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Document unique Traiteur :
guide et modèle à télécharger

Photo de Thony Maufay

Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.

Date de rédaction : 23 juillet 2026

Préparer des centaines de couverts, charger le véhicule de déplacement, préparer la salle de réception puis servir les convives expose quotidiennement les traiteurs à différents dangers. Comme le rappelle l’INRS, l’activité de traiteur expose les salariés aux coupures, brûlures, manutentions manuelles, chutes de plain-pied, horaires de nuit, travail le week-end, lombalgies (douleurs au dos), etc. Les chiffres du secteur des cafés, hôtels et restaurants, auquel les traiteurs sont rattachés, confirment l’ampleur du phénomène : selon l’Assurance Maladie, 39 % des accidents de la restauration traditionnelle sont liés aux manutentions manuelles. On y dénombre près de 2 000 000 de journées de travail perdues par an. Chaque professionnel du secteur est en moyenne arrêté pour une période de 60 jours suite à un accident du travail. Enfin, chaque maladie professionnelle occasionne en moyenne 246 jours d’arrêt.

 

Dans cet article, nous allons vous présenter dans le détail les différents choix que nous avons retenus pour rédiger notre document unique traiteur, déjà complété, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.

En tant que traiteur, à partir de quand vous faut-il un document unique?

Le document unique est obligatoire dès l’embauche du premier salarié dans votre entreprise, qu’il s’agisse d’un extra recruté pour une seule réception, d’un apprenti, d’un serveur à temps partiel, etc. Cette obligation découle des articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail : l’employeur doit évaluer les risques pour la santé et la sécurité de ses travailleurs et transcrire les résultats de cette évaluation des risques dans un document unique.

En cas d’absence de document unique relevé par l’inspection du travail le jour d’un contrôle, la sanction prévue par l’article R4741-1 du Code du travail s’applique : une contravention de 5e classe, soit 1 500 € pour une personne physique, et jusqu’à 3 000 € en cas de récidive. Au-delà de l’amende, l’absence d’évaluation des risques pourra être retenue contre l’employeur comme une faute inexcusable si un salarié venait à être victime d’un accident du travail ou à développer une maladie professionnelle. Dans ces cas de figure, les indemnités à verser au salarié sont généralement si importantes qu’elles mettent l’entreprise en péril. C’est dire l’importance d’avoir un document unique rédigé, et mis à jour périodiquement, par une entreprise compétente, et donc enregistrée IPRP comme Document Unique Facile.

Notre choix des unités de travail pour ce document unique traiteur.

Une unité de travail est un regroupement de différentes tâches exercées au sein de l’entreprise et qui exposent les salariés aux mêmes types de risques.

 

Pour notre document unique traiteur, nous avons retenu 7 unités de travail, qui regroupent 45 situations à risque professionnel différentes : la cuisine et la préparation des plats, le service aux invités en réception, le nettoyage de la cuisine et de la réception, le chargement et le déchargement du véhicule, les déplacements routiers, l’environnement de travail et les locaux de travail. Ce choix d’unités de travail vise à couvrir au mieux les différents postes de travail que l’on retrouve couramment dans les activités menées par les traiteurs lors d’une réception : un laboratoire où l’on produit, un véhicule que l’on charge et décharge, des déplacements véhiculés sur route ouverte, une salle de réception que l’on organise et où l’on sert les plats, un nettoyage complet post réception, et des locaux de travail dans lesquels évolue l’ensemble du personnel. C’est cette structure d’unité de travail que nous allons étudier en détail au cours de cet article.

Cuisine : Préparation des plats

L’unité de travail « Cuisine : Préparation des plats » couvre tout le travail réalisé en cuisine en amont de la prestation : réception et stockage des denrées, épluchage et découpe des matières premières, cuissons, dressage, conditionnement et mise au froid des plats avant leur départ. Il s’agit de l’unité de travail la plus fournie en dangers de notre document unique traiteur, car c’est dans cette unité de travail que se concentre l’essentiel du travail du traiteur. Voici les principaux dangers qui y sont recensés :

  • Outils et machines coupants / tranchants : couteaux, économes, mandolines et râpes sont utilisés pour la préparation des légumes, des viandes et des poissons, auxquels s’ajoutent les machines dotées d’organes en rotation (ex : trancheuse, hachoir, coupe-légumes). Les risques de coupure sont présents lors de la préparation, mais aussi et surtout lors du nettoyage et du démontage des machines, ainsi que lors du rangement des lames. Les dommages possibles vont de la simple entaille superficielle à la plaie profonde touchant tendons et muscles, voire au sectionnement d’un doigt.

