Document unique BTP :
guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, Ingénieur sécurité au travail - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 08 Juin 2026
Le secteur du bâtiment et des travaux publics est l'un des plus exposés aux risques professionnels en France. Il concentre à lui seul environ 18 % des accidents avec arrêt de travail et près de 20 % des décès, alors qu'il ne représente que 9 % des salariés du régime général (source : CARSAT). Dans ce contexte, le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) occupe une place centrale dans la gestion de la sécurité d'une entreprise de BTP.
Dans ce guide, nous vous expliquons à partir de quand le document unique devient obligatoire, comment il se construit, et surtout quels choix nous avons faits pour concevoir notre propre document unique destiné aux entreprises du BTP à retrouver en téléchargement ici
À partir de quand vous faut-il un document unique pour votre entreprise de BTP ?
L'obligation d'évaluer les risques professionnels et de formaliser cette évaluation dans un document unique découle de l'embauche du premier salarié dans l’entreprise. Cette obligation vient de l'article L.4121-3 du Code du travail, qui impose à l'employeur d'évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, et de l'article R.4121-1, qui prévoit la transcription des résultats de cette évaluation dans un document unique.
Concrètement, dès qu'une entreprise du BTP compte au moins un salarié, et quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, alternance, etc.), le document unique est obligatoire. Son absence ou son défaut de mise à jour constitue une contravention de 5e classe (article R.4741-1 du Code du travail), passible d'une amende de 1 500 € (portée à 7 500 € pour une société, et doublée en cas de récidive). Cette amende peut en outre être appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés (article R.4741-1-1). Surtout, en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, l'absence de document unique facilite la reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur et l'expose à des dommages-intérêts ainsi qu'à des sanctions pénales.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique.
L'évaluation des risques s'organise par unités de travail, c'est-à-dire par grands regroupements de postes ou d'activités où les salariés sont exposés à des risques similaires. Pour notre document unique destiné aux entreprises du BTP, nous avons retenu quatre unités de travail qui couvrent l'essentiel de l'activité d'une entreprise typique du BTP :
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Sur le chantier
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Contact clientèle
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Déplacement routier
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Secrétariat - Administratif
Pour chacune de ces unités de travail, nous présentons ci-dessous les principaux dangers identifiés et les risques qui en découlent.
Sur le chantier
Cette unité de travail regroupe l'ensemble des tâches réalisées sur les chantiers ainsi que les dangers et risques qui en découlent. C'est de loin l'unité de travail où les travailleurs du BTP sont les plus exposés, et où se concentrent les risques les plus graves du secteur.
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Chutes de hauteur : le travail en hauteur est intrinsèque aux métiers du BTP, qu'il soit fréquent ou occasionnel : travail sur échafaudages, passerelles ou abords de tranchées. Le secteur de la construction concentre la plus grande proportion de chutes de hauteur, mais aussi celles dont les conséquences sont les plus graves, et le plus grand nombre de décès liés à ce risque. Les chutes de hauteur représentent à elles seules 17 % des accidents du travail de la profession (source : Assurance Maladie). Les lésions occasionnées sont généralement sévères : traumatismes crâniens, fractures du bassin ou des membres, exigeant de longues périodes de convalescence avec des séquelles parfois définitives.
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Manutention manuelle de charges : sur les chantiers, le port et le déplacement de fournitures lourdes et encombrantes (sacs de ciment, parpaings, etc.) exposent les travailleurs à des douleurs dorsales, articulaires et musculaires, y compris à court terme. Ces dommages sont particulièrement aggravés par trois facteurs : le non-respect des bonnes postures de manutention, le soulèvement régulier de charges trop lourdes (plus de 25 kg) et le port des charges sur de longues distances. Le BTP est l'un des secteurs les plus exposés à ce danger, puisque les manutentions manuelles occasionnent 48 % des arrêts de travail de la profession (source : Assurance Maladie). Sur le long terme, les manutentions manuelles engendrent des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) des membres supérieurs : lésions de la colonne vertébrale, tendinopathies de l'épaule, syndrome du canal carpien au poignet.
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Chutes de plain-pied : souvent perçues comme bénignes, les chutes de plain-pied figurent pourtant parmi les premières causes d'accidents du travail dans le secteur, où elles représentent 14 % des accidents (source : Assurance Maladie). Sur un chantier, elles sont favorisées par des sols humides, irréguliers, sales ou encombrés, des conditions météorologiques difficiles, le transport d'objets volumineux, des espaces étroits ou la cohabitation entre piétons et engins. Elles entraînent souvent plaies, hématomes, entorses et fractures.
