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Document unique BoucherIe :
guide et modèle à télécharger

Photo de Thony Maufay

Rédigé par : Thony Maufay, Ingénieur sécurité au travail - Créateur de Document Unique Facile.

Date de rédaction : 21 Juillet 2026

Travailler dans une boucherie - charcuterie expose quotidiennement à différents dangers : outils tranchants, machines de découpe, manutention de carcasses, gestes répétitifs, travail en atmosphère froide, sols glissants, etc. Les chiffres le confirment : selon les données publiées par l’Assurance Maladie pour le secteur de la transformation de la viande de boucherie (activité connexe la plus proche des boucheries de quartier), on y enregistre 69 accidents du travail pour 1 000 salariés, soit plus du double de la moyenne nationale tous secteurs confondus. Les troubles musculosquelettiques y sont par ailleurs la première cause de maladie professionnelle reconnue.

Dans cet article, nous présentons en détail les différents aspects que nous avons pris en compte pour rédiger le contenu de notre document unique boucherie - charcuterie, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici sur notre site internet.

À partir de quand vous faut-il un document unique pour votre boucherie - charcuterie ?

Le document unique est obligatoire dès l’embauche du premier salarié dans votre boucherie - charcuterie, qu’il s’agisse d’un apprenti, d’un vendeur à temps partiel, d’un boucher confirmé, etc. Cette obligation découle des articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail : l’employeur doit évaluer les risques pour la santé et la sécurité de ses travailleurs et transcrire les résultats de cette évaluation dans un document unique.

En cas d’absence de document unique lors d’un contrôle de l’inspection du travail, la sanction prévue par l’article R4741-1 du Code du travail s’applique : une contravention de 5e classe, soit 1 500 € pour une personne physique, et jusqu’à 3 000 € en cas de récidive. Au-delà de l’amende, l’absence d’évaluation des risques pourra être retenue contre l’employeur comme une faute inexcusable si un salarié venait à être victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Les indemnités réclamés dans ces cas de figures sont généralement si élevé qu’elles mettent les entreprises en situation de faillite, d’où l’importance d’avoir un document unique rédigé en bonne et due forme.

Notre choix des unités de travail pour ce document unique.

Une unité de travail est un regroupement de tâches qui exposent à des risques de même nature. Pour notre document unique boucherie - charcuterie, nous avons retenu 3 unités de travail, qui regroupent 22 situations à risque professionnel différentes : la découpe / préparation, la vente à la clientèle et l’environnement de travail. Ce découpage des unités de travail reflète la réalité du quotidien au sein d’une boucherie : un laboratoire où l’on prépare la viande, une boutique où l’on sert la clientèle, et des locaux de travail qui concernent l’ensemble du personnel. C’est cette structure d’unité de travail que nous allons détailler présentement.

Découpe / Préparation

L’unité de travail « Découpe / Préparation » couvre le cœur du métier de boucher - charcutier : la réception des carcasses et quartiers de viande, leur stockage en chambre froide, la découpe, le désossage, le parage, le hachage, ainsi que la fabrication éventuel de produits de charcuterie. Il s’agit logiquement de l’unité de travail la plus fournit en dangers de notre document unique, car elle cumule les risques principaux du métier : utilisation d’outils tranchants, de machines dangereuses, port de charges lourdes, gestes répétitifs et travail en ambiance thermique froides. Voici les principaux dangers que nous y avons évalués :

  • Outils coupants et tranchants : le boucher passe l’essentiel de sa journée de travail couteau à la main, en utilisant également des feuilles, scies et fusils d’affilage. Les risques de coupures sont présents lors de des découpes, mais aussi et surtout lors du nettoyage, de l’affûtage et du rangement des outils de coupe. Les dommages possibles vont de la coupure superficielle qui s’infecte à la plaie profonde touchant un tendon ou une artère, jusqu’à l’amputation.