  • Sources de chaleur : fours, plaques, friteuses, marmites et liquides bouillants exposent aux brûlures durant les cuissons, avec des risques majorés lors des transvasements et des sorties de four, en particulier s’ils sont faits dans la précipitation. Les dommages possiblement provoqués sont des brûlures aux mains et aux avant-bras, ainsi qu’au visage en cas de projection de liquide chaud ou de retour de vapeur.

  • Répétition de mouvements manuels : la principale tâche d’un traiteur consiste à fabriquer des centaines de pièces identiques (ex : canapés, verrines, portions individuelles), ce qui impose de répéter les mêmes gestes à cadence soutenue durant des heures de travail avant chaque réception. Les dommages possibles qui en résultent sont des tendinites, le syndrome du canal carpien au niveau des poignets et divers autres troubles musculosquelettiques des membres supérieurs.

  • Long maintien de la posture debout : l’intégralité du travail de production se fait en position debout, souvent durant des journées à rallonge (période de forte activité). Les dommages possibles résultant de cette posture debout prolongée sont des douleurs aux jambes, des lombalgies ainsi que des troubles veineux (ex : varices).

  • Port de charges lié aux manutentions manuelles : cartons de denrées, marmites pleines, bacs et caisses de boissons sont manutentionnés tout au long de la journée entre réserve, chambre froide et plan de travail. Les dommages possibles en résultant sont des douleurs dorsales, des lombalgies et, sur le long terme, des troubles musculosquelettiques.

  • Chutes de plain-pied : les sols des cuisines sont fréquemment rendus gras ou humides lors du travail et du lavage, ce qui augmente les risques de chuter de plain-pied. Les dommages qui en résultent sont des entorses, des contusions et des fractures, avec un facteur supplémentaire propre au métier : les chutes peuvent survenir alors que l’on porte un plat chaud ou un couteau à la main.

  • Travail au froid : le respect de la chaîne du froid impose des passages répétés en chambre froide ainsi que la manipulation de produits réfrigérés / congelés. Les dommages possibles sont des engourdissements des mains, une perte de dextérité qui favorise les coupures, et des affections ORL à répétition du fait des passages successifs du chaud au froid.

Réception : Service aux invités

L’unité de travail « Réception : Service aux invités » couvre la prestation réalisée sur le lieu de l’événement : montage du lieu de réception, dressage des tables, service (au plateau ou à l’assiette), tenue du buffet, réassort et relation avec les convives. Voici les principaux dangers que nous avons retenus pour cette unité de travail :

  • Port de plateaux et piétinement : le service impose de porter des plateaux chargés, souvent à bout de bras ou à l’épaule, en enchaînant les allers-retours vers la salle durant plusieurs heures d’affilée. Les dommages possiblement provoqués sont des douleurs aux épaules, aux poignets et au dos, ainsi que des troubles musculosquelettiques qui s’installent au fil des saisons.

  • Chutes de plain-pied en salle : le personnel évolue dans un lieu qu’il découvre assez souvent le jour même, et où les potentiels obstacles ne sont donc pas mémorisés : marches isolées, seuils, câbles de sonorisation, sols cirés ou détrempés en extérieur, allées encombrées par les convives. Les dommages les plus fréquents que cela occasionne sont des entorses et des contusions, aggravées lorsque la chute survient plateau en main.

  • Bruit des réceptions : les conversations de plusieurs centaines de convives, le tintement de la vaisselle et, lors de certaines réceptions, la sonorisation ou l’orchestre génèrent des niveaux de bruit élevés, autant de sources de nuisances sonores sur lesquelles le traiteur n’a que très peu de prise. L’exposition n’est pas toujours permanente (bruit intermittent, durant le temps de la réception) mais elle se répète réception après réception. Les dommages possibles sont de la fatigue auditive à court terme puis, sur le long terme, une atteinte auditive durable (surdité professionnelle).

