Document unique Charpentier :
guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, Ingénieur sécurité au travail - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 11 Juin 2026
Le métier de charpentier figure parmi les plus exposés du bâtiment. Le travail en hauteur en est la principale raison : selon l’OPPBTP (données récoltées en 2024), les métiers de la charpente-couverture concentrent à eux seuls 40 % des chutes mortelles de hauteur du BTP, loin devant la maçonnerie-gros œuvre (24 %). À ce risque de chute de hauteur s’ajoute un danger plus silencieux : les poussières de bois. Elles sont classées cancérogènes avérées, et deuxième cause de cancer professionnel en France selon l’INRS. Dans ces circonstances, la création d'un document unique est la première pierre d'une démarche sécurité qui va vous permettre de diminuer la survenue d'accidents du travail dans votre entreprise au quotidien.
Dans ce guide, nous vous expliquons à partir de quand le document unique devient obligatoire pour toute entreprise de charpente, comment il s’organise et, surtout, quels choix nous avons retenus pour concevoir notre propre document unique destiné aux charpentiers.
À partir de quand vous faut-il un document unique pour votre entreprise de charpente ?
Le document unique est obligatoire pour toute entreprise de charpente dès l’embauche de son premier salarié, quel que soit son contrat (CDI, CDD, apprentissage, intérim).
Cette obligation découle de l’article L.4121-3 du Code du travail, qui impose à l’employeur d’évaluer les risques pour la santé et la sécurité de ses travailleurs, et de l’article R.4121-1, qui prévoit la transcription de cette évaluation dans un document unique. L’employeur reste seul responsable de cette évaluation, y compris lorsqu’il confie sa réalisation à un tiers, d’où la nécessité de faire appel à un service ou à un professionnel compétent enregistré IPRP.
L’absence de document unique, ou son défaut de mise à jour, engendre une contravention de 5e classe au titre de l’article R.4741-1 du Code du travail. Au-delà de l’amende, c’est surtout en cas d’accident que l’enjeu est lourd pour le chef d’entreprise et sa société : l’absence d’évaluation des risques est une preuve flagrante de la faute inexcusable de l’employeur, avec une majoration des indemnités à verser à la victime.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique.
Une unité de travail regroupe des situations de travail qui exposent les salariés à des risques comparables. Pour notre document unique charpentier, nous avons retenu huit unités de travail, qui couvrent 36 situations à risque, de l’atelier de découpe au montage sur chantier, jusqu’aux tâches administratives :
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Pose et rénovation de charpente
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Assemblage des éléments de charpente
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Découpe et travail du bois
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Isolation et traitement de charpente
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Contact clientèle
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Déplacement routier
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Secrétariat - Administratif
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Environnement de travail
Sur le chantier : la pose et la rénovation de charpente
C’est l’unité la plus dense en dangers, car elle se déroule en hauteur, en extérieur et avec des charges lourdes.
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Chutes de hauteur : le charpentier intervient au sommet des édifices, souvent sur l’ossature elle-même (pannes, chevrons, arbalétriers) avant la pose de toute couverture. La chute peut survenir depuis un moyen d’accès (échelle, échafaudage) ou depuis la charpente, et entraîner des fractures graves, des traumatismes crâniens, voire le décès. Ce risque majeur est développé plus bas.
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Manutentions et port de charges lourdes : le levage des fermes, des pannes et des madriers sollicite fortement le dos et les épaules. Un élément de charpente pèse environ 25 kg par mètre linéaire, ce qui expose à des lombalgies et à des troubles musculo-squelettiques.
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Chutes de plain-pied : l’encombrement du chantier, les chutes de matériaux au sol, les gravats et les sols meubles ou glissants peuvent provoquer des entorses, des contusions et des fractures en cas de chute.
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Heurts, coupures et écrasements : les outils tranchants, les éléments en cours de levage et les chutes d’objets exposent les mains, les pieds et la tête à des blessures parfois sévères.