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Utilisation d'engins, de machines et d'outils : l'usage quotidien d'outils manuels (cutter, marteau, scie), d'outils électroportatifs (meuleuses, disqueuses, ponceuses, perceuses) et d'outils pneumatiques vibrants (perforateurs, brise-béton) est source de blessures. L'outillage à main occasionne à lui seul 15 % des arrêts de travail du secteur (source : Assurance Maladie). Les risques sont multiples : coupures et blessures par outils tranchants ou contondants, projections de particules dans les yeux (lésions oculaires), chocs électriques en cas de matériel défectueux. Les vibrations transmises aux bras et aux mains par l'outillage portatif provoquent également des atteintes ostéoarticulaires touchant principalement les membres supérieurs et la colonne vertébrale. Les engins de chantier (pelleteuse, chargeuse, tractopelle) engendrent des risques de heurt et d'écrasement inhérents à la circulation, à proximité de piétons.
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Exposition au bruit : les sources de nuisances sonores sont nombreuses sur un chantier : engins de terrassement, outils de démolition (marteaux-piqueurs, brise-béton), outils de coupe et de perforation (meuleuses, scies circulaires, perceuses à percussion). Dès que l’ambiance sonore dépasse 80 dB sur une journée de travail de 8 heures, la protection devient impérative, y compris lorsque le bruit est généré par une entreprise extérieure présente sur le chantier. À court terme, l'exposition au bruit provoque céphalées, acouphènes et fatigue. À long terme, elle entraîne une perte progressive et irréversible de l'audition, dont la personne ne prend souvent conscience que tardivement ; la surdité professionnelle représentait 2 % des maladies professionnelles reconnues dans le secteur en 2018 (source : Assurance Maladie).
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Gestes répétitifs : dans le BTP, les différents corps de métier réalisent de très nombreux gestes répétitifs, en particulier avec les outils manuels (truelle, taloche, pelle) qui restent régulièrement utilisés. Ces gestes sollicitent en premier lieu les membres supérieurs et provoquent des douleurs aux mains, aux poignets et aux épaules, des troubles circulatoires et des douleurs musculaires. À long terme, ils sont à l'origine de Troubles Musculo-Squelettiques, notamment des tendinites de l'épaule. Les TMS constituent la première cause de maladie professionnelle du secteur : ils représentaient 87 % des maladies professionnelles reconnues en 2018 (source : Assurance Maladie).
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Postures contraignantes agenouillées ou accroupies : de nombreuses tâches du second œuvre s'effectuent au ras du sol, en position agenouillée ou accroupie. Le maintien prolongé de ces positions sollicite fortement les articulations des genoux et des chevilles, provoquant des traumatismes articulaires et, fréquemment, des hygromas du genou (inflammation de la bourse séreuse).
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Postures contraignantes penchées vers l'avant : le travail penché vers l'avant, en torsion ou les bras en l'air, est très répandu sur les chantiers, qu'il s'agisse de coffrer, ferrailler, enduire ou poser. Le maintien de la colonne en position fléchie ou en torsion fragilise les muscles dorsaux et les disques intervertébraux, à l'origine de lombalgies d'effort et, sur la durée, de pathologies de la colonne vertébrale.
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Travail en extérieur (intempéries, chaleur, froid, UV) : le travail en plein air expose les travailleurs du BTP aux aléas climatiques tout au long de l'année. Le froid, accentué par le vent et l'humidité, provoque engelures et perte de dextérité, et peut déclencher le syndrome de Raynaud (doigts blancs, insensibles et engourdis). La chaleur et l'effort prolongé au soleil exposent à la déshydratation, aux crampes, aux malaises et, dans les cas extrêmes, au coup de chaleur. L'exposition régulière aux ultraviolets, souvent sous-estimée, augmente quant à elle le risque de coups de soleil et d’ophtalmies, mais surtout de cancers de la peau à long terme. Au-delà des atteintes directes, les conditions climatiques difficiles dégradent la vigilance et favorisent indirectement la survenue d’accidents du travail via d’autres sources de risques.