  • Relation avec les convives : l’alcool servi lors des réceptions, les exigences de certains invités et les imprévus d’organisation peuvent générer des remarques désobligeantes de la part des invités ou des organisateurs, des gestes déplacés voire des propos insultants, que le personnel doit gérer en s’efforçant de rester professionnel (le plus souvent en gardant le sourire) devant le client. Les dommages qui en résultent sont le plus souvent du stress au travail et, en cas de répétition, divers risques psychosociaux (ex : anxiété, insomnie, perte de motivation, etc.).

Nettoyage : Cuisine et Réception

L’unité de travail « Nettoyage : Cuisine et Réception » couvre le nettoyage du laboratoire et du matériel, la plonge, ainsi que la remise en état de la salle en fin de prestation. Voici les principaux dangers que nous avons évalués dans cette unité de travail :

  • Produits de nettoyage et de désinfection : le respect des règles d’hygiène alimentaire impose un nettoyage et une désinfection quotidiens avec des produits détergents et désinfectants agressifs, souvent manipulés en fin de service, dans la fatigue et parfois mal dilués (produit trop concentré). Les dommages possibles en résultant sont des irritations et des brûlures cutanées ou oculaires, ainsi que des affections respiratoires en cas de mélange accidentel de produits.

  • Coupures au nettoyage et à la plonge : le lavage des couteaux, des lames de trancheuse et des pièces démontées concentre une part importante des coupures du métier (les lames étant parfois invisibles sous la mousse lors de la plonge). Les dommages possiblement provoqués sont des coupures profondes aux mains et aux doigts, qui s’infectent facilement au contact des denrées.

  • Manutentions de fin de prestation : le rangement du matériel, le port des caisses de vaisselle sale et le chargement du véhicule peuvent avoir lieu tard dans la nuit suite à une réception, une fois les convives repartis, quand la vigilance et la force physique des équipes ont déjà été bien entamées. Les dommages possibles qui en résultent sont des lombalgies et des accidents de manutention, également favorisés du fait de l’accumulation de fatigue.

Véhicule : Chargement - Déchargement de matériel

L’unité de travail « Véhicule : Chargement - Déchargement de matériel » couvre le chargement du camion lors du départ vers la réception comme au retour, puis le déchargement et l’acheminement de l’ensemble du matériel dans la salle de réception, puis aux locaux de l’entreprise lors du retour de prestation. Il s’agit de l’unité de travail « signature » du métier de traiteur par rapport aux autres professions de bouche (nous y reviendrons plus en détail au cours de cet article). Voici les principaux dangers que nous avons retenus pour cette unité de travail :

  • Cumul des charges lors des manutentions : l’intégralité du matériel nécessaire à la réception (ex : vaisselle, mobilier, matériel de cuisine, denrées, boissons) se charge puis se décharge majoritairement à la main, parfois sur de longues distances lorsque l’accès à la salle est difficile. Les dommages possibles résultant de ces manutentions répétées sont des douleurs musculaires des membres supérieurs à court terme, puis des troubles musculosquelettiques touchant les épaules, les coudes, les poignets et la colonne vertébrale sur le long terme.

  • Chutes depuis le véhicule : monter et descendre du fourgon ou du hayon élévateur, les bras chargés et sans main libre pour se tenir, expose à des chutes de (faible) hauteur mais aux conséquences bien réelles. Les risques sont majorés du fait que l’opération est à répéter des dizaines de fois lors de chaque réception. Les dommages possibles sont des entorses, des contusions ainsi que des fractures des membres inférieurs.

  • Écrasements et heurts : les caisses empilées, les chariots lourdement chargés et le mobilier manipulé à plusieurs (ex : mange-debout, tables, plancha) exposent aux écrasements des mains et des pieds, ainsi qu’aux heurts de ces mêmes membres. Les dommages qui en résultent sont le plus souvent des contusions, des plaies ainsi que des fractures des extrémités.

