Document unique Cabinet Conseil :
guide et modèle à télécharger
Rédigé par : Thony Maufay, ingénieur sécurité au travail – IPRP - Créateur de Document Unique Facile.
Date de rédaction : 31 Août 2026.
Les journées de travail d’un consultant se déroulent rarement au même endroit deux jours de suite. Préparer une mission depuis les locaux du cabinet, prendre la route ou le train pour rejoindre un site client, parcourir l’entreprise lors d’un audit, animer une réunion de travail devant une salle que l’on ne connaît pas, restituer des conclusions devant des membres importants de l’entreprise cliente, répondre à des e-mails tard le soir, parfois ailleurs que chez soi (ex : chambre d’hôtel), puis reprendre la route, jour après jour, tous les jours : voilà à quoi ressemble le quotidien de nombreux consultants.
Cette diversité des lieux de travail dans lesquels peuvent évoluer les consultants est une particularité des métiers du conseil. D’un côté cela rend les journées de travail variées, jamais monotones, ce qui est attrayant pour les personnes ayant horreur du travail routinier et amatrices du défi permanent, mais de l’autre, cela expose à un plus grand éventail de dangers et de risques professionnels, notamment d’ordre psychosocial. Les risques les plus fréquents que l’on rencontre au sein des cabinets conseil sont notamment : la position assise prolongée devant un écran (majorée lorsque le consultant travaille sur un ordinateur portable posé sur une simple table, c’est-à-dire sans réglage d’ergonomie possible), les déplacements routiers entre le cabinet et les sites clients (souvent en début et fin de journée, après une journée entière de travail), la découverte de lieux de travail dont on ne connaît pas les dangers (ex : atelier de production, entrepôt logistique, chantier), la pression liée aux résultats attendus par le client (avec des engagements commerciaux pris parfois en amont de la mission), l’hyperconnexion entretenue par le forfait annuel en jours et par le travail à distance, mais aussi la possibilité d’être victime d’incivilités, d’agissements sexistes voire de harcèlement, y compris de la part de personnes extérieures au cabinet (client et interlocuteur).
Pour maîtriser l’ensemble de ces risques, le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est l’outil de référence. Son rôle est de recenser les dangers présents dans votre cabinet, d’évaluer les risques qui en découlent, et de détailler les différentes mesures de prévention à mettre en place. Dans cet article, nous allons vous présenter les unités de travail, les dangers identifiés, la présentation détaillée de deux risques « signature » du secteur, les équipements de protection et les formations utiles que nous avons retenus pour notre propre document unique cabinet conseil, déjà complété, que vous pouvez retrouver en téléchargement ici.
À partir de quand un cabinet conseil doit-il avoir un document unique ?
Dès qu’un cabinet conseil emploie au minimum un salarié, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, alternance, stage hors stage d’observation), il doit posséder un document unique d’évaluation des risques professionnels.
L’article L.4121-3 du Code du travail impose à l’employeur d’évaluer les risques qui pèsent sur la santé et la sécurité de ses salariés. L’article R.4121-1 l’oblige ensuite à consigner le résultat de cette évaluation dans un document unique. Dans ce contexte, la définition de « travailleur » recouvre toute personne placée sous l’autorité de l’employeur, ce qui inclut les contrats courts, les alternants, les stagiaires, les consultants juniors en période d’essai, etc. Un consultant indépendant qui exerce absolument seul, sans aucun salarié, n’est pas concerné par le document unique.
Il est bien entendu possible de confier la rédaction de son document unique à un tiers (ex : consultant, entreprise extérieure), mais cela ne transfère pas la responsabilité légale du chef d’entreprise : il en demeure le seul responsable aux yeux de la loi. C’est pour cela qu’il est préférable de s’appuyer sur un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP, comme Document Unique Facile.
L’absence de document unique est sanctionnée par l’article R.4741-1 du Code du travail, qui prévoit une contravention de 5e classe (1 500 euros, portés à 3 000 euros en cas de récidive), appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés. Mais certaines situations peuvent être bien pires pour un chef d’entreprise que de recevoir une simple amende. Prenons le cas d’un accident grave, issu d’un risque pour lequel il n’y a jamais eu de mesure de prévention, ou pire, l’absence totale de document unique dans l’entreprise. Aux yeux de la justice, cela constitue une faute inexcusable de l’employeur. Devant le tribunal judiciaire, la sanction financière prononcée peut atteindre de tels montants qu’elle est susceptible de mettre le cabinet conseil en faillite.
Notre choix des unités de travail pour ce document unique cabinet conseil.
Avant d’évaluer les risques, il faut découper l’activité du cabinet en unités de travail. Une unité de travail est un regroupement de différentes tâches exercées au sein de l’entreprise, et qui exposent à des risques professionnels de même nature.
Pour notre document unique cabinet conseil, nous avons retenu 5 unités de travail, avec un total de 19 situations à risque : le travail au bureau, l’audit sur le terrain, le contact et la relation clientèle, le déplacement routier et les locaux de travail. Ce découpage est basé sur les quatre types d’activité qui structurent la semaine de travail d’un consultant, c’est-à-dire le travail de production réalisé au bureau, les interventions d’audit menées sur le terrain, la relation avec la clientèle, et les déplacements entre le cabinet et les sites clients. Une cinquième unité de travail vient en complément pour les dangers liés au bâtiment / locaux de travail, qui concernent tous les salariés, quels que soient leurs postes.
Ce découpage transversal est fait de manière à pouvoir couvrir toute sorte de cabinet conseil, que ce soit un cabinet de deux associés spécialisé en stratégie, ou une structure d’une trentaine de consultants intervenant dans des entreprises industrielles.
