Document unique Horticulture :
guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, Ingénieur sécurité au travail - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 22 juillet 2026
Cultiver des plantes en pots, des fleurs ou des plants sous serre et en plein champ expose quotidiennement les horticulteurs à différents dangers : postures contraignantes, gestes répétitifs, manutentions, machines, produits phytosanitaires, chaleur sous serre, etc. Les chiffres le confirment : selon la MSA, les troubles musculosquelettiques constituent la première cause de maladies professionnelles reconnues dans le secteur global de l’agriculture (93,3 % en 2016), et les cultures spécialisées, dont l’horticulture fait partie, figurent parmi les secteurs les plus touchés. L’étude de sinistralité 2023 de la MSA relève par ailleurs que les cultures spécialisées comptent parmi les trois secteurs qui concentrent à eux seuls plus d’un tiers des maladies professionnelles des salariés agricoles.
Dans cet article, nous allons présenter dans le détail les différents choix que nous avons retenus pour rédiger le contenu de notre document unique horticulture, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici sur notre site internet. Vous pouvez également consulter nos guides dédiés aux métiers du végétal voisins, comme notre guide document unique paysagiste et notre guide document unique fleuriste.
À partir de quand vous faut-il un document unique pour votre entreprise d’horticulture ?
Le document unique est obligatoire dès l’embauche du premier salarié dans votre entreprise d’horticulture, qu’il s’agisse d’un saisonnier, d’un apprenti ou d’un ouvrier horticole à temps partiel. Cette obligation découle des articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail : l’employeur doit évaluer les risques pour la santé et la sécurité de ses travailleurs et transcrire les résultats de cette évaluation dans un document unique. Un point mérite d’être souligné pour l’horticulture : la main-d’œuvre saisonnière étant très présente dans ce secteur lors des pics d’activité, l’évaluation des risques doit prendre en compte le fait que cette main-d’œuvre est plus vulnérable face aux risques professionnels, notamment du fait qu’elle est souvent moins bien formée et moins expérimentée.
En cas d’absence de document unique, relevé lors d’une visite de l’inspection du travail, la sanction prévue par l’article R4741-1 du Code du travail s’applique : une contravention de 5e classe, soit 1 500 € pour une personne physique, et jusqu’à 3 000 € en cas de récidive. Au-delà de l’amende, l’absence d’évaluation des risques pourra être retenue contre l’employeur comme une faute inexcusable si un salarié venait à être victime d’un accident du travail ou à contracter une maladie professionnelle. Dans ces cas de figure, les indemnités à verser sont généralement si élevées qu’elles mettent les entreprises en péril, d’où l’importance d’avoir un document unique rédigé et mis à jour par une entreprise compétente, et pour cela enregistrée IPRP.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique.
Une unité de travail est un regroupement de tâches qui exposent les salariés à des risques similaires. Pour notre document unique horticulture, nous avons retenu 7 unités de travail, qui regroupent 27 situations à risque professionnel différentes : les travaux manuels sur les cultures, les travaux avec machines sur les cultures, la vente et le contact clientèle, le déplacement routier, la gestion et l’administration de l’entreprise, l’environnement de travail et les locaux de travail. Ce choix d’unités de travail vise à couvrir au mieux les différents postes de travail que l’on retrouve dans la majorité des exploitations horticoles, de la production de plants jusqu’à leur vente : un espace de production où l’on cultive à la main, des outils ainsi que des machines, un espace de vente, des trajets véhiculés, toute une partie administrative nécessaire à la bonne gestion de l’entreprise, et des locaux de travail qui vont avoir des répercussions pour l’ensemble du personnel. C’est cette structure d’unité de travail que nous allons vous présenter en détail.