Déplacement routier

L’unité de travail « Déplacement routier » couvre les trajets effectués entre les locaux du traiteur et les différents lieux de réception, ainsi que les approvisionnements. Voici le principal danger qui y est évalué :

  • Risque routier : les trajets s’effectuent avec un véhicule utilitaire souvent lourdement chargé, sous la contrainte d’horaires à respecter impérativement et que rien ne permet de décaler. Les retours de réception ont souvent lieu de nuit, au terme de journées particulièrement longues. Ces conditions de travail augmentent les risques d’accidents de la circulation. Or, les accidents de la route restent la première cause de mortalité au travail en France, tous secteurs d’activité confondus. Enfin, l’arrimage du chargement est un complément au danger d’accident de la route : tout matériel mal arrimé constitue un projectile qui risque d’être projeté au premier freinage.

Environnement de travail

L’unité de travail « Environnement de travail » regroupe les risques liés aux conditions particulières dans lesquelles s’exercent les prestations du traiteur. Ils concernent l’ensemble des membres du personnel, quel que soit leur poste :

  • Travail sur site inconnu : presque chaque prestation se déroule dans un lieu différent, dont la disposition n’est pas connue de l’équipe : cuisine d’appoint improvisée, tableau électrique inconnu, accès par un escalier étroit, etc. Les dommages possibles sont des accidents favorisés par l’improvisation (ex : chutes, heurts, branchements électriques sur équipements non sécurisés, surcharge de tables, etc.).

  • Horaires atypiques et rythmes de travail : le métier s’exerce le plus souvent le soir, la nuit et le week-end, avec des journées à rallonge en haute saison événementielle et des creux marqués en basse saison. Les dommages possibles vont de la fatigue chronique aux risques psychosociaux. Ce danger, également signature du métier de traiteur, fera l’objet d’un développement dédié au cours de cet article.

  • Ambiances thermiques : le traiteur alterne la chaleur des cuisines et des réceptions estivales sans ventilation et les passages en chambre froide. Les dommages possiblement provoqués par ces variations thermiques importantes sont des coups de chaleur, des malaises et une fatigue accrue qui majore l’exposition à l’ensemble des autres risques.

Locaux de travail

L’unité de travail « Locaux de travail » regroupe les risques liés à la cuisine et à ses installations, qui concernent l’ensemble du personnel. Voici les principaux dangers évalués dans cette unité de travail :

  • Électrisation et électrocution : les cuisines combinent machines électriques et milieu nettoyé à l’eau, ce qui augmente les risques électriques. À cela s’ajoutent des branchements électriques réalisés sur des installations inconnues (disjoncteur différentiel en état de fonctionnement ?) chez les clients. Un câble dénudé, un appareil avec un défaut d’isolement ou une protection défaillante peuvent suffire à provoquer un accident. Les dommages qui en résultent vont de l’électrisation (dommages divers n’engendrant pas la mort, tels que des brûlures) à l’électrocution (engendrant la mort de la personne).

  • Départ de feu et incendie : les équipements de cuisson, les installations au gaz et l’installation électrique des cuisines constituent diverses sources potentielles de départ de feu, auxquelles s’ajoutent les réchauds et appareils mobiles utilisés sur le lieu de la réception. Les dommages possibles vont des brûlures à l’intoxication mortelle par les fumées, et peuvent s’accompagner de la destruction des locaux.

Chargement, déchargement, installation : autant de manutentions et de risques pour les traiteurs.

Les manutentions manuelles désignent toute opération de soulèvement - déplacement d’une charge à dos d’homme (ex : lever, poser, pousser, tirer, porter, déplacer) sans aide d’outils ni machine. Ce qui distingue le traiteur du restaurateur, c’est que la réception se déplace : chaque prestation commence et se termine par le chargement puis le déchargement de l’intégralité du matériel nécessaire à l’événement, à l’aller comme au retour. Vaisselle, mobilier, matériel de cuisine, denrées et boissons transitent entre les locaux de l’entreprise, le véhicule de déplacement et la salle de réception.