Voici, pour chacune de ces unités de travail, les principaux dangers et risques que nous avons identifiés.
Travail au bureau
Cette unité de travail couvre la production réalisée depuis les locaux du cabinet conseil ou depuis le domicile du salarié en télétravail (ex : rédaction de rapports, préparation de supports, visioconférences, réponses à des appels et à des mails, etc.).
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Travail prolongé sur écran : le consultant passe l’essentiel de sa journée de travail devant l’ordinateur, et le plus souvent sur un ordinateur portable dont l’écran et le clavier sont solidaires. Les risques de TMS (troubles musculosquelettiques) et de fatigue visuelle sont majorés si cette configuration devient habituelle. Travailler sur une table de réunion ou sur un coin de bureau, c’est-à-dire sans siège réglable ni support d’écran, constitue également un facteur aggravant. Les dommages les plus fréquemment causés sont des cervicalgies, des douleurs au niveau des trapèzes, des tendinites au niveau des poignets et une fatigue visuelle en fin de journée (INRS, travail sur écran).
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Position assise prolongée et sédentarité : les journées de travail enchaînent réunion, visioconférence et travail sur écran, sans nécessité de se lever. Les risques sont majorés si plusieurs réunions consécutives ont lieu sans pouvoir faire de pause, et par le télétravail, qui supprime également les déplacements internes que l’on pouvait faire au bureau. Les dommages possibles sont des troubles circulatoires au niveau des jambes, ainsi que des pathologies cardiovasculaires sur le long terme.
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Charge de travail et forfait annuel en jours : le consultant est le plus souvent au forfait jours, ce qui supprime le décompte horaire mais pas la charge réelle de travail. Les risques liés à une surcharge de travail sont particulièrement présents lorsque plusieurs missions se chevauchent, qu’un livrable doit être rendu à une date fixée par le client, ou encore lorsqu’une promesse commerciale a été faite mais que la charge de travail réelle s’avère bien plus importante que prévu. Les dommages qui peuvent en résulter sont de la fatigue chronique, de l’irritabilité, des troubles du sommeil, voire un épuisement professionnel. Ce danger, signature du métier de consultant, fera l’objet d’un développement dédié.
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Hyperconnexion et travail à distance : le téléphone professionnel, avec sa messagerie électronique (e-mail) et ses messageries instantanées (ex : WhatsApp) suivent le consultant en soirée, le week-end et en déplacement. Les risques d’hyperconnexion sont majorés si les échanges avec le client se poursuivent en dehors des horaires de travail, et si le collaborateur en télétravail supprime toute coupure entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle (Le droit à la déconnexion est garanti par le 7° de l’article L.2242-17 du Code du travail : la négociation est obligatoire lorsqu’il existe un délégué syndical, et à défaut, l’employeur doit définir une charte après avis du CSE).
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Ambiance sonore des bureaux ouverts : le bruit des conversations téléphoniques, des visioconférences et des échanges entre consultants se superpose au sein de l’espace de travail. Les risques qui en découlent ne vont pas jusqu’à la surdité, mais il peut y avoir une gêne qui oblige à mobiliser davantage sa concentration, ce qui augmente la fatigue mentale, occasionne des difficultés de concentration, et peut provoquer de l’irritabilité en fin de journée.
Audit sur le terrain
Cette unité de travail couvre les interventions réalisées dans l’entreprise cliente (ex : visite de site, observation de postes de travail, relevés et mesures, entretiens avec le personnel, accompagnement, etc.).
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Intervention dans des locaux inconnus : le consultant découvre l’entreprise du client, ses machines et ses zones dangereuses en même temps qu’il commence sa mission. Selon les entreprises, des risques de heurt, de chute et d’exposition à des nuisances diverses (ex : bruit) existent, particulièrement lors des missions menées en atelier, en entrepôt ou sur un site de production. Les dommages qui peuvent en résulter sont ceux du site visité.
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Circulation à pied dans l’entreprise cliente : dans une entreprise cliente, de nombreux véhicules et engins peuvent potentiellement être présents : véhicules légers, camionnettes, camions, chariots élévateurs, transpalettes, etc. Les risques de heurt et d’écrasement par ces véhicules et engins sont présents à l’arrivée dans l’entreprise et lorsque l’on quitte les bureaux du client. Ils sont majorés si le consultant marche en faisant autre chose (ex : regarder ses mails sur son téléphone) et/ou s’il marche en dehors des voies matérialisées. Les dommages qui peuvent en résulter sont des contusions, des fractures, voire le décès en cas d’écrasement.
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Chutes de plain-pied lors des visites de site : les sols des entreprises clientes peuvent regorger de nombreuses sources de trébuchements et de glissades : seuils de niveaux, objets traînant au sol, corps gras ou encore zones fraîchement nettoyées non signalisées. Les risques sont majorés si le consultant porte des chaussures de ville, et non des chaussures adaptées au site visité. Les dommages qui peuvent en résulter sont des entorses, des fractures du poignet, ainsi que des traumatismes crâniens en cas de chute sur la tête.
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Exposition ponctuelle aux nuisances du site client : l’entreprise cliente peut être source de nombreuses nuisances : bruit de machines, poussière, vapeurs de solvants, ambiances chaudes et/ou froides, etc. Les consultants sont exposés ponctuellement, mais les risques sont réels. Plus le temps d’exposition est important, plus les risques sont majorés. N’être équipé d’aucune protection individuelle alors que les salariés de l’entreprise cliente en ont constitue un facteur de risque. Dans tous les cas, il est nécessaire de ne jamais pénétrer dans une zone où le port d’un équipement de protection est obligatoire (signalement par des pictogrammes) sans en disposer.