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Risque électrique (électrisation, électrocution) : les installations électriques de chantier sont par nature temporaires et exposées : câbles posés au sol, prises parfois endommagées, armoires électriques provisoires, etc. Le contact avec une pièce sous tension peut provoquer une électrisation (brûlures, contractions musculaires) voire une électrocution (mort de la personne). Ce risque, moins visible que les chutes ou les engins, est d'autant plus dangereux qu'il est souvent négligé sur les installations de chantiers.
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Exposition aux poussières et aux produits chimiques (dont CMR) : c'est le risque le plus insidieux du chantier, car ses effets sont le plus souvent visibles à long terme. Les poussières dégagées par la découpe, la démolition ou les étapes de préparation (ciment, bois, silice) sont nocives par inhalation et peuvent provoquer rhinites, asthme, pneumopathies chroniques. Pour les matériaux à base de silice (ciment principalement), le plus grand danger reste le développement de fibroses pulmonaires après une exposition chronique de long terme. Le ciment est également responsable de dermites d'irritation et d'eczémas de contact nommés « gale du ciment ». Surtout, le secteur reste massivement concerné par des agents Cancérogènes, Mutagènes et toxiques pour la Reproduction (CMR) : l'amiante, interdite en France depuis 1997 mais toujours présente dans les bâtiments antérieurs à cette date, la silice cristalline ou encore le plomb. Les maladies liées à l'amiante représentaient 7 % des maladies professionnelles reconnues dans le secteur en 2018 (source : Assurance Maladie). L'évaluation de ce risque est encadrée par les articles R.4412-1 et suivants du Code du travail pour les agents chimiques dangereux, et R.4412-59 et suivants pour les agents CMR.
Contact clientèle
Cette unité de travail couvre les risques liés à la relation avec la clientèle et les donneurs d'ordre sur les chantiers. Souvent oubliés dans les entreprises du BTP, ces risques sont pourtant bien réels dès lors qu'il existe des relations entreprise – client, que ce soit lors de la réalisation d’un devis, lors de la réalisation du chantier, durant le suivi de chantier, mais aussi et surtout lors de la phase de réception des travaux.
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Agressions verbales : le contact avec un client mécontent, un riverain importuné par les nuisances du chantier ou un donneur d'ordre sous pression peut donner lieu à des tensions, des reproches, des insultes ou des menaces. Ces situations, qui surviennent fréquemment lors de litiges sur les délais, les malfaçons ou le bruit, génèrent du stress, de l'anxiété et une dégradation du climat de travail.
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Agressions physiques : plus rares mais beaucoup plus graves, les agressions physiques peuvent survenir lorsqu'un conflit verbal dégénère. Outre les blessures qu'elles occasionnent, elles provoquent un choc psychologique durable pour le ou les salariés concernés.
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Risques psychosociaux (RPS) : au-delà des agressions, la relation client est porteuse de risques psychosociaux liés aux exigences des clients, aux délais tendus, aux imprévus et aux contraintes économiques. Le cumul de ces pressions favorise le surmenage, l'épuisement, les troubles anxieux et dépressifs, ainsi que des troubles somatiques (maladies cardio-vasculaires, troubles gastro-intestinaux). Le baromètre ARTI Santé BTP de la CAPEB confirme la réalité croissante de ces atteintes à la santé psychique dans le secteur (source : Officiel Prévention).
Déplacement routier
Cette unité de travail concerne les trajets entre l'entreprise et les chantiers ainsi que le transport de matériel et de matériaux. Le risque routier est l'un des plus sous-estimés, alors qu'il constitue la première cause d'accident mortel au travail.
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Accident de la route : les déplacements fréquents et parfois longs en véhicule utilitaire léger (VUL de moins de 3,5 tonnes) exposent les salariés aux accidents de la circulation. Les causes sont multifactorielles : défaut de surveillance du véhicule (ex : pression des pneus), mauvais entretien, surcharge, mauvais état des routes, météo défavorable, fatigue, usage du téléphone au volant et autres mauvais comportements (ex : vouloir rattraper son retard sur la route). Les conséquences d'un accident de la route peuvent être graves (ex : handicap à vie), voire mortelles.
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Chargement, arrimage et déchargement : le transport de matériel et de matériaux comporte des risques propres aux opérations de chargement et de déchargement. Un calage ou un arrimage mal assuré peut entraîner le basculement de la charge et provoquer écrasements, fractures, contusions et coincements des membres. La présence de charge dans l'habitacle du véhicule constitue un facteur critique en cas de freinage ou de choc.