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Intempéries et travail en extérieur : le vent constitue un facteur de chute majeur (élément emporté ou perte d’équilibre) ; le froid, la chaleur et l’exposition aux UV altèrent la vigilance et la santé.
L’assemblage des éléments de charpente
L’assemblage combine efforts physiques répétés et utilisation d’outils à main ou portatifs.
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Manutentions manuelles répétées : le port quotidien de bois et d’outils lourds (une masse de charpentier peut peser jusqu’à 15 kg) génère, à court terme, des douleurs musculaires et articulaires, et à long terme des TMS (tendinopathies de l’épaule, syndrome du canal carpien).
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Postures contraignantes : le travail bras en élévation, à genoux ou en torsion, lors de l’emboîtement des pièces, accentue l’usure articulaire.
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Chocs et écrasements des membres : le positionnement et l’emboîtement des éléments exposent les doigts et les mains à des pincements et à des écrasements.
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Utilisation d’outils portatifs : visseuses, perceuses et cloueurs pneumatiques exposent à la perforation, aux vibrations main-bras et aux projections.
La découpe et le travail du bois (atelier)
En atelier, les machines fixes concentrent des risques de coupure, de bruit et d’émission de poussières.
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Coupure et happement par les machines : scies, toupies, dégauchisseuses et raboteuses peuvent provoquer des coupures profondes, des amputations ou un happement des vêtements et des membres.
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Bruit : la découpe, le rabotage et le défonçage génèrent de fortes nuisances sonores, aggravées par la réverbération en local fermé. Une exposition répétée au-delà de 80 dB(A) sur huit heures peut conduire à une surdité professionnelle irréversible, reconnue au tableau n° 42 des maladies professionnelles (INRS).
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Poussières de bois : l’usinage du bois libère des poussières fines classées cancérogènes. Ce risque, insidieux car à effet différé, sera développé dans une partie dédiée plus tard dans cet article.
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Projection de copeaux et d’éclats : les projections de matière, notamment de bois, exposent le visage et le corps. Il peut en résulter divers dommages, notamment au niveau des yeux (cécité partielle ou totale, provisoire ou définitive).
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Incendie et explosion : les copeaux et sciures sont un combustible ; en suspension, les poussières de bois peuvent former une atmosphère explosive.
L’isolation et le traitement de la charpente
Le traitement et l’isolation mettent en jeu des produits chimiques, le tout ayant souvent lieu en espaces confinés, ce qui augmente l’exposition aux risques.
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Produits de traitement du bois : fongicides et insecticides sont des agents chimiques dangereux, dont certains sont classés CMR. L’application par pulvérisation ou badigeon expose les voies respiratoires et la peau (Pour plus d’informations, voir les articles du Code du travail relatifs à cette tâche : R.4412-1 et suivants).
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Fibres d’isolation : la laine de verre et la laine de roche provoquent des irritations cutanées, oculaires et respiratoires lors de leurs manipulations, et plus encore en espace confiné (ex : pose en combles).
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Postures et ambiances en espaces confinés : le travail dans les combles impose régulièrement d’adopter des postures contraignantes, dans une atmosphère souvent chaude (printemps / été, renforcée par des canicules de plus en plus fréquentes et se manifestant de plus en plus tôt) et le plus souvent sans aération.
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Chute à travers un plancher : des accidents liés au déplacement d’un travailleur sur un plafond ou sur un faux plancher qui n’est pas prévu pour supporter un tel poids peuvent survenir.
Le contact avec la clientèle
Les échanges avec les clients, particuliers comme professionnels, comportent une dimension relationnelle parfois tendue.
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Agressions verbales : des litiges sur les délais des travaux, des prix issus des devis, ou de la qualité perçue par les clients à la fin des travaux, peuvent dégénérer en échanges agressifs.
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Agressions physiques : intervenant pour les mêmes raisons que les agressions verbales, elles sont heureusement plus rares. Toutefois, elles ne sont pas à exclure car leurs conséquences sont tout autant physiques que psychologiques pour la personne touchée.
