord par de simples douleurs musculaires et articulaires, notamment au niveau du dos, des épaules et des poignets. Sur le long terme en revanche, cela entraîne le développement de troubles musculo-squelettiques (TMS) : lombalgies, hernies discales, tendinopathies de l’épaule et syndrome du canal carpien des poignets. Les TMS représentent à eux seuls plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues en France (dossier de l’INRS sur les troubles musculo-squelettiques). On rappellera que dans le transport routier de marchandises, une maladie professionnelle occasionne en moyenne 309 jours d’arrêt de travail, soit largement de quoi saborder l’organisation d’une entreprise de livraison avec quelques salariés.
Concernant les manutentions, le cadre réglementaire est posé par les articles R.4541-1 et suivants du Code du travail, qui imposent à l’employeur d’éviter le recours à la manutention manuelle en mettant à disposition des équipements mécaniques lorsque cela est possible. L’article R.4541-9 fixe quant à lui les limites concernant le port de charges : un travailleur ne peut porter d’une façon habituelle des charges supérieures à 55 kilogrammes qu’à condition d’y avoir été reconnu apte par le médecin du travail, sans jamais dépasser 105 kilogrammes. Les femmes, quant à elles, ne sont pas autorisées à porter des charges supérieures à 25 kilogrammes.
Les mesures de prévention des risques liés aux manutentions manuelles que nous avons retenues dans notre document unique chauffeur livreur sont les suivantes :
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Fournir des aides à la manutention adaptées à la livraison : il s’agit d’équipements transportables dans la camionnette : diable pliant, chariot de livraison, transpalette manuel voire électrique en cas de livraison de palette. C’est la mesure la plus efficace, puisqu’elle supprime le danger à la source. Ces équipements doivent rester à bord de la camionnette et non rester au dépôt à prendre la poussière.
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Équiper les camionnettes d’un hayon élévateur en cas de seuil de chargement haut : descendre un colis lourd à bout de bras depuis un plancher situé en hauteur est une situation particulièrement exposante. Un hayon élévateur supprime cette situation à risque. Si cet investissement n’est pas envisageable pour l’ensemble des véhicules de la flotte de l’entreprise, il est nécessaire de le réserver aux camionnettes affectées aux tournées avec de gros colis, notamment en cas de livraison de palette.
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Agir sur le colis avant qu’il n’arrive dans la camionnette : il est préférable de signaler les colis les plus lourds (notamment s’ils sont petits) avant que le livreur parte en tournée, de privilégier les emballages munis de poignées (si l’on peut influencer l’entreprise d’expédition, ce qui reste rare, j’en conviens), et de fixer un poids unitaire maximal au-delà duquel on mettra la marchandise sur palette et on la déchargera avec un transpalette.
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Établir un protocole de sécurité avec chaque entreprise d’accueil : dès qu’un chauffeur livreur charge / décharge dans une autre entreprise, l’article R.4515-4 du Code du travail impose un document écrit : le « protocole de sécurité ». Il précise notamment le lieu de livraison, les modalités d’accès et de stationnement, le plan de circulation, les consignes à respecter sur site, le matériel de manutention mis à disposition, les moyens de secours, et l’identité du responsable de l’entreprise d’accueil. Quand les livraisons sont répétitives et impliquent toujours les mêmes entreprises, un seul protocole (à faire avant la première livraison) suffit, et reste applicable tant que les conditions n’évoluent pas.
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Organiser le chargement de camionnette dans l’ordre de la tournée : une camionnette chargée dans le bon ordre (de la dernière à la première livraison) évite au chauffeur livreur de devoir déplacer les colis plusieurs fois, et réduit donc drastiquement le poids qu’il a à manutentionner, tout en lui permettant de gagner du temps sur ses tournées. Les colis les plus lourds devront être placés en bas et les plus légers en haut. Cette organisation ne coûte rien financièrement et apporte beaucoup en termes de confort de travail.
