Document unique (DUERP) BTP :
guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 08 Juin 2026
Dernière mise à jour le : 10 Septembre 2026.
Dans le bâtiment et les travaux publics, une journée de travail va du chargement du camion au dépôt, au petit matin, jusqu’au départ du chantier en fin de journée. Durant ce laps de temps, le personnel est amené à effectuer de très nombreuses tâches : décharger les matériaux sur le chantier, monter en hauteur via un marchepied, un escabeau, un échafaudage ou encore une plateforme pour accéder en hauteur, découper / percer / meuler des matériaux, conduire des véhicules et/ou engins de chantier et manœuvrer à proximité de piétons issus parfois d’autres corps de métier, monter les ouvrages, évacuer les gravats du chantier, et potentiellement nettoyer / sécuriser la zone avant de quitter les lieux. Voilà le quotidien type pour nombre de salariés d’entreprises du BTP.
Du fait de ces différentes tâches, les risques les plus fréquents que l’on rencontre dans les entreprises du BTP sont notamment les chutes de hauteur (ex : échelles, échafaudages, moyens d’accès improvisés), la manutention manuelle de matériaux lourds et encombrants (ex : parpaings, sacs de liant, tuyauteries, etc.), des heurts avec les engins de chantier et les véhicules qui manœuvrent à proximité, des coupures et des projections lors du travail avec des machines (ex : outillage électroportatif), l’inhalation de poussières et de fumées (ex : silice, ciment, bois, soudage), l’exposition à des niveaux de bruit élevés, l’exposition aux intempéries et aux fortes chaleurs, ainsi que la possibilité d’être victime d’incivilités voire d’agressions (ex : riverain importuné par les nuisances).
Les études publiées par l’Assurance Maladie et l’INRS permettent de mettre des chiffres précis sur l’accidentologie au sein de ce secteur. En France, dans le BTP, ce sont ainsi près de 8 millions de journées de travail qui sont perdues par an pour cause d’accident du travail ou de maladie professionnelle, alors que le secteur ne représente qu’un peu plus de 8 % des salariés du régime général. 48 % de ces accidents sont causés par des manutentions manuelles, et 31 % par des chutes de hauteur ou de plain-pied. Les troubles musculosquelettiques constituent 87 % des maladies professionnelles reconnues au sein du secteur. Pour les entreprises du BTP, cela représente l’équivalent de 36 000 emplois à temps plein et plus d’un milliard d’euros de cotisations accidents du travail et maladies professionnelles, par an !
Pour diminuer le nombre d’accidents dans votre entreprise de BTP, le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est l’outil de référence. Son rôle est de recenser les dangers présents dans votre entreprise, d’évaluer les risques qui en découlent, et de détailler les différentes mesures de prévention à mettre en place. Dans cet article, nous allons vous présenter les unités de travail, les principaux dangers, deux risques « signature » spécifiques aux entreprises du BTP, ainsi que les équipements de protection collectifs, les équipements de protection individuelle, et les formations utiles que nous avons retenus pour construire notre propre document unique BTP, déjà complété, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.
À partir de quand une entreprise du BTP doit-elle avoir un document unique ?
Dès qu’un chef d’entreprise du BTP emploie au minimum un salarié, et quel que soit le contrat de travail de celui-ci (ex : CDI, CDD, saisonnier, intérim, apprentissage, stage hors stage d’observation), il doit posséder un document unique d’évaluation des risques professionnels.
Cette obligation repose sur deux articles du Code du travail. L’article L.4121-3 impose à l’employeur d’évaluer les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés. L’article R.4121-1 l’oblige ensuite à consigner le résultat de cette évaluation des risques dans un document, appelé « document unique ». Dans ce contexte, la définition de « travailleur » correspond à toute personne placée sous l’autorité du chef d’entreprise, ce qui inclut les contrats courts, les intérimaires, les alternants, les stagiaires, etc. Un artisan du BTP qui exerce absolument seul, sans aucun salarié, n’est pas concerné par cette obligation.
Il est bien entendu possible de confier la rédaction de son document unique à un tiers (ex : consultant, entreprise extérieure), mais cela ne transfère pas la responsabilité légale du chef d’entreprise : il demeure le seul responsable du document unique aux yeux de la loi, et c’est la raison pour laquelle il est absolument nécessaire de s’appuyer sur un professionnel compétent, enregistré IPRP, comme Document Unique Facile.
En cas de contrôle de l’inspection du travail, l’absence de document unique est sanctionnée par l’article R.4741-1 du Code du travail, qui prévoit une contravention de 5e classe (1 500 euros, portés à 3 000 euros en cas de récidive), appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés. Mais certaines situations peuvent être bien pires pour un chef d’entreprise que de recevoir cette contravention. Prenons le cas d’un accident grave sur un chantier, issu d’un risque pour lequel il n’y a jamais eu de mesure de prévention, ou pire, l’absence totale de document unique au sein de l’entreprise. Aux yeux de la justice, cela constitue une faute inexcusable de l’employeur. Devant le tribunal judiciaire, la sanction financière prononcée peut atteindre de tels montants qu’elle est susceptible de mettre l’entreprise en faillite.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique BTP.
Avant d’évaluer les risques, il faut découper l’activité de l’entreprise en unités de travail. Une unité de travail est un regroupement de différentes tâches exercées au sein de cette entreprise, et qui exposent à des risques professionnels de même nature.
Pour notre document unique BTP, nous avons retenu 4 unités de travail, avec un total de 37 situations à risque : le travail sur le chantier, le contact clientèle, les déplacements routiers et le secrétariat - administratif. La première unité de travail couvre l’activité principale de l’entreprise, c’est-à-dire travailler sur les chantiers. La deuxième unité de travail couvre la relation qu’ont les collaborateurs de l’entreprise avec les clients et les donneurs d’ordre. La troisième unité de travail couvre les déplacements professionnels effectués en véhicule utilitaire, notamment entre le dépôt et les chantiers. Enfin, la dernière unité de travail couvre la partie administrative de l’entreprise, c’est-à-dire le secrétariat, la comptabilité, et plus largement tout ce qui est en relation avec la gestion de l’entreprise.