Secrétariat - Administratif
Cette unité de travail regroupe le travail administratif, réalisé la plupart du temps sur écran : devis, facturation, suivi de chantier, gestion du personnel. Le travail de bureau, parce qu'il est considéré comme sans risque, se voit souvent négligé. Voici les principaux dangers qui y sont liés :
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Posture assise prolongée : le maintien prolongé de la position assise, souvent sur un poste de travail mal réglé, sollicite la colonne vertébrale et entraîne des douleurs dorsales et cervicales ainsi que des troubles circulatoires au niveau des membres inférieurs.
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Fatigue visuelle liée au travail sur écran : la fixation prolongée d'un écran, parfois dans des conditions d'éclairage inadaptées, provoque une fatigue visuelle qui se traduit par des maux de tête, une sécheresse oculaire, des picotements et une vision troublée en fin de journée.
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TMS liés au travail sur écran : l'utilisation répétitive de la souris et du clavier, associée à des postures statiques, peut générer des Troubles Musculo-Squelettiques des membres supérieurs : tendinites du poignet, du coude ou de l'épaule, et syndrome du canal carpien.
La prise en compte des manutentions manuelles et des troubles musculo-squelettiques, qui sont des risques majeurs dans le secteur du BTP.
Les manutentions manuelles et les troubles musculo-squelettiques (TMS) constituent les deux risques les plus emblématiques du BTP. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les manutentions manuelles occasionnent 48 % des arrêts de travail de la profession, et les TMS représentaient 87 % des maladies professionnelles reconnues dans le secteur en 2018 (source : Assurance Maladie).
Plusieurs facteurs expliquent cette surexposition propre au BTP : des matériaux souvent lourds, peu ergonomiques et présents en grande quantité. De plus, l’accessibilité parfois difficile sur les chantiers rend parfois impossible l'usage d'aides à la manutention. Également, l'accumulation des postures contraignantes (positions accroupies ou penchées), des gestes répétitifs et des vibrations transmises par certaines machines augmente les risques de développer des Troubles Musculo-Squelettiques au niveau des épaules, des poignets et des genoux.
C'est pourquoi nous avons accordé une place importante à ces risques dans notre document unique pour le BTP. L'évaluation tient compte des situations de manutention propres au secteur, et les mesures de prévention associées suivent une logique cohérente : recours systématique aux aides à la manutention (brouettes, diables, monte-matériaux), choix de conditionnements allégés (sacs de 25 à 30 kg maximum), organisation du chantier pour limiter les ports et déplacements inutiles, et formation aux gestes et postures. Cette obligation d'évaluation des risques liés à la manutention manuelle est encadrée par les articles R.4541-1 et suivants du Code du travail.
Les obligations réglementaires particulières liées à la coordination de la sécurité sur les chantiers (coordination SPS)
Au-delà du document unique, indispensable à toute entreprise employant au moins un salarié, le secteur du BTP est soumis à une obligation spécifique : la coordination en matière de sécurité et de protection de la santé (coordination SPS). Elle s'applique aux chantiers où interviennent plusieurs entreprises, afin de prévenir les risques liés à la co-activité, c'est-à-dire à la présence simultanée de plusieurs corps de métier sur un même site.
Cette coordination, prévue par les articles L.4532-1 et suivants du Code du travail, repose sur la désignation, par le maître d'ouvrage, d'un coordonnateur SPS compétent doté des moyens et de l'autorité nécessaires à sa mission. Selon la nature et l'importance du chantier, plusieurs documents doivent alors être élaborés :
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Le plan général de coordination de sécurité et de protection de la santé (PGCSPS) : établi par le coordonnateur.
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Les plans particuliers de sécurité et de protection de la santé (PPSPS) : établis par chaque entreprise intervenante, conformément aux articles R.4532-56 et suivants.
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Le dossier d'interventions ultérieures sur l'ouvrage (DIUO) : qui rassemble les éléments utiles à la sécurité pour les interventions futures.
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Le plan de prévention : si jamais une entreprise extérieure intervient dans une entreprise ou sur une installation en service.
Note utile : Ces documents de chantier complètent le document unique sans jamais s'y substituer.