Contact et relation clientèle
Cette unité de travail couvre l’ensemble des échanges avec les collaborateurs de l’entreprise cliente (ex : réunions, comités, restitutions de travaux, négociation commerciale, gestion des réclamations, etc.).
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Tensions émotionnelles et litiges avec les clients : un cabinet conseil est souvent sollicité quand un client fait face à un problème qu’il ne parvient pas à résoudre seul, et souvent dans l’urgence. Les risques liés à ces situations apparaissent lorsque le consultant doit masquer ses ressentis, afin de rester professionnel, dans des phases difficiles (ex : réclamation, litige, remise en cause, etc.) et ils sont majorés quand le consultant fait face à un client difficile, que ce soit sur le plan relationnel (ex : hautain, malpoli) ou sur celui des exigences (ex : intolérance à la moindre approximation). Les dommages qui peuvent en résulter sont du stress, de l’anxiété, une perte de confiance en soi et des troubles du sommeil (pour de plus amples informations, voir le dossier de l’INRS, stress au travail).
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Agissements sexistes et harcèlement sexuel : les remarques désobligeantes, les mauvaises blagues, les gestes déplacés ainsi que les propositions insistantes peuvent venir de collègues du cabinet, mais aussi de collaborateurs du client sur lesquels l’employeur n’a aucune autorité hiérarchique. Les risques sont majorés dans les équipes à faible mixité et lors des temps informels des missions (ex : déjeuners, trajets partagés, etc.). Ce danger, qui est également un danger signature du secteur, fera lui aussi l’objet d’un développement dédié.
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Agressions verbales et physiques : plus rares que les tensions habituelles liées à la venue d’une personne extérieure dans l’entreprise cliente, elles sont possibles lorsque la mission de consulting touche à l’organisation du travail ou aux effectifs de l’entreprise, quand le consultant est perçu comme l’annonciateur d’une mauvaise nouvelle. Les risques sont majorés lors de la restitution des travaux en présence des équipes concernées, et particulièrement si le consultant intervient seul. Pour le salarié concerné, il peut en résulter différents dommages : des contusions, des plaies, des fractures, ainsi qu’un traumatisme psychologique important (ex : stress, angoisse, perte de sommeil, perte d’appétit, perte de confiance en soi, dépression, etc.).
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Isolement du consultant lors de missions longues : sur les plus longues missions, le consultant peut aller directement travailler dans les locaux du client, avec ses outils, et ne plus croiser ses collègues habituels du cabinet. Les risques viennent alors de l’éloignement d’avec ses collègues, sa hiérarchie, et d’une double allégeance employeur / entreprise d’accueil. Les dommages possibles sont un sentiment d’isolement, une perte de repères professionnels, et une remontée tardive des difficultés rencontrées, bien après la manifestation des premiers risques psychosociaux.
Déplacement routier
Cette unité de travail couvre tous les trajets professionnels réalisés dans le cadre des missions (ex : trajets entre le cabinet et les entreprises clientes, tournées sur plusieurs établissements, déplacements sur plusieurs jours avec nuitée à l’hôtel, etc.).
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Accidents de la route lors des trajets de mission : la voiture est l’outil de travail principal du consultant qui intervient en région. Les risques existent lors de chaque trajet, et ils sont majorés lorsque le rendez-vous suivant est calé au plus juste dans l’emploi du temps, ce qui incite à rouler plus vite voire à téléphoner en roulant. Les dommages qui peuvent en résulter sont des contusions, des fractures, des traumatismes de la colonne vertébrale, voire le décès.
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Fatigue et amplitude des journées de déplacement : une journée de mission commence de bonne heure et se termine en soirée, parfois jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres plus loin. Les risques sont majorés lorsque le trajet de retour intervient après une journée entière d’animation (ex : présentation, comptes rendus, etc.) au moment où la fatigue est élevée et où la vigilance est la plus basse. Les dommages possibles sont une baisse de vigilance au volant, une dette de sommeil et une accumulation de fatigue au fil des journées voire des semaines de travail.
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Usage du téléphone et des outils numériques au volant : la voiture devient un véritable bureau mobile où l’on prend les appels, où l’on dicte ses messages, etc. Les risques de distraction au volant sont présents même en cas d’usage du kit mains libres, qui rend la pratique légale, mais pas sûre pour autant. Dans tous les cas, il reste nécessaire de ne jamais consulter son téléphone et de ne jamais rédiger de message au volant, y compris lors d’un arrêt à un feu rouge ou lors d’un arrêt avant une zone de travaux à circulation alternée.
Locaux de travail
Cette unité de travail couvre les bâtiments et les espaces occupés par le cabinet conseil (ex : bureaux, salles de réunion, espace d’accueil, archives, espace de pause, etc.).
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Départ de feu et évacuation : un cabinet conseil stocke du papier, accumule des archives, des équipements informatiques raccordés sur le réseau électrique en permanence, et parfois un local serveur. Les risques de départ de feu sont majorés en cas d’installations électriques non vérifiées périodiquement, et par l’usage de rallonges et de multiprises en cascade dans les bureaux. En cas d’incendie, les dommages possibles sont des brûlures, une intoxication par les fumées, voire le décès.