Trois facteurs viennent aggraver ces manutentions. Le poids et le volume du matériel tout d’abord. La distance de portage ensuite, lorsque l’accès à la salle est difficile (ex : étage sans ascenseur, cour pavée, chapiteau en fond de parc, stationnement éloigné). Les horaires enfin, et c’est là le facteur le plus sournois : le chargement post réception s’effectue souvent de nuit, après une journée de travail pouvant atteindre douze heures voire plus, quand les capacités physiques des équipes sont au plus bas et la vigilance émoussée. C’est ce cumul de facteurs qui explique l’importance des manutentions dans la sinistralité du secteur. L’Assurance Maladie relève que 39 % des accidents de la restauration traditionnelle leur sont liés.

Pour notre document unique traiteur, les mesures de prévention contre les risques liés aux manutentions que nous avons retenues sont les suivantes :

  • Mécaniser tout ce qui peut l’être en dotant l’entreprise d’aides à la manutention nombreuses et variées (ex : diables, chariots pliants, rolls, transpalette) plutôt que de porter à dos d’homme. Noter que comme le rappelle l’article R4541-1 du Code du travail, l’employeur doit privilégier les moyens techniques permettant d’éviter les manutentions manuelles.

  • Équiper le véhicule de déplacement d’un hayon élévateur ou, a minima, d’une rampe de chargement, afin de supprimer les montées et descentes du camion les bras chargés.

  • Utiliser du matériel de transport ergonomique : caisses empilables, à roulettes et dotées de prises spéciales pour les mains, ce qui sécurise et facilite les opérations de portage.

  • Repérer l’accès de chaque lieu de réception en amont de toute manutention (ex : stationnement, présence d’ascenseur ou non, largeur d’ouverture des portes, distance de portage, etc.) afin d’organiser le déchargement et de prévoir le personnel en conséquence.

  • Fractionner les charges les plus lourdes quand c’est possible, et imposer le port des éléments les plus lourds / encombrants à deux personnes (ex : caisse de vaisselle pleine).

  • Alléger les chargements post réception ayant lieu en fin de soirée en préparant le rangement au fur et à mesure du service, plutôt que de tout faire uniquement lors de la fin de l’évènement.

Noter que comme le rappelle l’INRS dans son dépliant dédié au métier (ED 6440), il faut s’efforcer de garder les zones de réception et de stockage accessibles aux aides à la manutention. Un chariot que l’on ne peut plus amener jusqu’à la charge faute de passage possible ne sert plus à rien, et c’est souvent l’aménagement plus que l’équipement lui-même qui est la source de blocages.

Horaires atypiques, coups de feu et saisonnalité, sources de blessures et de risques psychosociaux pour les traiteurs.

Les horaires atypiques désignent tout temps de travail effectué en dehors des plages d’horaires courantes, c’est à dire le travail en soirée, de nuit, le week-end et les jours fériés. Pour les traiteurs, ils ne constituent pas une exception mais le plus souvent une règle : les réceptions (hors entreprise) ont le plus souvent lieu le soir et les week-ends, et l’activité se concentre plus particulièrement durant quelques périodes de l’année autour de mariages, de fêtes de fin d’année, et d’événements calendaires divers.

Ce rythme de travail pèse de deux manières sur la santé des équipes. Physiquement tout d’abord : les journées de prestation dépassent facilement douze heures. Le sommeil s’en trouve décalé, la fatigue s’accumule tout au long de la haute saison, ce qui augmente mécaniquement la probabilité d’accident (ex : coupure, chute, accident de la route au retour de nuit). Psychiquement ensuite : la pression professionnelle devant les convives, l’impossibilité absolue de reporter un évènement, le déséquilibre que cela peut entraîner sur sa vie personnelle, sont autant de sources de stress et d’anxiété, que l’INRS identifie explicitement parmi les risques du métier.

Pour notre document unique traiteur, les mesures de prévention contre les risques liés aux horaires atypiques que nous avons retenues sont les suivantes :

  • Dimensionner les effectifs sur la charge de travail de chaque prestation, en s’appuyant sur du personnel supplémentaire, plutôt que sur l’allongement systématique des journées de travail des personnes en poste.

  • Équilibrer le nombre de serveurs et le nombre de couverts à servir, afin que la cadence de service reste tenable et que le travail dans la précipitation ne devienne pas la norme.