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Ne jamais porter seul un colis au-delà des limites réglementaires : lorsqu’un colis dépasse les seuils de poids fixés par le Code du travail, l’utilisation d’une aide à la manutention devient la seule option acceptable (sauf s’il est possible de porter la charge à deux personnes). Un chauffeur livreur a le droit de refuser de porter un colis hors limites (55 kg pour un homme) sans avoir à se justifier. Un client qui attend impatiemment sa livraison ne constitue pas un motif valable d’outrepasser la loi.
Prévenir les risques routiers lors des tournées de livraison.
Les risques routiers d’un chauffeur livreur ne sont pas de même nature que ceux d’un conducteur poids lourds qui effectue de longues heures de conduite sans jamais s’arrêter. Pour un chauffeur livreur, les risques se jouent principalement sur de nombreux redémarrages, manœuvres et marches arrière, effectués sur voirie, le plus souvent en ville ou sur de petites routes de campagne, et avec de fortes contraintes horaires fixées par les tournées.
Les accidents routiers au travail représentent environ 10 % des accidents en France, toutes causes confondues. Si l’on y ajoute les accidents de trajet pour se rendre ou revenir du travail, ces accidents sont à l’origine d’environ 30 % de l’ensemble des accidents mortels en rapport avec le travail (dossier de l’INRS sur les risques routiers). La fréquence des accidents est donc moindre que celle causée par les manutentions, mais avec des risques de décès qui sont importants.
En plus des spécificités détaillées dans l’introduction de l’article, il faut ajouter que le stationnement se fait rarement dans des conditions idéales, ce qui oblige à descendre côté circulation ou à traverser la chaussée avec un colis dans les bras. À cela s’ajoutent encore les distracteurs propres au métier : le terminal de tournée, la recherche d’une adresse, la recherche du colis suivant...
Pour le transport en camionnette légère de moins de 3,5 tonnes, aucun chronotachygraphe n’enregistre les temps de conduite et de repos (depuis le 1er juillet 2026, cette obligation porte sur les camionnettes dont le poids maximum utile dépasse 2,5 tonnes, mais uniquement si elles sont utilisées pour du transport international de marchandises ou pour du cabotage. Pour ces cas de figures, les camionnettes doivent être équipées d’un chronotachygraphe intelligent de deuxième génération. Les conducteurs sont soumis aux règles européennes de temps de conduite et de repos. Pour plus d’informations, consultez ce lien de la DREAL sur les nouvelles règles applicables aux camionnettes utilitaires légères).
Les mesures de prévention des risques routiers que nous avons retenues pour notre document unique chauffeur livreur sont les suivantes :
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Construire des tournées tenables en termes de temps : c’est la mesure la plus efficace, car elle agit sur le premier facteur de précipitation au volant : fixer un nombre de livraisons compatible avec le nombre d’heures de la journée de travail, intégrer des marges de temps pour les imprévus (ex : recherche de stationnement, destinataires absents ou mettant du temps à répondre), et tenir compte de l’état du trafic et de la météo. Si des retards ont lieu chaque semaine, en particulier avec différents chauffeurs, c’est probablement que la tournée doit être revue.
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Interdire l’usage du terminal de tournée et du téléphone au volant : la consigne doit être écrite noir sur blanc et connue de tous : pas de saisie, pas de lecture, pas de consultation de message camionnette en circulation, y compris lors d’un arrêt prolongé à un feu rouge, dans un embouteillage, ou devant un feu de circulation alternée. Le kit mains libres rend l’usage du smartphone au volant légal, mais pas pour autant sûr. Pour que cette consigne soit respectée, il faut également que le responsable d’entreprise / les encadrants la respectent eux-mêmes quand ils conduisent, et qu’ils acceptent qu’on ne leur réponde pas systématiquement quand ils cherchent à joindre un livreur.