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Risques psychosociaux (RPS) : la pression des délais, les aléas météo qui peuvent ralentir un ou plusieurs chantiers, la charge mentale liée à la gestion des clients difficiles, sont autant de sources de stress et de fatigue pour les travailleurs.
Les déplacements routiers
Les trajets entre l’atelier et les différents chantiers exposent les travailleurs au risque routier, qui reste encore aujourd’hui la première cause de mortalité au travail en France.
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Accident de la route : les conditions météo parfois difficiles, la route de nuit en automne et en hiver, les longs trajets, la pression de planning parfois chargé et la fatigue qui en découle sont autant de facteurs augmentant le risque d’accident de la route.
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Chargement, arrimage et déchargement : la manipulation d’éléments longs et lourds (ex : bois, échelles) expose à des chocs violents en cas d’écrasement de personnes. Un mauvais arrimage de charge pour n’importe quelle raison que ce soit (ex : besoin d’aller vite, manque de sangles, etc.) est un facteur critique dans la survenue de ces accidents.
Le secrétariat et les tâches administratives
Établir des devis, créer des factures et les envoyer aux clients, gérer le personnel et ses plannings, ainsi que réaliser la comptabilité de l’entreprise sont des tâches qui se font désormais majoritairement sur écran d’ordinateur.
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Travail sur écran : l’usage prolongé de l’écran d’ordinateur provoque fatigue visuelle, maux de tête et TMS du cou et des poignets.
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Posture assise prolongée : la station assise statique favorise les lombalgies et les douleurs cervicales.
L’environnement de travail
Il s'agit des risques liés aux locaux de travail de l'entreprise. Ces risques vont principalement être ceux liés aux électrisations et aux électrocutions ainsi qu’au risque de départ de feu et d'incendie.
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Risque électrique : branchements provisoires de chantier, rallonges électriques endommagées et outillage portatif exposent les travailleurs à des dangers d’électrisation (dommages physiques mais la personne est toujours vivante) et à l’électrocution (la personne décède).
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Incendie : le stockage de bois, la présence de copeaux et de produits inflammables dans l’entreprise sont autant de facteurs qui augmentent le risque de départ de feu dans l’entreprise. Le stockage à proximité d’un organe chauffant (ex : chaudière, radiateur) constitue également un facteur de risque dans la survenue de départ de feu.
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Risque biologique et animaux : les combles peuvent abriter des déjections de rats, la présence de différents nuisibles (ex : rats, chauves-souris) ou des insectes (ex : frelons asiatiques) sources de piqûres, de possibles allergies voire d’infections.
Le travail en hauteur sur charpente, danger critique de la profession de charpentier.
Le travail en hauteur est la situation la plus à risque du métier de charpentier. Les accidents surviennent le plus souvent lors du levage et de l’assemblage de charpentes neuves sur ossature nue.
Les chiffres d’accidentologie confirment la gravité de la situation pour la profession. Dans le BTP, les chutes de hauteur sont la première cause d’accidents graves et mortels (hors risque routier commun à toutes les professions) et représentent environ un accident mortel sur cinq (OPPBTP, données Cnam 2021). À elle seule, la charpente-couverture concentre 40 % de ces chutes mortelles ! En 2024, le secteur du bâtiment a enregistré 146 décès liés à un accident du travail, dont 22 par chute de hauteur (Données 2024 issues de l’Assurance Maladie). Et quand un accident ne provoque pas la mort, l’arrêt de travail qui en découle est en moyenne de quatre mois !
Évidemment, la source même du danger pour le charpentier tient à la nature principale de son activité : il évolue sur l’ossature de la maison (ex : pannes faîtière et sablière, chevrons, etc.) le plus souvent sans plancher, et sans rien pour amortir une potentielle chute. Lorsqu’ils s’invitent, le vent, la pluie et le gel rendent ces appuis déjà étroits, glissants et instables. De plus, l’utilisation d’échafaudages, s’ils sont mal montés, constitue un facteur supplémentaire de risque de chute.