Ce découpage est fait de manière à pouvoir couvrir toute sorte d’entreprise du BTP effectuant des travaux de gros œuvre, notamment dans les travaux publics. Pour les entreprises du bâtiment spécialisé, nous vous recommandons en priorité de prendre le(s) document(s) unique(s) relatif(s) à votre / vos corps d’état : maçon, couvreur, charpentier, façadier ravaleur, plombier, chauffagiste, peintre en bâtiment, carreleur, plaquiste, menuisier ou encore terrassement.
Voici, pour chacune de ces unités de travail, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.
Sur le chantier
Cette unité de travail couvre l’ensemble des tâches réalisées sur les chantiers, du déchargement des matériaux au repli en fin de journée (ex : approvisionnement, accès en hauteur, découpe, montage des ouvrages, finitions, évacuation des gravats, etc.). C’est de loin l’unité de travail où les salariés du BTP sont les plus exposés.
-
Chutes de hauteur : l’accès aux zones de travail situées en hauteur se fait par échafaudage, plateforme individuelle roulante, nacelle, escabeau, toiture, etc. Les zones concernées sont différentes selon les chantiers et selon leur avancement. Les risques de chuter de hauteur sont présents lors de la phase de montage des moyens d’accès en hauteur, jusqu’à leur démontage en passant par leur utilisation. Ils sont majorés si le moyen d’accès en hauteur utilisé est inadapté (ex : échelle en tant que poste de travail, matériel inadapté au travail en hauteur, etc.), si les garde-corps sont incomplets, ou si les trémies et les réservations ne sont pas protégées contre les chutes. Les dommages qui peuvent en résulter sont des fractures, des traumatismes crâniens, des séquelles définitives, voire le décès. Pour rappel, l’article R.4323-63 du Code du travail rappelle que les échelles, escabeaux et marchepieds ne doivent normalement pas être utilisées comme poste de travail sauf cas particuliers.
-
Manutentions manuelles et port de charges : un parpaing, un sac de liant, une conduite de plusieurs mètres ou un carton de carrelage pèsent chacun une dizaine voire plusieurs dizaines de kilogrammes. Ce type de charge est susceptible d’être manutentionné de nombreuses fois chaque jour (ex : depuis le camion jusqu’à la zone de stockage du chantier, puis vers le poste de travail à l’étage). Les risques sont majorés si l’accès au chantier ne permet pas d’amener une aide à la manutention, ou si les distances de portage sont importantes. Les dommages possibles résultant de ces manutentions sont des douleurs dorsales, des lombalgies, et sur le long terme des troubles musculosquelettiques (TMS), qui représentent la première cause de maladie professionnelle du secteur. Pour rappel, l’article R.4541-9 du Code du travail limite le port manuel de charges à 55 kilogrammes, et les femmes ne peuvent en aucun cas excéder 25 kilogrammes.
-
Circulation des engins et des véhicules : les chantiers accueillent très souvent des engins et des véhicules en mouvement (ex : pelle, chargeuse, camion-benne, camion-toupie, chariot télescopique, nacelle). Des risques de heurt, de renversement et d’écrasement sont présents dès lors qu’un salarié se déplace à pied dans une zone de manœuvre. Ils sont majorés lors des marches arrière, quand personne n’est là pour guider, si les cheminements piétons ne sont pas matérialisés, ou lorsque le conducteur ne dispose pas d’une bonne visibilité (ex : angle mort, chargement encombrant, etc.). Les dommages possiblement provoqués par ce type d’accident sont des fractures, des écrasements, et fréquemment le décès de la personne heurtée.
-
Chutes de plain-pied et encombrement des zones de travail : un chantier est par nature un espace en évolution constante, dans lequel des matériaux, des chutes de découpe, des câbles d’alimentation, des gravats et des flaques d’eau s’accumulent au fil du temps. Des risques de trébuchement et de glissade sont donc présents en permanence, y compris lors de simples déplacements. Ils sont majorés lorsqu’il pleut (sols boueux et glissants), ou par manque d’éclairage dans les zones non raccordées. Les dommages qui peuvent en résulter sont des entorses, des contusions et des fractures, avec un facteur aggravant propre au métier : la chute peut se produire à proximité immédiate d’une trémie, d’une machine en fonctionnement ou d’un ferraillage.
-
Outillage électroportatif et machines de chantier : les compagnons utilisent quotidiennement des outils dotés d’organes coupants ou rotatifs (ex : meuleuse, scie circulaire, disqueuse, perforateur, cloueur, découpeuse). Des risques de coupure, de sectionnement et de projection dans les yeux sont présents lors de chaque utilisation, et ils sont majorés si un carter de protection a été retiré (ex : pour gagner en accessibilité), si l’outil est utilisé d’une seule main, ou si la pièce travaillée n’est pas maintenue. Les dommages possibles qui en découlent sont des plaies profondes, des sectionnements de membres (doigts le plus souvent), des atteintes oculaires voire des brûlures en cas de retour de disque.
-
Poussières et produits chimiques : le sciage, le perçage, le ponçage et la démolition libèrent des poussières minérales, tandis que les colles, résines, mortiers, peintures et solvants exposent la peau et les voies respiratoires. Les risques les plus importants concernent les poussières de silice cristalline, dont les travaux exposants relèvent désormais du régime applicable aux agents cancérogènes. Ils sont majorés en l’absence de captage à la source ou de travail à l’eau, ainsi qu’en milieu confiné. Les dommages possiblement provoqués par ces expositions sont des irritations cutanées et oculaires, des dermatoses, des affections respiratoires chroniques, et des pathologies graves qui n’apparaissent que des années plus tard. (Note : Le risque chimique est encadré par les articles R.4412-1 et suivants du Code du travail.)