Travaux manuels sur les cultures
L’unité de travail « Travaux manuels sur les cultures » couvre le cœur du métier d’horticulture : la production horticole. Semis, repiquage, rempotage, mise en godets, taille, désherbage manuel, effeuillage, récolte et préparation des commandes, que ce soit sous serre ou en plein champ. Il s’agit logiquement de l’unité de travail la plus fournie en dangers de notre document unique, car c’est elle qui concentre l’essentiel des sources de troubles musculosquelettiques du métier. Voici les principaux dangers que nous avons recensés pour cette unité de travail :
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Postures contraignantes : les travaux horticoles imposent de régulièrement s’agenouiller, s’accroupir, travailler le dos penché ou les bras en l’air, et souvent sur des sols irréguliers. Ces positions peuvent être maintenues des heures durant et sollicitent fortement le dos, les épaules, les genoux et les poignets. Les dommages possiblement provoqués sont des lombalgies, des cervicalgies, des tendinites et, pour le travail prolongé à genoux, des hygromas du genou (inflammation de la bourse séreuse située devant la rotule).
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Répétition de mouvements manuels : la taille, le repiquage, la mise en godets et le conditionnement imposent de répéter des milliers de gestes similaires chaque jour, à cadence soutenue lors des pics d’activité, ce qui sollicite toujours les mêmes articulations. Les dommages possibles qui en résultent sont des tendinites, le syndrome du canal carpien des poignets, et divers autres troubles musculosquelettiques des membres supérieurs, première cause de maladie professionnelle du secteur.
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Port de charges lié aux manutentions manuelles : sacs de terreau, caisses de plants, pots lourds (ex : terre cuite), arceaux et palettes sont manutentionnés et déplacés tout au long de la journée, souvent à dos d’homme et sans aide mécanique. Les risques liés à ces manutentions augmentent avec le poids, la distance de manutention, et le nombre de répétitions effectuées au cours de la journée de travail. Les dommages possibles qui en résultent à court terme sont des douleurs dorsales, des lombalgies et, sur le long terme, des troubles musculosquelettiques.
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Outils coupants et piquants : sécateurs, serpettes, greffoirs et couteaux sont des outils coupants / piquants utilisés quotidiennement par les horticulteurs. À ces outils s’ajoutent les épines de certaines plantes cultivées. Les dommages possiblement provoqués par ces outils et plantes sont des coupures et des piqûres aux mains, qui peuvent s’infecter au contact de la terre (ex : panaris, infection de plaie, contamination biologique, etc.).
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Contact avec la terre et les végétaux : la terre, le terreau, le compost et certaines plantes exposent à de possibles contaminations par des agents biologiques (dont le tétanos en cas de plaie souillée), ainsi qu’à des substances irritantes ou allergisantes. Les dommages possibles en résultant sont des infections, des dermatites de contact, et des allergies cutanées.
Travaux avec machines sur les cultures
L’unité de travail « Travaux avec machines sur les cultures » regroupe les tâches mécanisées et les traitements : conduite d’engins et d’équipements motorisés, préparation et application des produits de traitement, entretien du matériel. Les dangers y sont moins fréquents que dans les travaux manuels, mais leurs conséquences potentielles sont plus graves. Voici les principaux dangers que nous avons retenus pour cette unité de travail :
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Produits phytosanitaires : la protection des cultures peut nécessiter des produits phytosanitaires dont la préparation, la pulvérisation, puis le nettoyage du matériel ayant servi à les répandre exposent les personnes par voie cutanée, mais aussi par inhalation. Les dommages possibles provoqués par les produits phytosanitaires vont de simples irritations à des atteintes graves et différées (ex : troubles neurologiques, cancers, etc.). Ce danger, l’un des dangers signatures du métier d’horticulteur, fera l’objet d’un développement dédié au cours de cet article.
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Machines et équipements motorisés : motoculteurs, tondeuses, taille-haies, tracteurs et chariots de manutention comportent des pièces en mouvement pouvant happer un membre et, pour les machines les plus grosses, peuvent se renverser sur leur utilisateur ou sur des personnes évoluant à proximité. Les dommages possibles qui en résultent sont des coupures profondes (ex : endommagement de tendons, muscles, veines, artères), des happements de membres, des écrasements de membres, voire des sectionnements de membres (un des dommages les plus graves mais malheureusement assez fréquent dans le monde agricole).