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Chutes de plain-pied et encombrement des circulations : les câbles d’alimentation, les câbles réseau, les effets personnels (ex : sac à main, sac à dos) tendent à encombrer les zones de passage et à augmenter les risques de trébucher puis de chuter. Les risques sont majorés si les espaces de circulation sont étroits et en proportion de la quantité d’objets divers traînant au sol, faute de rangement suffisant. Les principaux dommages possibles sont des hématomes, des plaies, des fractures, voire de possibles traumatismes crâniens en cas de chute sur la tête.
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Stockage et manutention des archives : les archives (ex : facturation), les rapports, et les divers supports papier sont stockés dans des boîtes, le plus souvent sur des rayonnages en hauteur. Les risques de chute d’objet et de lombalgie sont présents lors de la mise en archive de documents papier, et ils sont majorés si les contenants les plus lourds sont placés en hauteur (contrairement à ce qu’exigent les règles élémentaires de stockage : le plus lourd en bas, le plus léger en haut). Les dommages les plus fréquemment provoqués sont des lombalgies, des contusions et des plaies.
Prévenir les risques d’épuisement professionnel chez les consultants.
Dans le secteur du conseil, la charge de travail est généralement importante, et ce n’est un secret pour personne. Les dépassements d’horaires, les repas sautés ou écourtés, les livrables terminés tard le soir sont une réalité, décrite par nombre de salariés et de dirigeants. Pourtant, cela est souvent considéré comme « normal » et « inhérent au métier », alors qu’il s’agit bien d’un danger à part entière, provoquant les arrêts de travail les plus longs du secteur.
Les chiffres du baromètre santé de la branche BETIC (bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseil) permettent de mieux s’en rendre compte. En apparence, le secteur se porte plutôt bien : le taux d’absentéisme de la branche est de 3,4 %, quand la moyenne nationale se situe à 4,9 %. Sauf que lorsqu’un salarié s’arrête, plus d’un arrêt sur trois a une cause psychologique (37 %), et 95 % de ces arrêts sont des dépressions ! (données de l’ADESATT, baromètre 2023)
Ces deux chiffres décrivent un danger invisible au quotidien. Dans le conseil, la charge de travail ne provoque pas de petits accidents fréquents et bénins. Elle provoque des arrêts longs. Peu certes, mais longs, et dont la principale source (dépression) peut avoir des conséquences extrêmement graves.
Le même baromètre nomme les facteurs en cause au sein des cabinets de conseil : la pression temporelle (ex : dépassements d’horaires, abandons de tâches, repas sautés ou écourtés), une charge de travail élevée générant des problèmes d’anxiété, de nervosité et d’irritabilité, la qualité des rapports sociaux, et la difficulté à concilier vie professionnelle et vie personnelle. Ce sont quatre facteurs de risques sur lesquels un cabinet de conseil peut agir, et qui doivent apparaître dans le document unique.
Pour notre document unique cabinet conseil, les mesures de prévention contre l’épuisement professionnel que nous avons retenues sont les suivantes :
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Avoir confirmation de la charge de travail estimée par ceux qui la réaliseront : c’est la mesure la plus efficace. Avant l’envoi de la proposition commerciale au client, le consultant pressenti devrait systématiquement pouvoir donner son estimation sur la charge de travail attendue, et signaler les points de blocage voire les attentes irréalistes. Tenir des promesses réalistes au client au moment de l’élaboration du contrat évite au consultant de devoir par la suite travailler les soirs et les week-ends pour compenser une charge de travail qui a été sous-évaluée.
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Prévoir une marge dans le planning de mission : un planning calé au plus juste s’enraye au moindre grain de sable, alors que l’imprévu est une constituante à part du domaine du conseil (ex : indisponibilité d’un interlocuteur, données manquantes, périmètre qui s’élargit). Réserver une part du temps vendu au client pour la gestion des imprévus permet d’absorber les aléas, sans que les consultants doivent y passer leurs soirées et leurs week-ends.
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Suivre la charge réelle et non le seul nombre de jours facturés : que les consultants soient au forfait annuel en jours ne dispense pas de veiller à leur charge de travail. Des points réguliers entre les consultants et leurs responsables permettent de déceler les surcharges de travail ponctuelles avant qu’elles ne deviennent la norme. Il est également important que les points d’échanges entre consultant et encadrant portent sur le contenu du travail et sur les difficultés rencontrées, et pas uniquement sur l’avancement des livrables.
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Écrire et faire connaître de tous les règles sur le droit à la déconnexion : plages horaires d’envoi des e-mails, ne pas être en droit d’obtenir une réponse le soir même ou encore durant le week-end, gestion des congés et des astreintes. Si l’on définit des règles de manière implicite, mais qu’on ne les écrit pas noir sur blanc, cela n’a aucun effet, car chacun tend à s’aligner sur le comportement du plus connecté afin de se montrer impliqué dans son travail. Ces règles doivent être appliquées par tout le monde au sein de l’entreprise, y compris par les encadrants, faute de quoi elles ne seront pas respectées.
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Encadrer les engagements pris auprès du client : lorsqu’une entreprise cliente demande une modification du périmètre de mission du consultant, celui-ci ne doit pas être seul pour savoir s’il doit ou non l’accepter, et avec quelles modalités. Un passage systématique par le responsable de mission doit permettre de renégocier les délais, en même temps que le contenu attendu. Dans tous les cas, il ne devrait jamais être accepté d’élargir le périmètre de la mission sans réviser le planning.
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Organiser des journées au cabinet pour les consultants en mission longue : une journée par semaine ou par quinzaine dans les locaux du cabinet permet de rompre l’isolement des consultants, d’augmenter les échanges humains et de parler de sa mission avec quelqu’un d’autre qu’un collaborateur de l’entreprise cliente. Pour les cabinets qui seraient en full télétravail, sans locaux physiques, la visioconférence permet de remplir en partie cette fonction.