  • Machines de découpe et de transformation : trancheuses, hachoirs, scies à os, cutters et poussoirs comportent des pièces en mouvement qui peuvent happer des membres, notamment les doigts voire la main. Le risque est particulièrement élevé lors du nettoyage et du démontage des machines, notamment en cas de remise en marche intempestive. Les dommages possibles sont des coupures profondes, des écrasements, voire des sectionnements de membres.

  • Port de charges liés aux manutentions manuelles : les carcasses, quartiers de viande et bacs de préparation sont autant de charges lourdes à porter, souvent à dos d’homme, entre la chambre froide, le billot et la boutique. Le risque augmente avec le poids, la distance de portage, et le nombre de répétition. Les dommages possibles sont des douleurs dorsales, des lombalgies et, sur le long terme, des troubles musculosquelettiques.

  • Répétition de mouvements manuels : la découpe au couteau, le désossage et le parage imposent des milliers de gestes similaires chaque jour, sollicitant toujours les mêmes membres (articulations et muscles) du corps. Les risques de dommages sont augmentés lorsque les couteaux sont mal affûtés, car les efforts à fournir sont alors plus importants. Les principaux dommages possibles sont des tendinites, le syndrome du canal carpien des poignets, et divers autres troubles musculosquelettiques des membres supérieurs.

  • Long maintien de la posture debout : la découpe de viande ne peut se faire qu’en position debout, pour avoir suffisamment de force et de précision dans les membres. Cette posture, maintenue plusieurs heures par jour, tous les jours, provoquent des douleurs à court terme : douleurs musculaires et articulaires, lombalgies, troubles circulatoires des membres inférieurs (ex : varices).

  • Travail au froid : le stockage de la viande impose de travailler régulièrement en chambre froide, et dans un laboratoire maintenu à une température relativement basse. Le froid provoque également une perte de dextérité qui augmente les risque de coupure. Une exposition prolongée au froid peut provoquer des engelures ou des affections ORL. Nous développerons ce danger plus en détail au sein de cet article, car il constitue l’une des signatures du métier.

  • Chutes de plain-pied : les sols du laboratoire sont fréquemment humides, gras ou souillés de déchets de découpe. Comme le rappelle l’INRS, les chutes de plain-pied constituent la première cause d’accidents du travail dans le secteur global de l’agroalimentaire. Les dommages possibles sont le plus souvent des entorses, des contusions et des fractures. Les conséquences peuvent toutefois être beaucoup plus préjudiciable du fait d’un facteur spécial : la chute peut survenir avec un couteau à la main...

  • Piqûres et esquilles d’os : le désossage expose à des piqûres avec des fragments d’os pointus. Ces micro-blessures paraissent anodines, mais elles s’infectent facilement au contact des viandes et des jus. Les dommages possibles sont des panaris et des infections cutanées nécessitant parfois un traitement antibiotique.

  • Agents biologiques : la manipulation constante de viandes crues, d’abats et de déchets carnés expose à des risques de contamination par des agents pathogènes transmissibles à l’homme, comme le rouget du porc. Le risque de contamination est particulièrement critique en cas de coupure ou de piqûre non désinfectée. Les dommages possibles sont des infections cutanées, des dermatites de contact ainsi que le développement de zoonoses (maladie transmissible de l’animal à l’homme).

  • Bruit des machines : les machines utilisés par le boucher tel que les scies à os, les hachoirs ou encore les cutters génèrent des niveaux de bruits particulièrement élevé lors de leur fonctionnement. L’exposition n’est pas permanente (bruit intermittent : non continu, juste présent durant le temps d’utilisation des machines) mais elle est quotidienne. Les dommages possibles provoqués par le bruit sont de la fatigue auditive à court terme, puis à long terme, des pertes auditives irréversibles (surdité professionnelle qui s’installent insidieusement au fil des années).