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Choisir et aménager sa camionnette en fonction du type de livraison : une camionnette peut ne pas répondre aux besoins d’une tournée de livraison. Il est par exemple impératif que le véhicule soit équipé d’une cloison de séparation entre la cellule de chargement et la cabine de conduite, et qu’il soit équipé d’un système d’arrimage pour les colis transportés. Il est également important de connaître le poids maximum utile de sa camionnette, et de veiller à ne pas le dépasser. La présence d’aides à la marche arrière (ex : caméra de recul, radar de recul) constitue un équipement de sécurité à part entière qu’il est fortement recommandé d’installer s’il n’est pas présent de série sur le véhicule. L’INRS propose d’ailleurs des ressources détaillées sur le choix et l’aménagement des camionnettes.
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Organiser les manœuvres et le stationnement : les marches arrière constituent le type de manœuvre le plus accidentogène. Le mieux reste donc de les éviter autant que possible. Pour cela, avant de se garer, prendre l’habitude de visualiser comment l’on va faire pour repartir en marche avant sans devoir manœuvrer. En cas de nécessité de faire marche arrière, faire le tour de la camionnette si la visibilité arrière est nulle, et descendre systématiquement côté trottoir lorsque cela est possible. Un gilet fluo de haute visibilité devra être porté lors des tournées, en particulier en début / fin de journée l’automne et l’hiver (journées courtes).
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Vérifier l’état des camionnettes et tracer les contrôles : effectuer régulièrement la vérification courante des organes d’usure et des consommables sur les camionnettes de livraisons (ex : pneumatiques, balais d’essuie-glace, lave-glace, etc.). La mise en place d’un carnet de suivi permet de tracer les contrôles, les anomalies, voire les interventions réalisées en garage. Ce carnet qui peut être remis avec les clés du véhicule en fin de semaine permet de faire remonter les défauts par écrits, plutôt qu’ils soient signalés oralement et oubliés ensuite.
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Poser des règles claires sur le non-rattrapage des retards au volant : il ne devrait jamais être toléré qu’un chauffeur livreur prenne des risques au volant pour rattraper son retard lors d’une tournée de livraison. Pour cela, il est nécessaire de dicter clairement la règle, de l’écrire noir sur blanc (ex : dans le document unique), et que le responsable respecte également cette règle lorsqu’il conduit un véhicule quel qu’il soit. Une livraison reportée au lendemain sera toujours préférable à une camionnette enroulée autour d’un platane pour cause d’excès de vitesse.
Les EPC et EPI indispensables pour tout chauffeur livreur.
Dans une entreprise de livraison, la protection passe d’abord par l’aménagement du dépôt et par le matériel embarqué dans les camionnettes, bien avant la fourniture d’équipements de protection aux salariés, même si ceux-ci restent parfois indispensables pour certaines tâches.
Pour le coup, cette hiérarchie suit directement le principe de base énoncé par l’article L.4121-2 du Code du travail, qui impose de combattre les risques à la source et de donner la priorité aux mesures de protection collective sur les mesures de protection individuelle.
Les protections collectives qui nous paraissent indispensables pour tout chauffeur livreur sont :
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Des aides à la manutention transportables dans la camionnette (ex : diable pliant, chariot de livraison, transpalette), permettant de supprimer le port manuel des colis les plus lourds.
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Un hayon élévateur sur les camionnettes dont le plancher est haut, afin de supprimer la descente des colis à bout de bras.
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Des marchepieds antidérapants pour accéder à la cabine et à la cellule de chargement. L’application de la règle des trois points d’appui lors de chaque montée et de chaque descente de la cabine (avec un point d’appui ou avec le volant à défaut).
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Une cloison de séparation entre la cabine et la cellule de chargement, complétée par un système d’arrimage adapté aux colis transportés, seule manière d’empêcher qu’une charge ne vienne heurter le conducteur lors d’un freinage brusque.
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Un système de contrôle de la pression des pneumatiques (le contrôle visuel est insuffisant).
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Des aides à la marche arrière (ex : caméra de recul, radar de recul) et des rétroviseurs supprimant les angles morts, à adopter sur toutes les camionnettes.