-
Niveaux de bruit : les sources de bruit s’additionnent sur un chantier, entre les engins, les outils de démolition (ex : marteau-piqueur, brise-béton) et les outils de coupe (ex : meuleuse, scie circulaire), auxquels s’ajoute le bruit généré par les autres entreprises présentes. Les risques sont présents dès lors que l’on travaille à proximité d’une machine bruyante, y compris lorsque le bruit ne vient pas de sa propre activité. Les dommages qui en résultent sont à court terme des maux de tête, des acouphènes et de la fatigue, et à long terme une surdité professionnelle irréversible qui s’installe sans que la personne concernée ne s’en aperçoive. (Pour rappel, les seuils réglementaires d’exposition au bruit figurent à l’article R.4431-2 du Code du travail.)
-
Électricité et réseaux : un chantier fonctionne avec des installations électriques provisoires (ex : coffret de chantier, enrouleurs, rallonges) dans un environnement humide et poussiéreux, et à proximité de réseaux existants ou aériens. Des risques électriques sont présents lors du branchement des outils, lors des travaux à proximité d’une ligne aérienne, et lors de toute intervention sur un ouvrage dont les réseaux n’ont pas été identifiés. Les dommages provoqués sont soit l’électrisation (passage du courant dans le corps), soit l’électrocution (décès par électrisation), auxquels peuvent s’ajouter des brûlures profondes.
-
Intempéries et ambiances thermiques : le travail sur chantier se fait très largement en extérieur, ce qui expose le personnel au froid et à l’humidité en hiver, comme aux fortes chaleurs et aux UV en été. Les risques sont majorés lors des travaux sur toiture (réverbération du soleil et absence d’ombre), et lorsque les délais imposent de conserver une certaine cadence de travail malgré des conditions défavorables. Les dommages qui peuvent en résulter sont des coups de chaleur, des malaises, une déshydratation, des engelures, ainsi qu’une fatigue accrue qui majore l’exposition à l’ensemble des autres risques du chantier. Les articles R.4463-1 et suivants du Code du travail imposent désormais d’évaluer les risques liés aux « épisodes de chaleur intense » (canicule) et de définir des actions de prévention en conséquence.
Contact clientèle
Cette unité de travail couvre les risques liés à la relation avec la clientèle, les riverains et les donneurs d’ordre des entreprises du BTP (ex : établissement de devis, suivi de chantier, gestion des réclamations, réception des travaux, etc.).
-
Incivilités et agressions verbales : un délai de réalisation qui se rallonge, une reprise de malfaçon contestée, l’exposition à la poussière et au bruit subis par un riverain, ou encore le montant d’une facture jugé trop élevé peuvent suffire à faire monter le ton de certains interlocuteurs. Les dommages qui en résultent sont le plus souvent du stress et, en cas de répétition, divers risques psychosociaux (ex : anxiété, insomnie, perte de motivation, etc.). (Pour de plus amples informations, voir le dossier de l’INRS, stress au travail.)
-
Agressions physiques : plus rares que les incivilités verbales, les agressions physiques restent malheureusement possibles, notamment lors d’un litige sur le règlement. Les risques sont majorés si un compagnon se retrouve seul chez le client, ou face à un groupe de personnes qui se montre non coopératif. Les dommages possibles qui peuvent en découler sont des contusions, des plaies, des fractures, ainsi qu’un traumatisme psychologique important (ex : stress, angoisse, perte de sommeil, perte de confiance en soi, dépression, etc.).
-
Pression sur les délais et litiges de réception : un devis calé au plus juste en termes de montant et de temps de travail est condamné à ne pas pouvoir être honoré au moindre imprévu (ex : intempéries, découverte en cours de travaux, retard d’un autre corps de métier). Plus cette situation se répète sur les chantiers, plus les risques psychosociaux qui en découlent sont élevés, aussi bien pour les compagnons que pour le gérant lui-même. Les dommages possibles sont de l’épuisement professionnel et d’autres risques psychosociaux (ex : stress, angoisse, perte de sommeil, perte d’appétit, etc.).
-
Présence de tiers sur le chantier : un chantier n’est jamais totalement fermé, et un client, un riverain, un livreur voire des enfants peuvent pénétrer dans la zone de travaux. Des risques de heurt, de chute et de collision avec un engin sont donc présents pour ces personnes, mais également pour les salariés qui doivent interrompre leur geste en urgence. Les risques sont majorés en l’absence de balisage, si le balisage est insuffisant, ou si le chantier reste accessible en dehors des heures de travail.
Déplacement routier
Cette unité de travail couvre les trajets effectués avec le(s) véhicule(s) de l’entreprise (ex : liaison entre le dépôt et les chantiers, approvisionnement chez les négociants, évacuation des gravats en déchetterie, etc.).
-
Risque routier : les compagnons prennent la route tôt le matin pour rejoindre un chantier souvent éloigné, avec des trajets parfois contraints par le temps (ex : rendez-vous de livraison de béton à respecter), et les retours en fin de journée ont lieu au terme de journées physiquement éprouvantes. Ces conditions de travail participent grandement à augmenter les risques d’accident de la route. Pour rappel, les accidents de la circulation restent la première cause d’accidents mortels au travail en France, tous secteurs d’activité confondus.
-
Chargement, arrimage et déchargement : les matériaux, l’outillage et les gravats sont chargés puis déchargés à la main. Des risques d’écrasement des mains et des pieds sont présents lors de ces opérations, ainsi que des risques de chute en cas de montée / descente d’un véhicule haut ou d’une benne, en particulier si l’on a les bras chargés et pas de main libre pour se tenir. Les risques sont majorés en cas de chargement excessif ou mal réparti, car cela modifie le comportement du véhicule.
-
Manœuvres et attelage de remorque : l’attelage, le dételage et les manœuvres en marche arrière avec une remorque se font parfois sur la voie publique ou à l’entrée d’un chantier étroit. Des risques d’écrasement entre le véhicule et la remorque, ainsi que des risques de heurt d’un tiers, sont présents lors de ces opérations. Les dommages qui peuvent en résulter sont des contusions, des fractures des membres inférieurs, voire des écrasements.