Vente à la clientèle

L’unité de travail « Vente à la clientèle » regroupe les situations à risque rencontrées du côté de la boutique : service au comptoir, tranchage à la demande, emballage, encaissement et réassort de l’étal. Les dangers et risques y sont moins importants qu’au laboratoire, mais ils existent et méritent donc en conséquence d’être évalués :

  • Coupures au comptoir : le tranchage du jambon, la découpe à la demande et le conditionnement des produits se font devant le client, avec une certaine pression du fait d’une clientèle ne voulant pas attendre. Cela est particulièrement le cas durant les heures d’affluence. La précipitation et les sollicitations multiples augmentent les risques de coupures à la trancheuse ou au couteau. Les dommages possibles sont des coupures aux doigts ainsi qu’au niveau de la main.

  • Piétinement et posture debout prolongée : le personnel de vente reste debout toute la journée, avec des déplacements fréquents mais courts entre l’étal, la trancheuse et la caisse, ce qui relève du piétinement. Or, ce piétinement quotidien est une source de douleurs diverses. Les dommages fréquents sont des lombalgies, des douleurs aux jambes, ainsi que des troubles veineux (ex : varices).

  • Gestes répétitifs : l’emballage des produits, la pesée et l’encaissement nécessitent des gestes à répéter des centaines de fois par jour. Les dommages possibles que cela engendrent vont des douleurs articulaires aux poignets et aux épaules, en passant par des troubles musculosquelettiques diverses sur le long terme.

  • Agressions verbales : l’attente lors des périodes d’affluence à la boutique, une commande non disponible, ou un différend sur un prix à payer peut générer des incivilités, des remarques désobligeantes voire des propos insultants de la part de certains clients. Les dommages possibles occasionnés pour le personnel de la boucherie sont le plus souvent du stress au travail, en en cas de répétition, divers risques psychosociaux (ex : anxiété, insomnie, perte d’appétit, etc).

  • Agressions physiques : plus rares, les agressions physiques sont toutefois possibles, notamment dans un commerce de proximité ou l’on stock de l’argent en espèce (vol / braquage). Les dommages possibles sont des blessures physiques et un traumatisme psychologique durable (ex : anxiété, insomnie, perte d’appétit, etc).

  • Chutes de plain-pied en boutique : les sols de la boutique et, globalement, de toute la boucherie peuvent être rendu glissant par l’eau ramené par les personnes lorsqu’il pleut en extérieur. Les dommages les plus fréquents sont des entorses ainsi que des contusions.

Environnement de travail

L’unité de travail « Environnement de travail » regroupe les risques transversaux liés aux locaux et aux installations de la boucherie – charcuterie. Ils concernent l’ensemble des membres du personnel, quel que soit leurs poste :

  • Électrisation et électrocution : le milieu de travail combine machines électriques et environnement humides du fait du nettoyage à grande eau, ce qui augmente fortement les risques électriques. Un fil électrique émoussé (ex : cuivre apparent), un appareil avec un défaut d’isolement, le tout couplé à une défaillance d’un équipement de protection (ex : disjoncteur différentiel 30mA) suffisent. Les dommages possibles vont de l’électrisation (dommages diverses n’engendrant par la mort, tel que brûlures) à l’électrocution (engendrant la mort de la personne).

  • Départ de feu et incendie : les installations électriques, les équipements de cuisson (ex : charcuterie) constituent des sources potentielles de départ de feu. Les dommages possibles vont des brûlures, à l’intoxication mortel par les fumées, en passant par la destruction de l’outil de travail.

  • Produits de nettoyage et de désinfection : l’hygiène alimentaire impose une désinfection et un nettoyage quotidien des surfaces, des machines et de la chambre froide avec des produits détergents et désinfectants, souvent agressifs. Les dommages possibles provoqués par ces produits chimiques sont des brûlures cutanées ou oculaires, des irritations respiratoires, ainsi que des risques d’allergies.

Prévenir les risques de coupures, caractéristiques du métier de boucher - charcutier.

