Document unique Commerçant :
guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 27 Août 2026.
Dans la quasi-totalité des commerces de France, on accueille du public toute la journée, mais on réceptionne aussi des livraisons, on range des cartons en réserve, on va chercher fréquemment des articles rangés en hauteur, on conseille les clients puis on les encaisse, et cela jour après jour, tous les jours.
Cette polyvalence dans les tâches que peuvent faire les employés est une constituante particulière des petits commerces. D’un côté cela rend les journées variées et moins monotones, ce qui participe à l’attrait du secteur, mais de l’autre, cela expose à des dangers d’une plus grande diversité. Les risques les plus fréquents que l’on y rencontre sont notamment les manutentions manuelles de charges (ex : cartons, palettes filmées), la nécessité d’accéder à des stockages situés en hauteur, l’usage du cutter pour l’ouverture des colis, les chutes de plain-pied dans les réserves (majorées lorsqu’elles sont encombrées), la station debout prolongée au comptoir et/ou dans la boutique au conseil des clients, l’accueil permanent de public (établissement recevant du public : ERP), ainsi que les possibles incivilités et agressions verbales, voire physiques.
Les chiffres d’accidentologie du secteur publiés par l’Assurance Maladie permettent de chiffrer cela précisément. En France, dans le commerce de détail non alimentaire, c’est plus d’un million de journées de travail qui sont perdues par an pour accident du travail ou maladie professionnelle. Un accident du travail entraîne en moyenne 68 jours d’arrêt, et une maladie professionnelle 332 jours ! Plus de la moitié de ces accidents, soit 54 %, sont causés par des manutentions manuelles (données de l’INRS et de l’Assurance Maladie de 2021). En partant du principe que la plupart des petits commerces de France emploient en moyenne deux ou trois salariés, un seul accident de travail est donc largement suffisant pour désorganiser une entreprise durant plusieurs mois.
Face à ce constat, le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est l’outil de référence pour recenser les dangers présents dans votre commerce, évaluer les risques auxquels le personnel est exposé, et détailler les différentes mesures de prévention à mettre en place. Dans cet article, nous allons vous présenter les unités de travail, les dangers identifiés, la présentation détaillée de trois risques « signature » du secteur, les équipements de protection et les formations utiles que nous avons retenus dans notre propre document unique commerçant, déjà complété, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.
À partir de quand un commerçant doit-il avoir un document unique ?
Dès qu’un commerce emploie au minimum un salarié, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, saisonnier, apprentissage, stage hors stage d’observation), il doit posséder un document unique d’évaluation des risques professionnels.
L’article L.4121-3 du Code du travail impose à l’employeur d’évaluer les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés. L’article R.4121-1 l’oblige à transcrire le résultat de cette évaluation des risques dans un document unique. Le Code du travail entend par travailleur toute personne placée sous l’autorité de l’employeur, ce qui inclut les contrats courts, les apprentis, les stagiaires, etc. Un commerçant qui exerce absolument seul, sans aucun salarié, n’est pas concerné par cette obligation.
Cette obligation d’avoir un document unique s’applique aux commerces, mais aussi à tous les autres types d’entreprise : la seule différence est que les dangers à recenser ne sont pas les mêmes d’un secteur à un autre.
Il est bien entendu possible de confier la rédaction de son document unique à un tiers (ex : consultant, entreprise extérieure), mais cela ne transfère pas la responsabilité légale : le chef d’entreprise demeure le seul responsable du document unique aux yeux de la loi. C’est pour cela qu’il est préférable de s’appuyer sur un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP, comme Document Unique Facile.
L’absence de document unique est sanctionnée par l’article R.4741-1 du Code du travail, qui prévoit une contravention de 5e classe (1 500 euros, portés à 3 000 euros en cas de récidive), appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés. Mais certaines situations peuvent être bien pires pour un chef d’entreprise que de recevoir une simple amende. Prenons le cas d’un accident grave, issu d’un risque pour lequel il n’y a jamais eu de mesure de prévention, ou pire, l’absence totale de document unique dans l’entreprise. Aux yeux de la justice, cela constitue une faute inexcusable de l’employeur. Devant le tribunal judiciaire, la sanction financière prononcée peut atteindre de tels montants qu’elle est susceptible de mettre le commerce en faillite.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique commerçant.
Avant d’évaluer les risques, il faut découper l’activité du commerce en unités de travail. Une unité de travail est un regroupement de différentes tâches exercées au sein de l’entreprise, et qui exposent à des risques professionnels de même nature.
Pour notre document unique commerçant, nous avons retenu 3 unités de travail, avec un total de 18 situations à risque : la réception / stockage de marchandises, la vente à la clientèle et les locaux de travail. Ce découpage est basé sur les deux types d’activité qui structurent la journée d’un commerçant, c’est-à-dire le traitement de la marchandise d’un côté, et la relation avec la clientèle de l’autre. Une troisième unité de travail vient en complément pour les dangers liés au bâtiment / locaux de travail, qui concernent tous les salariés, quels que soient leurs postes.
Ce découpage transversal est fait de manière à pouvoir couvrir toute sorte de commerce, aussi bien une boutique de centre-ville qu’un point de vente en galerie marchande. Pour certaines activités de détail, nous avons publié des articles dédiés : magasin de prêt-à-porter, magasin de vélos, fleuriste et opticien.