  • Respecter les temps de repos entre deux prestations, tout particulièrement en haute saison. Prévoir les retours de nuit pour limiter le temps de conduite en état de fatigue (ex : conduite partagée, retour du matériel différé au lendemain).

  • Anticiper autant que possible (ex : feuilles de route, plans de salle, check-lists de matériel, répartition écrite des tâches) en amont de chaque événement afin de réduire la charge mentale des équipes le jour de la réception.

  • Prévoir de vraies pauses ainsi que des repas pour les équipes pendant les longues prestations (souvent mis de coté au profit des convives).

  • Organiser des prises de parole et des retours d’expérience après les grosses prestations, pour recueillir les remontées et diverses propositions d’amélioration sur l’organisation. Rester attentif aux signes de fatigue et d’épuisement chez les membres de l’équipe.

Les Équipements de Protection Collectifs (EPC) et les Équipements de Protection Individuelle (EPI) indispensables pour les traiteurs.

En prévention des risques, la priorité est toujours donnée à la suppression des risques à la source. Ensuite seulement, à la mise en place d’Équipements de Protection Collectifs (EPC) puis à la mise en place d’Équipements de Protection Individuelle (EPI). Cette hiérarchie est fixée par l’article L4121-2 du Code du travail, qui énonce les principes généraux de prévention.

Selon nous, les EPC indispensables pour exercer le métier de traiteur en sécurité et dans de bonnes conditions sont :

  • Des aides à la manutention nombreuses et diversifiées : diables, chariots, rolls, transpalette, ainsi qu’un hayon élévateur ou une rampe sur le véhicule de déplacement.

  • Des caisses de transport ergonomiques, empilables, à roulettes et à prises de main, qui facilitent autant le portage que l’arrimage dans le camion.

  • Des machines de cuisine conformes, munies de leurs capots / carters de protection, ainsi que des coutelières et porte-couteaux pour le rangement rigoureux des outils tranchants.

  • Des plans de travail ajustables à la taille des salariés et un four positionné à une hauteur qui facilite la manipulation des plats chauds, deux aménagements simples qui suppriment beaucoup de contraintes posturales.

  • Des sols antidérapants en cuisine, maintenus propres et secs, avec une évacuation efficace des eaux de lavage.

  • Une chambre froide équipée d’une ouverture de secours manœuvrable de l’intérieur et d’un dispositif d’alarme, indispensable pour le travail isolé tôt le matin ou tard le soir.

  • Une installation électrique conforme, dont on vérifiera le disjoncteur différentiel 30 mA périodiquement, ainsi que des rallonges et multiprises professionnelles contrôlées pour les branchements réalisés en prestation.

  • Des extincteurs contrôlés annuellement en cuisine, un petit extincteur à emporter lorsque l’équipe cuisine en déplacement, et une trousse de premiers secours complète dans chaque véhicule, qui contiendra au minimum : pansement, désinfectant, et crème cicatrisante contre les brûlures de type biafine. (et recommandé : anti-histaminique sans ordonnance).

Selon nous, les EPI indispensables pour exercer le métier de traiteur en sécurité et dans de bonnes conditions sont :

  • Contre les coupures : des gants anti-coupure (Type EN388) pour l’épluchage, la découpe et surtout le nettoyage des machines et la plonge.

  • Contre les brûlures : des gants et maniques de protection contre la chaleur (Type EN 407) pour les cuissons, les sorties de four et le transport des bacs chauds.

  • Contre les chutes : des chaussures de sécurité à semelles antidérapantes et de préférence montantes afin de mieux maintenir la cheville (Type EN ISO 20345), en cuisine comme en prestation, y compris pour le personnel de service en salle.

  • Pour le nettoyage : des gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374) et des lunettes de protection contre les projections (Type EN166) lors de la manipulation et de la dilution des produits d’entretien.

  • Contre le froid : des gants de protection contre le froid (Type EN511) pour les interventions prolongées en chambre froide.

Pour ce qui est des EPI, l’employeur devra les mettre gratuitement à disposition de ses salariés conformément à l’article R4321-4 du Code du travail, et les salariés devront les porter conformément aux instructions reçues, comme le prévoit l’article L4122-1 du Code du travail.