Les coupures constituent les risques les plus emblématique du métier de boucher - charcutier : elles peuvent survenir durant n’importe quelle geste de découpe, lors de chaque nettoyage de machine et lors de chaque affûtage. La main et les doigts sont les parties du corps les plus exposée. C’est pourquoi la prévention des coupures occupe une place centrale dans notre document unique boucherie - charcuterie.

Deux situations concentrent la majorité des accidents. La première est la découpe au couteau : un outil mal affûté qui oblige à forcer, et c’est là que la lame dérape. La seconde est l’intervention sur les machines : lors du nettoyage, du démontage et du réglage des trancheuses, hachoirs et scies à os, les blessures les plus graves se produisent, en particulier si une machine se remet en route de façon intempestive.

Dans notre document unique, les mesures de prévention contre les risques de coupures que nous avons retenues suivent cette logique :

  • Investir dans des couteaux de qualité et dans du matériel d’affûtage et d’affilage performant : un bon tranchant réduit l’effort à appliquer sur l’outil, et donc le risque de déraper, ainsi que les risques de développer des troubles musculo-squelettiques à long terme.

  • Utiliser exclusivement des machines conformes aux normes de sécurité EN / FR, munies de capots / carters de protection, et d’arrêts d’urgence frontale facilement et rapidement accessibles. Et surtout : ne jamais démonter / shunter ces dispositifs de protection.

  • Consigner électriquement les machines avant tout nettoyage ou démontage, pour rendre impossible une quelconque remise en route accidentelle.

  • Aménager des rangements dédiés aux outils tranchants : porte-couteaux solidaires du billot, étuis et coutelières, afin d’éviter les coupures en dehors des phases d’utilisation.

  • Porter les équipements de protection individuelle anti-coupure adaptés (nous les détaillerons plus bas au cours de cet article), y compris pour la main non porteuse du couteau.

  • Organiser le travail pour que la découpe se fasse sans précipitation et sans interruption pour le boucher (ex : aller retour entre deux taches). Un boucher sans arrêt dérangé ou travaillant dans la précipitation est beaucoup plus à même de se blesser au travail !

Noter que comme le rappelle la fiche métier de l’Officiel Prévention, toute coupure ou piqûre, même bénigne, devra être immédiatement désinfectée et pansée. En effet, au contact de la viandes et de jus, une plaie non désinfectée présente des risques d’infection élevé. Les infections sont relativement rapide dans la plupart des cas.

Le travail en atmosphère froide : une contrainte quotidienne pour les bouchers – charcutiers.

Le travail en atmosphère froide désigne l’exposition régulière des salariés à des ambiances thermiques basses : en boucherie - charcuterie, cela concerne d’une part le laboratoire réfrigéré, mais aussi et surtout les chambres froides, dont la température peuvent aller de 0 à -30 °C selon les produits stockés. Selon l’INRS, environ 100 000 personnes travaillent en France en atmosphère froide, principalement dans l’industrie agroalimentaire. La vigilance s’impose dès que les températures ambiantes passent sous la barre des 5 °C.

Le froid agit de deux manières sur l’organisme et la sécurité. De manière direct tout d’abord : engourdissements, engelures, affections ORL du fait de passages répétés du froid au chaud, voire hypothermie dans les cas plus extrêmes. Indirectement ensuite, et il s’agit la du mécanisme le plus sournois : le froid réduit la dextérité manuelle ainsi que la vigilance, ce qui augmente le risque de se blesser via d’autres risques et d’avoir un accident du travail. Le froid majore également l’apparition de troubles musculosquelettiques et aggrave ceux déjà présents.

Dans notre document unique, les mesures de prévention contre le travail en atmosphère froide que nous avons retenues sont les suivantes :

  • Limiter la durée des interventions en chambre froide et organiser le travail pour limiter le nombre d’entrées / sorties afin de limiter au maximum les passages du chaud au froid.

  • Vérifier que le(s) porte(s) de la chambre froide peut être ouverte de l’intérieur en toute circonstance. Il est également préférable que la chambre dispose d’une alarme sonore et lumineuse permettant à une personne enfermée de pouvoir donner l’alerte.