Voici, pour chacune de ces unités de travail, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.
Réception / Stockage marchandises
Cette unité de travail couvre la réception des livraisons et l’ensemble des opérations qui suivent (ex : déchargement, déballage des colis, rangement en réserve, réassort des rayons, gestion des emballages vides, etc.).
-
Manutentions manuelles : les cartons, ou encore les palettes filmées sont déplacés à la main, souvent dans des lieux étroits et parfois sur plusieurs niveaux. Les risques ne se limitent pas aux charges lourdes : la répétition de petits ports, plusieurs fois lors d’une seule livraison, produit les mêmes effets. Les dommages qui peuvent en résulter sont des lombalgies, des tendinopathies de l’épaule et du poignet, des hernies discales, voire des séquelles définitives. (Le port de charges est encadré par les articles R.4541-1 et suivants du Code du travail, l’article R.4541-9 fixant à 55 kilogrammes le port habituel au-delà duquel un avis du médecin du travail est nécessaire, sans jamais pouvoir dépasser 105 kilogrammes, les femmes ne pouvant en aucun cas excéder 25 kilogrammes.)
-
Chutes de hauteur lors du stockage et du réassort : la réserve d’un commerce tend toujours à être trop petite, ce qui conduit à stocker en hauteur et à devoir monter pour attraper un article. Les risques de chuter de hauteur sont majorés par l’usage de mobilier inadapté (ex : chaise, table) servant fréquemment de marchepied. Les dommages qui peuvent en résulter sont des entorses, des fractures, des traumatismes crâniens, voire le décès. Ce danger, signature du métier de commerçant, fera l’objet d’un développement dédié.
-
Coupures lors de l’ouverture des colis : le cutter est souvent l’outil le plus utilisé au quotidien, et donc celui que l’on tend le plus à banaliser alors qu’il présente des risques bien réels. Les risques de coupure sont particulièrement présents lors de la découpe de cartons. Ils sont majorés lors du sectionnement de feuillards plastiques sous tension. Les dommages les plus fréquents sont des plaies de la main et de l’avant-bras, des sections tendineuses, voire des atteintes oculaires en cas de rupture de lame.
-
Chutes d’objets stockés : les rayonnages de réserve sont souvent chargés sans se préoccuper des charges maximales admissibles, et des règles de stockage (le plus lourd en bas, le plus léger en haut). Les risques augmentent lorsque les étagères ne sont pas fixées au mur ou au sol, ou lorsque les charges dépassent des étagères. Les dommages que cela peut engendrer sont des contusions, des fractures voire des traumatismes crâniens, et pas uniquement lorsque l’on travaille (passer simplement à côté au mauvais moment peut suffire dans le cas d’un accident malencontreux).
-
Circulation des véhicules de livraison : les livraisons se font fréquemment sur la voie publique, en double file, ou sur un trottoir partagé avec les piétons. Des risques de heurt et d’écrasement par des véhicules en circulation existent lors des allers-retours entre le camion de livraison et la boutique. Ils sont majorés lorsqu’il fait sombre ou nuit (ex : fin d’après-midi en automne / hiver). Pour le salarié concerné, il peut en résulter différents dommages : contusions, fractures, écrasement du pied par un transpalette qui descend le long d’une pente, voire le décès.
-
Postures contraignantes lors du réassort : le remplissage des rayons impose de travailler à genoux pour remplir les niveaux bas et bras levés pour remplir les niveaux hauts, le tout en alternance continue. Les risques sont d’autant plus élevés que le réassort se fait généralement à la hâte, avant l’ouverture du commerce. Les dommages résultant de ces postures sont des douleurs cervicales, des atteintes de la coiffe des rotateurs et des hygromas du genou.
Vente à la clientèle
Cette unité de travail couvre l’accueil et le conseil du client ainsi que toutes les opérations liées à la vente (ex : présentation des produits, essayage, démonstration, encaissement, gestion du fonds de caisse, ouverture et fermeture du commerce, etc.).
-
Station debout prolongée et piétinement : le commerçant reste debout toute la journée, sans marcher véritablement, sur un sol dur et souvent dans un espace réduit, ce qui s’apparente à du piétinement. Les risques sont majorés en fonction de la durée cumulée passée dans cette position, et en l’absence de siège derrière le comptoir pour rompre avec cette position. Les dommages que cela peut engendrer sont des douleurs des pieds et des genoux, des troubles circulatoires des membres inférieurs et le développement de TMS (troubles musculosquelettiques).
-
Incivilités et agressions verbales : un litige sur un remboursement, un temps d’attente en caisse, une rupture de stock ou un refus de paiement peut suffire à déclencher des montées de ton chez certains clients susceptibles. Les risques sont plus élevés en période de forte affluence, et lorsque le salarié n’a pas été formé aux techniques permettant de désamorcer ces situations. Les dommages qui peuvent en résulter sont du stress, de l’anxiété et une dégradation durable de l’ambiance de travail.