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Bruit des machines : toutes les machines à moteur exposent leurs utilisateurs, mais aussi les personnes évoluant à proximité, à des niveaux de bruit élevés. L’exposition à ces bruits n’est pas permanente (bruit intermittent, présent durant le temps d’utilisation des machines) mais elle est quotidienne. Les dommages possibles qui en résultent à court terme sont de la fatigue auditive, puis à long terme, une surdité professionnelle irréversible qui s’installe insidieusement au fil des années.
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Vibrations : les machines portatives (ex : débroussailleuse) transmettent des vibrations aux membres supérieurs du corps, et la conduite d’engins (ex : tracteur) des vibrations à l’ensemble du corps. Les dommages possibles provoqués par les vibrations sont le plus souvent des troubles vasculaires et articulaires qui s’exercent au niveau des mains et des bras (ex : syndrome de Raynaud, doigts blancs et insensibles) ainsi que des lombalgies.
Vente : contact clientèle
L’unité de travail « Vente : contact clientèle » est prévue pour la vente directe à la clientèle : accueil du public sur l’exploitation, conseil, préparation et chargement des commandes, encaissement. Les dangers et risques y sont moins importants que dans la production, mais ils existent et méritent en conséquence d’être évalués :
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Station debout prolongée : l’accueil et le conseil à la clientèle se font debout, en piétinant entre les étals et les serres de vente durant la journée de travail. Les dommages qui en résultent sont des douleurs aux jambes, des lombalgies ainsi que des troubles veineux (ex : varices).
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Agressions physiques : plus rares que les agressions verbales, elles restent possibles lorsqu’une incivilité dégénère, ou lors d’une tentative de vol, notamment si l’on manipule et stocke de l’argent en liquide. Les dommages qui en résultent vont des blessures physiques (coups, bousculades, chutes) à un traumatisme psychologique durable (ex : anxiété, insomnie, perte d’appétit, etc.).
Déplacement routier
L’unité de travail « Déplacement routier » couvre les trajets effectués avec les véhicules de l’entreprise : livraisons de végétaux, approvisionnements en fournitures, etc. Voici le principal danger qui y est évalué :
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Risque routier : les livraisons s’effectuent via un véhicule utilitaire chargé de végétaux et parfois de matériel, avec des contraintes horaires liées aux plannings à respecter. Ces conditions de travail augmentent les risques d’accidents de la circulation. Or, ces accidents restent la première cause de mortalité au travail en France, tous secteurs d’activité confondus.
L’arrimage (chargement / déchargement) du véhicule, et les risques liés au stationnement en pente complètent ce danger dans cette unité de travail.
Gestion - Administration de l’entreprise
L’unité de travail « Gestion - Administration de l’entreprise » couvre le suivi administratif de l’exploitation horticole : devis, facturation, commandes, déclarations et planification des cultures. Voici les principaux dangers que nous avons évalués dans cette unité de travail :
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Travail sur écran : la gestion de l’exploitation se fait, comme dans toute entreprise contemporaine, sur ordinateur. Les dommages possibles résultant du travail prolongé sur écran sont de la fatigue visuelle, ainsi que des troubles musculosquelettiques touchant principalement le cou ainsi que les poignets.
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Posture assise prolongée : les heures de travail au bureau, pour tout ce qui a trait à la gestion administrative de l’entreprise, se font en position assise. Parfois réalisée sur du mobilier de bureau adapté à cette tâche, celui-ci peut ne jamais avoir été réglé correctement par rapport à la morphologie de la personne. Les dommages possibles résultant de la posture assise prolongée sont principalement des lombalgies ainsi que des douleurs cervicales.