  • Fournir des vêtements et des gants de protection contre le froid (ex : Norme EN 342), permettant de travailler sans jamais manipuler des produits froids à mains nues.

  • Prévoir des pauses afin de récupérer dans un endroit chaud après les expositions prolongées au froid, avec la possibilité de boire des boissons chaudes.

  • Éviter autant que possible de travailler en chambre froide si l’on a pas un moyen d’alerte sur soit (ex : téléphone portable, voire dispositif type homme mort DATI) en particulier si l’on est seule dans la boucherie.

Les Équipements de Protection Collectifs (EPC) et les Équipements de Protection Individuelle (EPI) indispensables pour les bouchers - charcutiers.

En prévention des risques, la priorité est toujours donné à la suppression des risques à la source. Ensuite seulement, à la mise en place d’Équipements de Protection Collective (EPC), protégeant l’ensemble des salariés, puis aux Équipements de Protection Individuelle (EPI). Cette hiérarchie est fixée par l’article L4121-2 du Code du travail, qui énonce les principes généraux de prévention.

Selon nous, les EPC indispensables pour exercer le métier de boucher charcutier en sécurité sont :

  • Des machines conformes avec capots / carters de protection, et dispositifs d’arrêts d’urgence fonctionnels, accessibles en façade à une main, et dont le fonctionnement est testé régulièrement.

  • Des aides à la manutention nombreuses et de types diverses : rails pour les carcasses, chariots, transpalette, diable, etc. ainsi que des plans de travail réglés à hauteur d’homme pour réduire la pénibilité liés aux tâches répétitives.

  • Des portes-couteaux, coutelières et rangements sécurisés pour stocker tous les outils tranchants.

  • Des sols équipés de revêtements antidérapants, maintenus propres et secs, avec une bonne évacuation des eaux de lavage.

  • Des chambres froides équipées d’une ouverture intérieure, et d’un dispositif d’alarme. Le personnel devra tout de même avoir un dispositif de communication (ex : smarphone, DATI) sur lui, surtout s’il est seul dans la boucherie pour aller dans la chambre froide.

  • Des installations électrique conforme, vérifiée périodiquement, protégée par un disjoncteur différentiel 30 mA, incontournable, d’autant plus pour travailler en milieu humide avec différentes machines électriques à carcasses métalliques.

  • Des extincteurs contrôlés annuellement (obligation liés au statut d’ERP : Établissement Recevant du Public) ainsi qu’une trousse de premiers secours avec de quoi désinfecter et panser une coupure. De plus, la présence d’une crème cicatrisante contre les brûlures type biafine est particulièrement indiqué.

Selon nous, les EPI indispensables pour exercer le métier de boucher charcutier en sécurité sont :

  • Contre les coupures : gant en cotte de mailles pour la main non porteuse du couteau et protège-bras (Type EN 1082-1), complétés d’un tablier de protection pour les travaux de désossage.

  • Contre le froid : gants de protection contre le froid (Type EN511) et vêtements de protection contre le froid (Type EN342), notamment pour les interventions en chambre froide.

  • Contre les chutes : chaussures ou bottes de sécurité antidérapantes (Type EN ISO 20345).

  • Pour le nettoyage des locaux : gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374) et lunettes de protection contre les projections (Type EN166) lors de la manipulation des produits détergents et désinfectants.

  • Contre le bruit : protections auditives (Type EN352) lors de l’utilisation prolongée de la scie à os ou du cutter.


 

Pour ce qui est des EPI, l’employeur devra les mettre gratuitement à disposition de ses salariés conformément à l’article R4321-4 du Code du travail, et les salariés devront les porter conformément aux instructions reçues, comme le prévoit l’article L4122-1.

La formation et les actions de sensibilisation à mettre en place.