-
Agressions physiques : plus rares que les agressions verbales, elles restent malencontreusement possibles lorsqu’un litige dégénère, notamment lors d’une interpellation pour vol à l’étalage ou en cas de braquage (ex : à la fermeture du commerce). Les risques sont majorés si le salarié est seul en fin de journée, ou si la caisse contient beaucoup d’argent liquide. Les dommages qui peuvent en résulter sont des hématomes, des plaies, des fractures, un traumatisme psychologique durable, voire le décès. Ce danger, qui est également un danger signature du métier, fera lui aussi l’objet d’un développement dédié.
-
Gestes répétitifs à l’encaissement : la saisie, le scan des articles, la manipulation du terminal de paiement et la mise en sac des articles nécessitent des gestes précis qui sont répétés de nombreuses fois chaque jour. Les risques liés à ces gestes répétitifs sont majorés si le poste n’est pas adapté à la morphologie de l’employé (ex : caisse trop basse obligeant à courber le dos). Les dommages les plus fréquemment provoqués sont le syndrome du canal carpien des poignets, des tendinites au niveau des poignets, ainsi que des douleurs cervicales.
-
Charge mentale et amplitude horaire : le commerçant enchaîne l’accueil, la vente, la gestion des stocks voire la comptabilité, sur des horaires étendus qui peuvent inclure le samedi mais aussi parfois le dimanche. Les risques sont majorés lors des périodes commerciales (ex : Noël), où les journées de travail tendent à s’allonger sans forcément que les effectifs en face augmentent. Les dommages qui peuvent en résulter sont de la fatigue chronique, des troubles du sommeil, voire de l’épuisement professionnel.
-
Manipulation de valeurs : le comptage du fonds de caisse, la préparation de la remise de banque, et les déplacements pour aller la déposer constituent des moments très identifiables par les personnes extérieures au commerce. Les risques de vols augmentent lorsque ces opérations se font toujours à la même heure, en empruntant le même trajet. Les dommages possibles qui en résultent sont des agressions avec violence lors du transport de fonds, qui s’accompagnent quasi systématiquement d’un traumatisme psychologique important (ex : stress, angoisse, perte de sommeil, perte d’appétit, perte de confiance en soi, dépression, etc.).
Locaux de travail
Cette unité de travail couvre l’ensemble du bâtiment qui abrite l’activité ainsi que son entretien (ex : surface de vente ouverte au public, réserve, bureau, sanitaires, local de pause, etc.).
-
Incendie et évacuation du public : un commerce concentre des matières combustibles (ex : cartons, emballages plastiques, etc.), des installations électriques qui peuvent chauffer et être source d’inflammation (ex : vitrines, enseigne, etc.) et du public qui ne connaît pas les consignes d’évacuation. En cas de départ de feu, les risques sont grandement majorés si les issues de secours sont encombrées (ex : marchandises en attente de rangement). Les dommages possibles sont des intoxications par les fumées, des brûlures, voire le décès, sans compter la perte du local de travail. Ce danger, également signature du métier de commerçant, fera lui aussi l’objet d’un développement dédié.
-
Produits d’entretien : les détergents, détartrants et désinfectants utilisés pour le nettoyage quotidien de la boutique sont des agents chimiques dangereux au sens des articles R.4412-1 et suivants du Code du travail. Les risques liés à leur utilisation sont présents lors de leur utilisation, mais aussi en cas de dilutions ou de transvasements. Ils sont majorés en cas de mélange (involontaire ou non) de produits incompatibles (ex : eau de Javel et détartrant acide, etc.). Les dommages qui peuvent en résulter sont des irritations respiratoires, des dermatoses des mains et des brûlures oculaires.
-
Chutes de plain-pied : un produit renversé en rayon, un parapluie qui s’égoutte dans la boutique un jour de pluie, un tapis pas bien à plat, ou encore des cartons et des films plastiques traînant au sol dans la réserve suffisent à faire trébucher, glisser et chuter de plain-pied. Les risques augmentent nettement si les salariés ont l’habitude de courir dans la boutique (ex : pour servir plus rapidement les clients). Les dommages les plus fréquents que cela peut occasionner sont des entorses, des fractures du poignet, des traumatismes crâniens en cas de chute sur la tête, et des hématomes / plaies si l’on tombe sur un objet.
-
Électricité : des multiprises en cascade, de nombreuses guirlandes de vitrine, ou encore des rallonges électriques en série dégradent la sécurité électrique des installations (surcharge des installations). Les risques électriques sont également particulièrement importants en cas de tentative de dépannage par soi-même, alors que l’on ne dispose pas des compétences nécessaires. Les dommages provoqués sont soit l’électrisation (passage du courant dans le corps), soit l’électrocution (décès par électrisation), auxquels s’ajoutent différents dommages (ex : brûlures en cas d’arc électrique).
-
Ambiances thermiques : les articles R.4463-1 à R.4463-8 du Code du travail imposent depuis le 1er juillet 2025 d’évaluer les risques liés aux épisodes de chaleur intense. Les dommages possibles sont de l’inconfort, des malaises, voire un coup de chaleur.
Prévenir les chutes de hauteur lors du stockage et du réassort des commerces.
Les stockages situés en hauteur sont une source de danger à part entière, et souvent sous-estimée, de la part des commerçants. Peu de salariés considèrent qu’aller chercher un objet en hauteur peut être une opération à risque, tant cela est courant, et c’est très certainement la raison pour laquelle autant d’accidents du travail en découlent.