La formation et les actions de sensibilisation à mettre en place.

Informer, sensibiliser et former aux risques est un levier de prévention à part entière, au même titre que fournir des équipements de protection type EPC / EPI. De plus, et selon la loi, chaque salarié doit bénéficier d’une formation appropriée à son poste de travail (article L4141-1 du Code du travail).

Pour le métier de traiteur, nous conseillons tout particulièrement les formations et actions suivantes :

  • Les gestes et postures, ainsi que la formation PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique) pour l’ensemble du personnel, afin de faire face aux manutentions et aux gestes répétitifs qui constituent un pan entier du métier de traiteur.

  • La sécurité au poste de cuisine : maniement et entretien des couteaux, vérification de l’aiguisage, et utilisation en sécurité des machines, y compris lors du nettoyage et du démontage de celles-ci.

  • L’accueil des extras et des saisonniers : une formation aux principaux risques du métier et aux mesures de prévention à respecter dans l’entreprise, car cette main-d’œuvre moins expérimentée et moins formée est la plus exposée aux accidents.

  • La sensibilisation au risque routier, à la conduite en état de fatigue, tout particulièrement pour les retours de nuit. À cela s’ajouteront les règles d’arrimage à respecter pour transporter le matériel en toute sécurité.

  • Les règles d’hygiène alimentaire à respecter, et la conduite à tenir en cas de coupure (désinfection et pansement immédiat de toute plaie avant reprise du travail).

  • La formation à l’utilisation des extincteurs, où l’on rappellera les différents types d’extincteurs existants, leurs domaines d’application, et comment les utiliser.

À cela peut s’ajouter la conduite à tenir en cas d’accident, idéalement via le passage de la formation SST : Sauveteur Secouriste du Travail.

Noter que toutes les formations relatives à la santé et à la sécurité au travail effectuées par vos salariés devront être recensées dans leur passeport de prévention. Celui-ci est désormais obligatoire en vertu de l’article L4141-5 du Code du travail.

Quand modifier / mettre à jour le document unique de votre entreprise de traiteur ?

Un document unique n’est pas éternel. Il se met à jour au moins une fois par an dans les entreprises de onze salariés et plus, et à chaque évolution de l’entreprise, peu importe son nombre de salariés.

La mise à jour du document unique est encadrée par l’article R4121-2 du Code du travail, qui prévoit trois cas de figure entraînant une mise à jour :

  • Une mise à jour annuelle minimum obligatoire pour les entreprises de 11 salariés et plus.

  • Une mise à jour lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou de travail : par exemple le lancement d’une nouvelle prestation (ex : food truck, livraison de plateaux-repas) impliquant de nouveaux risques ne figurant pas dans le document unique.

  • Une mise à jour lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur : par exemple à la suite d’un accident du travail survenu lors d’une prestation.

Notre document unique traiteur est fourni au format Excel. Il s’agit d’un format facilement modifiable, sur n’importe quel ordinateur, avec Excel ou un logiciel équivalent gratuit comme FreeOffice. Vous pouvez donc réaliser vos mises à jour par vous-même, sans forcément devoir confier ce travail à un prestataire externe, ni devoir tout reprendre depuis le début. Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez notre guide complet de la mise à jour du document unique.

Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de la sécurité dans votre entreprise de traiteur.

Le but du document unique ne se résume pas à évaluer les risques. Celui-ci vise avant tout à réduire les accidents du travail et les maladies professionnelles par la mise en place d’actions de prévention des risques professionnels concrètes sur le terrain. Pour cela, planifier la prévention des risques reste quasiment incontournable.

C’est pourquoi notre document unique traiteur comporte, en plus de la partie évaluation des risques, une partie dédiée à la prévention des risques, avec un calendrier de prévention de type PAPRIPACT : Programme Annuel de Prévention des RIsques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail. Celui-ci est obligatoire pour les entreprises de 50 salariés et plus. En dessous de ce seuil, vous êtes libre de ne pas l’utiliser.