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Un plan de circulation pour la cour du dépôt, avec des chemins piétons et des voies dédiées aux véhicules, afin de séparer piétons / camionnettes.
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Un éclairage suffisant de la cour (début / fin de journée notamment en automne et en hiver). En plus de réduire les risques, un bon éclairage améliore toujours le confort de travail.
Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables pour tout chauffeur livreur sont :
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Des chaussures de sécurité à semelle antidérapante (Type EN ISO 20345), pour la protection des pieds lors des manutentions et pour l’adhérence sur les différents revêtements de sols.
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Des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN 388), pour toute manipulation de colis présentant des risques de coupure ou de pincement (ex : cerclages plastiques, agrafes de cartons, palettes).
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Des vêtements de travail de haute visibilité ou un gilet fluo (Type EN ISO 20471), à porter pour toute intervention sur la voie publique et/ou en bordure de voirie, en particulier de nuit / au petit matin en automne / hiver.
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Des vêtements de protection contre les intempéries et adaptés aux différentes conditions météorologiques (pluie / vent / froid / forte chaleur).
Ces équipements devront être mis gratuitement à disposition des salariés par l’employeur, qui devra également en assurer l’entretien voire le remplacement si nécessaire, conformément à l’article R.4321-4 du Code du travail. De son côté, le salarié est tenu de les utiliser conformément aux consignes reçues, en application de l’article L.4122-1. Un contrat de courte durée (ex : renfort de fin d’année) ne dispense en rien de fournir ces équipements.
La formation et la sensibilisation aux risques des salariés d’une entreprise de livraison.
La formation des salariés à la sécurité est une obligation à part entière de l’employeur. Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent d’organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité au poste de travail de chacun des salariés lors de l’embauche, en cas de changement de poste, ou après un arrêt de travail prolongé. Cette obligation ne connaît pas d’exception, y compris pour les contrats courts.
Les formations et sensibilisations que nous privilégions pour notre document unique chauffeur livreur sont les suivantes :
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Accueil sécurité systématique de tous les nouveaux membres du personnel, y compris des non-permanents : intérimaires, alternants et renforts (ex : période de fin d’année) le jour de leur arrivée, en s’appuyant sur les risques identifiés dans le document unique et avec visite de l’entreprise (ex : issues de secours, extincteurs, cour de manœuvre, etc.).
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Formation PRAP, pour apprendre les gestes à effectuer lors des manutentions notamment, mais aussi pour savoir utiliser les aides à la manutention mises à disposition. Les articles R.4541-1 et suivants du Code du travail imposent d’ailleurs à l’employeur d’informer et de former les salariés dont l’activité comporte des manutentions manuelles.
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Sensibilisation au risque routier, avec des mises en situation tirées de tournées réelles (ex : manœuvre en marche arrière sans visibilité, stationnement devant un commerce en bordure de voirie, descente forcée côté circulation), pour savoir où se placer, où regarder et quand éviter une manœuvre trop dangereuse.
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Formation à l’arrimage des charges dans une camionnette, afin d’apprendre à répartir le chargement, à utiliser les sangles et à vérifier que les colis sont bien arrimés avant chaque départ.
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Formation à la gestion des litiges et à l’agressivité des clients. Il est possible de faire des mises en situation tirées de cas réels, rencontrés au cours des tournées.
À cela peut s’ajouter le CACES R.489 pour les chauffeurs livreurs amenés à utiliser un transpalette à conducteur porté ou un chariot élévateur (l’employeur devra cependant toujours délivrer une autorisation de conduite écrite, en application de l’article R.4323-55 du Code du travail).
Chaque formation suivie devra être tracée. Elles devront alimenter le passeport de prévention, prévu à l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations, certificats et diplômes obtenus par le travailleur en matière de santé et de sécurité au travail.