Les Équipements de Protection Collectifs et Équipements de Protection Individuelle indispensables
Les principes généraux de prévention fixés par l'article L.4121-2 du Code du travail imposent de donner la priorité aux mesures de protection collective sur les mesures de protection individuelle. C'est cette logique que nous avons retenue pour les propositions de prévention de notre document unique BTP. Voici pour commencer et selon nous les Équipements de Protection Collective (EPC) à privilégier en priorité pour son entreprise de BTP:
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Garde-corps ou à défaut harnais stop chute et longe pour le travail en hauteur, ainsi que des échafaudages conformes, montés selon les prescriptions du fabricant et régulièrement contrôlés.
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Balisage des zones de chantier définissant l’interdiction de pénétrer pour les personnes.
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Captage des poussières à la source (machines munies d'aspiration, travail à l'humide) et nettoyage à l'aspirateur à filtre absolu.
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Aides à la manutention et au levage : diables, monte-matériaux, plateformes élévatrices, grues.
Lorsque le risque ne peut être totalement supprimé par la protection collective, le recours aux équipements de protection individuelle (EPI) devient indispensable. L'employeur est tenu de les mettre à disposition des salariés (article R.4321-4 du Code du travail) et ces derniers doivent les utiliser conformément à ce pourquoi ils sont prévus (article L.4122-1). Les principaux EPI qui nous paraissent indispensables pour les entreprises du BTP sont :
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Casque de chantier (Type EN397).
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Chaussures ou bottes de sécurité (Type EN ISO 20345).
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Gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN388).
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Gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374).
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Lunettes de protection contre les projections (Type EN166).
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Protections auditives contre le bruit (Type EN352).
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Masques de protection respiratoire de type FFP2 ou FFP3 (Type EN149).
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Genouillères pour les travaux au sol (Type EN14404).
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Vêtements de signalisation à haute visibilité à proximité des voies de circulation (Type EN ISO 20471).
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Harnais stop chute et longe pour le travail en hauteur dans les zones qui n’ont pas de garde corps (Type EN361).
La formation et les actions de sensibilisation à mettre en place
Former les salariés aux risques professionnels est une obligation imposée par les articles L.4141-1 et L.4141-2 du Code du travail. Elle rentre dans la démarche de prévention des risques professionnels au même titre que les EPC et les EPI. Dans le BTP, plusieurs formations et actions de sensibilisation se révèlent particulièrement adaptées aux risques identifiés :
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L'accueil sécurité des nouveaux arrivants et des intérimaires, avant toute prise de poste sur le chantier.
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La formation au montage, à l'utilisation et au démontage des échafaudages, prévue par l'article R.4323-69 du Code du travail.
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L'habilitation électrique en cas d’intervention sur des installations électriques (ex : raccordement sur coffret de chantier).
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Le(s) CACES pour la conduite des engins de chantier, en application des articles R.4323-55. (même si l’autorisation de conduite délivrée par le chef d’entreprise suffit de façon purement légale)
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La formation à la prévention du risque amiante en cas d’intervention sur des bâtiments antérieurs à 1997.
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La sensibilisation au risque routier pour adopter les bonnes pratiques de conduite des véhicules et d'arrimage de charges.
Les actions de formation devront être récapitulées dans un passeport de prévention en vertu de la loi du 2 août 2021 (article L.4141-5 du Code du travail).
Quand modifier / mettre à jour ce document unique
Le document unique n'est pas figé. L'article R.4121-2 du Code du travail encadre sa mise à jour, qui doit intervenir dans trois situations :
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Au moins une fois par an (cette périodicité annuelle s'applique aux entreprises d'au moins onze salariés depuis la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 en vertu de l'article R.4121-2 du Code du travail).
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Lors de toute décision d'aménagement important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou de travail.
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Lorsqu'une information supplémentaire intéressant l'évaluation d'un risque est recueillie, par exemple la mise à disposition de nouveau matériel dans l’entreprise, d'un nouveau produit ou le suivi d’un nouveau procédé de travail.
Notre document unique BTP est livré au format Excel, un format facilement modifiable qui vous permet de réaliser vous-même les mises à jour de votre document unique au fur et à mesure que votre entreprise évolue.
Faire de ce document unique le moteur de l'amélioration continue de la sécurité au sein de votre entreprise de BTP
Au fil des mises à jour, le document unique permet de suivre l'évolution de la prévention dans l'entreprise et de planifier les actions à mener. C'est tout l'intérêt d'y associer un programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT), qui traduit les résultats de l'évaluation des risques en actions concrètes avec des dates de mises en place sur le terrain.