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Repérer les signaux d’alerte et orienter vers un professionnel de santé compétent : irritabilité inhabituelle, retrait des échanges collectifs, e-mails envoyés en pleine nuit, arrêts de travail courts mais répétés. Un salarié que l’on estime potentiellement en difficulté devrait être reçu par l’encadrement afin de pouvoir s’exprimer librement sur le sujet, et se voir orienté vers un professionnel de santé compétent (ex : médecin généraliste, médecin du travail, psychologue, etc.). Ces professionnels sont les seuls à pouvoir se prononcer sur l’état de santé réel de la personne. Le nom du référent à contacter en cas de nécessité devra être connu de tous les consultants.
Prévenir les risques d’agissements sexistes et de harcèlement sexuel dans les cabinets conseil.
Certains dirigeants peuvent penser que ces sujets relèvent de comportements individuels et qu’un employeur n’a pas nécessairement d’emprise dessus. Pourtant, il s’agit bien de risques professionnels à évaluer et à inscrire dans le document unique, au même titre que les autres.
Les définitions sont posées par le Code du travail. L’article L.1142-2-1 définit l’agissement sexiste comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. L’article L.1153-1 définit quant à lui le harcèlement sexuel, qui suppose des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste répétés, ou bien une pression grave, même non répétée, exercée dans le but d’obtenir un acte de nature sexuelle (ces deux articles sont relatifs à deux notions juridiques distinctes, et non à la même reformulée différemment).
L’INRS souligne que ces agissements sont favorisés par l’organisation du travail et en cas de faible mixité des équipes. Ils peuvent également provenir de personnes extérieures à l’entreprise, auquel cas ils relèvent des violences externes (INRS, facteurs de risques). C’est précisément la situation dans laquelle se retrouve un consultant en mission, lorsqu’il passe ses journées chez un client sur lequel son employeur n’a pas d’autorité hiérarchique.
Le secteur du conseil a traité ce point précis par un texte qui lui est propre. L’accord de branche du 28 février 2024 relatif à la lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes au travail, conclu dans la branche des bureaux d’études techniques, des cabinets d’ingénieurs-conseils et des sociétés de conseils, a été étendu par arrêté du 5 mai 2025. Il prévoit expressément que ces risques soient évalués et inscrits dans le document unique, et qu’en cas d’intervention dans les locaux d’une entreprise cliente, le cabinet et le client se transmettent les informations nécessaires à la prévention, à commencer par leurs documents uniques respectifs et le nom de leurs référents.
Pour notre document unique cabinet conseil, les mesures de prévention contre les agissements sexistes et le harcèlement sexuel que nous avons retenues sont les suivantes :
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Inscrire ces risques dans le document unique : c’est ce que demande l’accord de branche, et ce qui rend le sujet tout à fait abordable en réunion. L’évaluation devra lister les situations où ces risques sont majorés (ex : mission longue d’une consultante dans une équipe composée uniquement d’hommes, déplacement homme / femme à distance avec nuitée en hôtel, etc.).
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Écrire une procédure de signalement et la faire connaître de tous : cette procédure précisera à qui il faut s’adresser, ce qui se passe ensuite dans la procédure, avec quel délai, et la garantie que le secret de la personne qui signale sera préservé. La procédure doit veiller à protéger la personne qui signale et celle qui est mise en cause, en évitant l’enquête improvisée et la présomption de culpabilité. Cette procédure devra être présentée à chaque nouvel arrivant, et affichée dans les locaux.
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Désigner et rendre visibles les référents : la désignation d’un référent spécifique par l’employeur est obligatoire à partir de 250 salariés (en dessous de ce seuil, un référent CSE existe dans toute entreprise de 11 salariés ou plus). Rien n’interdit à un cabinet plus petit de désigner une personne pour exercer ce rôle. Le nom et les coordonnées de ce référent devront être accessibles aux consultants en mission, et non uniquement affichés dans les locaux.
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Traiter les cas où les faits sont commis par un collaborateur de l’entreprise cliente : c’est la situation la plus délicate, puisque l’auteur n’est pas un salarié interne au cabinet. Le / la consultant(e) soumis(e) à ces actes doit savoir qu’il / elle peut interrompre un entretien, quitter une réunion et alerter son responsable / référent sans se justifier commercialement ou risquer d’être réprimandé. L’employeur doit ensuite se coordonner avec l’entreprise cliente, comme le prévoit l’accord de branche.
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Former les managers et les responsables de mission : ce sont eux qui reçoivent le plus souvent les premiers signalements, souvent de façon indirecte, à mi-mot. La formation devra porter sur la reconnaissance des comportements concernés, sur la conduite à tenir lors d’un signalement, et sur ce qu’il ne faut surtout jamais faire (ex : minimiser, demander des preuves à la personne qui signale, organiser une confrontation).
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Encadrer les temps informels des missions : déjeuners d’affaires, séminaires, soirées de fin de mission, trajets partagés, pots de départ, etc. sont des moments de travail, même si cela n’en a pas l’air. Rappeler que les règles de l’entreprise s’appliquent également lors de ces moments, et limiter / interdire la mise à disposition d’alcool lors de ces événements professionnels afin de réduire drastiquement la probabilité que des incidents surviennent.