Dans notre document unique d'évaluation des risques pour charpentier déjà complété, nous avons décidé d’intervenir selon cet ordre :
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Faire le maximum de tâches au sol lorsque c’est possible : préfabrication des fermes au sol et levage à la grue d’ensembles pré-assemblés, pour limiter le temps de travail en hauteur ;
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Privilégier les protections collectives : échafaudage conforme et monté conformément aux instructions du fabricant, utilisation de garde-corps quand il y en a, plateformes élévatrices mobiles de personnes PEMP (ex : nacelles).
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Utilisation de protections individuelles en dernier recours : harnais, stop chute et longe avec absorbeur d’énergie, reliés à une ligne de vie ou à un point d’ancrage suffisamment solide pour supporter le poids de la personne et la force engendrée par sa chute.
Cette logique applique le principe de priorité donnée aux protections collectives sur les protections individuelles issu de l’article L.4121-2 du Code du travail.
Note réglementaire supplémentaire : Le travail temporaire en hauteur est encadré par l’article R.4323-58, et le montage, le démontage et la modification des échafaudages exigent une formation spécifique au titre de l’article R.4323-69.
Les poussières de bois (CMR), un risque cancérogène à considérer.
Les poussières de bois sont classées cancérogènes avérées pour l’homme. Elles constituent l’un des risques, aux effets à long terme, les plus préoccupants pour les charpentiers.
Quel que soit le type de bois, les poussières de bois sont classées cancérogènes avérées par le CIRC. De ce fait, les travaux exposant aux poussières de bois figurent sur la liste réglementaire des procédés cancérogènes (INRS). Inhalées de façon répétée, les poussières de bois provoquent des cancers naso-sinusiens, qui sont rarement pronostiqués à temps du fait que les dépistages sont souvent réalisés tardivement.
Les poussières de bois sont la deuxième cause de cancer professionnel reconnu en France, avec environ 80 nouveaux cas reconnus chaque année (source : Cancer Environnement). Ce cancer est reconnu comme maladie professionnelle et pris en charge au titre du tableau n° 47 du régime général.
Parce que travailler en présence de poussières de bois est potentiellement cancérogène en cas d’inhalation, ce sont les règles de prévention applicables aux agents CMR qui s’appliquent (À titre d’information car difficilement quantifiable en atelier : la valeur limite d’exposition professionnelle est fixée à 1 mg/m³ sur huit heures).
En ce qui concerne la prévention des risques d'inhalation de poussières de bois, intégrée à notre document unique, elle repose en premier lieu sur le captage des poussières à la source :
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Raccordement des machines de ponçage, de rabotage, de découpe, qu’elles soient fixes ou portatives, à une aspiration efficace.
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Entretien des dispositifs d’aspiration régulier de manière à conserver leur efficacité.
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Nettoyage des locaux par aspiration, et surtout pas par soufflette ou au balai, pour éviter de remettre les poussières de bois en suspension.
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Port de masques respiratoires FFP3 individuels en complément de ces mesures de protections collectives.
La coordination SPS sur les chantiers pour les charpentiers.
Selon la loi actuellement en vigueur, dès que plusieurs entreprises interviennent sur un même chantier, une coordination en matière de sécurité et de protection de la santé (SPS) est obligatoire.
Le charpentier est amené à travailler régulièrement avec d’autres corps de métier sur les chantiers : cela peut être un maçon, un couvreur, un électricien, etc. L’article L.4532-1 du Code du travail impose dès lors la désignation d’un coordonnateur SPS. Selon la taille du chantier, celui-ci établit un plan général de coordination (PGCSPS) et tient à jour le dossier d’interventions ultérieures sur l’ouvrage (DIUO) si des interventions futures sont nécessaires. De son côté, l’entreprise de charpente doit rédiger son plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS), prévu à l’article R.4532-56.
Ces documents organisent la sécurité collective des entreprises qui officient sur le chantier. Ils viennent donc en complément des documents uniques de chacune des entreprises présentes, mais sans jamais les remplacer.
Les EPC et EPI indispensables du charpentier.