Secrétariat - Administratif
Cette unité de travail couvre la partie administrative de l’entreprise, réalisée au dépôt ou au bureau (ex : établissement des devis, réponses aux appels d’offres, facturation, gestion du personnel, suivi de la trésorerie, etc.).
-
Travail sur écran et position assise prolongée : les devis, les plans, les commandes et la facturation se traitent sur écran, parfois depuis un ordinateur portable (cela constitue un facteur de risque à part entière du fait de l’adoption systématique d’une mauvaise posture, avec le buste et le cou penchés vers l’avant). Les risques sont majorés si les équipements de travail ne disposent d’aucun réglage (ex : hauteur du siège, profondeur de l’assise, soutien lombaire, hauteur de l’écran, etc.). Les dommages possiblement provoqués sont des douleurs cervicales et dorsales, une fatigue visuelle et des troubles musculosquelettiques des membres supérieurs.
-
Aménagement du bureau et du dépôt : le bureau d’une entreprise du BTP est souvent pensé comme une partie « auxiliaire » de l’entreprise, optimisé pour l’efficacité et non pour l’ergonomie. Le dépôt quant à lui accumule souvent du stockage en hauteur, des racks à matériaux et des allées de circulation partagées avec les véhicules. Des risques de chute d’objets et de chute de plain-pied sont donc présents, majorés si les charges maximales admissibles des racks de stockage ne sont pas respectées, et les règles de stockage non plus (stocker le plus lourd en bas et le plus léger en haut).
Prévenir les risques liés à la co-activité sur les chantiers de BTP.
Sur un chantier, chaque entreprise peut appliquer scrupuleusement ses propres règles de sécurité et voir malgré tout l'un de ses salariés être blessé par un autre. C'est toute la particularité de la co-activité : le danger naît de la rencontre entre deux entreprises qui, prises séparément, maîtrisent chacune la sécurité de leur activité.
La co-activité est une source de danger qui n’appartient à aucun corps de métier en particulier. Elle ne provient pas d’un outil, d’un matériau, ou d’un geste professionnel, mais du fait que plusieurs entreprises travaillent au même endroit, en même temps. Un maçon qui coule une dalle, un électricien qui perce un mur, un couvreur qui approvisionne des tuiles sur le chantier, et un plaquiste qui monte une cloison peuvent chacun de leur côté être en sécurité, et créer ensemble une situation dangereuse que personne n’avait anticipée.
Il existe trois cas de figure dans lesquels la co-activité peut devenir particulièrement dangereuse et tend à produire les accidents les plus graves. Le premier est la superposition verticale : une équipe travaille à l’aplomb d’une autre, et le moindre outil, gravat ou matériau qui échappe des mains devient un projectile pour ceux qui sont en dessous. Le deuxième est l’équipement partagé : un échafaudage monté par une entreprise est réutilisé par une autre qui n’en connaît pas les règles d’utilisation, ni la charge admissible ni les modifications éventuelles. Le troisième est une protection retirée par un tiers : un garde-corps déposé ou un platelage ouvert pour laisser passer une gaine, puis non remis en place, et c’est l’équipe suivante qui se retrouve face au vide.
À ces trois cas de figure s’ajoutent également les interférences diffuses. Par exemple, la poussière et les fumées produites par une entreprise, que respirent les compagnons des autres entreprises, le bruit (ex : brise-béton) qui empêche d’entendre (ex : avertisseur de recul d’un engin), le stationnement du véhicule utilitaire d’une entreprise qui gêne le passage des engins du chantier, ou encore le raccordement de trop nombreuses machines électriques sur des installations provisoires qui ne peuvent pas supporter une telle charge.
Le législateur a traité ce point par un dispositif spécifique. L’article L.4532-2 du Code du travail impose qu’une coordination en matière de sécurité et de santé soit organisée pour tout chantier de bâtiment ou de génie civil où sont appelés à intervenir plusieurs travailleurs indépendants ou entreprises, entreprises sous-traitantes incluses. La simple présence de deux intervenants suffit à déclencher ce dispositif. C’est au maître d’ouvrage qu’il revient de désigner un coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé (coordonnateur SPS), et non aux entreprises.
Les opérations sont ensuite classées en trois catégories, qui déterminent les documents à produire. Les opérations les plus importantes relèvent de la première catégorie et imposent la constitution d’un collège interentreprises de sécurité, de santé et des conditions de travail. Les opérations de deuxième catégorie sont celles qui sont soumises à déclaration préalable sans relever de la première. Les opérations de troisième catégorie, qui correspondent à la très grande majorité des chantiers sur lesquels interviennent les petites entreprises, relèvent d’un régime allégé, mais un plan général simplifié de coordination doit tout de même être établi dès lors que des travaux présentant des risques particuliers sont prévus.
Pour une entreprise de BTP qui intervient sur un chantier à co-activité, la conséquence est simple : elle doit rédiger son propre plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS). Ce document décrit la manière dont l’entreprise va travailler compte tenu des autres (ce document ne remplace en aucun cas le document unique).
Les dommages qui peuvent résulter de la co-activité sont très divers, mais on peut notamment citer des risques de traumatismes crâniens et de fractures par chute d’objet, des chutes de hauteur consécutives au retrait d’une protection, des heurts par un engin conduit par une autre entreprise, ainsi que des expositions aux poussières, aux fumées ou au bruit que le salarié n’a pas produits.
La prévention des risques liés à la co-activité intégrée dans notre document unique BTP repose sur :
-
Récupérer et lire les documents de coordination avant d’envoyer vos équipes : cela passe par la demande systématique, au maître d’ouvrage ou à l’entrepreneur principal, du plan général de coordination et des coordonnées du coordonnateur SPS. Ces documents décrivent les risques que les autres entreprises vont faire peser sur vos salariés, ainsi que les moyens communs mis à disposition (ex : échafaudage, grue, base vie, benne à gravats).