Informer, sensibiliser et former aux risques est un levier de prévention à part entière, au même titre que fournir des équipements de protection type EPC / EPI. De plus et selon la loi, chaque salarié devra bénéficier d’une formation pratique et appropriée à son poste de travail (article L4141-1 du Code du travail). Pour le métier de boucher - charcutier, nous avons principalement retenu des actions de prévention visant les bons gestes et bonnes pratiques du métier, afin de limiter au maximum les risques en amont :

  • Former à la sécurité au poste de découpe et aux techniques d’affûtage et d’affilage : un boucher qui entretient correctement ses couteaux présente moins de risques de se blesser, et se fatiguera très certainement moins au travail.

  • Former à l’utilisation en sécurité de chaque machine du laboratoire, y compris aux procédures de consignation électrique de chaque machine pour éviter les remises en route accidentelle lors des opérations de nettoyage et d’entretien.

  • Apprendre les bonnes postures de manutention : plier les genoux pour aller chercher les charges au sol, coller la charge aux abdominaux, soulever avec la force des jambes (et jamais en faisant levier avec le dos) tout en gardant le dos droit.

  • Envisager le passage de la formation PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique) pour diminuer les risques de développer des TMS en raisons des nombreuses manutentions et des nombreux gestes répétitifs que nécessite le métier.

  • Sensibiliser aux règles d’hygiène, et notamment à la désinfection immédiate de toute coupure / piqûre, à la nécessité de panser les plaies, ainsi qu’à la vaccination contre le tétanos à maintenir à jour.

  • Former le personnel à l’utilisation des extincteurs, afin qu’ils connaissant les différents types d’extincteur, dans quel cas de figure utiliser chacun d’entre eux, et comment les utiliser.

  • Porter une attention particulière au personnel à risque : stagiaire, apprentis, et éventuellement saisonniers qui peuvent venir en renfort lors des périodes de fêtes. Pour eux, une formation au poste dés leur arrivée dans l’entreprise sur les outils, machines, bons gestes et pratique de sécurité à respecter est un prérequis absolu.

Noter que les toutes les formations relatives à la santé et à la sécurité au travail effectués par vos salariés devront être recensées dans leur passeport de prévention. Celui ci est désormais obligatoire en vertu de l’article L4121-3-1 du Code du travail.

Quand modifier / mettre à jour le document unique de votre boucherie - charcuterie ?

La mise à jour du document unique est encadrée par l’article R4121-2 du Code du travail, qui prévoit trois cas de figure entraînant une mise à jour :

  • Une mise à jour annuelle minimum obligatoire pour les entreprises de 11 salariés et plus.

  • Une mise à jour lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou de travail : par exemple l’achat de nouvelles machine impliquant de nouveaux risques ne figurant pas dans le document unique.

  • Une mise à jour lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur : par exemple à la suite d’un accident du travail.

Notre document unique boucherie - charcuterie est fourni au format Excel. Il s’agit d’un format facilement modifiable, sur n’importe quelle ordinateur, avec Excel ou un logiciel équivalent gratuit tel que FreeOffice. Vous pouvez donc réaliser vos mises à jour par vous-même, sans devoir confier se travail à un prestataire, ou devoir tout reprendre d’une page blanche. Pour aller plus loin sur le sujet, consultez notre guide complet de la mise à jour du document unique.

Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de la sécurité dans votre boucherie - charcuterie.

Le but du document unique ne se résume par à juste évaluer les risques. Celui ci vise avant tout à réduire les accidents du travail et les maladies professionnels par la mise en place d’action de prévention des risques professionnels concrète sur le terrain. Pour cela, planifier la prévention des risques reste quasiment incontournable.

C’est pourquoi notre document unique boucherie - charcuterie comporte, en plus de la partie évaluation des risques, une partie dédiée à la prévention des risques, avec un calendrier de prévention de type PAPRIPACT : Programme Annuel de Prévention des RIsques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail. Celui-ci est obligatoire pour les entreprises de 50 salariés et plus. En dessous de ce seuil, vous êtres libre de ne pas l’utiliser.