En matière de prévention des risques, on privilégie toujours les équipements de protection collective (EPC) sur les équipements de protection individuelle (EPI), conformément à l’article L.4121-2 du Code du travail.
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Les protections collectives que nous privilégions :
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Échafaudages conformes et montés conformément aux instructions du fabricant, utilisation de garde-corps lorsque c’est possible
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Utilisation de plateformes élévatrices mobiles de personnes (PEMP)
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Aspiration des poussières à la source
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Capotage des machines bruyantes en atelier
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Mise en place de lignes de vie et de points d’ancrage suffisamment solides sur les chantiers.
Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables :
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Casque de chantier avec jugulaire pour le travail en hauteur (Type EN397).
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Chaussures ou bottes de sécurité (Type EN ISO 20345).
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Gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN388).
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Lunettes de protection contre les projections (Type EN166).
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Protections auditives lors de l’utilisation de machine bruyante ou en présence de bruit (Type EN352).
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Masque respiratoire FFP3 contre les poussières de bois (Type EN149).
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Harnais, stop chute et longe avec absorbeur d’énergie (Type EN361).
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Vêtements de travail, de préférence haute visibilité pour prévenir des risques d’écrasements par des véhicules en déplacement sur les chantiers (Type EN ISO 20471).
L’employeur doit mettre ces équipements à disposition gratuitement et veiller à leur entretien (R.4321-4), tandis que le salarié est tenu de les utiliser conformément à l’usage pour lequel ils sont prévus (L.4122-1).
La formation et les actions de sensibilisation importantes pour les charpentiers.
La formation, l’information, et la sensibilisation aux risques sont des leviers de prévention à part entière, au même titre que les équipements de protection collectifs et individuels. Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent à l’employeur d’organiser une formation à la sécurité adaptée au poste. Pour les charpentiers, les formations qui nous paraissent les plus importantes sont :
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La formation au montage, au démontage et à la vérification des échafaudages
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La formation travail en hauteur, avec apprentissage du port du harnais
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La formation CACES pour les engins de levage et les plateformes élévatrices (de type nacelles. (Pour rappel : le chef d’entreprise devra, malgré la formation CACES, délivrer une autorisation de conduite aux salariés en question)
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La formation gestes et postures (autrement appelée PRAP pour Prévention des Risques liés à l’Activité Physique) du fait des manutentions manuelles quotidiennes à effectuer.
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La sensibilisation des travailleurs au risque cancérogène des poussières de bois, et aux bonnes pratiques à mettre en place pour réduire ces risques (ex : aspiration à la source, éviter tout ce qui remet en suspension les poussières, port systématique du masque FFP3, etc.)
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La formation d’apprentissage de l’utilisation des extincteurs (du fait de la présence de nombreux matériaux inflammables dans ce secteur)
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La formation SST : Sauveteur Secouriste au Travail.
Ces formations devront être résumées dans le passeport de prévention, qui est depuis peu imposé par les articles L.4121-3 / R.4121-1-1 du Code du travail, qui recensent les formations, attestations et certifications acquises par chaque salarié.
Quand modifier ou mettre à jour ce document unique.
Le document unique doit être mis à jour au moins une fois par an dans les entreprises d’au moins onze salariés, et à chaque évolution importante.
L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit une mise à jour :
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Au moins annuelle pour les entreprises d’au moins onze salariés
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Lors de tout aménagement important modifiant les conditions de travail (nouvelle machine d’atelier, nouveau type de chantier, nouveau procédé)
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Lorsqu’une information nouvelle sur un risque apparaît.
Notre document unique charpentier étant au format Excel, il peut facilement être modifié pour intégrer ces évolutions. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique explique plus en détail la méthodologie à suivre.
Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de la sécurité dans votre entreprise de charpente.
Le document unique n’a de valeur que s’il débouche sur des actions de prévention des risques concrètes, parce que mises en application sur le terrain. Pour cela, la planification via un calendrier reste un incontournable.
Pour les entreprises d’au moins cinquante salariés, la loi impose via l’article L4121-3-1 du Code du travail que l’évaluation des risques débouche sur un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT).