Environnement de travail
L’unité de travail « Environnement de travail » regroupe les risques liés aux conditions dans lesquelles s’exercent les activités horticoles, sous serre comme en extérieur. Ils concernent l’ensemble des membres du personnel, quel que soit leur poste :
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Ambiances thermiques : l’horticulteur alterne la chaleur étouffante des serres en été, où les températures peuvent être extrêmement élevées, avec le froid humide du travail en extérieur l’hiver. Les dommages possibles résultant de l’exposition de l’organisme à ces conditions climatiques difficiles sont des coups de chaleur et des malaises, des engelures, ainsi que des affections ORL à répétition, avec dans tous les cas des risques de fatigue accrue, majorant le développement de troubles musculosquelettiques.
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Rayonnement solaire : le travail en plein champ expose aux rayonnements ultraviolets une grande partie de l’année. Les dommages possibles qui en résultent sont des coups de soleil répétés, et à long terme, des cancers cutanés (ex : mélanomes).
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Chutes de plain-pied : sols de serre humides, tuyaux d’arrosage laissés au sol, allées encombrées et terrains irréguliers sont des causes fréquentes de trébuchement engendrant des accidents et arrêts de travail. Les dommages les plus fréquents que cela occasionne sont des entorses, des contusions, ainsi que des fractures.
Locaux de travail
L’unité de travail « Locaux de travail » regroupe les risques liés aux différents lieux de travail : serres, hangars et locaux techniques de l’exploitation. Ces installations vont concerner l’ensemble du personnel :
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Électrisation et électrocution : les serres et locaux horticoles combinent installations électriques (éclairage, chauffage, systèmes d’irrigation) et humidité permanente, ce qui augmente les risques électriques. Un câble dénudé, un appareil avec un défaut d’isolement doublé d’une protection aux personnes défectueuse (ex : disjoncteur différentiel 30mA qui ne se déclenche pas) peuvent suffire. Les dommages qui en résultent vont de l’électrisation (dommages divers n’engendrant pas la mort, tels que des brûlures) à l’électrocution (engendrant la mort de la personne).
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Départ de feu et incendie : les installations de chauffage des serres, les installations électriques et le stockage de produits et d’emballages inflammables constituent diverses sources potentielles de départ de feu. Les dégâts résultant de départ de feu et d’incendie vont des brûlures à l’intoxication mortelle par les fumées, et peuvent malheureusement s’accompagner de la destruction totale de l’outil de production.
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Stockage des produits phytosanitaires : un stockage de phytosanitaire incorrect (ex : produits incompatibles côte à côte, absence d’aération / ventilation, produit en gros conditionnement non stocké sur bac de rétention) expose à des émanations et à des contacts accidentels en cas de fuite de contenants, y compris pour d’éventuels salariés qui ne seraient pas horticulteurs mais qui seraient amenés à aller dans ces locaux pour diverses raisons. Les dommages résultant de cette exposition aux vapeurs de produits phytosanitaires sont des intoxications, ainsi que des irritations respiratoires. Enfin, certains phytosanitaires peuvent être des produits CMR : Cancérogène - Mutagène - Reprotoxique (pictogramme SGH08 du buste éclaté sur le contenant).
Prévenir les risques liés aux produits phytosanitaires en horticulture.
Les produits phytosanitaires (parfois appelés phytopharmaceutiques) désignent les produits utilisés pour protéger les cultures contre les maladies, les insectes et les mauvaises herbes : en horticulture, leur manipulation constitue le risque chimique le plus caractéristique. L’exposition se fait par la peau ainsi que par les voies respiratoires via les vapeurs, lors de la préparation, de la pulvérisation, mais aussi lors du nettoyage du matériel.
Ces produits peuvent agir de deux manières distinctes. De manière directe tout d’abord : irritations cutanées, oculaires et respiratoires lors de la manipulation. De manière différée ensuite. À titre d’exemple, la maladie de Parkinson et certaines hémopathies malignes (cancers du sang) figurent aux tableaux des maladies professionnelles du régime agricole en lien avec les pesticides. Elles se déclarent parfois des années après l’exposition aux produits phytosanitaires. La phase de travail la plus dangereuse concernant l’exposition aux phytosanitaires reste la préparation des produits, car l’horticulteur manipule le produit pur, fortement concentré.