-
Participer à l’inspection commune préalable et y envoyer la bonne personne : la visite d’inspection commune est le moment où les zones dangereuses, les espaces de circulation et les modes opératoires de chacun sont définis sur le terrain. Envoyez-y la personne qui conduira réellement les travaux (ex : chef de chantier, conducteur de travaux). Profitez-en pour repérer les points qui concernent votre entreprise : accès, zones de stockage, alimentation électrique, et positions de travail des autres entreprises par rapport aux vôtres.
-
Interdire formellement le travail superposé : aucune équipe ne doit se situer à l’aplomb d’une autre, ni pouvoir recevoir de projection. Lorsque la configuration du chantier ne laisse pas le choix, la règle est simple : les deux activités ne doivent pas se faire en même temps, ou bien il est nécessaire d’interposer un plancher, un filet ou un auvent de protection, et de baliser la zone en dessous. Cette mesure organisationnelle reste simple mais efficace.
-
Vérifier tout équipement partagé avant de l’utiliser : un échafaudage, une plateforme ou un moyen de levage monté par une autre entreprise doit être un minimum vérifié avant de l’utiliser. Il est également nécessaire de savoir qui en assure la maintenance et qui a le droit de le modifier. Ne jamais déposer ni faire déposer un garde-corps, un platelage ou une protection de trémie sans avoir organisé sa remise en place dès que possible par la même personne. Un seul élément retiré et oublié peut suffire à provoquer un accident mortel pour les personnes qui travailleront derrière.
-
Organiser un point de coordination régulier entre entreprises : un échange court en début de semaine entre les responsables de chantier permet de savoir qui travaille où, à quel moment, et avec quels moyens. Faites-y annoncer les opérations qui affectent tout le monde (ex : coulage, levage, coupure d’alimentation, intervention bruyante ou poussiéreuse) afin que chacun puisse adapter son planning si nécessaire.
Prévenir les risques encourus par les nouveaux arrivants et les intérimaires dans le BTP.
Un intérimaire ou un nouvel arrivant n'est pas un salarié moins compétent qu'un autre. Il est pourtant deux fois plus exposé aux risques d'accidents graves et mortels qu’un salarié permanent au sein du secteur du BTP. Cet écart ne s'explique pas par son niveau de qualification, mais par son manque de connaissance des règles de sécurité de l’entreprise, et sa méconnaissance du chantier sur lequel il va commencer à travailler.
Le BTP est l’un des secteurs qui font le plus appel aux travailleurs temporaires. C’est l’OPPBTP qui révèle que les salariés intérimaires sont deux fois plus exposés aux risques d’accidents graves et mortels que les salariés permanents au sein du secteur du BTP. Pas par manque de connaissance, mais par l’arrivée dans un environnement inconnu, par une intégration rapide, et par la pression temporelle propre aux chantiers.
Ce danger a une particularité qui le distingue des autres : il ne se voit pas. Un nouvel arrivant porte les mêmes équipements que les autres, il tient les mêmes outils, et il exécute les mêmes gestes. Ce qu’il ne possède pas, en revanche, ce sont les informations que les autres ont pu accumuler au fil du temps, parfois sans même s’en rendre compte : l’endroit où la dalle n’est pas encore ferraillée, la trémie masquée par une bâche, le fait que le disjoncteur de l’installation provisoire saute quand trois machines y sont raccordées simultanément, ou la méconnaissance de règles de sécurité élémentaires mais propres à l’entreprise (ex : ne jamais passer derrière un camion qui fait une marche arrière).
Le Code du travail a traité ce point précis dans l’article L.4154-2. Il prévoit que les salariés en contrat à durée déterminée, les salariés temporaires et les stagiaires affectés à des postes de travail présentant des « risques particuliers » bénéficient d’une formation renforcée à la sécurité, ainsi que d’un accueil et d’une information adaptés. Autrement dit, c’est bien l’entreprise utilisatrice et non l’agence d’intérim qui doit assurer cette formation. L’article L.4142-2 précise d’ailleurs que son financement est à sa charge.
La liste des postes de travail à « risques particuliers » doit être établie par l’employeur, après avis du médecin du travail et du comité social et économique s’il en existe un dans l’entreprise (Cette liste doit également être tenue à la disposition de l’inspection du travail en cas de demande). Dans le BTP, on y retrouve notamment les postes exposant au travail en hauteur, à la conduite d’engins, aux machines dangereuses, aux produits chimiques et aux travaux en tranchée. L’absence de cette formation spécifique fait présumer la faute inexcusable de l’employeur en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle lié à l’un de ces postes (cela inverse alors la charge de la preuve devant le tribunal !).
Les dommages qui peuvent résulter d’un accueil sécurité négligé sont encore une fois très divers : chutes de hauteur, heurts par des engins, coupures, écrasements, etc. mais avec une gravité souvent supérieure, et une double conséquence pour l’entreprise : un salarié qui ne sera plus en mesure de travailler dès ses premiers jours de mission, et une absence de responsabilité de l’employeur difficile à défendre devant les tribunaux.
La prévention des risques encourus par les nouveaux arrivants intégrée dans notre document unique BTP repose sur :
-
Établir la liste des postes à risques particuliers dans votre entreprise : cela passe par la reprise des unités de travail de votre document unique, poste de travail par poste de travail, afin d’isoler ceux qui exposent à un risque particulier (ex : travail en hauteur, conduite d’engins, machines dangereuses, produits chimiques, travaux en tranchée). Soumettez cette liste au médecin du travail, et au comité social et économique s’il y en a un dans votre entreprise, puis gardez-la à disposition de l’inspection du travail.
-
Réaliser un accueil sécurité à chaque nouvel arrivant dans l'entreprise : cela concerne toute personne qui rejoint les équipes, quel que soit son contrat et quelle que soit son expérience du métier. Cet accueil doit avoir lieu dès la première prise de poste. Il porte sur les risques identifiés dans votre document unique, sur les consignes propres à l'entreprise, sur les équipements de protection fournis et sur la conduite à tenir en cas d'accident. Il est préférable de remettre un livret d'accueil qui reprend ces consignes par écrit, de le faire signer et de le conserver. L'OPPBTP met à disposition des modèles de livret d'accueil et de fiches de poste, ce qui évite de partir d'une page blanche.