Les chiffres de l’Assurance Maladie permettent de mieux comprendre la place de ce danger au sein du secteur. Ces chutes sont à l’origine de 13,5 % des accidents du travail des commerces non alimentaires, un niveau proche de celui des chutes de plain-pied (15,1 %) et très supérieur à celui provoqué par l’outillage à main (5,4 %) (données issues de l’Assurance Maladie, datant de 2020). Contrairement à de nombreuses croyances, une chute de faible hauteur peut suffire à provoquer une fracture ou un traumatisme crânien.
Concernant ces risques, le Code du travail est plus directif que ce que peuvent penser la plupart des commerçants. L’article R.4323-62 impose de donner la priorité aux équipements de travail assurant une protection collective. L’article R.4323-63 interdit dans la plupart des cas d’utiliser les escabeaux, les marchepieds, mais surtout les échelles comme poste de travail, sauf dans deux cas de figure : l’impossibilité technique de recourir à une protection collective, ou une évaluation des risques établissant des risques faibles, de courte durée, ne présentant pas de caractère répétitif.
Pour notre document unique commerçant, les mesures de prévention contre les chutes de hauteur que nous avons retenues sont les suivantes :
-
Supprimer le besoin de monter : placez les références les plus demandées à hauteur d’homme. Réservez les niveaux hauts aux articles saisonniers et légers. Cette mesure est la plus efficace, puisqu’elle supprime le danger à la source.
-
Équiper la réserve d’un moyen d’accès pour le travail en hauteur : les plateformes individuelles roulantes (PIR ou PIRL) et l’équipement pour la mise en rayon (EMER) intègrent un plancher de travail et un garde-corps assurant la protection des personnes. Ils permettent également d’avoir les mains libres. Si possible (question de place disponible), utilisez préférentiellement ce type d’équipement pour le réassort et le rangement des rayonnages en hauteur.
-
Bannir le mobilier traditionnel pour tout travail en hauteur : tout ce qui est chaise à roulettes, tabouret, table, ou encore comptoir ne constitue pas un moyen d’accès / de travail en hauteur. Il ne faut jamais laisser passer l’usage détourné de ce type d’équipement (ex : pour attraper un article « rapidement » parce qu’il y a beaucoup de monde en boutique). Une seule utilisation peut suffire à être la source d’un accident grave.
-
Réserver l’escabeau aux accès ponctuels : on ne peut pas toujours installer une plateforme faute de place, et dans ce cas, il est nécessaire d’utiliser un escabeau ou un marchepied. Celui-ci devra être en bon état, stabilisé au sol, déplié en entier et posé sur une surface plane et dégagée d’objets traînant à proximité (préférer un escabeau muni d’une main courante et d’une plateforme haute à un modèle classique à simples marches). Vérifiez bien le verrouillage de celui-ci avant chaque utilisation.
-
Fixer et charger correctement les rayonnages : les étagères de réserve devront être ancrées au mur ou au sol. Les charges admissibles devront être affichées et connues de chacun (selon le risque qu’elles soient dépassées ou non, en fonction de ce qui y est stocké), et les charges les plus lourdes placées en bas. Dans tous les cas, ne jamais laisser dépasser une charge d’une étagère au-dessus d’une zone de passage.
-
Dégager la zone d’intervention : les chutes surviennent parfois lors de la descente d’un moyen de travail en hauteur, à cause d’un objet (ex : cartons) traînant à proximité. Les sols doivent donc être libérés des encombrants situés à proximité avant d’intervenir en hauteur. De plus, essayez de poser l’objet avant de descendre du moyen de travail en hauteur, plutôt que de descendre avec lui, pour pouvoir utiliser vos deux mains.
-
Interdire la présence de public à proximité : le réassort des rayonnages haut doit se faire préférentiellement (sauf cas de force majeure) avant l’ouverture ou après la fermeture pour éviter que le public ne soit présent à proximité. En cas de force majeure, préférer le balisage de la zone d’intervention pour l’interdire au public.
Prévenir les risques de départ de feu, d’incendie, et organiser l’évacuation dans les commerces recevant du public (ERP).
Un commerce est soumis à deux réglementations distinctes en matière d’incendie. En tant que lieu de travail, il relève du Code du travail pour la protection des salariés. En tant qu’établissement recevant du public (ERP), il relève du Code de la construction et de l’habitation pour la protection de la clientèle.
Un magasin de vente est un établissement recevant du public de type M, dont les règles sont fixées par le règlement de sécurité issu de l’arrêté du 25 juin 1980. La catégorie dépend de l’effectif de public admissible, calculé à partir de la surface de vente. La 5e catégorie regroupe l’immense majorité des commerces de proximité, avec moins de 200 personnes au total, et moins de 100 personnes en sous-sol ou en étages.
L’exploitant d’un établissement recevant du public doit tenir un registre de sécurité, sur lequel figurent les vérifications des installations effectuées, les travaux réalisés, et les consignes d’évacuation à suivre en cas d’incendie. Cette obligation figure à l’article R.143-44 du Code de la construction et de l’habitation.