 

Concrètement, ce calendrier vous permettra de fixer une échéance pour renforcer ou mettre en place une mesure de prévention des risques dans votre entreprise : programmer l’achat d’un hayon élévateur ou de caisses à roulettes, planifier une formation PRAP avant l’entrée en haute saison, prévoir la mise en place des feuilles de route de prestation, etc. En le reprenant à échéance régulière, par exemple une fois par an (au moment de la mise à jour de votre document unique), vous entrerez dans une démarche d’amélioration continue. Cela va vous permettre, au fil du temps, d’avoir de moins en moins d’accidents du travail au sein de votre activité, et donc de moins en moins de journées de travail perdues, ce qui facilite l’organisation au quotidien et fidélise les salariés grâce à de meilleures conditions de travail. Un atout décisif dans un métier qui repose entièrement sur la constitution d’une équipe fiable, motivée et expérimentée.

De plus, en cas de contrôle de l’inspection du travail, ce calendrier de prévention est une preuve indéniable qu’une démarche de prévention des risques est en place au sein de l’entreprise, et qu’en tant que chef d’entreprise, vous vous acquittez bien de votre rôle de garant de la santé et de la sécurité au travail de vos salariés.

FAQ sur le document unique pour les traiteurs.

C’est quoi le document unique pour une entreprise ?

Le document unique est le document où l’on trouve l’évaluation des risques professionnels de l’entreprise. Il recense les dangers présents, évalue les risques associés et prévoit les mesures de prévention correspondantes.

Est-ce que le document unique est obligatoire pour mon entreprise de traiteur ?

Oui, dès que votre entreprise emploie au moins un salarié, y compris un extra recruté pour une seule réception ou un apprenti. Seul le traiteur qui travaille véritablement seul, sans aucun salarié, en est dispensé.

Quel est le rôle du document unique dans mon entreprise de traiteur ?

Son rôle est d’identifier les dangers auxquels vos salariés sont exposés, partout où s’exerce l’activité (en cuisine, sur la route et en réception), d’évaluer les risques professionnels correspondants et de formuler des actions de prévention permettant de les réduire.

Qui doit établir le document unique de mon entreprise de traiteur ?

La responsabilité en revient à l’employeur. Celui-ci peut néanmoins s’appuyer sur une personne ou une structure compétente, telle qu’un IPRP, pour le réaliser à sa place s’il n’a pas les compétences requises.

Comment rédiger le document unique de mon entreprise de traiteur ?

La démarche consiste à définir les unités de travail, recenser les dangers présents dans chacune, évaluer les risques associés, puis retenir des mesures de prévention adaptées. Notre guide de rédaction du document unique détaille chacune de ces étapes.

Qui peut consulter le document unique de mon entreprise de traiteur ?

Le document unique peut être consulté par les salariés de l’entreprise, extras compris, par l’inspection du travail lors d’un contrôle et par les services de prévention et de santé au travail, notamment la médecine du travail.

Où stocker le document unique de mon entreprise de traiteur ?

Vous pouvez le conserver au format papier ou au format numérique dans l’entreprise. L’essentiel est de choisir un mode de stockage qui permette de le conserver pendant 40 ans, comme le demande la réglementation.

À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique de mon entreprise de traiteur ?

Au minimum une fois par an si votre entreprise compte 11 salariés ou plus. Il devra aussi être mis à jour lors de tout changement important induisant de nouveaux risques, comme une nouvelle offre de prestation.

Qui doit mettre à jour le document unique de mon entreprise de traiteur ?

Là encore, c’est l’employeur qui en porte la responsabilité. Il peut toutefois confier cette mise à jour à une personne ou une structure compétente telle qu’un IPRP s’il n’a pas les compétences requises.

Téléchargement du document unique pour traiteur gratuit.

Pour accompagner cet article, nous mettons à disposition ci-dessous un document unique traiteur gratuit à télécharger. Il reprend la même structure que celle de notre document unique traiteur déjà complété, à savoir :

  • Une jaquette avec une illustration du métier de traiteur.

  • Une section de renseignements sur l’entreprise.

  • Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.

  • Une partie « évaluation des risques professionnels » pour votre entreprise de traiteur.

  • Une partie « prévention des risques professionnels » dotée d’un calendrier de type PAPRIPACT.

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