 

Concrètement, ce calendrier vous permettra de fixer une échéance pour renforcer ou mettre en place toute mesure de prévention des risques dans votre entreprise. En le reprenant à échéance régulière, par exemple une fois par an (au moment de la mise à jour de votre document unique), vous entrerez dans une démarche d’amélioration continue. Cela devrait vous permettre au fil du temps d’avoir moins d’accidents du travail, moins de journées de travail perdues, une organisation facilitée au quotidien et des salariés fidélisés par de meilleures conditions de travail. En cas de contrôle de l’inspection du travail, ce programme constituera également la preuve qu’il y’a une démarche de prévention des risques en place au sein de votre entreprise et qu’en tant que chef d’entreprise, vous vous acquittez bien de votre rôle de garant de la santé et de la sécurité au travail de vos salariés.

FAQ sur le document unique pour les boucheries - charcuteries.

C’est quoi le document unique pour une entreprise ?

Le document unique est le document où l’on trouve l’évaluation des risques professionnels de l’entreprise. Il recense les dangers présents, évalue les risques associés et prévoit les mesures de prévention correspondantes.

Est-ce que le document unique est obligatoire pour ma boucherie - charcuterie ?

Oui, dès que votre boucherie - charcuterie emploie au moins un salarié, y compris un apprenti ou un vendeur à temps partiel. Cette obligation s’applique comme dans toute entreprise employant du personnel.

Quel est le rôle du document unique dans ma boucherie - charcuterie ?

Son rôle est d’identifier les dangers auxquels vos salariés sont exposés au laboratoire comme en boutique, d’évaluer les risques professionnels correspondants et de formuler des actions de prévention pour les réduire.

Qui doit établir le document unique de ma boucherie - charcuterie ?

La responsabilité en revient à l’employeur. Celui-ci peut néanmoins s’appuyer sur une personne ou une structure compétente, telle qu’un IPRP, pour le réaliser à sa place s’il n’a pas les compétences requises.

Comment rédiger le document unique de ma boucherie - charcuterie ?

La démarche consiste à définir les unités de travail, recenser les dangers présents dans chacune, évaluer les risques associés, puis retenir des mesures de prévention adaptées. Notre guide de rédaction du document unique détaille chacune de ces étapes.

Qui peut consulter le document unique de ma boucherie - charcuterie ?

Le document unique peut être consulté par les salariés de l’entreprise, par l’inspection du travail lors d’un contrôle et par les services de santé au travail, notamment la médecine du travail.

Où stocker le document unique de ma boucherie - charcuterie ?

Vous pouvez le conserver au format papier ou au format numérique dans l’entreprise. L’essentiel est de choisir un mode de stockage qui permette de le conserver pendant 40 ans, comme le demande la réglementation.

À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique de ma boucherie - charcuterie ?

Au minimum une fois par an si votre entreprise compte 11 salariés ou plus. Il devra aussi être mis à jour lors de tout changement important, comme l’achat d’une nouvelle machine, ou le lancement d’une activité traiteur.

Qui doit mettre à jour le document unique de ma boucherie - charcuterie ?

Là encore, c’est l’employeur qui en porte la responsabilité. Il peut toutefois confier cette mise à jour à une personne ou une structure compétente telle qu’un IPRP s’il n’a pas les compétences requises.

Téléchargement du document unique pour boucherie - charcuterie gratuit.

Pour accompagner cet article, nous mettons à disposition ci-dessous un document unique boucherie - charcuterie gratuit à télécharger. Il reprend la même structure que celle de notre document unique boucherie - charcuterie déjà complété, à savoir :

  • Une jaquette avec une illustration du métier de boucher - charcutier.

  • Une section de renseignements sur l’entreprise.

  • Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.

  • Une partie « évaluation des risques professionnels » pour votre boucherie - charcuterie.

  • Une partie « prévention des risques professionnels » dotée d’un calendrier de type PAPRIPACT.

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