Enfin, sachez que l’INRS a publié un dépliant consacré au transport routier de marchandises et un guide d’aide à l’évaluation des risques professionnels du secteur (ED 6459), qui peuvent être utilisés comme supports d’accueil.
Quand devez-vous mettre à jour le document unique de votre entreprise de livraison ?
Un document unique doit être mis à jour à chaque fois que la réalité de l’entreprise s’écarte de ce qui y est décrit : une nouvelle activité, un nouvel équipement, un nouveau poste de travail, ou encore un risque que l’on n’avait pas répertorié.
L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit trois cas de mise à jour du document unique :
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Au moins une fois par an dans les entreprises de 11 salariés et plus. En dessous de ce seuil, aucune fréquence minimale n’est imposée.
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Lors de toute décision d’aménagement modifiant les conditions de santé et de sécurité, ou les conditions de travail. Applicable à toute entreprise peu importe ses effectifs.
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Lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur. Applicable à toute entreprise peu importe ses effectifs.
En ce qui concerne le troisième cas de figure, il est nécessaire de privilégier les presque-accidents et de ne pas attendre que de réels accidents surviennent. Prenons un cas concret afin de l’illustrer : un chauffeur livreur descend de sa cabine avec deux colis dans les bras, son pied glisse sur le marchepied mouillé, et il se rattrape de justesse à la poignée de la portière. Aucun accident du travail n’est à déclarer, personne n’est en arrêt, mais il faut éviter que la situation se présente à nouveau et qu’un véritable accident survienne : il faut donc inscrire ce danger dans le document unique et trouver une ou plusieurs actions correctives pour ne plus que cela arrive (ex : interdiction de descendre de camionnette avec les mains encombrées, obligation de descendre face à la camionnette en respectant la méthode des trois points d’appui, etc.).
C’est pour réaliser ces mises à jour que nos documents uniques sont fournis au format Excel : vous pouvez tout modifier par vous-même, facilement et rapidement, sans devoir payer à nouveau. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique détaille la marche à suivre.
Mettre en place les mesures de prévention des risques de votre document unique dans votre entreprise de livraison.
Une fois les risques évalués et les actions de prévention des risques définies, il reste à les mettre en place dans l’entreprise. C’est cette étape qui transforme une « obligation administrative » en un gain perceptible pour l’entreprise.
L’article L.4121-3-1 du Code du travail est justement relatif à cette étape. À partir de 50 salariés, l’évaluation des risques doit déboucher sur un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail, le PAPRIPACT. En dessous de ce seuil (qui correspond à la quasi-totalité des entreprises de livraison) l’employeur devra uniquement définir des actions de prévention et les inscrire dans le document unique. (Ce même article du Code du travail impose la durée de conservation du document unique et de ses versions successives à quarante ans minimum.)
Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que ce type de calendrier est efficace pour passer à l’action sur le terrain. C’est pourquoi nos documents uniques intègrent tous un calendrier de type PAPRIPACT : chaque mesure de prévention se voit attribuer une échéance de mise en place : au cours du premier semestre, au cours du deuxième semestre, ou peut-être l’année prochaine. (Si vous avez moins de 50 salariés, vous n’êtes pas obligé de l’utiliser : le calendrier de prévention des risques reste facultatif pour vous)
Cette approche a du sens pour toute entreprise devant faire face à des investissements lourds. L’équipement progressif d’une flotte de camionnettes en hayons élévateurs, par exemple, ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut se renseigner sur les produits, établir des devis, voir s’il existe des financements (ex : auprès de la CARSAT ou de la Cramif), et il n’y a rien d’anormal à ce que cela prenne du temps.
Gardez à l’esprit que ce qui compte en cas de contrôle de l’inspection du travail, ce n’est pas que tout soit réalisé : c’est que le parcours soit tracé, car cela constitue une preuve tangible de votre bonne foi.
FAQ sur le document unique des chauffeurs livreurs.
C’est quoi le document unique pour une entreprise ?