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Prendre en charge la personne concernée après les faits : un salarié qui a subi de tels agissements doit être retiré de cette mission / situation sans délai, et non maintenu pour quelque raison que ce soit (ex : client en attente du travail rendu). Si la personne manifeste ou revendique des atteintes psychologiques, il est nécessaire de l’orienter vers un professionnel de santé compétent (ex : médecin du travail, psychologue du travail). Ce protocole de prise en charge peut être intégré au document unique, même s’il ne relève pas de la prévention avant incident.
Les EPC et EPI indispensables pour tout cabinet conseil.
Dans un cabinet conseil, la protection passe d’abord par l’aménagement des locaux et par le matériel mis à disposition, bien avant la fourniture d’équipements de protection individuels, même si ceux-ci restent parfois indispensables pour certaines tâches.
Or, cette hiérarchie suit précisément le principe de base énoncé par l’article L.4121-2 du Code du travail, qui impose de combattre les risques à la source et de donner la priorité aux mesures de protection collective sur les mesures de protection individuelle.
Les protections collectives qui nous paraissent indispensables pour tout cabinet conseil sont :
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Un poste de travail complet pour chaque consultant, avec un écran séparé, un clavier et une souris indépendante, un siège réglable en hauteur et en inclinaison, et un plan de travail suffisamment profond pour pouvoir ajuster la distance utilisateur - écran et travailler à son aise (INRS, prévention du travail sur écran).
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Une station d’accueil ou un rehausseur pour l’écran de l’ordinateur portable, qui permet de remonter le haut de l’écran au niveau de ses yeux. (Même les écrans d’ordinateur les plus grands restent trop petits pour pouvoir respecter cette règle sans dispositif additionnel.)
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Un éclairage suffisant et sans reflet sur les écrans, avec des rideaux ou des stores devant les fenêtres / baies vitrées pour ajuster la luminosité extérieure. En plus de réduire les risques, un bon éclairage participe au confort de travail.
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Des espaces silencieux pour les visioconférences et les appels, afin de séparer les activités bruyantes des activités nécessitant le silence dans les open-space ou flex-office.
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Des goulottes et des passe-câbles pour l’ensemble des postes informatiques et des salles de réunion, afin de réduire les risques de trébucher et de chuter de plain-pied.
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Des rayonnages d’archives ancrés au mur ou au sol, avec une charge maximum admissible qu’il faut respecter. Les boîtes les plus lourdes doivent toujours être placées en bas, et les plus légères en haut.
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Un marchepied ou un escabeau conçu pour cet usage à proximité des archives, l’usage de mobilier de bureau (ex : siège, table, etc.) étant à proscrire.
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Des extincteurs adaptés, signalés et vérifiés périodiquement (ex : une fois par an), avec un plan d’évacuation affiché et des issues de secours dégagées en permanence.
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Des installations électriques vérifiées périodiquement (ex : une fois par an), avec un nombre de prises suffisant pour chaque poste de travail, seule manière de supprimer l’usage de rallonges et de multiprises en cascade.
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Un parc de véhicules entretenu, avec contrôle régulier des organes d’usure et des consommables (ex : pneumatiques, ampoules, balais d’essuie-glace, lave glace, etc.) et l’interdiction formelle d’utiliser son téléphone en main propre au volant (ex : usage de kit main libre et de la dictée vocale pour passer les appels).
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Un local de pause permettant d’adopter une position antagoniste à celle que l’on a au travail (en l’occurrence, en se mettant debout et en pouvant marcher dans le cas présent).
Les protections individuelles qui nous paraissent indispensables pour tout cabinet conseil sont :
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Des chaussures de sécurité antidérapantes (Type EN ISO 20345) pour toutes les visites de sites industriels, logistiques ou de chantier. Ces chaussures devront être coquées pour les missions sur site industriel / manufacturier.
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Un casque de protection (Type EN 397) pour les entreprises où des chutes d’objets sont possibles (ex : zone de stockage en hauteur, chantier, quai de chargement).
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Des lunettes de protection (Type EN 166) pour toute visite d’un poste présentant des risques de projections de matière ou de produit dans les yeux.
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Des protections auditives de différents types (ex : casque antibruit, bouchons d’oreilles, arceau) pour les passages en zone bruyante. Il est possible d’équiper les consultants permanents de bouchons d’oreilles moulés pour le confort.
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Des vêtements / un gilet de haute visibilité (Type EN ISO 20471) pour les déplacements à pied dans les zones de circulation d’engins, en particulier dans les entrepôts.
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Des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN 388) pour les manipulations ponctuelles qui seraient nécessaires chez les clients.
Il est également recommandé de fournir un sac de mission dédié, permettant de transporter l’ensemble de ces équipements avec soi sur le terrain.
Ces équipements devront être mis gratuitement à disposition des salariés par l’employeur, qui devra également en assurer l’entretien voire le remplacement si nécessaire, conformément à l’article R.4321-4 du Code du travail. De son côté, le salarié est tenu de les utiliser conformément aux consignes reçues, en application de l’article L.4122-1. Un contrat de courte durée (ex : stage, alternance) ne dispense en rien de fournir ces équipements.
La formation et la sensibilisation aux risques des salariés d’un cabinet conseil.
La formation des salariés à la sécurité est une obligation à part entière de l’employeur. Les articles L.4141-1 et suivants du Code du travail imposent d’organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité au poste de travail de chacun des salariés lors de l’embauche, en cas de changement de poste, ou après un arrêt de travail prolongé. Cette obligation ne connaît pas d’exception, y compris pour les contrats courts.