-
Désigner un compagnon référent pour les premières semaines : le nouvel arrivant doit savoir à qui poser ses questions sans avoir à déranger le chef de chantier, et le référent doit savoir qu’il en a la charge. Une personne qui découvre un chantier ne devrait pas pouvoir travailler seule sur un poste à risque au moins le temps de se familiariser avec l’environnement. Cette mesure ne coûte rien, et c’est celle qui permet d’éviter le plus d’accidents durant les premières semaines d’embauche.
-
Transmettre à l’agence d’intérim les informations dont elle a besoin : le contrat de mise à disposition doit décrire précisément le poste, les équipements de protection individuelle nécessaires et la qualification requise. Une description approximative aboutit à l’embauche d’une personne non qualifiée, et c’est vous qui découvrirez cette mauvaise surprise le matin sur votre chantier. Vous pouvez également communiquer à l’agence d’intérim les risques principaux des postes concernés.
-
Contrôler que ce qui a été dit a bien été compris : quand un intérimaire signe son accueil sécurité, rien ne prouve qu’il a tout compris et tout retenu. Prévoyez donc un contrôle des acquis simple en fin d’accueil (ex : faire désigner les zones interdites sur le chantier, faire expliquer la conduite à tenir en cas d’accident), et un point avec le référent au bout de quelques jours.
-
Tracer chaque accueil et chaque formation renforcée : l’accueil, la formation renforcée, mais aussi la remise des équipements de protection individuelle doivent être formalisés par écrit et conservés par l’entreprise. En cas d’accident, cela assurera votre défense devant le tribunal (la faute inexcusable de l’employeur est présumée en leur absence). Ces formations alimentent également le passeport de prévention, prévu à l’article L.4141-5 du Code du travail.
Les EPC et EPI indispensables pour toute entreprise du BTP.
Dans une entreprise de BTP, la protection doit passer en premier lieu par l’organisation du chantier et par l’équipement des zones de travail, avant la fourniture d’équipements de protection individuelle aux salariés, même si cela reste indispensable.
Cette hiérarchie suit les principes énoncés par l’article L.4121-2 du Code du travail, qui impose de combattre les risques à la source et de donner la priorité aux mesures de protection collective sur les mesures de protection individuelle.
Les protections collectives qui nous paraissent indispensables pour toute entreprise du BTP sont :
-
Des échafaudages et des plateformes de travail montés par du personnel formé, vérifiés avant la première utilisation puis régulièrement ensuite, et après toute modification, avec des garde-corps complets sur tous les niveaux et un platelage sans vide.
-
Des protections de rives, de trémies et de réservations posées dès la création de l’ouverture et non après coup, que l’on interdira formellement au personnel de retirer sans organiser leur remise en place immédiate.
-
Des cheminements piétons matérialisés et séparés des voies de circulation des engins, avec un plan de circulation qui limite au maximum les manœuvres en marche arrière.
-
Des filets, auvents et planchers de protection lorsque des travaux ne peuvent pas être décalés dans le temps et que la superposition reste inévitable.
-
Des aides à la manutention adaptées à l’accès du chantier : diable, chariot, monte-matériaux, grue de chargement sur camion.
-
Des dispositifs de captage des poussières à la source sur l’outillage (ex : aspiration intégrée, arrosage) ainsi que le travail à l’eau pour les découpes de matériaux contenant de la silice.
-
Un coffret de chantier conforme et protégé, avec un nombre de prises suffisant, et des câbles maintenus hors des zones de passage.
-
Un balisage sur tout le pourtour du chantier maintenu en dehors des heures de travail, afin d’empêcher toute intrusion de tiers (ex : riverains, enfants).
-
Une base vie de chantier permettant de se changer, de se laver les mains avant de manger et de faire une pause à l’abri, permettant également de se mettre à l’abri des ambiances thermiques extrêmes.
-
Des extincteurs adaptés et accessibles, ainsi qu’une trousse de premiers secours complète et présente dans chaque véhicule (ex : désinfectant, pansements étanches, compresses, sérum physiologique), conformément à l’article R.4224-14 du Code du travail.
Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables pour toute entreprise du BTP sont :
-
Un casque de protection (Type EN 397), de préférence avec jugulaire pour le travail en hauteur.
-
Des chaussures ou bottes de sécurité à embout et semelle anti-perforation (Type EN ISO 20345), montantes pour maintenir la cheville sur les sols irréguliers.
-
Des vêtements à haute visibilité ou un gilet fluo (Type EN ISO 20471), indispensables dès qu’un engin circule sur le chantier.
-
Des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN 388), et des gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374) pour la manipulation des liants, colles et solvants.
-
Des lunettes ou un écran facial de protection (Type EN 166) pour toute tâche présentant des risques de projection dans les yeux (ex : découpe, meulage, perçage en plafond).
-
Des protections auditives (Type EN 352), en mettant à disposition différents modèles (ex : casque, bouchons moulés, bouchons jetables) afin que chacun puisse trouver chaussure à son pied.
-
Des masques de protection respiratoire (Type EN 149), au minimum de classe FFP3 pour les travaux exposant aux poussières de silice.
-
Des genouillères (Type EN 14404) pour les postes qui imposent de travailler au sol (ex : pose de revêtement, ferraillage, raccordements en partie basse).
-
Un harnais antichute avec longe et stop chute à fixer sur un point d’ancrage ou une ligne de vie (Type EN 361) à ne pas utiliser en tant que travailleur isolé, lorsque la protection collective est impossible.
Il est également nécessaire de fournir des vêtements de travail adaptés à la saison, ainsi que des protections solaires au personnel travaillant en extérieur durant la période estivale (ex : casquette à l’effigie de l’entreprise).
Ces équipements devront être mis gratuitement à disposition des salariés par l’employeur, qui devra également en assurer l’entretien voire le remplacement si nécessaire, conformément à l’article R.4321-4 du Code du travail. De son côté, le salarié est tenu de les utiliser conformément aux consignes reçues, en application de l’article L.4122-1. Un salarié embauché pour un contrat de courte durée (ex : intérimaire engagé pour une semaine) doit également en disposer.