C’est le document dans lequel l’employeur transcrit le résultat de l’évaluation des risques professionnels. Il recense les dangers présents dans l’entreprise, décrit les risques auxquels les salariés sont exposés et les hiérarchise du plus grave au moins grave. Il associe également à chacun de ces risques des mesures de prévention.
Le document unique est-il obligatoire pour mon entreprise de livraison ?
Oui. Obligatoire dès le premier salarié, sans aucune autre considération. Un chauffeur livreur embauché en renfort pour trois semaines déclenche l’obligation au même titre qu’un salarié en CDI à temps plein.
Quel est le rôle du document unique dans mon entreprise de livraison ?
Il sert à identifier les dangers qui exposent les salariés, à les hiérarchiser du plus grave au moins grave, puis à choisir les mesures de prévention utiles pour s’en protéger.
Comment évaluer les risques d’une tournée de livraison, alors que les lieux changent chaque jour ?
En partant des situations de travail. Descendre de sa camionnette, porter un colis, franchir un escalier ou manœuvrer en marche arrière sont des situations qui se répètent quel que soit le point de livraison. Pour les livraisons effectuées dans l’enceinte d’une autre entreprise, l’article R.4515-4 du Code du travail impose en complément un protocole de sécurité écrit avec l’entreprise d’accueil.
Le document unique doit-il couvrir ce qui arrive au chauffeur livreur chez le client ?
Oui, car l’obligation de sécurité de l’employeur ne s’arrête pas à la porte de son entreprise. Les risques liés à l’accès aux lieux de livraison, aux escaliers, aux cours encombrées, aux animaux et aux incivilités doivent y figurer, avec les consignes et les équipements correspondants.
Qui doit établir le document unique de mon entreprise de livraison ?
L’employeur en est le responsable. Il peut le rédiger lui-même s’il en a les compétences, ou à défaut faire appel à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP.
Comment rédiger le document unique de mon entreprise de livraison ?
En quatre étapes : découper l’activité en unités de travail, recenser les dangers de chacune d’elles, évaluer les risques à partir de plusieurs paramètres (ex : occurrence, exposition, gravité, maîtrise), puis définir les mesures de prévention adaptées.
Qui peut consulter le document unique de mon entreprise de livraison ?
Les salariés, y compris les alternants et les stagiaires, les membres du CSE lorsqu’il y en a, le médecin du travail, l’inspection du travail et les agents de prévention de la CARSAT. Une entreprise d’accueil peut également en demander communication lorsque vos chauffeurs livreurs interviennent dans ses locaux.
Où stocker le document unique de mon entreprise de livraison ?
Il doit être accessible sur demande à toute personne ayant le droit de le consulter. Cela peut être sur support papier, ou bien sur support informatique, sur un serveur commun auquel le personnel peut accéder par exemple.
Qui doit mettre à jour le document unique de mon entreprise de livraison ?
L’employeur, là encore. Il peut également la confier à un prestataire, mais cela ne le déresponsabilise pas aux yeux de la loi. C’est pour faire ces mises à jour que nous livrons nos documents uniques au format Excel, qui est un format modifiable, contrairement au format PDF proposé par d’autres entreprises du secteur. Notre guide de rédaction du document unique détaille la méthode que nous utilisons.
Téléchargement du document unique pour chauffeur livreur gratuit.
Ci-dessous, vous pouvez télécharger notre modèle de document unique gratuit pour chauffeur livreur. Il se présente sous la forme d’un fichier Excel de 5 pages :
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Une page d’illustration pour les chauffeurs livreurs.
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Une page d’informations sur l’entreprise.
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Une page de présentation de la méthode d’évaluation des risques professionnels.
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Une page d’évaluation des risques professionnels.
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Une page de prévention des risques professionnels, avec son calendrier de mise en œuvre.
Ce modèle est gratuit et totalement modifiable, comme nos autres documents uniques par métier déjà complétés, tel que notre document unique chauffeur livreur à retrouver ici.