Pour notre document unique horticulture, les mesures de prévention contre les risques liés aux produits phytosanitaires que nous avons retenues sont les suivantes :
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Privilégier autant que possible les alternatives aux phytosanitaires : protection biologique intégrée sous serre, désherbage mécanique, produits de biocontrôle, afin d’essayer de réduire au maximum le recours aux produits phyto.
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Ne confier les travaux de traitements qu’au personnel titulaire du Certiphyto. Respecter scrupuleusement les doses d’emploi des produits, les conditions météorologiques d’application, et les délais de ré-entrée dans les serres et parcelles traitées.
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Stocker les produits dans un local phytosanitaire dédié, fermé à clé, ventilé et où les contenants sont stockés sur bac de rétention. Conserver les Fiches de Données de Sécurité (FDS) de chaque produit à disposition du personnel.
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Porter systématiquement les équipements de protection individuelle adaptés (que nous détaillerons plus bas au cours de cet article) que ce soit lors de la préparation, lors de l’application des produits ou lors du nettoyage du matériel de pulvérisation.
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Prévoir un point d’eau permettant de se rincer immédiatement en cas de projection, et respecter des règles d’hygiène strictes : ne pas manger, boire ni fumer lors des traitements phyto, se laver systématiquement les mains (jusqu’aux coudes) et changer l’intégralité de sa tenue après chaque application.
Noter que comme le rappelle Service-Public, le certificat individuel Certiphyto est obligatoire pour toute personne qui utilise, achète ou vend des produits phytopharmaceutiques dans un cadre professionnel. Confier un traitement phytosanitaire à un salarié non certifié constitue donc une faute réglementaire, susceptible d’entraîner des sanctions financières et pénales pour l’employeur.
Postures, gestes répétitifs et manutentions : prévenir les TMS, première maladie professionnelle du métier.
Les Troubles MusculoSquelettiques (TMS) désignent les atteintes des muscles, des tendons, des nerfs ainsi que des articulations provoquées par des sollicitations répétées au travail. En horticulture, ils résultent principalement des postures contraignantes, des gestes répétitifs, et des manutentions manuelles inhérentes à la production. Selon la MSA, les TMS constituent ainsi la première cause de maladies professionnelles reconnues dans la globalité du secteur agricole, et les cultures spécialisées (dont l’horticulture) figurent parmi les secteurs les plus affectés.
La particularité de l’horticulture est que ces trois facteurs se cumulent sur les mêmes salariés, et au même moment ! On repique à genoux (posture), des centaines de godets (répétition), entre deux ports de caisses (manutention), avec des pics d’activité saisonniers qui obligent à maintenir une certaine cadence de travail. C’est cette combinaison de facteurs qui use le corps au fil des années.
Pour notre document unique horticulture, les mesures de prévention contre les TMS que nous avons retenues sont les suivantes :
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Travailler à hauteur chaque fois que c’est possible : tables de culture, tablettes roulantes et postes de rempotage réglés à hauteur d’homme suppriment une grande partie des postures penchées et agenouillées, réduisant drastiquement la pénibilité posturale.
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Utiliser autant d’aides à la manutention que possible (chariots, diables, transpalettes voire convoyeurs) au lieu de porter à dos d’homme. Noter que comme le rappelle l’article R4541-1 du Code du travail, l’employeur doit privilégier les moyens techniques permettant d’éviter les manutentions manuelles.
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Organiser des rotations de tâches entre collègues pour éviter qu’un même salarié ne doive répéter les mêmes gestes durant de longues périodes, et plus particulièrement pour les semis, le repiquage et la préparation de commandes.
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Aménager des pauses régulières : quelques minutes de récupération permettent aux muscles et aux tendons de se détendre avant que la fatigue ne s’installe et n’altère les postures. Des pauses courtes et fréquentes sont plus efficaces que de faire une seule pause longue.
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Fournir des EPI et aides au travail : genouillères pour le travail au sol, sièges assis-debout pour les postes de conditionnement des plants.