Les formations et sensibilisations que nous recommandons pour un cabinet conseil sont les suivantes :
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Accueil sécurité systématique de tous les nouveaux membres du personnel, y compris des non-permanents : alternants, stagiaires et renforts, le jour de leur arrivée, en s’appuyant sur les risques identifiés dans le document unique et avec visite des locaux (ex : issues de secours, extincteurs, points de rassemblement, local d’archives, etc.).
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Formation au travail sur écran, avec apprentissage du réglage du poste de travail, pour apprendre à positionner l’écran, le siège, le clavier et la souris avec la meilleure ergonomie possible. Cette formation est prévue par l’article R.4542-16 du Code du travail, avant la première affectation à un travail sur écran et à chaque modification substantielle du poste.
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Sensibilisation aux visites de sites industriels, pour savoir où marcher, à quelle distance se tenir d’une machine, et l’importance de ne jamais franchir un marquage au sol.
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Formation à la conduite en sécurité et sensibilisation au risque routier, avec la conduite à tenir en cas de fatigue, l’organisation des trajets et l’interdiction d’utiliser le téléphone au volant.
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Formation des managers et des responsables de mission à la reconnaissance des agissements sexistes et au harcèlement sexuel, ainsi qu’au traitement des signalements, comme le prévoit l’accord de branche du secteur.
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Sensibilisation à l’importance à accorder à la charge de travail et aux signaux d’alerte pré-épuisement professionnel, à destination des managers comme des consultants, pour savoir repérer une situation d’alerte chez soi comme chez un collègue.
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Sensibilisation au droit à la déconnexion et aux règles d’usage de la messagerie électronique (ex : horaires d’utilisation, savoir que l’on ne doit pas attendre de réponse en soirée ou durant les week-ends, etc.).
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Formation PRAP (prévention des risques liés à l’activité physique) adaptée au travail de bureau, pour apprendre les bons gestes et les bonnes postures de travail, pour les manutentions notamment.
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Exercice d’évacuation des locaux, avec répartition des rôles et prise en compte de la présence potentielle de visiteurs. Des exercices devront être réalisés (ex : tous les six mois).
À cela peut s’ajouter la formation SST (sauveteur secouriste du travail), afin de connaître les gestes permettant de se mettre en sécurité et de porter secours en cas de problème.
Chaque formation suivie devra être tracée. Elles devront alimenter le passeport de prévention, prévu à l’article L.4141-5 du Code du travail, qui recense les attestations, certificats et diplômes obtenus par le travailleur en matière de santé et de sécurité au travail. L’INRS a par ailleurs publié un dossier consacré au travail de bureau ainsi qu’un guide pratique sur le travail sur écran (ED 6538), utiles comme supports d’accueil.
Quand faut-il mettre à jour le document unique de votre cabinet conseil ?
Un document unique doit être mis à jour à chaque fois que la réalité de l’entreprise s’écarte de ce qui y est décrit : une nouvelle activité, un nouvel équipement, un nouveau poste de travail, ou encore un risque que l’on n’avait pas répertorié.
L’article R.4121-2 du Code du travail prévoit trois cas de mise à jour du document unique :
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Au moins une fois par an dans les entreprises de 11 salariés et plus. En dessous de ce seuil, aucune fréquence minimale n’est imposée.
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Lors de toute décision d’aménagement modifiant les conditions de santé et de sécurité, ou les conditions de travail. Applicable à toute entreprise peu importe ses effectifs.
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Lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur. Applicable à toute entreprise peu importe ses effectifs.
Dans un cabinet conseil, le deuxième cas est celui qui s’impose le plus souvent, car l’activité change au fil des missions. Cela modifie les risques rencontrés, et par conséquent les conditions de travail, et donc le document unique doit être revu.
En ce qui concerne le troisième cas de figure impliquant la mise à jour du document unique, il est nécessaire de privilégier les presque-accidents et de ne pas attendre que de réels accidents surviennent. Prenons un cas concret : un consultant traverse le parking d’une entreprise et coupe une zone de circulation en consultant ses mails sur son smartphone. Une voiture qui manœuvrait s’arrête à quelques mètres de lui et le klaxonne. Aucun accident du travail n’est à déclarer, personne n’est en arrêt, mais il faut éviter que la situation se présente à nouveau et qu’un véritable accident survienne : il faut donc inscrire ce danger dans le document unique et trouver une ou plusieurs actions correctives pour ne plus que cela arrive (ex : interdiction de consulter ses notes ou son smartphone lorsqu’on se déplace dans toutes les zones de circulation de voiture / d’engins, obligation de porter le gilet fluo lorsqu’il fait sombre ou de nuit en automne / hiver, etc.).
C’est pour réaliser ces mises à jour que nos documents uniques sont fournis au format Excel : vous pouvez tout modifier par vous-même, facilement et rapidement, sans devoir payer à nouveau. Notre guide dédié à la mise à jour du document unique détaille la marche à suivre.
Mettre en place les mesures de prévention des risques de votre document unique dans votre cabinet conseil.
Une fois les risques évalués et les actions de prévention des risques définies, il reste à les mettre en place dans l’entreprise. C’est cette étape qui transforme une « obligation administrative » en un gain perceptible pour l’entreprise.
L’article L.4121-3-1 du Code du travail est justement relatif à cette mise en place des moyens de prévention sur le terrain. Les entreprises d’au moins cinquante salariés doivent établir un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT). En dessous de ce seuil (qui correspond à la quasi-totalité des cabinets conseil) l’employeur devra uniquement définir des actions de prévention et les inscrire dans le document unique. (Ce même article du Code du travail impose la durée de conservation du document unique et de ses versions successives à quarante ans minimum.)