Du côté du Code du travail, les articles R.4227-28 à R.4227-41 imposent à l’employeur d’organiser la lutte contre tout départ de feu, en disposant d’extincteurs en nombre suffisant et correctement répartis (un appareil tous les 200 mètres carrés, ainsi qu’un appareil par niveau). L’article R.4227-39 prévoit des vérifications périodiques annuelles du matériel de lutte contre les incendies.
Pour notre document unique commerçant, les mesures de prévention contre le risque incendie que nous avons retenues sont les suivantes :
-
Maintenir les dégagements entièrement libres : c’est la mesure la plus fréquemment prise en défaut lors des visites de sécurité. Aucun obstacle (ex : carton, portant, présentoir, etc.) ne doit être situé dans une issue de secours.
-
Vérifier que les issues de secours s’ouvrent réellement : une issue de secours verrouillée pour éviter les vols n’est plus une issue de secours ! Le déverrouillage doit être possible de l’intérieur, sans clé, sans connaissance particulière (porte équipée d’une barre anti-panique).
-
Disposer d’extincteurs adaptés, contrôlés et signalés : les extincteurs doivent être accessibles sans devoir déplacer quelque objet que ce soit, et placés légèrement en hauteur pour rester visibles au quotidien par chacun. Ils devront être vérifiés chaque année par un organisme compétent. De plus, les salariés devront être formés à leur utilisation.
-
Afficher et faire vivre les consignes : le plan d’évacuation, le numéro des secours, le point de rassemblement et la conduite à tenir en cas de départ de feu devront être affichés de manière apparente au sein du commerce. Il est utile de relire ces consignes avec chaque nouvel employé, y compris en cas d’embauche de renforts ponctuels / saisonniers.
-
Réaliser des exercices d’évacuation et les tracer : des exercices devront être réalisés (ex : tous les six mois). Ils peuvent être réalisés hors présence de public. Les dates des différents exercices devront figurer dans un registre spécifique. En cas d’incendie, il est également nécessaire de savoir qui doit guider les clients vers la sortie, et qui doit vérifier que le commerce est en totalité évacué.
-
Maîtriser les sources d’inflammation électriques : supprimez les multiprises / rallonges en cascade, faites vérifier périodiquement les installations électriques (ex : une fois par an) et préférez éteindre les décorations lumineuses lors de la fermeture du commerce.
-
Limiter les stockages de combustibles : les cartons vides et les emballages plastiques devront être évacués régulièrement pour éviter leur accumulation en réserve. Dans tous les cas, il ne faut jamais poser d’emballages contre / à proximité d’une source possible d’inflammation (tout objet dégageant de la chaleur, tel qu’un tableau électrique ou encore un appareil de chauffage).
Prévenir les risques d’agressions et de vol chez les commerçants.
Le contact avec la clientèle est le cœur du métier de commerçant, mais c’est aussi ce qui expose le plus aux actes d’incivilité, d’agression et de vol. Un commerçant ne choisit pas les personnes qui entrent dans sa boutique, ne peut pas mettre fin à un échange quand il le souhaite, et se doit de rester courtois, même avec des clients qui ne le sont pas toujours.
L’INRS classe les agressions et les violences comme des risques professionnels à part entière. Dans le commerce de détail, trois causes possibles exacerbent ces risques : un manque de personnel disponible par rapport à la quantité de clients dont il faut s’occuper, une mauvaise communication au client (ou une communication insuffisante) qui génère des incompréhensions, et l’absence de consignes passées aux salariés pour régler les litiges. Même si la responsabilité en cas d’agression et de violence provient toujours du client, le commerce peut agir sur ces trois causes afin d’en diminuer la probabilité.
Les consignes en cas de vol à l’étalage devront être abordées sans ambiguïté. Pour tout gérant, la tentation est grande de demander aux salariés d’intervenir physiquement pour récupérer un bien dérobé. Dans une grande quantité d’affaires, c’est ce qui transforme un petit vol en agression physique, et l’employeur ne peut pas délibérément exposer son personnel de la sorte. La consigne à rappeler devra donc être de ne jamais engager de contact physique avec un voleur, mais de simplement observer, pour pouvoir alerter et décrire l’individu à la police.
En dehors de ce point, dans notre document unique commerçant, les mesures de prévention contre les agressions et les vols que nous avons retenues sont les suivantes :
-
Réduire l’attractivité de la caisse : limitez le fonds de caisse et procédez à des prélèvements en cours de journée vers un coffre à dépôt. Encouragez le paiement par carte, qui diminue la quantité d’argent liquide présente dans la caisse.
-
Sécuriser l’ouverture et la fermeture du commerce : ce sont les deux moments les plus exposés de la journée, parce que la boutique est vide de clients et que le personnel est plus vulnérable. Pour les commerces qui disposent de plusieurs salariés, ces opérations devront préférentiellement se faire à deux. L’accès au commerce devra absolument être fermé et verrouillé pendant le comptage de la caisse.
-
Varier les trajets et les horaires de remise en banque : les dépôts d’argent effectués au même moment de la semaine, aux mêmes heures, et en empruntant les mêmes chemins sont très facilement repérables. L’heure ainsi que l’itinéraire emprunté devront donc fréquemment changer. Utilisez de préférence différents sacs, qui restent les plus anonymes et les moins attirants possible.