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Former le personnel aux gestes et postures de manutention, via la formation PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique). Elle est particulièrement adaptée aux activités horticoles du fait des nombreux gestes répétitifs et manutentions manuelles qui font partie intégrante de la profession.
Les Équipements de Protection Collectifs (EPC) et les Équipements de Protection Individuelle (EPI) indispensables pour les horticulteurs.
En prévention des risques, la priorité est toujours donnée à la suppression des risques à la source. Ensuite seulement, à la mise en place d’Équipements de Protection Collectifs (EPC) puis à la mise en place d’Équipements de Protection Individuelle (EPI). Cette hiérarchie est fixée par l’article L4121-2 du Code du travail, qui énonce les principes généraux de prévention.
Selon nous, les EPC indispensables pour exercer le métier d’horticulteur en sécurité et dans de bonnes conditions sont :
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Des tables de culture et des postes de travail à hauteur réglable, qui suppriment une grande partie des postures contraignantes à la source.
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Des aides à la manutention nombreuses et de divers types : chariots, tablettes roulantes, diables, transpalettes et convoyeurs pour le déplacement des plants, terreaux et commandes.
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Des machines conformes, munies de leurs capots / carters de protection et de dispositifs d’arrêt d’urgence fonctionnels, testés régulièrement.
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Un local phytosanitaire dédié, fermé à clé, ventilé et équipé de bac(s) de rétention, avec les Fiches de Données de Sécurité de tous les produits stockés.
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Une installation électrique vérifiée périodiquement, protégée par un disjoncteur différentiel 30 mA : incontournable pour la sécurité face aux risques électriques, et plus particulièrement en milieu humide.
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Des extincteurs contrôlés annuellement ainsi qu’une trousse de premiers secours contenant au minimum pansement et désinfectant, un point d’eau facilement et rapidement accessible pour le rinçage en cas de projection de produit phytosanitaire. À cela pourra se rajouter une crème cicatrisante contre les brûlures de type biafine, toujours utile.
Selon nous, les EPI indispensables pour exercer le métier d’horticulteur en sécurité et dans de bonnes conditions sont :
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Pour les traitements phytosanitaires : des combinaisons de protection contre les produits chimiques (Type EN 14605), des gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374), un appareil de protection respiratoire à filtres adaptés aux produits utilisés (Type EN 140) et des lunettes de protection contre les projections (Type EN166).
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Contre les coupures et piqûres : des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN388) pour la taille, la manipulation des végétaux épineux et les manutentions manuelles.
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Pour le travail au sol : des genouillères ou protecteurs de genoux (Type EN 14404).
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Contre les chutes et les intempéries : des chaussures (de préférence montantes) et/ou des bottes de sécurité antidérapantes (Type EN ISO 20345), des vêtements de protection contre la pluie (Type EN343) et des vêtements de protection contre le froid (Type EN342) pour le travail en extérieur.
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Contre le soleil : des vêtements de travail légers, respirants (ex : mérinos) couvrant le corps, un chapeau large (protégeant les épaules) ainsi que de la crème solaire à indice élevé pour le travail en plein champ l’été.
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Contre le bruit : des protections auditives (Type EN352) pour travailler en milieu bruyant (ex : en présence de machines motorisées).
Pour ce qui est des EPI, l’employeur devra les mettre gratuitement à disposition de ses salariés conformément à l’article R4321-4 du Code du travail, et les salariés devront les porter conformément aux instructions reçues, comme le prévoit l’article L4122-1 du Code du travail.
La formation et les actions de sensibilisation à mettre en place.
Informer, sensibiliser et former aux risques est un levier de prévention à part entière, au même titre que fournir des équipements de protection type EPC / EPI. De plus, et selon la loi, chaque salarié doit bénéficier d’une formation appropriée à son poste de travail (article L4141-1 du Code du travail).
Pour le métier d’horticulteur, nous conseillons tout particulièrement les formations suivantes :
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Le Certiphyto (certificat individuel de produits phytopharmaceutiques), pour toute personne amenée à préparer, appliquer des produits de traitement, mais aussi nettoyer tout matériel ayant été au contact de ces produits (attention à la catégorie : opérateur ou décideur).