Chez Document Unique Facile, nous sommes convaincus que ce type de calendrier est efficace pour passer à l’action sur le terrain. C’est pourquoi nos documents uniques intègrent tous un calendrier de type PAPRIPACT : chaque mesure de prévention se voit attribuer une échéance de mise en place : au cours du premier semestre, au cours du deuxième semestre, ou peut-être l’année prochaine. (Si vous avez moins de 50 salariés, vous n’êtes pas obligé de l’utiliser : le calendrier de prévention des risques reste facultatif pour vous)
Cette approche a du sens pour toute entreprise devant faire face à des investissements lourds. À titre d’exemple, le remplacement de mobilier de bureau usagé et du matériel informatique par du mobilier ergonomique, réglable, avec des écrans externes ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut se renseigner sur les produits, établir des devis, voir s’il existe des financements (ex : auprès de la CARSAT ou de la Cramif), et il n’y a rien d’anormal à ce que cela prenne du temps.
Gardez à l’esprit que ce qui compte en cas de contrôle de l’inspection du travail, ce n’est pas que tout soit réalisé : c’est que le parcours soit tracé, car cela constitue une preuve tangible de votre bonne foi.
FAQ sur le document unique en cabinet conseil.
C’est quoi le document unique pour une entreprise ?
C’est le document dans lequel l’employeur transcrit le résultat de l’évaluation des risques professionnels. Il recense les dangers présents dans l’entreprise, décrit les risques auxquels les travailleurs sont exposés et les hiérarchise du plus grave au moins grave. Il associe également à chacun de ces risques des mesures de prévention.
Est-ce que le document unique est obligatoire pour mon cabinet conseil ?
Oui. Obligatoire dès le premier salarié, sans aucune autre considération. Un alternant, un stagiaire ou un consultant junior recruté en renfort déclenchent l’obligation au même titre qu’un associé salarié à temps plein.
Quel est le rôle du document unique dans mon cabinet conseil ?
Il sert à identifier les dangers qui exposent les salariés, à les hiérarchiser du plus grave au moins grave, puis à choisir les mesures de prévention utiles pour s’en protéger. Dans un cabinet conseil, il rassemble dans un seul support des situations qui n’ont rien à voir entre elles, de la posture devant un écran à la visite d’une entreprise industrielle par exemple.
Comment évaluer les risques d’un consultant qui travaille chez un client ?
En partant des lieux fréquentés. Il faut recenser les types de sites sur lesquels les consultants interviennent (ex : bureaux, entrepôt, atelier, chantier), puis regarder les protections fournies au salarié par l’entreprise. L’intervention relève des articles R.4511-1 et suivants du Code du travail, qui imposent une inspection commune préalable avec l’entreprise cliente.
S’il y a du télétravail, est-ce que cela doit figurer dans le document unique ?
Oui, car l’obligation de sécurité de l’employeur ne s’arrête pas à la porte de son entreprise. Sur le document unique devraient apparaître des mesures propres au télétravail, notamment en matière d’équipement (ex : fourniture d’un écran séparé et d’un siège adapté) et d’organisation (ex : plages de disponibilité définies, temps de pause, points réguliers pour rompre l’isolement, etc.).
Qui doit établir le document unique de mon cabinet conseil ?
C’est l’employeur qui en porte la responsabilité. Il peut le rédiger lui-même s’il en a les compétences, ou à défaut faire appel à un professionnel compétent, et donc enregistré IPRP.
Comment rédiger le document unique de mon cabinet conseil ?
La démarche se déroule en quatre étapes : découper l’activité en unités de travail, identifier les dangers propres à chaque unité, évaluer les risques à partir de plusieurs paramètres (ex : occurrence, exposition, gravité, maîtrise), puis définir les actions de prévention. Notre page consacrée à l’évaluation des risques professionnels détaille chacune de ces étapes.
Qui peut consulter le document unique de mon cabinet conseil ?
Les salariés, y compris les alternants et les stagiaires, les membres du CSE lorsqu’il y en a, le médecin du travail, l’inspection du travail et les agents des services de prévention de la CARSAT. Une entreprise cliente peut également en demander communication lorsque vos consultants interviennent dans ses locaux.
Où stocker le document unique de mon cabinet conseil ?
Il doit être accessible sur demande à toute personne ayant le droit de le consulter. Cela peut être sur support papier, ou bien sur support informatique, sur un serveur commun auquel le personnel peut accéder par exemple.
Qui doit mettre à jour le document unique de mon cabinet conseil ?
La responsabilité de la mise à jour appartient au chef d’entreprise. Il peut également la confier à un prestataire, mais cela ne le déresponsabilise pas aux yeux de la loi. C’est pour faire ces mises à jour que nous livrons nos documents uniques au format Excel, qui est un format modifiable, contrairement au format PDF proposé par d’autres entreprises du secteur. Notre guide de rédaction du document unique détaille la méthode que nous utilisons.
Téléchargement du document unique pour cabinet conseil gratuit.
Ci-dessous, vous pouvez télécharger notre modèle de document unique gratuit pour cabinet conseil. Il se présente sous la forme d’un fichier Excel de 5 pages :
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Une page d’illustration pour les cabinets conseil.
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Une page d’informations sur le cabinet.
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Une page de présentation de la méthode d’évaluation des risques professionnels.
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Une page d’évaluation des risques professionnels.
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Une page de prévention des risques professionnels, avec son calendrier de mise en œuvre.
Ce modèle est gratuit et totalement modifiable, comme nos autres documents uniques par métier déjà complétés, tel que notre document unique cabinet conseil à retrouver ici.