C'est pourquoi notre document unique BTP intègre un onglet de prévention des risques contenant un calendrier de mise en œuvre. Vous disposez ainsi, dans un même fichier, de l'évaluation des risques et du plan d'actions correspondant, ce qui facilite le pilotage de la sécurité d'une année sur l'autre, et permet de prouver qu’en tant qu’employeur, vous vous êtes bien acquitté de votre rôle de gardien de la sécurité des travailleurs en cas de contrôle de l’inspection du travail.
FAQ sur le document unique dans le BTP
C'est quoi le document unique pour une entreprise ?
Le document unique, ou DUERP (document unique d'évaluation des risques professionnels), est le document dans lequel l'employeur recense et évalue l'ensemble des risques pour la santé et la sécurité auxquels ses salariés sont exposés. Il regroupe sur un seul support cette évaluation pour tous les travailleurs de l'entreprise.
Est-ce que le document unique est obligatoire pour mon entreprise de BTP ?
Oui. Le document unique est obligatoire pour toute entreprise du BTP dès l'embauche du premier salarié, en application des articles L.4121-3 et R.4121-1 du Code du travail. Son absence (ou son défaut de mise à jour) constitue une contravention de 5e classe au titre de l'article R.4741-1 : 1 500 € d’amende portée à 7 500 € pour une société, doublée en cas de récidive. L’amende peut être appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés.
Quel est le rôle du document unique dans mon entreprise de BTP ?
Son rôle est de formaliser l'évaluation des risques professionnels propres à votre entreprise afin de planifier ensuite la prévention des risques professionnels. Dans le BTP, il permet donc d'identifier les risques majeurs du secteur (chutes, manutentions, bruit, produits chimiques) et d'organiser les mesures de prévention des risques permettant de protéger les salariés.
Qui doit établir le document unique de mon entreprise de BTP ?
C'est l'employeur qui est responsable de l'établissement du document unique. Il peut le rédiger lui-même ou utiliser un document unique rédigé par un professionnel compétent enregistré IPRP, mais la responsabilité de son existence et de sa tenue lui incombe.
Comment rédiger le document unique de mon entreprise de BTP ?
La rédaction du DUERP nécessite de définir des unités de travail, d’identifier les dangers dans chacune, d’évaluer les risques professionnels associés puis de définir les mesures de prévention adaptées permettant d’y faire face.
Qui peut consulter le document unique de mon entreprise de BTP ?
Le document unique est accessible aux salariés, aux membres du comité social et économique (CSE), au médecin du travail, à l'inspection du travail et aux agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale. Un avis indiquant les modalités d'accès doit être affiché dans l'entreprise.
Où stocker le document unique de mon entreprise de BTP ?
Le document unique doit être conservé dans l'entreprise et tenu à la disposition des personnes habilitées à le consulter. Il peut être conservé sous forme papier ou numérique, l'essentiel étant qu'il reste facilement accessible en cas de contrôle.
À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique pour mon entreprise de BTP ?
La mise à jour doit intervenir au moins une fois par an pour les entreprises d'au moins onze salariés, ainsi qu'à chaque aménagement important ou dès qu'une nouvelle information sur un risque apparaît, conformément à l'article R.4121-2 du Code du travail.
Qui doit mettre à jour le document unique de mon entreprise de BTP ?
La mise à jour relève de la responsabilité de l'employeur, au même titre que l'établissement initial du document. Là encore, si le chef d'entreprise n'a pas les compétences, il peut se tourner vers un professionnel enregistré IPRP. Un fichier facilement modifiable comme un document Excel permet de réaliser ces mises à jour soi-même au fil du temps.
Téléchargement du document unique pour le BTP gratuit
Vous pouvez télécharger gratuitement notre modèle de document unique pour le BTP dans la fenêtre ci-dessous. Vous y trouverez la même structure que celle de notre document unique pour le BTP déjà complété, c’est-à-dire :
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Une jaquette avec une illustration pour les entreprises du BTP.
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Une page dédiée aux informations utiles de l'entreprise.
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Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.
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Une partie « évaluation des risques professionnels » pour votre entreprise de BTP.
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Une partie « prévention des risques professionnels » dotée d’un calendrier de type PAPRIPACT.