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Les gestes et postures ainsi que la formation PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique) pour l’ensemble du personnel de production, en raison des nombreuses manutentions et des gestes répétitifs que nécessite le métier.
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L’utilisation en sécurité de chaque machine et la délivrance d’une autorisation de conduite nécessaire aux différents engins de l’exploitation.
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L’accueil des saisonniers : une information sur les risques, les produits utilisés et les moyens de prévention est à organiser dès leur arrivée, car cette main-d’œuvre temporaire est plus exposée aux accidents du fait qu’elle est souvent moins qualifiée et moins expérimentée.
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Les règles d’hygiène liées aux traitements et au contact avec la terre, ainsi que le rappel de l’importance de la vaccination, notamment du vaccin contre le tétanos à impérativement maintenir à jour.
À cela peut se rajouter l’utilisation des extincteurs ainsi que la conduite à tenir en cas d’accident, idéalement via le passage de la formation SST : Sauveteur Secouriste du Travail.
Noter que toutes les formations relatives à la santé et à la sécurité au travail effectuées par vos salariés devront être recensées dans leur passeport de prévention. Celui-ci est désormais obligatoire en vertu de l’article L4141-5 du Code du travail.
Quand modifier / mettre à jour le document unique de votre entreprise d’horticulture ?
Un document unique n’est pas éternel. Il se met à jour au moins une fois par an dans les entreprises de onze salariés et plus, et à chaque évolution de l’entreprise peu importe son nombre de salariés.
La mise à jour du document unique est encadrée par l’article R4121-2 du Code du travail, qui prévoit trois cas de figure entraînant une mise à jour :
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Une mise à jour annuelle minimum obligatoire pour les entreprises de 11 salariés et plus.
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Une mise à jour lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou de travail : par exemple l’achat d’un nouvel engin ou le passage à un nouveau mode de culture impliquant de nouveaux risques ne figurant pas dans le document unique.
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Une mise à jour lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur : par exemple à la suite d’un accident du travail ou de l’introduction d’un nouveau produit de traitement.
Notre document unique horticulture est fourni au format Excel. Il s’agit d’un format facilement modifiable, sur n’importe quel ordinateur, avec Excel ou un logiciel équivalent gratuit tel que FreeOffice. Vous pouvez donc réaliser vos mises à jour par vous-même, sans devoir confier ce travail à un prestataire ni devoir tout reprendre d’une page blanche. Pour aller plus loin sur le sujet, consultez notre guide complet de la mise à jour du document unique.
Faire de ce document unique le moteur de l’amélioration continue de la sécurité dans votre entreprise d’horticulture.
Le but du document unique ne se résume pas à évaluer les risques. Celui-ci vise avant tout à réduire les accidents du travail et les maladies professionnelles par la mise en place d’actions de prévention des risques professionnels concrètes sur le terrain. Pour cela, planifier la prévention des risques reste quasiment incontournable.
C’est pourquoi notre document unique horticulture comporte, en plus de la partie évaluation des risques, une partie dédiée à la prévention des risques, avec un calendrier de prévention de type PAPRIPACT : Programme Annuel de Prévention des RIsques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail. Celui-ci est obligatoire pour les entreprises de 50 salariés et plus. En dessous de ce seuil, vous êtes libre de ne pas l’utiliser.
Concrètement, ce calendrier vous permettra de fixer une échéance pour renforcer ou mettre en place une mesure de prévention des risques dans votre entreprise : programmer l’achat de tables de travail réglables en hauteur, planifier le passage du Certiphyto d’un nouveau salarié, prévoir la mise en place de nouvelles rétentions dans le local phytosanitaire, etc. En le reprenant à échéance régulière, par exemple une fois par an (au moment de la mise à jour de votre document unique), vous entrerez dans une démarche d’amélioration continue. Cela va vous permettre, au fil du temps, d’avoir de moins en moins d’accidents du travail dans votre entreprise, et donc de moins en moins de journées de travail perdues, ce qui facilite l’organisation de l’entreprise au quotidien et fidélise les salariés grâce à de meilleures conditions de travail. Un atout précieux dans un secteur où la main-d’œuvre qualifiée se fait de plus en plus rare.