La formation et la sensibilisation aux risques des salariés du BTP.
La formation des salariés à la sécurité est une obligation à part entière de l’employeur.
Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent d’organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité au poste de travail de chacun des salariés lors de l’embauche, en cas de changement de poste, ou après un arrêt de travail prolongé. Cette obligation ne connaît pas d’exception, y compris pour les contrats courts et les intérimaires.
Voici les formations qui nous paraissent indispensables pour toute entreprise du BTP :
-
Accueil sécurité systématique de tous les nouveaux membres du personnel, y compris des non-permanents : intérimaires, apprentis voire stagiaires, en s’appuyant sur les risques identifiés dans le document unique et avec visite du site (ex : base vie, zones interdites, circulations d’engins, coffret électrique, point de rassemblement, etc.).
-
Formation renforcée à la sécurité pour tout salarié en contrat court ou intérimaire affecté à un poste figurant sur votre liste de postes à risques particuliers, avec contrôle des acquis et traçabilité écrite.
-
Travail en hauteur, montage, utilisation et vérification des échafaudages, ainsi que port du harnais antichute pour les situations où la protection collective est inapplicable.
-
Autorisation de conduite écrite délivrée par l’employeur pour chaque engin utilisé, après formation correspondante de type CACES, et formation à l’élingage pour les opérations de levage.
-
Habilitation électrique adaptée au niveau d’intervention de chaque salarié (y compris pour les non-électriciens amenés à travailler sur des équipements électriques, même ponctuellement).
-
Formation PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique), pour apprendre les bons gestes à effectuer lors des manutentions, et apprendre à limiter les ports de charges inutiles.
-
Risque chimique et lecture des étiquettes, en s’appuyant sur les pictogrammes (ex : SGH08 du buste éclaté pour les effets graves sur la santé, comme les produits CMR) et en apprenant à exploiter les fiches de données de sécurité, qu’il vous faut absolument collecter auprès des fournisseurs.
-
Formation à l’utilisation des extincteurs, où l’on rappellera les différents types d’extincteurs existants et leurs domaines d’application.
-
Sensibilisation au risque routier professionnel, incluant l’arrimage des charges et l’interdiction d’utiliser son téléphone au volant (y compris lors d’un arrêt à un feu rouge long, ou encore avant une zone de travaux à circulation alternée).
La formation SST (Sauveteur Secouriste du Travail) est également pertinente dans une entreprise du BTP, au vu de la gravité des risques présents sur les chantiers.
Chaque formation suivie devra être tracée. Elles devront alimenter le passeport de prévention, prévu à l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations, certificats et diplômes obtenus par le travailleur en matière de santé et de sécurité au travail. L’INRS et l’OPPBTP mettent par ailleurs à disposition des supports dédiés au BTP, utiles comme supports d’accueil sur les chantiers.
Quand devez-vous mettre à jour le document unique de votre entreprise du BTP ?
Un document unique doit être mis à jour à chaque fois que la réalité de l’entreprise s’écarte de ce qui y est décrit : une nouvelle activité, un nouvel équipement, un nouveau poste de travail, ou encore un risque que l’on n’avait pas répertorié.
L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit trois cas de mise à jour du document unique. Pour les entreprises du BTP :
-
Au moins une fois par an dans les entreprises du BTP de 11 salariés et plus. En dessous de ce seuil, aucune fréquence minimale n’est imposée.
-
Lors de toute décision d’aménagement modifiant les conditions de santé et de sécurité, ou les conditions de travail. Applicable à toute entreprise du BTP peu importe ses effectifs.
-
Lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance du chef d’entreprise. Applicable à toute entreprise du BTP peu importe ses effectifs.
En ce qui concerne le troisième cas de figure, il est nécessaire de privilégier les presque-accidents et de ne pas attendre que de réels accidents surviennent. Prenons un cas concret afin de l’illustrer : un compagnon qui traverse le chantier pour rejoindre son poste passe derrière un camion-benne au moment où celui-ci recule, et le conducteur s’arrête de justesse. Aucun accident du travail n’est à déclarer, personne n’est en arrêt, mais il faut éviter que cette situation potentiellement mortelle se présente à nouveau : il faut donc inscrire ce danger dans le document unique et trouver une ou plusieurs actions correctives pour ne plus que cela arrive (ex : interdiction formelle de passer derrière tout véhicule qui manœuvre, matérialisation d’un chemin piéton séparé, port du vêtement de haute visibilité obligatoire, etc.).
C’est pour effectuer ces mises à jour que nos documents uniques sont au format Excel et non au format PDF : vous pouvez tout modifier par vous-même, entreprendre vos propres mises à jour, facilement et rapidement, sans devoir passer à nouveau à la caisse. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique détaille la marche à suivre.
Mettre en place les mesures de prévention des risques inscrites dans le document unique au sein de votre entreprise de BTP.
Une fois les risques évalués et les actions de prévention des risques définies, il reste à les mettre en place dans l’entreprise. C’est cette étape qui transforme une « obligation administrative » en un véritable gain perceptible pour le chef d’entreprise du BTP.
L’article L.4121-3-1 du Code du travail est justement relatif à cette étape. Il impose aux entreprises de 50 salariés et plus d’établir un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT). En dessous de ce seuil de 50 salariés (ce qui correspond à la très grande majorité des entreprises du BTP) l’employeur devra uniquement définir des actions de prévention et les inscrire dans le document unique. (Ce même article du Code du travail impose la durée de conservation du document unique et de ses versions successives à quarante ans minimum.)
Concrètement, un PAPRIPACT est une sorte de calendrier qui reprend chaque mesure de prévention issue de l’évaluation des risques et lui associe une échéance, un responsable de mise en œuvre, et un coût (estimatif ou réel issu d’un devis). Le PAPRIPACT n'est pas un document séparé du document unique, il en fait partie intégrante.
Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que ce type de calendrier est efficace pour mettre en place les actions de prévention des risques sur le terrain. C’est pourquoi nos documents uniques intègrent tous un calendrier de type PAPRIPACT : chaque mesure de prévention se voit attribuer une échéance de mise en place : au cours du premier semestre, au cours du deuxième semestre, ou peut-être l’année prochaine. (Si vous avez moins de 50 salariés, vous n’êtes pas obligé de l’utiliser : le calendrier de prévention des risques reste alors facultatif pour vous)
Cette approche a du sens pour une entreprise du BTP, du fait d’investissements qui sont souvent lourds (ex : l’achat d’une nacelle, la formation de l’ensemble du personnel au travail en hauteur, etc.). Il faut se renseigner sur les solutions existantes, établir des devis, voir s’il existe des financements (ex : auprès de l’OPPBTP, de la CARSAT ou de la Cramif, qui proposent des subventions dédiées aux petites entreprises du BTP), et il n’y a rien d’anormal à ce que cela prenne du temps.
Gardez à l’esprit que ce qui compte en cas de contrôle de l’inspection du travail, ce n’est pas que tout soit réalisé : c’est que le parcours soit tracé, ce qui est une preuve de votre bonne foi.
Notre page sur l’évaluation des risques professionnels détaille la méthode sur laquelle repose la planification de la prévention des risques professionnels.
FAQ sur le document unique pour les entreprises du BTP.
C’est quoi le document unique pour une entreprise ?
Le document unique transcrit le résultat de l’évaluation des risques professionnels. Il recense les dangers présents dans l’entreprise, décrit les risques auxquels le personnel est exposé et les hiérarchise du plus grave au moins grave. Il associe également à chacun de ces risques des mesures de prévention.
Est-ce que le document unique est obligatoire pour mon entreprise du BTP ?
Oui. L’obligation s’applique dès le premier salarié. Un intérimaire mis à disposition pour une semaine, un apprenti ou un renfort en contrat court déclenchent l’obligation au même titre qu’un compagnon en CDI.
Quel est le rôle du document unique dans mon entreprise du BTP ?
Il sert à identifier les dangers qui exposent les salariés, à les hiérarchiser du plus grave au moins grave, puis à choisir les mesures de prévention utiles pour s’en protéger.
Existe-t-il des exemples ou des modèles de document unique pour le BTP gratuits ?
Oui. Vous pouvez télécharger gratuitement un modèle de document unique vierge au format Excel, ainsi qu’un modèle de DUERP vierge au format PDF si vous préférez ce format pour l’impression. Nous mettons également en ligne plusieurs exemples de documents uniques déjà remplis, dont un exemple pour le BTP.
Qu’est-ce que le PAPRIPACT et mon entreprise du BTP est-elle concernée ?
Le PAPRIPACT est le programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail. Il est obligatoire à partir de 50 salariés. En dessous de ce seuil, l’employeur doit uniquement définir des actions de prévention et les inscrire dans le document unique, mais rien n’interdit à une entreprise plus petite d’établir un PAPRIPACT.
Comment rédiger le document unique de mon entreprise du BTP ?
En quatre étapes : découper l’activité en unités de travail (chantier, clientèle, déplacements, administratif…), recenser les dangers de chacune, évaluer les risques à partir de plusieurs paramètres (ex : occurrence, exposition, gravité, maîtrise), puis définir les mesures de prévention associées. Notre guide de rédaction du document unique détaille la méthode que nous utilisons.
Qui doit établir le document unique de mon entreprise du BTP ?
Le chef d’entreprise. Il peut le rédiger lui-même s’il en a les compétences, ou à défaut faire appel à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP.
Qui peut consulter le document unique de mon entreprise du BTP ?
Les salariés, intérimaires compris, les membres du CSE lorsqu’il y en a, l’inspection du travail lors d’un contrôle, ainsi que les services de prévention et de santé au travail. Le coordonnateur SPS et le maître d’ouvrage peuvent également en demander communication dans le cadre de la coordination d’un chantier. Un ancien salarié peut aussi en demander communication pour les périodes durant lesquelles il a travaillé dans l’entreprise, ce qui explique en partie l’obligation de conservation du document unique sur une durée de quarante ans.
Où stocker le document unique de mon entreprise du BTP ?
Il doit être accessible sur demande à toute personne ayant le droit de le consulter. Cela peut être sur support papier, ou bien sur support informatique, sur un poste commun auquel le personnel peut accéder par exemple.
Qui doit mettre à jour le document unique de mon entreprise du BTP ?
Le chef d’entreprise. Il peut également la confier à un prestataire, mais cela ne le déresponsabilise pas aux yeux de la loi. C’est pour faire ces mises à jour que nous livrons nos documents uniques au format Excel, qui est un format modifiable, contrairement au format PDF proposé par d’autres entreprises du secteur.
Téléchargement du document unique BTP gratuit.
Pour terminer, nous mettons à disposition un modèle de document unique gratuit pour le BTP à télécharger.
Il se présente sous la forme d’un fichier Excel de 5 pages :
-
Une page d’illustration pour les entreprises du BTP.
-
Une page d’informations sur l’entreprise.
-
Une page de présentation de la méthode d’évaluation des risques professionnels.
-
Une page d’évaluation des risques professionnels.
-
Une page de prévention des risques professionnels, avec son calendrier de mise en œuvre de type PAPRIPACT.
Ce modèle est gratuit et totalement modifiable, comme nos autres documents uniques par métier déjà complétés. Si vous cherchez plutôt une trame à remplir vous-même, nos modèles de DUERP vierges et nos exemples de documents uniques Excel sont également en libre accès.
Nous vous rappelons également que nous avons écrit des articles spécifiquement dédiés aux maçons, aux couvreurs, aux charpentiers, aux façadiers ravaleurs, aux plombiers, aux peintres en bâtiment, aux carreleurs, aux plaquistes, aux menuisiers et aux entreprises de terrassement.