-
Aménager l’espace de vente pour la visibilité : des vitrines totalement transparentes, des rayonnages pas trop hauts, des miroirs placés stratégiquement dans la boutique et un comptoir positionné face à l’entrée permettent de voir et d’être vu. En plus de réduire les risques, ces aménagements augmentent le confort de travail.
-
Installer les équipements de dissuasion et d’alerte : une vidéoprotection qui sera signalée à la clientèle (avec monitoring visible de tous), un bouton d’alerte discret sous le comptoir ainsi qu’un téléphone accessible directement depuis la caisse : ces équipements permettent à la fois d’assurer la dissuasion auprès de potentiels voleurs, mais aussi d’appeler plus rapidement la police en cas de larcin.
-
Écrire et faire connaître de tous la consigne de non-intervention en cas de vol : aucun salarié ne doit retenir physiquement une personne soupçonnée de vol pour éviter que la situation ne s’envenime et que son intégrité physique ne soit menacée. Cette règle devra être écrite et transmise à chaque salarié lors de son embauche.
-
Donner au personnel une marge de décision commerciale : un salarié qui ne peut décider d’aucune action commerciale doit faire patienter son client, ce qui est un facteur de tension supplémentaire. Autorisez donc des gestes commerciaux simples (ex : petit geste commercial sur un retard de commande, échange sans ticket lorsque l’on se rappelle du client et de son achat, etc.). Cela peut permettre de désamorcer une grande partie des conflits en caisse.
-
Organiser la prise en charge après un incident : un salarié agressé devra être retiré de son poste de travail immédiatement, et une déclaration d’accident du travail devra être faite, même en l’absence de blessure physique apparente. Il sera nécessaire d’épauler le salarié lors de son dépôt de plainte à la gendarmerie, et si celui-ci manifeste ou revendique des atteintes psychologiques, de l’orienter vers un professionnel de santé compétent (ex : médecin traitant, médecin du travail, psychologue, etc.). Ce protocole peut être intégré au document unique même s’il ne relève pas de la prévention avant incident.
Les EPC et EPI indispensables pour tout commerçant.
Dans un commerce, la protection passe d’abord par l’aménagement des locaux et par le matériel mis à disposition, bien avant les équipements de protection fournis aux salariés.
Cela tombe bien, car cette hiérarchie suit le principe de base posé par l’article L.4121-2 du Code du travail, qui impose de combattre les risques à la source et de donner la priorité aux mesures de protection collective sur les mesures de protection individuelle.
Les protections collectives qui nous paraissent indispensables pour tout commerçant sont :
-
Des aides à la manutention adaptées à l’espace disponible : diable, transpalette manuel, roll mobile, chariot de mise en rayon, portant mobile.
-
Des moyens d’accès en hauteur adaptés : plateformes individuelles roulantes, équipements pour la mise en rayon, escabeaux, marchepieds (à privilégier dans cet ordre). L’échelle reste à proscrire en tant que plateforme de travail : elle doit uniquement servir de moyen d’accès à des zones situées en hauteur.
-
Des rayonnages de réserve ancrés au mur ou au sol, avec charge admissible affichée et connue de tous. Les articles les plus lourds devront toujours être placés en bas et les plus légers en haut.
-
Un revêtement de sol antidérapant en surface de vente et en réserve, complété par des tapis d’entrée absorbant l’eau pour les jours de pluie.
-
Des extincteurs adaptés aux risques du local, signalés, accessibles et vérifiés chaque année.
-
Une signalisation des issues de secours et un éclairage de sécurité au-dessus des présentoirs du commerce.
-
Un poste de caisse réglable en hauteur, avec repose-pieds, tapis anti-fatigue et siège assis-debout permettant de limiter la station debout prolongée.
-
Des équipements de sûreté : vidéoprotection signalée de tous, coffre à dépôt, bouton d’alerte discret et miroirs de surveillance.
-
Un local de pause permettant d’adopter une position antagoniste à celle que l’on a au travail (en l’occurrence assis ici), et hors de la vue du public pour pouvoir vraiment couper efficacement.
Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables pour tout commerçant sont :
-
Des chaussures fermées à semelle antidérapante et à bon amorti pour la station debout prolongée (chaussures de sécurité (Type EN ISO 20345) pour les commerces vendant des produits particulièrement lourds et/ou avec risques d’écrasement).
-
Des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN 388) pour la manutention et le déballage des livraisons.
-
Des gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374) pour le nettoyage des locaux et des sanitaires.
-
Des lunettes de protection (Type EN 166) pour toute tâche présentant des risques de projections de matière dans les yeux.
-
Des vêtements ou gilet de haute visibilité (Type EN ISO 20471) pour les réceptions réalisées sur la voie publique et/ou en bordure de voirie, en particulier de nuit ou dans la pénombre.
-
Des cutters de sécurité à lame rétractable automatique pour l’ouverture des colis, en remplacement des cutters classiques.
Il est également possible de fournir des genouillères (Type EN 14404) pour le réassort des rayonnages les plus bas effectué à même le sol.