De plus, en cas de contrôle de l’inspection du travail, ce calendrier de prévention est une preuve indéniable qu’une démarche de prévention des risques est en place au sein de l’exploitation horticole, et qu’en tant que chef d’entreprise, vous vous acquittez bien de votre rôle de garant de la santé et de la sécurité au travail de vos salariés.
FAQ sur le document unique pour les entreprises d’horticulture.
C’est quoi le document unique pour une entreprise ?
Le document unique est le document où l’on trouve l’évaluation des risques professionnels de l’entreprise. Il recense les dangers présents, évalue les risques associés et prévoit les mesures de prévention correspondantes.
Est-ce que le document unique est obligatoire pour mon entreprise d’horticulture ?
Oui, dès que votre exploitation horticole emploie au moins un salarié, y compris un saisonnier ou un apprenti. Seul l’horticulteur qui travaille véritablement seul, sans aucun salarié, en est dispensé.
Quel est le rôle du document unique dans mon entreprise d’horticulture ?
Son rôle est d’identifier les dangers auxquels vos salariés sont exposés, partout dans l’exploitation (sous serre comme en plein champ), d’évaluer les risques professionnels correspondants et de formuler des actions de prévention permettant de les réduire.
Qui doit établir le document unique de mon entreprise d’horticulture ?
La responsabilité en revient à l’employeur. Celui-ci peut néanmoins s’appuyer sur une personne ou une structure compétente, telle qu’un IPRP, pour le réaliser à sa place s’il n’a pas les compétences requises.
Comment rédiger le document unique de mon entreprise d’horticulture ?
La démarche consiste à définir les unités de travail, recenser les dangers présents dans chacune, évaluer les risques associés, puis retenir des mesures de prévention adaptées. Notre guide de rédaction du document unique détaille chacune de ces étapes.
Qui peut consulter le document unique de mon entreprise d’horticulture ?
Le document unique peut être consulté par les salariés de l’entreprise, par l’inspection du travail lors d’un contrôle et par les services de santé au travail, qui relèvent de la MSA pour les entreprises horticoles.
Où stocker le document unique de mon entreprise d’horticulture ?
Vous pouvez le conserver au format papier ou au format numérique dans l’entreprise. L’essentiel est de choisir un mode de stockage qui permette de le conserver pendant 40 ans, comme le demande la réglementation, notamment pour garder la traçabilité des expositions aux produits phytosanitaires.
À quelle fréquence dois-je mettre à jour le document unique de mon entreprise d’horticulture ?
Au minimum une fois par an si votre entreprise compte 11 salariés ou plus. Il devra aussi être mis à jour lors de tout changement important induisant de nouveaux risques, comme l’achat d’un nouvel engin ou l’introduction d’un nouveau type de produit phytosanitaire.
Qui doit mettre à jour le document unique de mon entreprise d’horticulture ?
Là encore, c’est l’employeur qui en porte la responsabilité. Il peut toutefois confier cette mise à jour à une personne ou une structure compétente telle qu’un IPRP s’il n’a pas les compétences requises.
Téléchargement du document unique pour horticulture gratuit.
Pour accompagner cet article, nous mettons à disposition ci-dessous un document unique horticulture gratuit à télécharger. Il reprend la même structure que celle de notre document unique horticulture déjà complété, à savoir :
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Une jaquette avec une illustration du métier d’horticulteur.
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Une section de renseignements sur l’entreprise.
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Une présentation de la méthode d’évaluation des risques utilisée.
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Une partie « évaluation des risques professionnels » pour votre entreprise d’horticulture.
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Une partie « prévention des risques professionnels » dotée d’un calendrier de type PAPRIPACT.