Pour les entreprises employant 50 salariés ou moins, la loi oblige simplement à ce que l’évaluation des risques débouche sur une liste d’actions consignée dans le document unique.
Chez Document Unique Facile, étant donné que la planification nous paraît être un élément décisif pour passer à la mise en place d'actions correctives sur le terrain, nous avons décidé d'inclure un calendrier de type PAPRIPACT dans l'ensemble de nos documents uniques : Chaque mesure de prévention des risques que nous avons listées se voit attribuer une échéance de mise en place ou de renforcement.
En cas de contrôle de l’inspection du travail suite à un accident par exemple, cela constitue la preuve qu’une démarche de prévention des risques est à l’œuvre dans l’entreprise (à condition que cela soit réellement exécuté dans l’entreprise).
Notre page consacrée à l’évaluation des risques professionnels et notre guide de rédaction du document unique approfondissent cette méthode de planification.
FAQ sur le document unique pour les charpentiers.
C'est quoi le document unique pour une entreprise ?
Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est le document obligatoire qui recense, dans un seul support, l’ensemble des risques pour la santé et la sécurité des salariés d’une entreprise, unité de travail par unité de travail.
Le document unique est-il obligatoire pour mon entreprise de charpente ?
Oui. Il est obligatoire dès le premier salarié embauché, quel que soit son contrat. Seul le charpentier travaillant strictement seul, sans aucun salarié, n’y est pas tenu.
Quel est le rôle du document unique dans mon entreprise de charpente ?
Il sert à identifier les dangers du métier (hauteur, manutentions, poussières de bois, bruit, machines), à les hiérarchiser, puis à décider des mesures de prévention adaptées pour protéger les salariés.
Qui doit établir le document unique de mon entreprise de charpente ?
L’employeur en est responsable. Il peut le réaliser lui-même s’il est compétent ou à défaut recourir à un professionnel compétent reconnu et enregistré IPRP.
Comment rédiger le document unique de mon entreprise de charpente ?
Il faut découper l’activité en unités de travail, lister les dangers de chacune, coter les risques (pour cela notre méthode se base sur l’occurrence, la gravité, la fréquence et la maîtrise, mais d’autres choix sont possibles), puis associer des mesures de prévention.
Qui peut consulter le document unique de mon entreprise de charpente ?
Les salariés, les membres du CSE, le médecin du travail, l’inspection du travail et les agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale.
Où stocker le document unique de mon entreprise de charpente ?
Il doit être conservé dans l’entreprise et être facilement accessible sur demande. Chaque version doit être archivée pendant au moins quarante ans, sous format papier ou numérique, pour assurer la traçabilité des expositions durant la carrière professionnelle des travailleurs.
À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique pour mon entreprise de charpente ?
Au moins une fois par an si vous employez onze salariés ou plus, et à chaque aménagement important (nouvelle machine, nouveau type de chantier, nouveau produit de traitement) ou apparition d’une information nouvelle sur un risque, et ce peu importe la taille de votre entreprise.
Qui doit mettre à jour le document unique de mon entreprise de charpente ?
C’est l’employeur qui reste le seul responsable de cette mise à jour. Mais là encore, s'il n'a pas les compétences pour le faire, il peut se tourner vers un professionnel compétent, reconnu et enregistré IPRP. Dans tous les cas de figure, le format Excel de nos documents uniques permet de faire ces mises à jour facilement sans devoir repartir de zéro.
Téléchargement du document unique pour charpentier gratuit.
Notre modèle de document unique gratuit dédié aux charpentiers est disponible via l’encart ci-dessous. Il reprend la même trame que notre document unique charpentier déjà complété, et comprend :
-
Une page de couverture illustrée adaptée pour les charpentiers.
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Une page d’informations sur l’entreprise.
-
Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.
-
Une section évaluation des risques professionnels.
-
Une section prévention des risques professionnels, assortie d'un calendrier de planification.