Ces équipements devront être mis gratuitement à disposition des salariés par l’employeur, qui devra également en assurer l’entretien voire le remplacement si nécessaire, conformément à l’article R.4321-4 du Code du travail. De son côté, le salarié est tenu de les utiliser conformément aux consignes reçues, en application de l’article L.4122-1.
La formation et la sensibilisation aux risques des salariés d’un commerce.
La formation des salariés à la sécurité est une obligation à part entière de l’employeur. Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent d’organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité au poste de travail de chacun des salariés lors de l’embauche, en cas de changement de poste, ou après un arrêt de travail prolongé. Cette obligation ne connaît pas d’exception, y compris pour les contrats courts.
Les formations et sensibilisations que nous recommandons pour un commerce sont les suivantes :
-
Formation PRAP (prévention des risques liés à l’activité physique), pour apprendre les bons gestes à effectuer, lors des manutentions notamment.
-
Formation à l’utilisation des moyens d’accès en hauteur et à leur vérification avant usage (ex : bon état, verrouillage, stabilité du sol, etc.).
-
Apprentissage à l’ouverture de colis en sécurité (ex : utilisation du cutter de sécurité, pas d’utilisation de cutter classique dont les lames peuvent casser si on force dessus et être projetées, technique de décerclage des feuillards, etc.).
-
Formation à la gestion des litiges et à l’agressivité des clients. Il est possible de faire des mises en situation tirées de cas réels, rencontrés au sein du commerce.
-
Sensibilisation à la conduite à tenir en cas de vol ou de braquage (ex : consigne de non-intervention physique).
-
Exercice d’évacuation et manipulation des extincteurs, avec répartition des rôles entre les membres de l’équipe.
-
Sensibilisation aux risques en provenance des produits d’entretien (ex : lecture des étiquettes et des pictogrammes, apprentissage de la lecture des fiches de données de sécurité (FDS), interdiction de mélanger deux produits, etc.).
-
Sensibilisation à l’aménagement du poste de caisse (ex : réglage de la hauteur idéale afin d’éviter de travailler dos courbé).
-
Accueil sécurité systématique de tous les nouveaux membres du personnel, y compris des non-permanents : saisonniers, apprentis, stagiaires et renforts (ex : période de Noël) le jour de leur arrivée, en s’appuyant sur les risques identifiés dans le document unique.
À cela peut s’ajouter la formation SST (sauveteur secouriste du travail), afin de connaître les gestes permettant de se mettre en sécurité et de porter secours en cas de problème.
Chaque formation suivie devra être tracée. Elles devront alimenter le passeport de prévention, prévu à l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations, certificats et diplômes obtenus par le travailleur en matière de santé et de sécurité au travail. L’INRS met par ailleurs à disposition des ressources dédiées au commerce de détail non alimentaire.
Dans quelles situations faut-il mettre à jour le document unique de votre commerce ?
Un document unique doit être mis à jour à chaque fois que la réalité de l’entreprise s’écarte de ce qui y est décrit : une nouvelle activité, un nouvel équipement, un nouveau poste de travail, ou encore un risque que l’on n’avait pas répertorié.
L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit trois cas de mise à jour du document unique :
-
Au moins une fois par an dans les entreprises de 11 salariés et plus. En dessous de ce seuil, aucune fréquence minimale n’est imposée.
-
Lors de toute décision d’aménagement modifiant les conditions de santé et de sécurité, ou les conditions de travail. Applicable à toute entreprise peu importe ses effectifs.
-
Lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur. Applicable à toute entreprise peu importe ses effectifs.
Prenons le cas d’une salariée qui monte sur un escabeau pour attraper un carton sur un rayonnage en hauteur. En redescendant, elle rate la dernière marche et se rattrape de justesse à un rayonnage, sans chuter au sol. Aucun accident du travail n’est à déclarer, personne n’est en arrêt, mais il faut éviter que la situation se présente à nouveau et qu’un véritable accident survienne : il faut donc inscrire ce danger dans le document unique et trouver une ou plusieurs actions correctives pour ne plus que cela arrive (ex : remplacer l’escabeau par une plateforme individuelle roulante munie d’un garde-corps).
C’est pour effectuer ces mises à jour que nos documents uniques sont au format Excel et non au format PDF : vous pouvez tout modifier par vous-même, entreprendre vos propres mises à jour, facilement et rapidement, sans devoir payer à nouveau. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique détaille la marche à suivre.
Mettre en place les mesures de prévention des risques inscrites dans le document unique au sein de votre commerce.
Une fois les risques évalués et les actions de prévention des risques définies, il reste à les mettre en place sur le terrain. C’est cette étape qui transforme l’« obligation administrative » décrite par certains gérants, en un véritable gain perceptible dans l’entreprise.
L’article L.4121-3-1 du Code du travail organise cette étape. Les entreprises d’au moins cinquante salariés doivent établir un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT). En dessous de ce seuil (qui correspond à la quasi-totalité des commerces) l’employeur devra uniquement définir des actions de prévention et les inscrire dans le document unique. (Ce même article du Code du travail impose la durée de conservation du document unique et de ses versions successives à quarante ans minimum.)
Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que ce type de calendrier est efficace pour passer à l’action sur le terrain. C’est pourquoi nos documents uniques intègrent tous un calendrier de type PAPRIPACT : chaque mesure de prévention se voit attribuer une échéance de mise en place : au cours du premier semestre, au cours du deuxième semestre, ou peut-être l’année prochaine. (Note : si vous avez moins de 50 salariés, vous n’êtes pas obligé de l’utiliser, cela reste facultatif)
Cette approche a du sens pour un commerce, du fait d’investissements qui sont parfois lourds. Le réagencement complet d’une réserve, l’achat d’une plateforme individuelle roulante, la pose d’un sol antidérapant ou l’installation d’une vidéoprotection ne se font pas du jour au lendemain. Il faut se renseigner sur les produits, établir des devis, voir s’il existe des financements (ex : auprès de la CARSAT ou de la Cramif), et il n’y a rien d’anormal à ce que cela prenne du temps.
Gardez à l’esprit que ce qui compte en cas de contrôle de l’inspection du travail, ce n’est pas que tout soit réalisé : c’est que le parcours soit tracé, ce qui est une preuve de votre bonne foi.
FAQ sur le document unique des commerçants.
C’est quoi le document unique pour une entreprise ?
C’est le document dans lequel l’employeur transcrit le résultat de l’évaluation des risques professionnels. Il recense les dangers présents dans l’entreprise, décrit les risques auxquels les travailleurs sont exposés et les hiérarchise du plus grave au moins grave. Il associe également à chacun de ces risques des mesures de prévention.
Est-ce que le document unique est obligatoire pour mon commerce ?
Oui. L’obligation apparaît dès le premier salarié, sans aucun seuil d’effectif ni considération de surface. Un étudiant embauché de temps à autre, un renfort de soldes ou un apprenti déclenchent l’obligation au même titre qu’un vendeur à temps plein.
Quel est le rôle du document unique dans mon commerce ?
Il sert à identifier les dangers qui exposent les salariés, à les hiérarchiser du plus grave au moins grave, puis à choisir les mesures de prévention utiles pour s’en protéger.
Comment évaluer le risque de chute de hauteur dans une petite boutique ?
En partant des tâches réalisées. Il faut recenser ce qui oblige le personnel à monter en hauteur, y compris pour quelques secondes, puis regarder avec quel équipement cela se fait aujourd’hui. Le Code du travail interdit d’utiliser les escabeaux et les marchepieds comme poste de travail, sauf dans deux cas très encadrés.
Faut-il inscrire le risque d’agression dans le document unique d’un commerce ?
Oui, et pas uniquement les agressions ou encore le vol. Les incivilités quotidiennes et les litiges qui montent en tension sont des risques professionnels à part entière, avec des conséquences psychologiques réelles. Sur le document unique devrait apparaître la consigne de non-intervention physique en cas de vol, ainsi que le protocole de prise en charge après incident.
Qui doit établir le document unique de mon commerce ?
C’est l’employeur qui en porte la responsabilité. Il peut le rédiger lui-même s’il en a les compétences, ou à défaut faire appel à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP.
Comment rédiger le document unique de mon commerce ?
La démarche se déroule en quatre étapes : découper l’activité en unités de travail, identifier les dangers propres à chaque unité, évaluer les risques à partir de plusieurs paramètres (ex : occurrence, exposition, gravité, maîtrise), puis définir les actions de prévention. Notre page consacrée à l’évaluation des risques professionnels détaille chacune de ces étapes.
Qui peut consulter le document unique de mon commerce ?
Les salariés, les membres du CSE lorsqu’il y en a, le médecin du travail, l’inspection du travail et les agents des services de prévention de la CARSAT. Un ancien salarié peut également demander à consulter les versions en vigueur durant sa période d’activité, ce qui explique l’obligation de conservation du DUERP sur quarante ans.
À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique de mon commerce ?
Au moins une fois par an dans les commerces de onze salariés et plus. En dehors de cette fréquence réglementaire, la mise à jour s’impose à toute entreprise (peu importe ses effectifs) lors de tout aménagement important (ex : ouverture d’une offre de service) ou lorsqu’une information nouvelle sur un risque est portée à la connaissance de l’employeur.
Qui doit mettre à jour le document unique de mon commerce ?
La responsabilité de la mise à jour appartient au chef d’entreprise. Il peut également la confier à un prestataire, mais cela ne le déresponsabilise pas aux yeux de la loi. C’est pour faire ces mises à jour que nous livrons nos documents uniques au format Excel, qui est un format modifiable, contrairement au format PDF proposé par d’autres entreprises du secteur.
Téléchargement du document unique pour commerçant gratuit.
Ci-dessous, vous pouvez télécharger notre modèle de document unique gratuit pour commerçant. Il se présente sous la forme d’un fichier Excel de 5 pages :
-
Une page d’illustration pour les commerçants.
-
Une page d’informations sur le commerce.
-
Une page de présentation de la méthode d’évaluation des risques professionnels.
-
Une page d’évaluation des risques professionnels.
-
Une page de prévention des risques professionnels, avec son calendrier de mise en œuvre.
Ce modèle est gratuit et totalement modifiable, comme nos autres documents uniques par métier déjà complétés, tel que notre document unique commerçant à retrouver ici.













